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Thread: Bruckner par Volkmar Andreae

  1. #1

    Bruckner par Volkmar Andreae

    Avis à la population brucknerophile éclairée!

    Music and Arts, dans son énorme bonté, vient d'éditer un coffret comprenant l'intégralité du cycle Bruckner que le chef suisse Volkmar Andreae avait donné en 1953 avec Le Symphonique de Vienne.



    Il s'agit là à mon sens d'une importante parution:

    Andreae était un spécialiste de cette musique et il la dirige d'une manière aujourd'hui presque () totalement disparue, c'est-à-dire en prenant en compte les premières éditions: vivacité des tempi, phrasé, rubati, respirations et expression sont au rendez-vous.
    Fans de Celibidache, Böhm, Haitink etc, passez votre chemin ou plutôt venez entendre "ce qu'il faut réellement faire"...

    Le son de la radio autrichienne (RAVAG à l'époque) est fort correct, et l'orchestre est globalement bon -en tout cas meilleur que dans certains enregistrements live de symphonies de Mahler à la même époque (avec Scherchen ou Maderna par exemple), ce qui semble indiqué que la chose a été répétée un peu plus que d'habitude.

    Ce coffret est vendu à prix spécial sur l'excellent site de John Berky [URL="http://www.mqcd-musique-classique.com/forum/www.abruckner.com"]www.abruckner.com

  2. #2
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    "Fans de Celibidache, Böhm, Haitink etc, passez votre chemin ou plutôt venez entendre "ce qu'il faut réellement faire"..."

    Et ce qu'il faut réellement faire permet-il à Brouqueneur d'être apprécié par ses détracteurs ?
    Les trois Chefs d'orchestre que vous citez sont-ils à ce point des blaireaux qu'ils nous rasent avec leur conception surannée de ces cathédrales musicales ?
    En tout cas, ça m'a l'air fort intéressant.
    Merci de l'info.

  3. #3
    Quote Originally Posted by JYDUC View Post
    "Fans de Celibidache, Böhm, Haitink etc, passez votre chemin ou plutôt venez entendre "ce qu'il faut réellement faire"..."

    Et ce qu'il faut réellement faire permet-il à Brouqueneur d'être apprécié par ses détracteurs ?
    Il y a des chances, car rarement Bruckner n'aura paru aussi proche de Beethoven, dont à mon sens il est le principal "descendant", que dans ces enregistrements.

    Quote Originally Posted by JYDUC View Post
    Les trois Chefs d'orchestre que vous citez sont-ils à ce point des blaireaux qu'ils nous rasent avec leur conception surannée de ces cathédrales musicales ?
    Petite provocation gratuite.
    Non, ce ne sont pas des blaireaux, évidemment, mais il n'empêche que tout le monde peut se tromper. Et il me semble que depuis quelques décennies quasiment tout le monde "se trompe" car reste dans l'air du temps - même Dudamel, dont on nous promet monts et merveilles, se vautre littéralement dans Bruckner -j'ai entendu la 9ème dirigée par lui. Honnêtement on vous la met en aveugle au milieu d'enregistrements de Giulini, Haitink, Karajan, Mehta, Järvi, Davis etc, vous n'entendrez quasiment aucune différence: tout ceci reste dans la même conception d'ensemble -mesurée et solennelle- et de sonorité d'orchestre -grande, large et profonde. Un beau tableau magnifique à contempler. Mais la chair, le sang, les tripes, que dalle. A croire que Bruckner n'était pas un homme, dénué d'émotion et de vie.

    Quote Originally Posted by JYDUC View Post
    En tout cas, ça m'a l'air fort intéressant.
    Merci de l'info.
    ça l'est, effectivement.


  4. #4
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    Vous avez écrit, un jour, sur ce forum mélomaniaque, que pour aimer Bruckner, encore fallait-il écouter les bonnes versions de chacune de ses symphonies. Est-à-dire que le sieur Andreae est capable de nous faire avaler n'importe quelle version en nous donnant le sentiment de découvrir enfin le vrai Anton B ?
    Cela dit, Bruckner succèdant "'naturellement" à Beethoven ; Wagner ayant fait de même, ceci expliquerait peut-être cela. Mais Brahms a dû bouder, té peuchère, haha

    Bien l'bonjour chez vous :o)

  5. #5
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    Me revient subitement en mémoire la première fois que j'ai entendu du Bruckner : c'était la Troisième symphonie par Maazel. J'avais quinze/seize ans, et à l'écoute du premier mouvement, j'avais tout de suite pensé à celui de la Neuvième de Beethoven. Allez savoir pourquoi. Par la suite, je me suis demandé où j'étais allé chercher pareille comparaison. Je ne connaissais pas encore Richard Strauss et sa fabuleuse "Symphonie alpestre", haha

