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Discussion: Igor Stravinsky

  1. #201
    Membre Avatar de Jacques
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    Au post 54 du fil consacré à Ernest Ansermet (section "Discothèque"), j'ai évoqué aujourd'hui un petit livre publié en 1988 à l'occasion du 70ème anniversaire de la création de L'Histoire du Soldat.

    Or, sur la période où Stravinsky vivait en Suisse, on y trouve divers documents relativement peu connus qui, je crois, méritent d'être montrés aussi .

    Voici en tout cas quelques-unes des photos figurant dans ce livre :











    Au post 178 du présent fil, je regrettais de ne pas pouvoir montrer une reproduction en couleurs de l'aquarelle que Théodore Stravinsky, fils aîné du compositeur, avait faite à 12 ans en souvenir de la première de L'Histoire du Soldat. Ce livre m'en donne maintenant l'occasion :




    On trouve même dans ce livre une autre aquarelle en rapport avec la première de L'Histoire du Soldat, mais peinte quant à elle par le fils cadet du compositeur, Soulima Stravinsky (devenu pianiste et compositeur, il fut plus doué pour la musique que pour la peinture -- l'événement l'avait toutefois suffisamment marqué, je suppose, pour qu'il ait voulu "faire pareil que son grand frère" ) :




    Jacques

  2. #202
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    Les photos montrant Igor Stravinsky à Lausanne ne sont pas très nombreuses.

    Dans le magnifique ouvrage intitulé "Les Ballets Russes" que les Editions Gourcuff & Gradenigo ont publié récemment (Paris, 2009), j'en ai toutefois trouvé une qui m'enchante d'autant plus qu'elle fut prise en plein air :




    Cela dit, pardon de paraître un peu obsédé par le "trio" Stravinsky-Ramuz-Ansermet (mes origines, toutefois, m'y prédisposent ). Mais je crois bien que j'ai aujourd'hui "décroché le gros lot" : dans une librairie lausannoise où l'on trouve quantité de bouquins rares et/ou d'occasion, je viens en effet de trouver et d'acheter pour l'équivalent de 30 euros un exemplaire encore en très bon état, portant le numéro 673, de la première édition (1929) des "Souvenirs sur Igor Strawinsky" de C. F. Ramuz !

    Voici quelques images de ce livre :








    Le texte qu'on peut lire à droite de la dernière image (début du premier chapitre) est tout à fait typique de Ramuz .

    Et la suite, pour moi, est un véritable régal... Du seul fait, déjà, que la plupart des lieux qu'il décrit à sa façon si particulière me sont parfaitement connus .


    Jacques

  3. #203
    Membre Avatar de Jacques
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    Deux images encore (trouvées sur la toile), pour compléter mon précédent post ...

    1/ Il n'existe pas de photo - du moins à ma connaissance - montrant Stravinsky, Ansermet et Ramuz attablés à la terrasse d'un bistrot du vignoble vaudois, comme ils l'étaient souvent . Géa Augsbourg les a toutefois représentés dans cette situation, sur le dessin (célèbre en Suisse Romande) montré à gauche.

    2/ On ne sait pas toujours que le compositeur Igor Stravinsky lui-même, bien que moins doué sur ce plan que son fils Théodore, s'adonnait parfois aussi au plaisir du dessin . Il en a ainsi fait un en 1917, tout aussi célèbre et reproduit à droite, montrant son ami Ramuz "chez Noverraz", avec l'inévitable "verre de [vin] blanc" cher aux Vaudois (re-).




    Jacques

  4. #204
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    On ne vous remerciera jamais assez, Jacques, de nous soumettre tous ces précieux documents.

  5. #205
    Membre Avatar de thierry h
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    Je précise toutefois que Stravinsky préférait l'Absinthe au "vin blanc" suisse puisqu'il a composé le Baiser de la Fée ( verte ) !

  6. #206
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    Bonsoir Gustave . Bonsoir Thierry .

