Non pour lui c'est le second thème qui est une antithèse. Remarque, ça non plus c'est pas gagné de trouver une régularité à cette "règle" dans le répertoire.
A nouveau, la D960: c'est très étonnant comme forme d'exposition (on a dit, pas tout à fait à tort en général, du reste, que Beethoven écrasait tous les classiques et les romantiques en matière de variété et d'originalité de procédés d'exposition): je l'ai déchiffrée deux fois ce week-end, et on se rend compte encore plus de cette manière qu'il n'y a pour ainsi dire plus aucune dimension dialectique.
Il y bien un premier thème, un second... et puis un troisième, un quatrième, un cinquième, un sixième, et avec des cheminement harmoniques pour le moins étranges. Et quand je dis thème, c'est bien au sens où chacun constituent une idée appelant un développement. Qu'est-ce qui est en relation avec quoi et dans quel sens, bien malin celui qui pourrait démêler le problème. En fait chaque nouveau thème est appelé par l'évolution du précédent.
Mais avant même de parler de régularité, faudrait justifier ça sur le plan musical. En quoi un deuxième thème serait une antithèse? Parce que ca module? C'est bien léger... et on fait quoi du développement, qui mêle souvent les idées thématiques? C'est le ****** dans la tête du rhétoricien, là.
Il ne doit pas y avoir beaucoup de gens qui écoutent plus de pianistes que moi en concert, honnêtement. Je ne boycotte personne, à deux ou trois exceptions près parce que je les ai entendus assez de fois pour savoir que ce n'est pas la peine que je me fasse du mal. Dès que j'ai l'occasion d'écouter un inconnu, un jeune, ou un "vieux" qui n'a pas fait carrière, j'y vais, sans préjugés; et relativement souvent avec de très bonnes surprises. Mais ce qui est sûr (et je ne m'adresse pas à toi là-dessus), c'est que je ne recevrais de leçons d'ouverture d'esprit et de curiosité à l'égard des interprètes que de quelqu'un qui m'affirmera écouter plus de 100 pianistes par an.
Cela, c'est une première chose.
Ensuite: en moyenne, je suis au concert quatre soirs par semaine, parfois six ou sept. Ce qui ne laisse guère de temps pour écouter des disques. Cela veut dire que l'écoute de disques est pour moi essentiellement un plaisir qui se choisit, et non une étude, une astreinte ou quelque chose de ce genre. J'écoute donc principalement les disques de grands interprètes que je ne peux écouter, ou les enregistrements d'œuvres peu ou jamais jouées en concert et que j'aime ou pourrait aimer. Et rien que ces deux catégories, ça en fait déjà bien plus que j'achète et que je ne trouve parfois pas le temps d'écouter avant des mois.
Troisième élément. Je pense avoir fait assez l'expérience du pouvoir d'illusion du disque, tout particulièrement s'agissant du piano. Dans tous les sens, d'ailleurs: je suis quasiment incapable d'écouter les disques récents de Berezovsky, qui sont globalement nuls à chier. Vu que ce pianiste me fait chialer maintenant à chaque fois que je l'entends en récital, je me ferais encore plus de mal en écoutant les mêmes œuvres par lui sur ses disques pourris qu'en écoutant de mauvais pianistes en concert. Et évidemment, je ne vais pas écouter les disques à première vue forts bons de quantités de pianistes quand je sais à quel point ils sont calamiteux en vrai; ni même ceux des moyens, je n'ai pas le temps, c'est logique. J'aurais juste plaisir à écouter les premiers enregistrements des meilleurs jeunes que j'ai découvert en concert: c'est sûr que j'achèterai quoiqu'il arrive le premier disque de Vacatello, le premier disque de Buniatishvili, le premier disque de Nadzhafova, etc., comme j'ai acheté d'ailleurs tous les disques de Lise de la Salle après l'avoir entendue en récital - quitte d'ailleurs à être déçu comme pour elle! Mais c'est encore une raison de ne pas s'*******r avec les disques des médiocres, déjà que pour trouver un disque réussi des bons il faut se lever de bonne heure...
Troisième élément. Je pense avoir fait assez l'expérience du pouvoir d'illusion du disque, tout particulièrement s'agissant du piano. Dans tous les sens, d'ailleurs: je suis quasiment incapable d'écouter les disques récents de Berezovsky, qui sont globalement nuls à chier.