  6. #6
    Quote Originally Posted by JYDUC View Post
    Vous avez écrit, un jour, sur ce forum mélomaniaque, que pour aimer Bruckner, encore fallait-il écouter les bonnes versions de chacune de ses symphonies.
    Je m'aperçois que je me suis mal fait comprendre... version=interprétation, donc il fallait comprendre "encore fallait-il écouter les bonnes interprétations de chacune de ses symphonies." Et Andreae en fait, à mon avis, partie.
    Mais je suis certain que vous trouverez pas mal de monde pour dire que Bruckner "c'est une cathédrale sonore, qui ne supporte que des tempos modérés, que c'est de la musique religieuse etc etc." D'ailleurs un truc bizarre, on dit souvent que Bruckner "orchestre comme un organiste". Mouais, bof... alors question: pourquoi dans les trois quarts des interprétations on n'entend que peu les bois, avalés qu'ils sont -notamment les tutti- par des cordes hyper denses et des cuivres massifs? Si Bruckner orchestre "comme un organiste" on devrait les entendre, ces bois, non?

  7. #7
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    Mais l'orchestration, elle est là, non? S'il y a des cordes denses et des cuivres massifs, comment fait-on sonner les cuivres? ou alors est-ce qu'il est un orchestrateur moins subtil que, par exemple, Brahms?

    (je fais un peu de provoc dans la formulation, mais ma question est tout à fait sérieuse)

  8. #8
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    Quote Originally Posted by lebewohl View Post
    Mais l'orchestration, elle est là, non? S'il y a des cordes denses et des cuivres massifs, comment fait-on sonner les cuivres? ou alors est-ce qu'il est un orchestrateur moins subtil que, par exemple, Brahms?

    (je fais un peu de provoc dans la formulation, mais ma question est tout à fait sérieuse)
    comment fait-on sonner les bois ? Je présume.

    J'ai vu des chefs doubler les bois pour les tutti ! Sinon, on n'est pas obligé de faire pétarader les cuivres et de faire ronfler les cordes. Schuricht arrive même à une certaine transparence ! comme quoi on peut doser, et on n'est pas obligé de suivre une certaine "tradition" !
    Ce problème est valable aussi pour d'autres compositeurs. La première fois que j'ai entendu l'ouverture d' Egmont jouée par Kempe j'ai été surpris par car on entendait les bois dans les tutti ! De même dans la symphonie italienne certains chefs (et même presque tous) font jouer trop fort les trompettes et couvrent l'ensemble !

    Enfin je pense que Nico va nous éclairer !

  9. #9
    Quote Originally Posted by lebewohl View Post
    Mais l'orchestration, elle est là, non? S'il y a des cordes denses et des cuivres massifs, comment fait-on sonner les cuivres? ou alors est-ce qu'il est un orchestrateur moins subtil que, par exemple, Brahms?

    (je fais un peu de provoc dans la formulation, mais ma question est tout à fait sérieuse)
    Bien sûr, bien sûr, dans les tutti tout le monde a FF indiqué... mais c'est un Fortissimo symphonique, c'est-à-dire que l'impression globale doit être celle d'un fortissimo mais que tout le monde ne doit pas jouer fortissimo, mais la remarque vaut largement pour des passages Piano ou Mezzo-forte (et la remarque sur la finesse d'orchestration de Brahms est amusante, car il y a pléthore d'endroits dans ses symphonies où il faut baisser les cordes d'une nuance ou deux pour pouvoir faire entendre la partie principale mais ça c'est un autre sujet...). C'est de la musique de chambre à 80-90 musiciens, pas un truc où tout le monde frotte, souffle ou badaboumise tout seul dans son coin!

    Exemple: la fin de la coda dans le premier mouvement de la 9ème de Brouqueneur (les deux dernières pages de ce mouvement).
    En lisant la partition on lit: les cordes et les timbales font des tenues, les trombones et le tuba jouent des accords rythmés et les cors ont le thème principal avant une première réponse des bois puis celle des trompettes.
    Dans 95% des cas on n'entend pas la réponse des bois. Alors à quoi cela sert-il que Bruckner ait écrit cette réponse aux bois?
    Pourquoi ne l'entend-on pas? Parce que tout le monde joue trop fort. Il faut équilibrer les masses en présence: faire jouer les cordes, les trombones et les timbales seulement F, et peu de gens ont l'idée de faire jouer les bois le pavillon en l'air comme Mahler l'indique dans ses partitions (à ce sujet je suis persuadé que Mahler n'a fait que coucher sur le papier une pratique courante de l'époque... même chez Beethoven parfois on ne peut pas faire autrement que de les faire jouer ainsi pour les faire ressortir). Je vous assure que 3 hautbois et 3 clarinettes dans l'aigu FF le pavillon en l'air ressortent sacrément, même face à 8 cors, 3 trompettes, 3 trombones et un tuba, alors pourquoi s'en priver?

