De nationalité belge, la basse baryton José Van Dam fit ses études au Conservatoire de Bruxelles, sa ville natale. Lauréat de plusieurs grands concours, il fut engagé à vingt-et-un ans par l’Opéra de Paris où il fit ses débuts dans Les Troyens de Berlioz. Depuis lors, il est l’invité des plus grandes scènes et festivals lyriques du monde, de Covent Garden au MET, d’Aix-en-Provence à Saito Kinen, marquant de son empreinte - de chanteur et d’acteur – tous les rôles qui lui sont confiés, y compris en création, tel le rôle titre de Saint-François d’Assise d’Olivier Messiaen créé à Paris, à l’Opéra Garnier. A cet égard, sa contribution au succès des productions auxquelles il participa à la Monnaie est inestimable. José Van Dam domine également un vaste répertoire de concert, d’oratorio et de lied, qu’il eut l’occasion de donner sous la direction de chefs éminents, tels Abbado, Muti, Ozawa, Karajan ou Pappano. Sa discographie abondante et éclectique lui a valu de très nombreux prix ; il s’est également distingué dans deux films devenus des références : Le Maître de musique de Gérard Corbiau et Don Giovanni (où il chantait Leporello) de Joseph Losey. Outre diverses distinctions internationales prestigieuses, José Van Dam a été récemment anobli par le Roi Albert II.
Normalement, s'il respecte sa parole, ce dont je ne doute pas un seul instant, ce chanteur sans égal doit mettre un terme à sa carrière l'année prochaine. A soixante-dix ans donc. Un exemple à suivre, même si les rôles qu'il a interprétés n'ont pas tous été approfondis comme il le souhaitait. Il lui eût fallu deux vies. Sa voix, qui manquait certes de puissance et de "gravitude", lui permettait d'aborder toutefois plusieurs tessitures. Celle où il était
bien dans sa peau était baryton-basse. Le personnage où il se sentait le plus à l'aise et pour lequel il vouait une empathie certaine était Golaud ; celui qu'il se refusait à chanter, Wotan. Je ne crois pas que vocalement il pouvait aller au bout de "Die Walküre", mais ce n'est qu'un avis personnel. Son humanité aurait pourtant fait merveille à la fin de l'acte III. Il compensait ses défauts par une présence et une noblesse qui sautaient aux yeux, notamment dans Philippe II. Sa technique, sûre, le mettait à l'abri de l'accident, même si parfois il le frôlait, le plus souvent dans "Le Hollandais volant" et "Tosca".
Je l'ai vu et entendu sur scène dans "Thaïs", "La damnation de Faust", "Le Hollandais volant" (plusieurs fois), "Attila", "Don Carlo" (plusieurs fois), et les Kindertotenlieder de Mahler.
Parmi ses enregistrements que je conseillerais à un sourd : "Salomé" version Karajan, "Pelléas et Mélisande" version Abbado, "Don Quichotte" version Plasson (avec Alain Fondary), "La femme sans ombre" version Solti.
A éviter "Le Hollandais volant" version Karajan.
YouTube - Gustav Mahler - Jose van Dam - Ich bin der Welt
Qui n'a pas vu le film "Le maître de musique" ?