    Si l'on prenait Thierry au mot à propos de l'Absinthe (), il faudrait alors admettre que Stravinsky avait bien mal choisi son lieu de résidence en s'établissant pour plusieurs années dans la région lausannoise () : un article introduit en 1910 dans la Constitution suisse interdisait en effet la fabrication, l'importation et la consommation sur tout le territoire national de cette boisson jugée "très dangereuse" (un meurtre particulièrement horrible avait été commis, vers 1908, par un homme complètement sh**** à l'Absinthe, d'où cette mesure extrême mais tout de même un peu ridicule).

    Et ce n'est qu'en 2004 que l'interdiction fut définitivement levée (il est vrai que les Suisses "savent prendre leur temps" ).

    Toujours est-il que lorsque François Mitterrand vint en visite officielle en Suisse et qu'à l'occasion d'un banquet on lui servit, au dessert, une délicieuse préparation à base de "Fée Verte", l'incident fit grand bruit ici car l'interdiction était toujours en vigueur (l'organisateur du repas écopa même d'une forte amende ... ).

    Jacques

  7. #207
    Modérateur Avatar de lebewohl
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    bah... Stravinsky a eu lui aussi des ennuis avec la justice!

    on trouve sur l'internet cette photo :


    Je ne sais pas si elle est authentique ou trafiquée, mais Stravinsky a eu maille à partir avec la police car... réharmoniser "Star Spangled banner" était un délit fédéral!

    (il a eu aussi des difficultés de droit d'auteur avec "happy birthday to you" et "elle avait une jambe de bois"...)

  8. #208
    Membre Avatar de Jacques
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    Bonjour Lebewohl .

    Merci d'avoir montré cette surprenante photo et fourni ces informations (que j'ignorais) relatives à des "délits" commis par Stravinsky au regard du droit américain.

    Je ne sais pas non plus si cette photo est authentique, mais j'avoue qu'elle me fait quand même un peu "froid dans le dos" (). Il est vrai que le système judiciaire américain n'y va parfois pas "avec le dos de la cuiller" (de nos jours, on en viendrait presque à ne plus oser aller aux USA de peur d'être confondu avec un terroriste, comme ce fut le cas il n'y pas si longtemps d'un honnête citoyen anglais, à l'aspect pourtant typiquement "British", arrêté et malmené par erreur à sa descente d'avion alors qu'il venait simplement donner une conférence scientifique à Washington).

    J'en profite pour revenir au second dessin montré dans mon avant-dernier post...

    Regrettant, sur Amazon.fr, que la boîte du CD avec les versions Dutoit de L'Histoire du Soldat et de Renard (cf. l'image de gauche) soit devenue comme elle est à droite,



    ... un amateur a écrit ceci : "Nous voici devant des interprétations majeures de Stravinsky. Bien que l'enregistrement date des années 70, il est superbe et cinglant. Dommage pour cette horrible pochette, alors que la jaquette originale (...) était nettement mieux inspirée avec un dessin de Picasso".

    Or il fait erreur sur le dernier point, l'auteur du dessin représentant Ramuz n'étant pas Pablo Picasso mais bien Igor Stravinsky lui-même .

    Jacques

  9. #209
    Modérateur Avatar de lebewohl
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    En tout cas je concours à l'opinion de cet amateur, Jacques, et peut-être à la vôtre : je trouve cette interprétation de "l'Histoire du Soldat" exceptionnellement réussie (sans parler de l'oeuvre, qui est petit bijou).

  10. #210
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    Citation Envoyé par lebewohl Voir le message
    En tout cas je concours à l'opinion de cet amateur, Jacques, et peut-être à la vôtre : je trouve cette interprétation de "l'Histoire du Soldat" exceptionnellement réussie (sans parler de l'oeuvre, qui est petit bijou).
    C'est bien aussi mon opinion .

    Cette interprétation présente encore la particularité de faire très "couleur locale", le récitant (Gérard Carrat, un acteur genevois) adoptant pour l'occasion un accent vaudois assez convaincant ()...