    Et ceci n'est qu'un exemple, on pourrait largement les multiplier à l'envie...

  10. #10
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    Merci!

    (c'est vaguement ce que j'imaginais,mais désormais je me le représente précisément)

    (enfin... plus précisément qu'avant, soyons réaliste...)

    (et je citais Brahms à la fois parce que j'adore sa musique et depuis relativement récemment aussi son orchestre et parce que j'ai lu quelque part que Ravel avait répondu "brahms" à la question : quel est le plus grand orchestrateur?) (mais d'aucuns diront que ce ne saurait être une référence, j'imagine...)

  11. #11
    Quote Originally Posted by lebewohl View Post

    (et je citais Brahms à la fois parce que j'adore sa musique et depuis relativement récemment aussi son orchestre et parce que j'ai lu quelque part que Ravel avait répondu "brahms" à la question : quel est le plus grand orchestrateur?) (mais d'aucuns diront que ce ne saurait être une référence, j'imagine...)
    L'esthétique de Ravel est tellement opposée à celle de Brahms que je ne peux m'empêcher d'y voir de sa part un peu d'ironie... (?)

  12. #12
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    Je suis d'accord avec vous, mais je pense aussi qu'il y avait un fond de sincérité (d'autant que, Dieu merci, on peut parfaitement admirer quelqu'un qui a une esthétique très différente) (car il est vrai que l'influence brahmsienne dans la musique de Ravel est, pour autant que je sois capable d'en juger, assez ténue).

  13. #13
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    Quand on a composé les deux premiers mouvements de la Septième symphonie et le scherzo de la Huitième, on est un grand, un très grand compositeur.
    Il aurait peut-être dû ne rien faire d'autre, haha.
    Bon, quelqu'un, ici, connaît-il la Quatrième par Simone Young, version 1874 ?
    C'est troublant, surtout le scherzo, qui est tout neuf et assez brahmsien, justement.
    Pour faire le lien avec un autre fil - c'est le cas de le dire -, personnellement, je préfère découvrir une énième version de la Septième ou Quatrième symphonie de Bruckner, par exemple, que d'écouter une oeuvre de jeunesse inédite de bébé Mozart, écrite de la main du père, l'histoire ne disant pas si cette dernière a tremblé.

    Bien l'bonjour chez vous

  14. #14
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    Bon, quelqu'un, ici, connaît-il la Quatrième par Simone Young, version 1874 ?
    C'est troublant, surtout le scherzo, qui est tout neuf et assez brahmsien, justement.
    Je ne connais pas cette version, mais celle d'Inbal, et j'aime beaucoup. Par contre je ne trouve pas ce 3e mvt ressemble à du Brahms !
    Avez-vous écouté la 3e de 1873 ?

  15. #15
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    Quote Originally Posted by Zimrilim View Post
    Je ne connais pas cette version, mais celle d'Inbal, et j'aime beaucoup. Par contre je ne trouve pas ce 3e mvt ressemble à du Brahms !
    Avez-vous écouté la 3e de 1873 ?
    Ben non, mais j'aimerais bien

  16. #16
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    Quote Originally Posted by Zimrilim View Post
    Je ne connais pas cette version, mais celle d'Inbal, et j'aime beaucoup. Par contre je ne trouve pas ce 3e mvt ressemble à du Brahms !
    Avez-vous écouté la 3e de 1873 ?
    Ce n'est qu'une impression. Peut-être vague, voire inexistante, pour vous.
    Je pense la même chose du deuxième mouvement de la Cinquième, et pourtant...
    Je vais même jusqu'à trouver une ressemblance entre la Tétralogie de Wagner et la sonate de Liszt.
    J'ai vu plusieurs ORL, qui me conseillent d'avoir moins d'imagination

  17. #17
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    Ben non, mais j'aimerais bien
    Si vous avez un compte SM vous pouvez l'écouter sur le mien.

