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Discussion: Bibliothèque musicale : discussion générale, actualité et bavardages

  1. #141
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    Re-bonjour à toutes et à tous , avec la seconde partie du nouveau « package » « Un peu de tout » entamé le 9 de ce mois, avec à mettre à l'honneur cette fois (notamment) Le Prophète de Meyerbeer, dont on avait déploré l'absence récemment et où, pour la petite histoire : Marilyn Horne et Henry Lewis étaient à l'époque époux à la ville, pas mal d'oeuvres de Reger et de Stravinsky, ainsi que trois versions du Parsifal de Wagner, respectivement par Hans Knappertsbusch (1960), par Pierre Boulez (1970) et par Vittorio Gui (1950).
    Voici sans plus tarder, par ordre alphabétique des compositeurs, la liste des oeuvres composant cette seconde partie, de Meyerbeer à Ysaÿe, à laquelle j'ajoute La Muette de Portici d'Auber en l'honneur de la fête nationale belge qui a lieu aujourd'hui ; pour qui n'en connaîtrait pas bien l'histoire, vous pouvez en appendre un peu plus ici.
    • Auber : La Muette de Portici
    • Meyerbeer : Le Prophète
    • Moniuszko : Verbum Nobile
    • Mozart : Concerto pour piano n°22
    • Rameau : In convertendo
    • Reger : 4 Poèmes symphoniques d'après Arnold Böcklin
    • Reger : An die Hoffnung
    • Reger : Variations et fugue sur un thème de Telemann, pour piano
    • Rossini : Regata veneziana
    • Schmitt : Trio à cordes
    • Schumann : Introduction et allegro, pour piano et orchestre
    • Schumann : Konzertstück en sol majeur pour piano et orchestre op. 92
    • Stravinsky : A sermon, a narrative, a prayer
    • Stravinsky : Concertino pour 12 instruments à vent
    • Stravinsky : Requiem Canticles
    • Stravinsky : Septuor pour clarinette, basson, cor, piano, violon, alto et violoncelle
    • Stravinsky : Symphonie en mi♭ op. 1
    • Stravinsky : Symphonie en trois mouvements
    • Stravinsky : Symphonie en ut
    • Tchaikovsky : Fantaisie pour piano et orchestre
    • Wagner : Parsifal
    • Ysaÿe : Extase, poème n°4 pour violon et piano
    • Ysaÿe : Poème élégiaque
    Bonnes écoutes à toutes et à tous

  2. #142
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    Re-bonjour à tous

    Citation Envoyé par Philippe Voir le message
    J'entame ce nouveau package avec une large sélection d'oeuvres de chambre de Mozart, par divers interprètes. Parmi ces oeuvres, un certain nombre figurant déjà en BM, mais une bonne partie de nouveautés aussi.
    Je vous en laisse ici découvrir la liste, le tout étant bien entendu « écoutable » dans le sous-forum Mozart (ici).
    Il me semblait intéressant de se focaliser pendant un instant sur la musique de chambre, qui est parfois en retrait ici sur ce forum ; et le mois prochain ou un peu plus tard, je tenterai une entreprise similaire avec de la musique de chambre de Beethoven ... j'espère que cette initiative plaira.
    Chose promise, chose due : il y a peu je vous avais proposé « une large sélection d'oeuvres de chambre de Mozart, par divers interprètes » et je vous avais promis « une entreprise similaire avec de la musique de chambre de Beethoven ». La voici, avec une sélection d'oeuvres toutes disponibles ici :
    • Beethoven : 6 Thèmes et variations pour flûte et piano sur des airs populaires op. 105
    • Beethoven : 10 Thèmes et Variations pour flûte et piano sur des airs populaires op. 107
    • Beethoven : Equales, pour 4 trombones
    • Beethoven : Notturno pour alto et piano
    • Beethoven : Octuor pour 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 cors et 2 bassons
    • Beethoven : Quintette pour piano, hautbois, clarinette, cor et basson
    • Beethoven : Sérénade pour flûte, violon et alto
    • Beethoven : Sextuor pour 2 cors et quatuor à cordes
    • Beethoven : Trio à clavier n°1
    • Beethoven : Trio à clavier n°2
    • Beethoven : Trio à clavier n°4 "Gassenhauer"
    • Beethoven : Trio à clavier n°6
    • Beethoven : Trio à clavier n°8
    • Beethoven : Trio à clavier n°9
    • Beethoven : Trio pour clarinette, violoncelle et piano "Gassenhauer"
    • Beethoven : Trio pour piano, flûte et basson
    • Beethoven : Variations pour piano, violon et violoncelle
    • Beethoven : Variations pour piano, violon et violoncelle "Kakadu"
    • Beethoven : Variations pour violon et piano sur "Se vuol ballare"
    Pour suivre, une initiative qui je l'espère intéressera : une sorte de « fil rouge » consacré à la Hongrie ; à chaque nouveau package, je vous proposerai un nombre variable d'oeuvres autour de la Hongrie ; nous commençons avec les clavéristes - essentiellement des pianistes (classés par ordre alphabétique de leur prénom), et poursuivrons avec les compositeurs puis les cordes (et autres ...) ; le domaine est vaste et cela durera plusieurs mois, raison pour laquelle comme je le disais pour commencer cette nouveauté intéressera le plus grand nombre.
    On y va ! :

    1. HONGRIE CLAVIÉRISTES : ÁDÁM FELLEGI (pour en savoir un peu plus sur lui)
    • Bartok : En plein air
    • Berg : Sonate pour piano op. 1
    • Haydn : Sonate pour clavier n°59
    • Schoenberg : Klavierstück op. 33
    • Stravinsky : Trois mouvements de Petrouchka, pour piano (plus Weissenberg)
    2. HONGRIE CLAVIÉRISTES : AGI JAMBOR

