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Vieux 12/11/2009, 15h28   #1
thierry h
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Enric Granados

Je crois que certains mélomanes avertis aiment particulièrement la musique de ce compositeur ! C'est peut être l'occasion de faire le point sur son oeuvre qui n'est pas très vaste et dont les Goyescas et les Danses espagnoles représentent la partie la plus enregistrée !

Voici quelques lignes tirées de Wikipedia... les spécialistes corrigeront les erreurs éventuelles !

Enrique Granados y Campiña (Enric en catalan) (né le 27 juillet 1867, à Lérida – décédé le 24 mars 1916, en mer) est un compositeur et pianiste espagnol.



Élève précoce, il étudie le piano à Barcelone sous la direction de Francisco Jurnet et de Joan Batista Pujo, qui compta également Isaac Albeniz parmi ses élèves. Granados obtient le premier prix de piano au Conservatoire de Barcelone en 1883. Il étudiera également la composition avec Felipp Pedrell, avant de quitter l'Espagne en 1887 pour se rendre à Paris où il suit les cours de Charles de Bériot. C'est là qu'il rencontre la dernière génération de compositeurs français : Gabriel Fauré, Claude Debussy, Maurice Ravel, Paul Dukas, Vincent d'Indy, Camille Saint-Saëns, etc.
Il revient s'installer à Barcelone en 1889 pour y entamer une brillante carrière d'interprète et de compositeur. Il donne son premier récital en 1890. Par la suite, il partagera la scène avec de nombreuses célébrités de l'époque, dont bien des noms nous sont encore aujourd'hui familiers : Eugène Ysaÿe, Jacques Thibaud, Edouard Risler, etc. Son premier opéra, Maria del Carmen, lui vaut en 1898 une consécration royale. Néanmoins, les quatre opéras suivants, composés entre 1901 et 1911, n'auront guère de succès.
En 1901, il fonde l'Academia Granados. Granados se consacre dès cette date à l'enseignement du piano et de l'interprétation pianistique. Il fut professeur, entre autres, du compositeur Roberto Gerhard. S'il poursuit parallèlement sa carrière de compositeur, il ne reviendra en tant que tel sur le devant de la scène qu'en 1911, à la faveur des premières auditions de sa suite pour piano Goyescas. Le titre de l'œuvre qui assura sa notoriété est un hommage au peintre Francisco de Goya, pour qui Granados éprouvait une vive admiration : « Goya est le génie représentatif de l'Espagne... Nous devons, à l'exemple de cette belle figure, tenter de contribuer à la grandeur de notre pays ».
En 1916, il effectue un voyage à New York pour assister à la première américaine de son opéra Goyescas, inspiré de la suite éponyme. Les représentations sont un succès. Granados achève sa tournée américaine dans l'enthousiasme. Au mois de mars, sur le chemin du retour, il embarque avec sa femme à bord du Sussex, qui fait la liaison de Londres à Barcelone. Le 24 mars 1916, le navire est torpillé par un sous-marin allemand. Il réussit à rejoindre un canot de sauvetage mais, apercevant sa femme qui se noyait, il sauta à nouveau à la mer: tous deux se noyèrent.

Dernière modification par thierry h ; 12/11/2009 à 15h34.
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Vieux 12/11/2009, 15h32   #2
Irmah Vacharde
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Graine d'os.
Je le croyais grec :o)

J'ai beaucoup d'affection pour ce compositeur, même si cela fait au moins quinze ans que je n'ai plus rien écouté de lui. J'y reviendrai certainement ; chaque chose en son temps.
Je me suis pris la tête, une fois, avec un fâcheux qui prétendait qu'Albeniz était meilleur. La composition, ce n'est tout de même pas une compétition, si ? Je le soupçonne d'avoir été un proche de Cécilia :o)
Bonne idée, ce fil. Souvenir, souvenir...

YouTube - Granados Spanish Dance No.5 (Andaluza)

Dernière modification par Irmah Vacharde ; 12/11/2009 à 15h37.
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Vieux 12/11/2009, 15h42   #3
Theo B
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Je ne savais pas que j'allais provoquer un nouveau fil. Ctastrophe!

Car je n'ai rien à dire d'intéressant, voyez-vous. Je trouve simplement que les Goyescas sont sous-évalués par rapport à l'Iberia d'Albéniz, alors que l'intérêt pianistique des premières n'est pas loin en général du premier, et que le niveau d'inspiration musicale, lui, est sensiblement le même - et personnellement, je suis souvent plus sensible aux Goyescas.