    Et le rôle du Diable est tenu par François Simon, qui n'est autre que le fils de Michel Simon (cf. "Boudu sauvé des eaux" [Jean Renoir], "L'Atalante" [Jean Vigo], "Drôle de drame" [Marcel Carné], "La Beauté du diable" [René Clair] et tant d'autres films célèbres).

    Jacques
    Dernière modification par Jacques ; 09/05/2010 à 14h45.

  11. #211
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    s'Elsass
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    Sur la fin de sa vie, IS avait élevé passé un temps un troupeau d'oies. Les volatiles ne cessaient de se prendre de bec. C'est devenu mondialement célèbre sous l'appellation de conflits d'oies du père Igor.

  12. #212
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    ah je ne savais pas que ce Simon-là était le fils de Michel! Merci de cette information.

  13. #213
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    Citation Envoyé par The Fierce Rabbit Voir le message
    Sur la fin de sa vie, IS avait élevé passé un temps un troupeau d'oies. Les volatiles ne cessaient de se prendre de bec. C'est devenu mondialement célèbre sous l'appellation de conflits d'oies du père Igor.

    ma foi...

    l'accablement me guette (bon gré magret)


  14. #214
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    Citation Envoyé par lebewohl Voir le message
    ah je ne savais pas que ce Simon-là était le fils de Michel! Merci de cette information.
    Il est des filiations lourdes à porter. La preuve.
    Autre preuve : Soulima Stravinski.
    Ah, tuer le père ...

  15. #215
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    Pour faire diversion, voici une vidéo montrant Stravinsky répétant (avec sérieux mais dans une ambiance plutôt détendue -- il s'allume même une clope pour commencer ! ... ) L'Histoire du Soldat quelque part aux USA dans les années cinquante ou début soixante (le son laisse à désirer mais ça s'arrange un peu à partir de 3'15'') :

    [/URL]

    Jacques

  16. #216
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    Citation Envoyé par lebewohl Voir le message
    ah je ne savais pas que ce Simon-là était le fils de Michel! Merci de cette information.
    François Simon, acteur de théâtre et de cinéma, n'avait certes pas la notoriété de son père Michel Simon, mais il fut un temps très apprécié des auditeurs de la Radio Suisse Romande. On pouvait l'entendre non seulement dans quantité d'oeuvres du grand répertoire, mais aussi dans certaines "pièces radiophoniques" très appréciées du grand public (quand j'étais enfant , je n'aurais pas voulu manquer pour tout l'or du monde un épisode des "Aventures de Sherlock Holmes", où il tenait le rôle du "Dr. Watson" ).

    Wikipédia lui consacre une page assez détaillée, que l'on peut voir ici .

    Jacques

  17. #217
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    Citation Envoyé par Jacques Voir le message
    Wikipédia lui consacre une page assez détaillée
    Le lien que je viens d'indiquer n'étant pas direct, je signale plutôt celui-ci, qui paraît l'être davantage.

    Jacques

  18. #218
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    L'un des aspects les plus frappants de "Souvenirs sur Igor Strawinsky", c'est la nostalgie. Celle, en particulier, que Ramuz éprouve à l'idée que son ami n'est déjà plus le même, qu'il vit depuis plusieurs années à Paris et voyage beaucoup, qu'il est au faîte de la gloire, est courtisé par des "princesses", et qu'il finira par faire peu de cas des moments heureux qu'ils ont passés ensemble. Ramuz imagine même que le compositeur, auquel il s'adresse personnellement en l'appelant "Strawinsky", lui en voudra d'avoir écrit ce petit livre.

    Sur un point en tout cas, les craintes de l'écrivain étaient fondées (même si, mort en 1947, il ne le saura sans doute jamais). Dans les années cinquante, époque où la vieille amitié entre Stravinsky et Ansermet (à cause, surtout, des idées que ce dernier allait développer dans "Les Fondements de la musique dans la conscience humaine") s'était muée en véritable haine, le compositeur déclarait en effet sans ambages à Robert Craft qu'il avait toujours considéré comme "une abomination" la version en français de Noces (à laquelle Ansermet restait attaché quant à lui et que même Boulez ne dédaigna pas d'enregistrer plus tard).