    Cette pianiste américaine d'origine hongroise était la fille à moitié juive d'un riche homme d’affaires et d'un éminent professeur de piano. Prodige du piano, elle jouait Mozart avant de savoir lire et, à l'âge de 12 ans, elle a fait ses débuts avec un orchestre symphonique. Elle apprit le piano avec Paul Braun à l’école de musique Fodor de Budapest. Parmi ses professeurs se trouvait également Zoltán Kodály. De 1926 à 1931, elle étudia à la Hochschule für Musik de Berlin avec Edwin Fischer. Au début des années 1930, au sommet de sa popularité, elle s'enfuit à Paris et s'exile, préférant jouer du piano dans un studio de danse plutôt que de se produire sur la scène de concert. En 1933, elle épouse Imre Patai, physicien et pianiste. En 1937, elle remporte le cinquième prix du troisième Concours Chopin à Varsovie.
    Agi Jambor a commencé sa carrière sur scène à un âge précoce, se produisant dans de nombreux pays européens. Piégée avec son mari lorsque les nazis ont envahi la Hollande, et incapable de s’échapper aux États-Unis, elle est ensuite retournée en Hongrie, qui était encore neutre. Elle a eu un bébé, un fils qui est mort dans les deux semaines. Une photo du nourrisson resterait sur sa table de chevet le reste de sa vie. Les nazis ont envahi en 1944 et Jambor a participé à la Résistance, souvent habillée en prostituée dans des vêtements séduisants et un maquillage lourd, se faisant appeler Maryushka. Elle a refusé de revenir ou de se produire à nouveau en Allemagne.
    En 1947, Agi Jambor et son mari ont immigré aux États-Unis, et elle est devenue professeur de piano de musique au Bryn Mawr College, près de Philadelphie, en Pennsylvanie. Son mari mourut deux ans plus tard, sa santé détruite par la guerre. Le 14 février 1951, le président et Mme Truman assistèrent à un concert au Constitution Hall de l’Orchestre symphonique national avec Jambor comme soliste. Après avoir quitté Baltimore pour Philadelphie en 1957, elle a commencé à se produire avec l’Orchestre de Philadelphie, où elle est devenue une soliste préférée d'Eugene Ormandy et a été acclamée par le chef d’orchestre Bruno Walter. Elle a fait 12 enregistrements pour Capitol Records. Elle est également devenue professeur de piano classique au Bryn Mawr College, qui l'a nommée professeur émérite en 1974.
    • Bach : Partita pour clavier n°1
    • Bach : Partita pour clavier n°2
    • Bach : Partita pour clavier n°3
    • Bach : Partita pour clavier n°4
    • Bach : Partita pour clavier n°5
    • Bach : Partita pour clavier n°6
    • Chopin : Ballades pour piano
    • Chopin : Impromptus
    3. HONGRIE CLAVIÉRISTES : ÁGNES KATONA
    • Beethoven : 32 Variations pour piano sur un thème original
    • Liszt : 6 Consolations pour piano
    • Liszt : Fantaisie hongroise
    4. HONGRIE CLAVIÉRISTES : BÁLINT VÁZSONYI (clic)
    • Brahms : Variations et Fugue sur un thème de Haendel
    • Brahms : Variations pour piano sur un thème original
    • Dohnanyi : Concerto pour piano n°1
    • Liszt : Rhapsodie hongroise n°5 pour piano
    • Liszt : Sonate en si mineur
    • Schumann : Scènes d'enfants
    Bonnes écoutes à toutes et à tous

  3. #143
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    Re-bonjour à toutes et à tous

    Nouveau package pour ce mois, consacré pour l'essentiel à un thème que nous intitulerons, de façon amusante, « à 20 doigts » (quoiqu'il y ait aussi un concerto de Mozart pour trois pianos ) ; l'idée générale est simple : vous proposer cette fois des oeuvres, ou des adaptations, pour deux pianos ou pour piano à quatre mains.
    De très belles interprétations - ou adaptations, dont deux revisites pour deux pianos que personnellement je trouve très intéressantes, du Sacre du printemps, par Bracha Eden et Alexander Tamir d'une part, et par Michael Tilson Tomas (excusez du peu !) et Ralph Grierson d'autre part.
    Mention spéciale pour la Suite pour 2 pianos n°2 de Rachmaninov par Ferrante et Teicher, un binôme bien connu et célèbre aux États-Unis, beaucoup moins ici en Europe.
    Arthur Ferrante (1921 - 2009) et Louis Teicher (1924 - 2008) se rencontrent à la Juilliard School ; ce sont les deux des plus jeunes élèves jamais admis à la prestigieuse école. Une fois diplômés, ils mènent une carrière de concertistes avant de retourner à Juilliard comme enseignants. Leur carrière dans le domaine « classique » leur vaut une belle réputation dans les milieux « éclairés », ils jouent avec la plupart des grands orchestres symphoniques étasuniens. Mais ce sont leurs arrangements de musiques « populaires » qui leur font atteindre une immense renommée. Ils parcourent les USA dans le « Ferrante and Teicher Vanette », une camionnette contenant deux pianos à queue. Ils jouent d’innombrables fois à la radio. Ils ont enregistré 150 albums, obtenu 22 disques d'or et de platine, ont vendu 90 millions de disques et donné environ 5200 concerts avant de se retirer de la scène en 1989.
    • Bizet : Jeux d'enfants (version pour piano à 4 mains)
    • Borodine : Danses Polovtsiennes, version pour 2 pianos (transcription Victor Babin)
    • Brahms : Spanische Liebeslieder
    • Brahms : Valses pour 2 pianos
    • Brahms : Variations sur un thème de Haydn (version pour deux pianos)
    • Debussy : En blanc et noir
    • Debussy : 6 Épigraphes antiques, pour piano à 4 mains
    • Fauré : Dolly, pour piano à 4 mains
    • Liszt : Concerto pathétique pour 2 pianos
    • Mozart : Concerto pour 2 pianos et orchestre n°10
    • Mozart : Concerto pour 3 pianos et orchestre n°7a
    • Rachmaninov : Suite pour 2 pianos n°2
    • Rachmaninov : Vocalise (version pour 2 pianos)
    • Ravel : Ma mère l'oye (version pour piano à 4 mains)
    • Schubert : Fantaisie pour piano à 4 mains D. 940
    • Strauss (Richard) : Suite de valses du Chevalier à la Rose (version pour 2 pianos)
    • Stravinsky : Concerto pour 2 pianos seuls
    • Stravinsky : Le Sacre du printemps (version pour 2 pianos)
    • Stravinsky : Sonate pour deux pianos
    • Vaughan Williams : Concerto pour 2 pianos
    Ensuite, la suite de notre « fil rouge » consacré à la Hongrie, avec cette fois une « petite » livraison en raison du nombre important d'oeuvres présentées dans la première partie de ce package. Deux pianistes cette fois, toujours présentés dans l'ordre alphabétique de leurs prénoms :