Je comprends bien ce que tu dis mais là... je ne vois pas ! Le disque a pour fonction de me proposer dans les meilleures conditions possibles un produit fini que je vais pouvoir écouter et réécouter jusquà plus soif ! Illusion, pourquoi ? ! En fait dire qu'un artiste est meilleur au concert qu'en studio ou l'inverse est tout à fait légitime et banal mais je pense que fondamentalement on ne devrait pas comparer un enregistrement pris sur le vif et un enregistrement de studio ! C'est deux choses complètement différentes non ? Je crois que tu n'aimes pas trop Kovacevich au concert ! Son intégrale Beethoven chez Emi est pour moi l'une des plus nourrissantes qui soit ( avec Lewis et Guilels - je sais, je sais... ) ) Qu'il soit une bille devant un milliers d'auditeurs je m'en fout complètement !
Le disque a pour fonction de me proposer dans les meilleures conditions possibles un produit fini que je vais pouvoir écouter et réécouter jusquà plus soif !
Mais ce sont les pires conditions possibles neuf fois sur dix!!
Je crois que tu n'aimes pas trop Kovacevich au concert ! Son intégrale Beethoven chez Emi est pour moi l'une des plus nourrissantes qui soit ( avec Lewis et Guilels - je sais, je sais... ) ) Qu'il soit une bille devant un milliers d'auditeurs je m'en fout complètement !
Bon, Kovacevich a certainement été meilleur qu'aujourd'hui, mais enfin il y a un certain nombre de trucs très impressionnants dans son intégrale (genre Waldstein, op. 111) dont je ne peux pas croire une seconde qu'il a jamais été capable de le faire en public tout en tenant son truc. ça ne te gêne pas de te dire qu'on t'a vendu une came traitée aux hormones?
Comme me disait l'autre jour une fille qui ne sait pas vraiment jouer de piano (mais qui est soprano pro, je crois, donc qui n'est pas totalement une cuistre vis-à-vis de la chose et du milieu musicaux): "vous me laissez du temps en studio, je vais bien sortir un enregistrement de Petrouchka potable..." - une fille que je n'avais jamais rencontré qui, d'ailleurs, m'affirmait de but en blanc ne jurer que par Berezovsky, Virsaladze, Ranki, Sokolov, et être consternée par Bar-shaï, Fray, Stern, Tharaud et Cie. Comme quoi (et on n'est pas que deux, quand même), il n'y a pas que des histoires de goût, dans la vraie vie, il y a aussi des lignes rationnelles de jugement à partir desquelles discuter, comme en politique. Et à partir d'un moment, il faut choisir un camp, être citoyen vis-à-vis de ce qui se passe, sinon c'est soit l'anarchie, soit la dictature - dans le milieu musical, c'est bien, on a un peu les deux à la fois, l'anarchie des valeurs colportée par la musique culturelle, et la dictature des petites mafias provinciales des beaufs du 8e arrondissement.
Mais c'est même bien! Et il m'arrive encore d'écouter sa 31/1 par exemple, qiu est assez unique en son genre... Mais bon, je me dis en l'écoutant que c'est pour bonne part chiqué, c'est embêtant pour penser à Beethoven quand même!
Et puis quand j'écoute un disque, je dois dire que cela ne m'intéresse pas vraiment de savoir si c'est hormoné ou pas ; j'écoute une sonate de Beethoven sous un angle qui me plaît, peu m'importe l'interprète, au fond.
(Kovacevich a fait une attaque il y a peu et peut-être joue-t-il moins bien ; il y a 6 ou 7 ans, cela me semblait encore pas mal du tout, mais enfin je suis à l'évidence beaucoup moins exigeant)
(et je ne me séparerais qu'assez peu volontiers de ses enregistrements des variations Diabelli - la première -, des bagatelles de Beethoven, des Brahms tardifs ; aucune idée comment il jouait ça en public il y a trente ans, et je m'en fiche).
Je crois que je n'ai toujours pas bien compris ce que vous appeliez musique culturelle par opposition à musique musicale (je dis ça pour trouver un terme en opposition, je ne sais pas comment vous l'appelleriez)? Je devine un peu mais je ne saurais pas expliquer.