    Cela dit, personne n'est obligé de lire le passage qui suit (nous ne sommes pas sur un forum littéraire). Je le reproduis toutefois quand même, tant il me paraît caractéristique de cette nostalgie éprouvée par Ramuz :

    "(...) Et souvenez-vous encore de certaines après-midi où nous montions ensemble dans les vignes ? Au bas des murs en bordure du chemin, l'eau des ruisseaux était si pure qu'elle semblait n'exister plus, n'étant qu'un tremblement léger comme l'aile de la libellule au-dessus des petites pierres qui faisaient le fond de son lit. Une extraordinaire pureté était partout autour de nous sur les choses qui étaient vues comme à travers un verre bien lavé; par-dessus les murs tachés de bleu, on voyait les échalas neufs qui étaient blancs, et les vieux qui étaient comme de la pierre. Rappelez-vous, en ce premier printemps, l'étrange transparence de l'air, où toutes les couleurs étaient aériennes, mobiles, comme interchangeables, comme sans poids autour de nous. C'était ce pays doux et écarté qui prend à mi-hauteur du mont au-dessus du lac et de Morges; la terre était d'un gris rosé, les pêchers à peine plus rosés, les murs de vignes de deux couleurs, un gris jaune et un gris bleu (ombre et soleil). On voyait ces jolis petits villages aligner en longueur, et de l'est à l'ouest, en travers de la pente, leurs maisons basses, grises de même, grises ou blanches sous des toits gris, ou d'un brun passé, sans accent, et avec des contrevents verts. Il y avait, à la limite des vignes, de petits cimetières tout noirs derrière lesquels montait enfin, fermant la vue, avec ses replis et ses poches, la région des prés et des champs, variée, grasse, riche en vergers, en grosses fermes, en gros bétail, en laiteries et en fontaines. Ce n'était plus la grandeur un peu abrupte de Lavaux, ce n'était pas son unité, ni sa belle masse architecturale; mais l'ensemble était plus intime, plus accueillant, plus doux, plus facile d'accès. Le lac vu de côté, moins immédiatement situé au-dessous de vous, plus étendu aussi, surtout vers le couchant, était quelquefois là-bas sans rivage; vaste, un peu morne, mais si tranquille dans les vapeurs que la chaleur gonflait au large et qu'on voyait monter enfin, sous leur belle soie bien tendue, comme dans un lâcher de ballons.

    Le petit café où nous entrions était vide. Seul dans son coin, un vieux saoûlaud buvait sa goutte sous une affiche représentant une vendangeuse, et des médailles d'or et d'argent en trompe-l'oeil. Ces personnages-là vous enchantaient avec leurs bonnets de poil de lapin, leurs brûle-gueule, leurs demi-barbes. Je vous expliquais qu'ils étaient le plus souvent taupiers de leur état et que c'est un métier du matin. Ces personnages aiment l'aurore. On les voit sortir des bois dans le rosé du lever du jour et ils sont rosés sous le ciel rosé, avec des gouttes de rosée qui leur pendent à chaque poil et des souliers qui brillent (c'est pourquoi ils n'ont pas besoin de les cirer). Ils comptent sur le premier matin pour les rendre beaux, comme le matin fait d'ailleurs avec largesse, et comptent aussi sur lui pour qu'il amollisse la terre où il faut qu'ils creusent pour tendre leurs trappes; puis on les voit, dès que la terre commence à fumer, qui fument; ils sèchent en même temps que la terre sèche, en même temps que la terre a soif, ils ont soif. Mais que vous dire de plus, Strawinsky ? Vous les compreniez encore mieux que moi, vous l'avez prouvé par la suite, — surtout quand ils parlaient tout seuls dans leur coin, comme il arrivait volontiers qu'ils fissent : ces taupiers de village, ces petits vieux à courte barbe grise, devant leurs deux décis de goutte et leur tout petit verre à côtes, plein d'un liquide blanc, vidé, rempli à nouveau, revidé; — un liquide blanc comme de l'eau, ce qui lui donnait un air d'innocence; — et eux le humant gorgée à gorgée jusqu'à ce que la chopine fût vide, mais il leur restait à lécher le verre, à le lécher de nouveau, à le lécher encore, ce qui les menait jusqu'au soir... (...)"