    5. HONGRIE CLAVIÉRISTES : ERIKA LUX

    Erika Lux (née le 25 décembre 1946 à Budapest) est une pianiste germano-hongroise. Avec son jeu, elle a acquis une réputation internationale, en particulier en tant qu'interprète de la musique hongroise et des oeuvres du compositeur Franz Liszt.
    Née peu après la Seconde Guerre mondiale dans la capitale hongroise, Erika Lux commence à jouer du piano à l'âge de trois ans. Deux ans plus tard, elle se produit pour la première fois en public et donne une interprétation du Concerto pour piano KV 459 de Mozart à l'âge de douze ans. Vers 1963, à l'âge de 16 ans, Lux commence ses études musicales dans sa ville natale à l'Académie de musique Franz Liszt, qu'elle termine summa laude et le « Grand Prix ».
    À l'âge de 19 ans, Erika Lux est l'une des lauréates du Concours de musique Liszt Bartók qui s'est tenu à Budapest en 1966. Ce prix marque le début de toute une série d'honneurs, « dont les premiers prix du Concours international de musique ARD à Munich, le Concours Debussy dans sa ville natale de Saint-Germain-en-Laye et le Concours de piano Madame Butterfly à Tokyo ». Lux a été récompensée par la radio hongroise pour ses concerts en direct et ses enregistrements d'oeuvres de Prokofiev, entre autres. Le district d'Augsbourg a décerné à Lux un prix d'art.
    Erika Lux a approfondi son jeu virtuose dans plusieurs classes de maître, notamment avec Wilhelm Kempff, qui a décrit son interprétation de la Sonate op. 101 de Beethoven comme « une présentation convaincante de cette oeuvre difficile à tous égards ».
    À l'occasion du 100e anniversaire de la mort de Franz Liszt en 1986, la Bayerischer Rundfunk a diffusé le « Récital Liszt » d'Erika Lux, avec lequel elle a ouvert la série de concerts en l'honneur du compositeur avec des premières mondiales. Lux a présenté son interprétation de l'op. 1 rarement joué de Liszt, « la version originale des Dernières Études transcendantales », sous forme de disque compact à l'occasion du 200e anniversaire du compositeur, sur lequel ses transcriptions des Chansons de Gellert et de l'Adélaïde de Beethoven ont également été enregistrées. À la même occasion, elle se produit en solo à New York - la même année (2011) également au « Music Summer Festival » avec des membres de l'Orpheus Chamber Orchestra - ainsi qu'au Bebersee Festival et à l'Euro Music Festival de Wuppertal.
    Lux est la présidente fondatrice de la Société allemande Liszt et a été honorée par le gouvernement hongrois avec l'attribution de la médaille Franz Liszt.
    Erika Lux a été invitée au Festival de Salzbourg, en Flandre et à Paris, s'est produite avec l'Orchestre de la Suisse Romande ainsi qu'avec l'Orchestre symphonique NHK à Tokyo, l'Orchestre Tivoli à Copenhague, l'Orchestre symphonique de la Radio bavaroise, l'Orchestre symphonique de Bamberg et l'Orchestre philharmonique de Dresde. À l'occasion du 2000e anniversaire de la ville de Bonn ; elle interprète en 1989 le Concerto pour piano n°1 de Beethoven sous la direction de Yehudi Menuhin. Au Cuvilliés-Theater de Munich, elle se produit avec Peter Schreier avec des chansons de Beethoven et des transcriptions pour piano de Liszt.
    En 1990, Erika Lux a été nommée professeur titulaire à la Hochschule für Musik und Theater de Hanovre. Depuis lors, Lux a siégé à de nombreux jurys de compétition, a donné des classes de maître internationales dans le monde entier et a également dirigé plusieurs cours et compétitions pour le jeu Prima Vista.
    En tant qu'interprète de la musique hongroise, Erika Lux a donné des concerts « à Paris, Londres, Suisse, Italie, Autriche, ex-Union soviétique, Norvège, Pologne, Japon et Cuba ». Lorsque le Bayerischer Rundfunk a accueilli le concert commémoratif du compositeur à l'occasion du transfert des restes de Bartók de New York à Budapest en 1988, Erika Lux en tant que soliste avec la chanteuse Julia Hamari étaient les interprètes. À l'occasion du 50e anniversaire de la mort de Bartók en 1995, Erika Lux a joué le Concerto pour piano n°3 de Bartók avec la NDR Radiophilharmonie. Mais aussi de nombreuses autres stations de télévision et de radio en Europe et à l'étranger ont produit des enregistrements avec Erika Lux. De nombreux enregistrements d'oeuvres de Bartók, Brahms, Haydn, Liszt, Ravel et Scriabine sont disponibles sur le label hongrois Hungaroton.
    Erika Lux a transcrit des chansons de Hugo Wolf pour piano et a créé en 2004 une oeuvre qui lui est dédiée par Róbert Wittinger au Palazzo Ricci de Montepulciano.
    Erika Lux, baptisée catholique et mariée à Andor Izsák en 1983, fondatrice du Centre européen de musique juive établi à Hanovre dans la Villa Seligmann, « a spécifiquement recherché des compositions injustement oubliées notamment par des compositeurs juifs », dont elle a ensuite dirigé les oeuvres au Festival juif en 2001, par exemple, à Budapest. En 2005, la salle Schumann de Düsseldorf et en 2008 la Philharmonie de Berlin ont accueilli les compositeurs juifs redécouverts par Lux. À Berlin, Lux a joué la Rhapsodie hébraïque redécouverte de Louis Lewandowski et a donné des concerts au Bösendorfer Hall à Paris avec des oeuvres pour piano de Charles Valentin Alkan.
    Les résultats de recherche d'Erika Lux comprennent l'oeuvre à plusieurs niveaux de Moritz et Alexander Moszkowski, y compris la performance de la Valse brillante für acht Hände ou la parodie de la scène de Faust intitulée Anton Notenquetscher (créée avec l'acteur Alexander May. À l'occasion du 150e anniversaire de Moritz Moszkowski, Erika Lux a interprété son Concerto pour piano op. 59, en même temps que son cinquantième Concerto pour piano, dans sa ville natale de Breslau (aujourd'hui Wrocław).
    Lux est également impliquée dans la littérature solo, les concertos pour piano et la musique de chambre de Debussy et de Ravel. Selon Erika Lux, leur mise en oeuvre en tant que palette de couleurs impressionnistes avec le piano est l'un des « plus grands défis pianistiques ».
    • Brahms : Variations et Fugue sur un thème de Haendel
    • Liszt : Rhapsodies hongroises n°1, n°7 et n°11 pour piano
    • Ravel : Miroirs
    6. HONGRIE CLAVIÉRISTES : ERNÖ BÁLOGH