  18. #18
    Tiens, on cause de coffret sur Resmusica, que je cite in extenso:

    Music&Arts édite un coffret passionnant, reflet d’un temps où Bruckner était mené promptement, de manière altière et conquérante !

    Bien oublié de notre époque, le chef d’orchestre suisse Volkmar Andreae était de ces brucknériens de la haute-époque : les Oswald Kabasta, Sigmund Von Hausseger ou Hermann Abendroth ; artistes qui emportaient les symphonies de Bruckner dans un maelström orchestral déchaînant les ouragans les plus inconcevables. Ce Bruckner prend sa source dans Beethoven, Brahms et Schubert ; il respire un parfum des campagnes de Haute-Autriche avec ses paysans bourrus qui festoient après les rudes travaux des chants. La pâte orchestrale est incontestablement râpeuse et rugueuse et les tutti arrachent l’auditeur à son siège. C’est du grand, du très grand Bruckner…

    Né à Berne, en juillet 1879, Volkmar Andreae naît dans un milieu musical : ses parents sont des amis de Brahms. L’apprentissage du jeune homme est placé sous ce signe de Brahms, autant à la maison que lors d’un perfectionnement à Cologne auprès du professeur Franz Müllner. Comme tout chef de l’époque, l’artiste apprend son métier à des postes subalternes mais essentiels : il devient répétiteur à l’opéra de Munich avant de conduire des chœurs à Zurich et Winterthur. Le grand choc se réalise en 1902 : Richard Strauss dirige, à Zurich, une exécution de la symphonie n°3 de Bruckner. Fasciné, Volkmar Andreae, s’imposera toute sa vie comme un inlassable avocat de Bruckner, à une époque où le compositeur est peu connu en dehors de l’Autriche. Sa carrière prend également un élan important : en 1906, il est désigné directeur musical de l’orchestre de la Tonnhalle de Zurich (il restera en poste jusqu’en 1949 ! ). Progressivement, le chef d’orchestre devient un pilier de la vie musicale suisse : il dirige le conservatoire de Zurich (1914-1939) et assure la conduite de l’Union musicale suisse (1920-1925). Bruckner est au centre de ses saisons : il donne les premières auditions suisses des symphonies n°4 (1909) et n°9 (1907), offre des intégrales de ses symphonies (il est alors le premier chef à diriger toutes les symphonies) et dirige, dans son fief de Zurich, trois symphonies par saison. Le chef est également à donner des concerts à Vienne à la tête du philharmonique ou du symphonique de sa ville. Mais son côté casanier, lui fait renoncer à de longs voyages et à d’autres prestigieuses invitations. Il enregistre également quelques disques pour Decca, mais il passe après les autres gloires d’alors de la firme anglaise Eduard van Beinum ou Hans Knappertsbusch et surtout Georg Solti…L’artiste s’éteint, en 1962, à Zurich. Par ailleurs, l’approche brucknérienne de Andreae s’appuie sur les éditions les plus fiables (à l’exception de la symphonie n°8) et il refusait de donner les nombreuses versions tronquées et modifiées que pratiquaient la plupart des chefs d’orchestre d’alors !

    Music&Arts, en collaboration avec la radio autrichienne édite la captation radio du cycle complet réalisé à Vienne entre janvier et février 1953. Le son est assez satisfaisant, pour une prise de concert de cette époque, et rend justice aux dynamiques. L’orchestre symphonique de Vienne que l’on a connu particulièrement débrayé et indiscipliné à cette période (il suffit d’écouter les concerts avec Klemperer édités chez Orfeo) est galvanisé par la battue du chef et fonce tête baissée. Le premier choc réside dans la rapidité des tempi, l’ensemble est arraché à l’énergie et avec un tonus incroyable. La symphonie n°5 est bouclée en moins septante minutes (soit près de 5 minutes de moins que le récent disque de Philippe Herreweghe qui pourtant ne traîne pas ! ). Mais même en conduisant ses troupes à un train d’enfer, Andreae conserve l’impact vertical et dramatique de cette musique alors qu’il parvient à faire chanter, danser et virevolter les scherzos. Les immanquables trios sont ainsi cernés avec légèreté, finesse et sens de la pulsation ! Toutes les symphonies sont emportées par cette conception épique et captivante. Ce Bruckner, plus terrien que spirituel et abandonné, s’avère donc un chaînon essentiel de l’histoire de l’interprétation de Bruckner.

    par Pierre-Jean Tribot


    [URL="http://www.resmusica.com/article_7468_cd_compositeur_music_&_arts_bruckner_par_volkmar_andreae.html"]http://www.resmusica.com/article_746...r_andreae.html

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