Quejas o la maja y el ruiseñor: une merveille absolue de la musique pour piano, qui mériterait d'être jouée par tous les grands pianistes, car le problème est que cela fonctionne un peu comme un prélude de Rachmaninov: ceux qui ne jouent pas le jeu de traverser harmoniquement la partition, qui jouent de jolis détails et font du tricot, ce n'est pas supportable...
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Vieux 12/11/2009, 16h17   #4
Gustave
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Une œuvre "pas très vaste", dites-vous, Thierry... Voire! L'intégrale pour piano nécessite tout de même une dizaine de volumes.
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Vieux 12/11/2009, 16h18   #5
thierry h
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Une œuvre "pas très vaste", dites-vous, Thierry... Voire! L'intégrale pour piano nécessite tout de même une dizaine de volumes.
Je disais bien que je n'étais pas un mélomane averti...
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Vieux 12/11/2009, 16h20   #6
Irmah Vacharde
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Je disais bien que je n'étais pas un mélomane averti...
Pourtant, un mélomane Averty en vaut deux

Célèbre phrase de Jean-Christophe...
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Vieux 12/11/2009, 16h43   #7
Gustave
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On peut-être mélomane averti, cher Thierry, sans être maniaque des intégrales.
(Si quelqu'un ajoute: et réciproquement, je vais me sentir visé!)
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Vieux 12/11/2009, 18h41   #8
Jacques
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Je vais probablement "ramener ma fraise" sur ce fil d'un grand intérêt (bien que je n'aie rien de très original à y dire, personnellement), mais je ne pourrai sans doute le faire que demain au plus tôt (j'ai des disques de Granados à réécouter au préalable) .

Jacques
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Vieux 12/11/2009, 21h56   #9
Jacques
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C'est surtout l'opéra Goyescas (dont j'ai une version enregistrée à Madrid en 1996) que je voulais réécouter au préalable et qui me fait préférer attendre jusqu'à demain.

Mais j'évoque déjà la mélodie avec accompagnement de piano, dont je n'ai pour l'instant, s'agissant de Granados, qu'un cycle à disposition (deux fois par Teresa Berganza, accompagnée dans un cas par Alvarez Parejo, dans l'autre par Félix Lavilla). Il s'agit de La maja dolorosa, avec successivement : "¡Oh, muerte cruel!", "¡Ay, majo de mi vida!", "De aquel majo de amante", "El majo discreto", "El tra la lá y el punteado" et "El majo timido".

Ces mélodies figurent sur l'album (Claves) et le coffret (DG) suivants :




L'album Claves comporte en outre des cycles pour chant et piano de Joaquín Turina (1882-1949 -- Poema en forma de canciones [8 mélodies]), Jesús Guridi (1886-1961 -- Seis canciones castellanas) et Eduardo Toldra (1895-1962 -- Seis canciones).

Quant au coffret DG, où Teresa Berganza est accompagnée tantôt à la guitare par Narciso Yepes, tantôt au piano par Félix Lavilla, il offre un panorama très vaste du chant espagnol. Outre Granados, les compositeurs concernés - sans parler de plusieurs auteurs anonymes - sont en effet de la période allant du moyen âge à la fin du XVIIIème siècle [Alfonso X el Sabio, Juan del Encina, Luis de Milán, Juan Vásquez, Miguel de Fuenllana, Francisco de la Torre, Enríquez de Valderrábano, Alfonso Mudarra, Luis de Narváez et Pablo Esteve], puis viennent Enrique Granados, Jesús Guridi, Manuel de Falla, Federico García Lorca (1899-1936), Joaquín Turina et Xavier Montsalvatge (1912-2002).

La présence parmi tous ces musiciens du grand poète espagnol Federico García Lorca, proche ami, notamment, de Manuel de Falla, de Luis Buñuel et de Salvador Dali, ne surprendra que ceux qui ignoraient qu'il composait aussi de la musique (de structure simple mais très expressive) pour accompagner certains de ses poèmes .

Jacques

Dernière modification par Jacques ; 12/11/2009 à 22h02.
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Vieux 12/11/2009, 23h18   #10
Jacques
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Je me suis pris la tête, une fois, avec un fâcheux qui prétendait qu'Albeniz était meilleur. La composition, ce n'est tout de même pas une compétition, si ? Je le soupçonne d'avoir été un proche de Cécilia :o)
Meilleur, je ne pense pas. Mais (très) différent, c'est certain .

Plus prudent et ne prenant pas parti, le petit texte de présentation joint à l'album Claves que j'ai montré au post précédent (récital de mélodies) dit simplement ceci :

"(...) A l'opposé de son contemporain et ami Albéniz, Granados n'a aucune disposition pour l'éclat de la virtuosité et, si son instrument de prédilecton est aussi le piano, c'est un piano totalement introverti. Son style est à la recherche du sens des choses, de leur vérité dissimulée derrière les apparences. C'est pourquoi une comparaison avec Goya se justifie pleinement : «Comme Goya, Granados savait reproduire l'essence de ce qu'il voyait; il était capable de chercher le grand secret caché derrière les façades (...)». Les mélodies gravées sur notre disque témoignent précisément de cette quête."