    Ernő Balogh (Budapest, 1897 - Mitchelville, Maryland, 1989) quant à lui est fils de professeur ; il entre à 7 ans à l'Académie de musique de Budapest où il étudie jusqu'en 1917. Il a comme professeurs entre autres Béla Bartók (piano) et Zoltán Kodály (composition), devenant ami proche des deux et remportant le Prix Franz Liszt dans les deux disciplines et obtenant le diplôme de professeur. Enfant prodige, l'éditeur de musique Rózsavölgyi à Budapest publie en 1905 des compositions du « compositeur » âgé de 8 ans. À partir de 1919 il vit à Berlin et étudie au Conservatoire avec Leonid Kreutzer de 1920 à 1924, où il donne des concerts dès 1920. Il parcourt les grandes villes d'Europe de 1923 à 1924, donnant des concerts et accompagnant en tournée Fritz Kreisler, qui l'encourage à émigrer aux Etats-Unis, ce qu'il fait en 1924. Il s'y lie avec Paul Hindemith, George Gershwin, la célébrissime soprano Lotte Lehmann dont il devient accompagnateur, ainsi que celui de Grace Moore. Il donne des concerts aux USA, au Canada et à Cuba. Il organise en 1927 le premier concert à New-York de Belá Bartók à qui il apportera un soutien constant, payant pendant des années les factures médicales et hospitalières du compositeur malade.
    De 1947 à 1960, il est professeur au Peabody Conservatory de Baltimore.
    • Bach : 6 Petits Préludes pour clavier
    • Liszt : 3 Sonnets de Pétrarque pour piano
    Bonnes écoutes

  4. #144
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    Re-bonjour à toutes et à tous

    Avec ce nouveau package, je reviens à une formule destinée à devenir de plus en plus « habituelle » : une première partie consacrée à ce que j'ai choisi d'appeler « un peu de tout », et une seconde partie consacrée à la suite de notre fil rouge consacré à la Hongie.

    Pour la première partie, j'ai essayé de me limiter à des « nouveautés », càd à des oeuvres inédites pourtant absentes (jusqu'à présent ) de votre BM, avec des noms bien connus comme Beethoven, Bax, Janacek, Borodine, Mozart et Martinu (entre autres). Par exemple, La Clémence de Titus, un opéra curieusement absent de la BM jusqu'à présent, ou la remarquable Symphonie n°3 de Martinu par Ancerl.
    Deux oeuvres vous interpelleront sûrement : l'opéra de Banchieri, qui n'est pas spécialement le plus connu des compositeurs d'un style d'opéra opéra italien pourtant typique de la fin de la Renaissance italienne. Pour le présenter, je me suis limité à vous renvoyer vers sa page Wiki. Vous le trouverez (peut-être provisoirement, au cas où nous trouverions d'autres oeuvres de lui éligibles en BM) en section « Divers ».

