José van Dam, que j'ai la chance de connaître personnellement, va arrêter sa carrière l'année prochaine, en 2010 donc (pour celles et ceux qui ne suivent pas). Il aura soixante-dix ans.
Il a/avait une voix particulière, sans égale. Un timbre d'une rare beauté, une diction et une prononciation impeccables, dans toutes les langues qu'il a chantées... Artiste complet, intelligent, humble. Même lorsqu'il parle, sa voix, légèrement "nasale", vous charme.
Il a interprété un nombre incalculable de rôles, dont celui qui l'a rendu célèbre et, pour moi, son meilleur : Golaud !
A côté de cela, il a renoncé à des personnages pour lesquels il aurait apporté son intelligence scénique, notamment Wotan, rôle qu'il n'aime/n'aimait pas et dans la peau duquel il n'aurait pas été à l'aise, ni physiquement, ni vocalement, il faut bien l'avouer. Nous en avons souvent discuté - je suis le meilleur avocat de Wotan, même si Alberich m'interpelle bien plus.
Il a su chanter des rôles assez lourds pour ses moyens vocaux - qui n'étaient pas vraiment grands, mais sa technique sans faille compensait - sans être maladroit : Philippe II, Scarpia, le "Hollandais volant", Hans Sachs...
D'aucuns le qualifient de baryton, d'autres de baryton-basse, de basse. Je pense qu'il est les trois à la fois tout en ayant créé une nouvelle tessiture hybride.
Si vous avez quelque chose à dire sur ce grand interprète, c'est le moment et l'endroit.
Bien l'bonjour chez vous
PS : pas mal, le film dans lequel il a joué : "Le maître de musique" !
Dernière modification par Irmah Vacharde ; 26/02/2009 à 08h18.
Je crois qu'il se qualifie lui-même de "basse-baryton", non? Mais vous devez mieux le savoir que moi.
J'ai la plus grande estime pour Van Dam. Quelques-uns de ses rôles d'opéra ne m'ont pas totalement convaincu (Philippe II, notamment), mais Scarpia ou Hans Sachs, si!
Et puis le jour où je l'ai vu et entendu chanter, en bis d'un récital, la "Chanson de la mort de Don Quichotte" de Jacques Ibert, je ne suis pas près de l'oublier...
Il est sage de s'arrêter : il me semble qu'on sentait un peu l'âge venir dans sa voix, récemment. C'est bien de savoir prendre cette décision, mais cela ne m'étonne pas de lui.
Voilà c'était un tissu de banalités, mais je ne vois pas d'autre façon de manifester mon admiration et ma reconnaissance.
Je crois qu'il se qualifie lui-même de "basse-baryton", non? Mais vous devez mieux le savoir que moi.
J'ai la plus grande estime pour Van Dam. Quelques-uns de ses rôles d'opéra ne m'ont pas totalement convaincu (Philippe II, notamment), mais Scarpia ou Hans Sachs, si!
Et puis le jour où je l'ai vu et entendu chanter, en bis d'un récital, la "Chanson de la mort de Don Quichotte" de Jacques Ibert, je ne suis pas près de l'oublier...
Il est sage de s'arrêter : il me semble qu'on sentait un peu l'âge venir dans sa voix, récemment. C'est bien de savoir prendre cette décision, mais cela ne m'étonne pas de lui.
Voilà c'était un tissu de banalités, mais je ne vois pas d'autre façon de manifester mon admiration et ma reconnaissance.
Aussi banal qu'exact, donc pas banal
J'sais causer à la modération, moi, madame
(dit-il en flattant la croupe de sa femme de ménage)
Je l'ai vu et entendu sur scène dans Les Contes d'Hoffmann, Thaïs et Don Carlos.
La perfection du chant francophone. Une diction parfaite, un phrasé de violoncelliste, une noblesse et une autorité naturelles qui en imposent dès qu'il entre en scène.
Seule réserve: le volume vocal est moindre que ce qu'on imagine en l'entendant au disque, ce qui a pu poser problème dans certaines très grandes salles (Acropolis, par exemple).
Je l'ai vu et entendu sur scène dans Les Contes d'Hoffmann, Thaïs et Don Carlos.
La perfection du chant francophone. Une diction parfaite, un phrasé de violoncelliste, une noblesse et une autorité naturelles qui en imposent dès qu'il entre en scène.
Seule réserve: le volume vocal est moindre que ce qu'on imagine en l'entendant au disque, ce qui a pu poser problème dans certaines très grandes salles (Acropolis, par exemple).
Oui, en effet, un volume vocal moindre, et c'était criant (?) surtout dans "Le Hollandais volant".
Pourtant, un rôle qu'il possédait et qui le possédait.
C'est en draguant son épouse, sur la plage du "Petit Nice", que je l'ai rencontré, voici une vingtaine d'années, à Marseille. Anecdote croustillante. Moi qui n'aimais pas les blondes. Mon chat (Pompon) avait griffé son chien, sur la truffe, par la suite, alors que j'avais reçu le couple chez moi, avant de les inviter au restau, chez "Fonfon". Ce qui m'avait valu deux places gratuites et deux soirées inoubliables ; à l'occasion de l'une d'elles, José avait accroché sur une syllabe ; je lui en avais fait la remarque et il avait déclaré qu'il n'y avait sans doute que moi pour l'avoir remarqué. Il faut dire qu'à l'époque, j'étais très pointilleux.
Nous avons des discussions passionnées sur le rôle de Wotan et sur les grands Chefs d'orchestre du passé immédiat : Herbert von Karajan, Sir Georg Solti, Seïji Ozawa, ses préférés.
Bref.
Je l'ai vu et entendu dans "Le Hollandais volant", "Don Carlo", "Attila", "Thaïs"...
Et puis... les Kindertoten lieder de Mahler.