    Jacques

  19. #219
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    De l'opéra en trois actes de Stravinsky The Rake's Progress (La Carrière du libertin), "composé [...] entre 1948 et 1951 sur un livret de Wystan Hugh Auden et Chester Kallman, inspiré en partie de la série de huit peintures A Rake's Progress de William Hogarth" (cf. Wikipédia, qui précise que sa création eut lieu à Venise le 11 septembre 1951 avec Elisabeth Schwarzkopf dans le rôle d'Anne Trulove), on trouve sous le label Naxos cette jolie version enregistrée du 10 au 18 mai 1993 sous la baguette de Robert Craft :




    Pour ma part, bien qu'il n'y ait pas dans cet opéra très plaisant à entendre une seule mesure, pour ainsi dire, où ne puisse être reconnue sa "patte caractéristique", je préfère quand même ce que Stravinsky composa au cours de sa première grande période créatrice. Et une version "de référence" dudit opéra, dirigée en 1964 par Stravinsky en personne, figure dans le coffret Sony de 22 CDs dont il a déjà beaucoup été question sur ce fil et que je possède (disques 16 et 17).

    Mais lorsqu'on tombe parmi les invendus d'un disquaire, comme ce fut mon cas, sur un double album de ce genre proposé pour la moitié du prix d'un disque Naxos simple (!), il y a de quoi se laisser tenter (). Surtout quand on sait à quel point Robert Craft fut proche du compositeur, qu'il assista souvent et avec qui il collabora de très près.

    Le texte anglais mis en musique n'est pas joint à ce double album, pas plus qu'il ne l'est au coffret Sony. On trouve toutefois dans la brochure une présentation de l'opéra par Craft lui-même, mais en anglais uniquement, où figurent d'amusantes anecdotes comme celles-ci (traduction libre) :

    "(...) J'ai rencontré Stravinsky pour la première fois le 31 mars 1948, jour même où W.H. Auden lui remit, à Washington D.C., le livret de The Rake's Progress. (...)

    Le premier jour que je passai plus tard avec lui, il joua, chanta et «grogna» la partition pour moi, sans chemise et portant juste un maillot de corps, avec autour du coup la «médaille-talisman» qui ne le quittait jamais. L'intensité de sa démonstration, reflet des affres de la création, me paraissait par trop intime et pendant un moment j'eus grande envie d'échapper à l'exiguïté de la chambre insonorisée où tout cela se passait. (...) Il prononçait mal chaque mot (même «Tom» était articulé comme «Tome»), et comme il ne s'était toujours pas débarrassé de son habitude de prononcer les «w» comme des «v», ni de son accent russe à couper au couteau, le texte était presque totalement incompréhensible. Mais à la fin, son visage en sueur luisait de contentement.

    Puis je restai sans nouvelles de l'opéra jusqu'en février 1949, quand Stravinsky joua le premier acte en entier devant Balanchine, Auden, Nicolas Nabokov [cousin du célèbre écrivain Vladimir Nabokov] et moi-même, dans un appartement new-yorkais. (...)"

    ()


    Jacques
    Dernière modification par Jacques ; 09/05/2011 à 15h00.

  20. #220
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    Citation Envoyé par Jacques Voir le message
    ... avec autour du coup...
    Je voulais bien sûr écrire : "...autour du cou..." ().

    Vivement qu'on m'enlève (après-demain, probablement) cette embarrassante petite attelle que j'ai toujours au quatrième doigt de la main droite !

    Jacques

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