    L'autre oeuvre n'est pas d'un inconnu, puisqu'il s'agit de Delius. Mais l'opéra présenté ici, Koanga, est lui en revanche particulièrement méconnu. Puis-je me permettre d'en développer un peu le propos ?
    Koanga fut le premier opéra de Delius à être joué. C'était aussi le plus exigeant en termes de main-d'oeuvre en ce qui concerne le livret, qui a été continuellement révisé. L'opéra a été publié à titre posthume en 1935.
    Il a été joué en privé en mars 1899 à la résidence d'Adela Maddison à Paris. Gabriel Fauré figurait parmi les interprètes, et le public comprenait le prince Edmond de Polignac et la princesse de Polignac. Des extraits de l'opéra ont été joués à Londres le 30 mai 1899 au St James's Hall, lors d'un concert de sa propre musique organisé par Delius.
    La première mise en scène publique de l'opéra a eu lieu au Stadttheater Elberfeld, en Allemagne, le 30 mars 1904. Il a été chanté en allemand, à l'aide d'une traduction de Jelka Delius, et dirigé par Fritz Cassirer.
    Sir Thomas Beecham dirigea la première britannique de l'opéra complet au Royal Opera House de Covent Garden le 23 septembre 1935. John Brownlee a chanté le rôle-titre, avec Oda Slobodskaya dans le rôle de Palmyre.
    L'Opéra de Washington l'a mis en scène avec succès en décembre 1970 au Lisner Auditorium. Frank Corsaro en était le réalisateur. Ce fut la première mise en scène américaine d'un opéra de Delius.
    L'histoire quant à elle est particulièrement originale et surtout, tragique.
    Toute l'action se situe dans une plantation située près du fleuve Mississippi en Louisiane, pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle.
    Dans le prologue, Oncle Joe est sur le point de raconter l'histoire de Koanga et Palmyre, à la demande des filles des planteurs.
    L'acte 1 se déroule bien des années plus tôt : Palmyre, la servante de Clotilda (l'épouse du propriétaire de la plantation Don José Martinez), regarde Simon Perez, le surveillant de la plantation, réveiller les esclaves pour leur travail. Perez déclare son amour pour Palmyre, mais elle le rejette. Martinez arrive et Perez lui parle de l'arrivée d'un nouvel esclave : Koanga, un prince africain capturé. Koanga invoque ses dieux pour venger la trahison qu'il estime avoir subie. Perez déclare que Koanga préférerait mourir plutôt que de devenir un esclave, mais Martinez suggère que Palmyre peut être utilisée pour « changer ses sentiments ». Koanga et Palmyre sont introduits et deviennent attirés l'un par l'autre. Perez se met en colère contre cette tournure des événements. Clotilda est elle-même consternée, car Palmyre est sa demi-sœur.
    Dans l'acte 2, les préparatifs pour le mariage de Koanga et Palmyre ont lieu. Clotilda consulte Perez pour savoir comment arrêter ce mariage. Perez dit à Palmyre la vérité sur sa naissance, mais elle reste déterminée à épouser Koanga. Alors que la cérémonie de mariage est sur le point d'avoir lieu, Perez kidnappe Palmyre. Koanga se bat alors avec Martinez et l'emporte dans la lutte d'homme à homme. Koanga s'échappe dans le marais et invoque la magie pour apporter la contagion de la maladie à la plantation. Cependant, il a une vision de la souffrance de Palmyre, ce qui l'amène à retourner à la plantation. Quand il arrive, Perez essaie d'embrasser Palmyre. Koanga tue Perez, mais est à son tour capturé et exécuté. Palmyre pleure Koanga, puis se suicide.
    L'épilogue raconte comment les filles du planteur réagissent à l'histoire de l'oncle Joe, alors que le soleil se lève.

    Mais je vous laisse avec Koanga (dont je l'espère vous apprécierez l'écoute), pour vous renvoyer à la liste complète des oeuvres présentes dans la première partie de ce nouveau package :
    • Banchieri : La Folie des Vieux
    • Bax : Sonate pour alto et piano
    • Beethoven : Octuor pour 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 cors et 2 bassons
    • Borodine : Trio à clavier
    • Debussy : Chansons de Bilitis
    • Delius : Florida Suite
    • Delius : Koanga
    • Dvorak : Quatuor à cordes n°9
    • Froberger : Pièces de clavecin
    • Janacek : Sonate pour violoncelle et piano "Pohádka"
    • Martinu : Symphonie n°3
    • Mozart : La Clémence de Titus
    • Strauss (Richard) : Brentano Lieder
    Pour suivre et compléter notre fil rouge consacré à la Hongrie, un ensemble de pièces et d'interprètes tous claviéristes (toujours présentés dans l'ordre alphabétique de leurs prénoms) ... c'est le thème actuel ... et donc trois pianistes et un organiste ! (car les organistes sont aussi des claviéristes, si, si )

    Voici :

    7. HONGRIE CLAVIÉRISTES : ERNÖ SZEGEDI

    Ernő Szegedi (1911 - 1992) fut pianiste et professeur d’université. Il est le père de la pianiste Anikó Szegedi.
    Il étudie avec mention à l’Académie de musique de Budapest : en 1936, il obtient un diplôme de professeur sous la direction d’Imre Stefániai, et en 1939, obtient un diplôme artistique avec Ernő Dohnányi. Il a été deux fois lauréat de la bourse Ferenc Liszt.
    À partir de 1925, il donne des concerts dans toute l’Europe. Il a donné un concert mémorable à la mémoire de Ferenc Liszt à Jászberény à l’été 1961, à l’occasion du 75e anniversaire de la mort du grand maître. Les stations de son succès à l’étranger sont Varsovie, Riga, Helsinki, Stockholm, Berlin et Vienne. De 1938 à 1942, il a été membre de l’Académie nationale de musique, à partir de 1939, il a été conférencier à l’Académie de musique, et à partir de juillet 1942, il a été professeur régulier jusqu’à sa retraite en 1981.
    • Liszt : Pièces tardives pour piano
    8. HONGRIE CLAVIÉRISTES : ERZSÉBET TUSA