Jacques
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Vieux 12/11/2009, 23h20   #11
Theo B
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C'est sans doute vrai pour le caractère (encore que El Pelele), mais pas pour la difficulté pianistique - raison de ma remarque plus haut!
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Vieux 12/11/2009, 23h26   #12
Jacques
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C'est sans doute vrai pour le caractère (encore que El Pelele), mais pas pour la difficulté pianistique - raison de ma remarque plus haut!
Ça, c'est certain aussi .

La suite pour piano Goyescas (tout comme El Pelele) m'a toujours paru d'une difficulté technique diabolique. Et je n'ai jamais osé y toucher.

Jacques
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Vieux 12/11/2009, 23h35   #13
Theo B
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Quand j'ai (re)découvert Quejas o la maja y el ruisenor, j'ai tout de suite voulu le jouer et ai acheté la partition des Goyescas. C'est l'une des pièces qui parait la plus simple, eh bien: on repassera!
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Vieux 13/11/2009, 13h21   #14
Jacques
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Quelques jours après la mort tragique de Granados survenue le 24 mars 1916, Manuel de Falla, très ému, écrivit ce qui suit dans la Revista Musical Hispanoamericana : "Je n'oublierai jamais la lecture que Granados nous fit de son opéra Goyescas chez Joaquín Nin, à Paris. Cette danse du pantin, si lumineusement rythmique, sur laquelle s'ouvre l'oeuvre; ces phrases de tonadillas traduites avec une sensibilité si exquise; l'élégance de certaines tournures mélodiques, parfois imprégnées d'une mélancolie naïve, parfois de joyeuse spontanéité, mais toujours distinguées et, surtout, évocatrices, comme si elles exprimaient des visions intérieures de l'artiste... J'ai ressenti à nouveau tout cela en déchiffrant sa partition."

En dépit du reproche que certains lui firent de "manquer de couleur locale" (sans doute en raison de l'absence de motifs andalous ou aragonais), ce bref opéra en trois tableaux dont la version originale sans dialogues dure à peine plus d'une heure, créé le 28 janvier 1916 au Metropolitan Theater de New York (il l'aurait probablement été à Paris si la guerre n'y avait pas fait obstacle) sous la direction enthousiaste de Gaetano Ravagnoli, avec des décors et des costumes inspirés de modèles goyesques conçus par Antonio Rovescalli, scénographe au Metropolitan et à la Scala de Milan, remporta un vif succès et suscita une véritable émotion, donnant lieu à de nombreux rappels des auteurs et des solistes. A New York, le climat artistique était alors favorable et comptait quelques personnalités espagnoles de renom, comme la cantatrice María Barrientos et le violoncelliste Pablo Casals, ce qui contribua à ce succès. Dans l'ensemble élogieuse, la critique évoqua "le charme et la nouveauté des lignes mélodiques, la richesse de la couleur et du mouvement scénique, l'habileté de l'écriture polyphonique, de l'instrumentation vigoureuse, sonore mais non stridente, de l'harmonie distinguée, du rythme marqué et du style noble". On souligna le rôle important du choeur et on mit l'accent sur certains fragments tels que la scène de la "maja" et du rossignol ou l'intermède.

On a parfois prétendu que le recueil pianistique Goyescas, ainsi que El Pelele ("Le pantin"), n'étaient en fait qu'une série d'ébauches pour l'opéra. A tort, car il s'agit de pages parfaitement achevées et autonomes, d'un style élevé et d'une grande valeur pianistique. Il n'en demeure pas moins que Granados a tiré de ces pièces l'essentiel de la substance dont est faite son opéra, où réapparaissent la plupart des thèmes déjà entendus au piano (ce qui donne à cet opéra, quand on connaît les thèmes en question, un charme très particulier). Le compositeur exposa lui-même ses intentions dans les termes suivants : "J'aimerais donner à mon oeuvre une touche personnelle, un mélange d'amertume et de fantaisie... J'aimerais savoir combiner les touches de sentiment, amoureux et passionné, dramatique et tragique, comme chez Goya".

Je ne connais et ne possède qu'une version de cet opéra, celle enregistrée à Madrid en juillet 1996 pour le label Auvidis Valois par d'excellents musiciens (chef, orchestre, choeurs, solistes), tous espagnols. Elle me satisfait pleinement .

Voici des images du coffret qui la contient (un CD accompagné d'un livret très étoffé en espagnol, français et anglais, avec reproduction/traduction dans ces langues des textes chantés) :



Jacques
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