    Comme je n'ai rien de spécial à vous apprendre sur elle (il y a deux pages Wiki à elle consacrées, l'une en hongrois, l'autre en allemand mais bon, tout le monde n'est pas forcément familier de ces deux langues ...), voici au moins sa photo :


    Erzsébet Tusa
    • Bartok : 9 Petites Pièces pour piano
    • Bartok : Suite pour piano
    9. HONGRIE CLAVIÉRISTES : GABOR GÁBOS

    Gábor Gabos (Budapest, 1930 - Budapest, 2014) a commencé ses études en 1948 à l'Académie de musique de Budapest, où Lajos Hernádi était son maître. Il obtient son diplôme en 1952 et fait ses débuts de pianiste à Budapest la même année. Il remporte de précieux prix dans plusieurs concours de musique prestigieux : en 1955, il est troisième du concours Marguerite Long à Paris, en 1960 il termine cinquième du concours de musique Reine Elisabeth à Bruxelles, et en 1961 il remporte le premier prix au concours international de piano Liszt-Bartók à Budapest. Grâce à son jeu virtuose, il est rapidement devenu un interprète populaire sur les scènes de concert nationales et internationales (Italie, Union soviétique, Suède, Grèce, Allemagne, Suisse, Amérique du Sud, Japon). Il a fait plusieurs excellents enregistrements, y compris des compositions de Bartók, Brahms, Beethoven, Chopin, Haydn, Liszt et Schubert. Son album Bartók de 1968 a reçu le Grand Prix de l'Académie japonaise du disque. Gábor Gabos a reçu le prix Ferenc Liszt et le prix Worthy Artist pour ses réalisations artistiques.
    • Bach : Chaconne de la Partita pour violon solo n°2
    • Brahms : Variations sur un thème de Paganini, pour piano
    • Mozart : Sonate pour piano n°15 KV 533
    • Mozart : Sonate pour piano n°17 KV 570
    • Prokofiev : Toccata op. 11
    10. HONGRIE CLAVIÉRISTES : GABOR LEHOTKA

    Car parmi les claviéristes, il n'y a pas que des pianistes : il y a aussi des organistes. Gabor Lehotka (1938 - 2009) fait partie de ces derniers ; il joue ici sur l'orgue Johann Wöckherl, 1663, Cathédrale Saint-Georges, à Sopron, Hongrie, le plus ancien orgue de Hongrie.
    • Bach : Fantaisie et fugue BWV 542
    • Bach : Pastorale pour orgue BWV 590
    • Bach : Prélude et Fugue pour orgue n°15, BWV 545
    • Bach : Sonate en trio n°1
    • Haendel : Concertos pour orgue op. 4 e op. 7 (extraits)

    Bonnes écoutes

  5. #145
    Administrateur Avatar de Philippe
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    Re-bonjour à toutes et à tous

    Au risque de me répéter :

    Citation Envoyé par Philippe Voir le message
    Avec ce nouveau package, je reviens à une formule destinée à devenir de plus en plus « habituelle » : une première partie consacrée à ce que j'ai choisi d'appeler « un peu de tout », et une seconde partie consacrée à la suite de notre fil rouge consacré à la Hongie.
    J'espère contribuer à votre bonheur grâce à la première partie de ce nouveau « package » un peu centré sur de la musique « ancienne » avec Dufay et Palestrina, toutes belles interprétations, et à Ibert, un compositeur un peu négligé jusqu'à présent en BM.

    Pour le reste, nous avions déjà bien entendu Iberia d'Albeniz ... en version pianistique. En voici une transcription pour orchestre.
    Avec la version de 66 de la Missa Solemnis de Beethoven, nous accédons enfin à une demande formulée autrefois (par JEFF il me semble : clic) et vous trouverez donc ici cette fois THE version Klemperer 66, accompagnée de celle d'Ormandy 67.
    Sinon, à l'honneur cette fois, comme j'en parlais ci-dessus, deux compositeurs très différents : Ibert (5 nouvelles oeuvres) et Dufay (plusieurs nouvelles oeuvres) - que j'accompagne d'une autre oeuvre de musique dite « ancienne » : la Messe "Iste confessor" de Palestrina.

    The Pot of Fat de Chanler (cfr lien Wiki ci-dessous) est vraiment une oeuvre à découvrir, car le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle « ne court pas les rues »
    Chat et souris associés (en allemand Katze und Maus in Gesellschaft) est un conte populaire allemand qui figure parmi ceux recueillis par les frères Grimm dans le premier volume de Contes de l'enfance et du foyer ; ce conte a été repris dans une traduction anglaise par Andrew Lang en tête de son recueil The Yellow Fairy Book, sous le titre The Cat and the Mouse in Partnership.
    Un chat et une souris se sont mis en ménage. En prévision de l'hiver, ils décident d'acheter un pot de graisse et de le cacher sous l'autel de l'église.
    Bientôt, cependant, le chat est tenté. Pour pouvoir sortir, il ment à la souris et lui dit qu'une cousine à lui a eu un petit et qu'il est invité au baptême. En réalité, ce n'est qu'un prétexte pour aller manger le dessus du pot de graisse. À son retour, la souris, un peu méfiante, lui demande quel nom a été choisi pour le chaton et, sans trop réfléchir, le chat répond : « Dessus-Parti ».
    Un peu plus tard, le chat est encore tenté. De nouveau, il se sert du prétexte d'un baptême pour sortir et aller, cette fois, manger la moitié du pot de graisse. Quand il revient, la souris lui demande le nom du chaton, et le chat répond : « Mivide ».
    Encore plus tard, nouvelle tentation. Même excuse mais, cette fois, le chat vide le pot complètement. Quand il revient, la souris lui demande le nom du chaton, et le chat lui répond : « Toufini ».
    Quand enfin vient l'hiver, la souris se souvient du pot de graisse. Elle appelle alors le chat et l'invite à l'accompagner pour aller chercher le pot. La souris, évidemment, trouve le pot vide et, alors, elle comprend tout : « Dessus-Parti, Mivide et ... ». Mais, avant qu'elle n'ait fini de prononcer « Toufini », le dernier nom, le chat bondit sur elle, et n'en fait qu'une bouchée.
    Une oeuvre amusante (sauf pour la souris ) et originale, à découvrir donc, tout comme peut-être aussi celles de Quantz et de Rudi Stephan qui elles non plus ne courent pas les rues ...
    Bien d'autres oeuvres aussi au programme de cette nouvelle livraison, dont je vous laisse découvrir la liste ci-dessous :
    • Albéniz : Iberia, suite pour orchestre
    • Bax : Symphonie n°3
    • Beethoven : Missa solemnis
    • Bloch : Sonate pour piano
    • Brahms : Liebeslieder Walzer op. 52
    • Brahms : Neue Liebeslieder Walzes op. 65
    • Chanler : The Pot of Fat
    • Charpentier (Marc-Antoine) : Supplicatio pro defunctis ad beatam virginem
    • Debussy : Epigraphes antiques
    • Dufay : 4 Motets
    • Dufay : Missa "L'homme armé"
    • Dufay : Missa "Se la face ay pale"
    • Dufay : Missa "sine nomine"
    • Glazounov : 5 Novelettes pour quatuor à cordes
    • Honegger : Quatuor à cordes n°2
    • Ibert : Capriccio
    • Ibert : Escales
    • Ibert : Le Chevalier errant
    • Ibert : Les Amours de Jupiter
    • Ibert : Un Chapeau de paille d'Italie
    • Palestrina : Messe "Iste confessor"
    • Puccini : Il Trittico
    • Quantz : Sonate en trio en ut majeur pour flûte à bec, flûte traversière et basse continue
    • Stephan : Musique pour orchestre en un mouvement
    La seconde partie de ce package est la suite de notre « fil rouge » consacré à la Hongrie, et nous n'en avons pas fini avec les claviéristes hongrois – dont plusieurs « pointures », toujours classés par ordre alphabétique de leur prénom !

    11. HONGRIE CLAVIÉRISTES : GABRIELLA TORMA (clic)
    • Liszt : 4 Rhapsodies hongroises pour piano
    • Liszt : Fantasia et Fugue sur le thème BACH, pour piano
    12. HONGRIE CLAVIÉRISTES : GYÖRGY CZIFFRA
    • Bartok : Concerto pour piano et orchestre n°2
    Ce concerto est le seul concerto de Bartok que Cziffra ait jamais joué. Il l'apprit en environ six semaines, pour remplacer le soliste défaillant d'un concert. Après son « passage à l'ouest », il fut un temps question qu'il l'enregistre en studio, mais cela ne se fit pas ; Cziffra ne rejoua jamais ce concerto ensuite.
    Dans ses mémoires, Cziffra écrit :
    Le grand jour arriva et le concert fut un triomphe d'une portée certaine. Le public était un échantillon représentatif d'un peuple lassé des excès d'un régime dont l'armée victorieuse n'était toujours pas rentrée chez elle après onze ans. Malgré sa complexité stupéfiante, la musique est parfaitement structurée, ce qui m'a permis de me dépasser pour qu'elle ressemble à de la lave fondue pour le public. Quelque deux mille personnes, normalement si disciplinées, se sont précipitées hors de la salle en chantant l'hymne national, déchirant, alors qu'elles couraient le long des rues et des avenues voisines, tout ce qui portait d'autres emblèmes que le drapeau national. Il y a eu un soulèvement et le gouvernement (responsable d'un État policier encore pire que celui qu'ils avaient copié) s'est enfui vers un nouveau refuge. La frontière s'est à moitié ouverte. Alors que les gens se précipitaient dans la brèche par dizaines de milliers, la révolte a été rapidement réprimée et un nouveau régime a fait de son mieux pour la dissimuler comme une simple erreur passagère. Le temps pressait : les brèches dans la ligne de démarcation étaient en train de se refermer. Cette fois, j'ai choisi l'exil de mon propre chef.

    13. HONGRIE CLAVIÉRISTES : GYÖRGY FARAGÓ

    György Faragó (Budapest, 1913 - Budapest, 1944) est apparu en 1936 comme une comète dans le ciel de l'art du spectacle hongrois, et après moins d'une décennie de brillance, en 1944 a disparu tout à coup à son arrivée. Son talent artistique remarquable et sa personnalité séduisante sont préservés par quelques enregistrements et les souvenirs et les éloges de ses contemporains.
    Sa mère professeur de piano a découvert très tôt son talent particulier: le garçon de cinq ans pouvait jouer sans partition les préludes de Bach qu'il avait entendus des élèves de sa mère. À six ans, il a été admis au Conservatoire national et à neuf ans à la deuxième année du cours préparatoire de l'Académie de musique. Son talent ne se limitait pas à la musique. En tant qu'enfant acteur, il a donné une performance mémorable en tant que Nemecsek dans la version cinématographique réalisée par Béla Balogh de Pál utcai fiúk (Les garçons de la rue Pál) de Molnár. Plus tard, il s'est inscrit avec distinction au Fasori Evangelical Gymnasium (note du traducteur : une école spéciale pour les enfants très talentueux sur le plan académique).
    Au cours de ses deux premières années à l'Académie de musique, puis dans la classe de formation des enseignants, il étudie avec Arnold Székely, et à partir de l'automne 1925 avec Géza Nagy. Enfin, en 1933, dans le cours d'artiste, il est l'élève de Dohnányi. C'est alors que Dohnányi a fait la prédiction qui est devenue célèbre plus tard : Le département de piano a deux artistes candidats avec un grand avenir : György Faragó et György Cziffra. Outre ses études de piano, György Faragó a également suivi le cours de composition, en tant qu'élève d'Albert Siklós, entre 1931 et 1935. Il obtient son diplôme d'artiste en 1936, compilant le programme de son concert de diplôme entièrement à partir d'oeuvres de Liszt. Le critique de Pesti Hirlap a donné le compte rendu suivant de l'événement : Faragó s'est avéré être non seulement un musicien au talent surprenant, mais aussi un excellent interprète de Liszt. Son jeu puissant possède une élégance supérieure et des largesses saisissantes, les effets sonores sont si gracieux et fins, qu'ils rapprochent la musique de Liszt du public. Sa technique est visiblement polie, la façon dont les touches répondent à son toucher marque également la formation des phrases. Il joue très clairement, de manière illustrative, mais les images poétiques ne manquent pas non plus à sa performance. Nous ne nous trompons pas en disant que nous percevons dans les débuts en concert de György Faragó la première étape d'une brillante carrière.
    Il obtient son plus grand succès en tant qu'interprète en mai 1939, lorsque, malgré plusieurs Français pianistes en compétition, il remporte le premier prix du concours Fauré de Luxembourg. Le rang du concours est démontré par le fait que le jury était composé de Richard Strauss, Emil Sauer, Marguerite Long et Francesco Malipiero. Après cette victoire, Faragó reçut de nombreuses invitations à des concerts, mais il devint largement impossible de les satisfaire en raison du déclenchement de la guerre.
    Les problèmes de performance artistique l'intéressaient non seulement au niveau de la pratique quotidienne mais aussi dans la sphère théorique. Il a discuté de la question dans une étude, A zenei előadás (Performance musicale), écrite en 1943, mais publiée seulement après sa mort, dans le numéro de juillet 1957 de la revue Vigília. Le point de départ de Faragó est une question pertinente à ce jour : Comment l'interprète contemporain peut-il interpréter les oeuvres du siècle dernier pour rencontrer l'approbation ? Dans sa réponse, il a formulé sa propre ars poetica : Le problème de donner une vraie performance réside dans deux directions. Dans sa « section transversale », il est plus simple; les conditions pour cela sont une grande habileté instrumentale, un magnétisme personnel et une capacité suggestive, et dans ce cadre les conditions pour des variations extrêmes entre les humeurs lyriques intimes et dramatiques : la matière musicale primaire - harmonie, mélodie et rythme - différenciation intellectuelle et intégration, et, en tant qu'arche, la plus grande unité possible de concept et de réalisation. La section longitudinale du problème examine essentiellement le concept, c'est-à-dire un problème stylistique : trouver l'éternel parmi les efforts changeants de différents âges. Interpréter Bach à travers les approches de Mendelssohn, Chopin et Liszt, comme une interprétation romantique, est périssable. La transposition de Busoni vise la victoire du piano en tant qu'instrument sur l'orgue : un effort gaspillé. La dynamique en terrasses et l'imitation potentielle du cembalo annulent le développement historique. Bien que l'interprète - grâce à son magnétisme personnel, par exemple - puisse susciter le plaisir par l'un de ces moyens, nous ne pouvons approuver sa production que si nous pouvons y trouver, comme dénominateur commun de tous ces éléments, l'effort pour atteindre l'Éternel (...)
    À partir de l'automne 1936, Faragó enseigne au Conservatoire national et, un an plus tard, à l'Académie de musique. Nous connaissons sa méthode d'enseignement à partir des récits de ses élèves - parmi lesquels Mihály Bacher, Ervin László et Emmi Varasdy : Faragó a d'abord écouté la pièce présentée par l'étudiant, puis, sans aucun commentaire, l'a jouée lui-même. L'étudiant lui-même devait reconnaître et corriger ses fautes. Cette méthode, qui exige un très haut degré de musicalité de la part de l'étudiant, est similaire à celle des grands prédécesseurs de Faragó, Liszt, Thomán et Dohnányi.
    György Faragó ne put enseigner à l'Académie de musique que jusqu'en janvier 1941, il fut ensuite licencié en raison de ses origines juives. La guerre, le service militaire, accélèrent sa maladie, à la suite de laquelle il meurt à Budapest le 7 décembre 1944.
    • Debussy : Arabesques pour piano
    • Fauré : Ballade pour piano et orchestre op. 19

    György Faragó

    14. HONGRIE CLAVIÉRISTES : GYÖRGY MIKLÓS
    • Franck : Sonate pour violon et piano
    • Ravel : Sonate pour violon et piano n°2
    • Schumann : Kreisleriana
    • Tartini : Sonate pour violon et clavier en sol mineur
    15. HONGRIE CLAVIÉRISTES : GYÖRGY SÁNDOR (clic)
    • Bach : Partita pour clavier n°7 "Ouverture à la française"
    • Beethoven : Sonate pour piano n°15 "Pastorale"
    • Prokofiev : Episodes op. 12
    • Prokofiev : Etudes op. 2
    • Prokofiev : Sarcasmes
    • Prokofiev : Visions fugitives
    Bonnes écoutes

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