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Thread: Schubert : sonate D959

  1. #1
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    Schubert : sonate D959

    La grande sonate en la majeur de Schubert, que je ne me lasse jamais d'écouter, et qui à mon sens, est une oeuvre encore plus impressionnante que la D894 ou la D960, notamment à cause de la terrible déflagration au coeur de l'Andantino.

    Oeuvre qui a également été beaucoup enregistrée, peut-être un chouïa moins que la D960. Je m'en tiendrais à quelques versions récentes, d'autres parleront infiniment mieux que moi de versions plus anciennes (je crois que le nom de Serkin risque d'apparaître souvent...)

    Il me semble que c'est une sonate pour "outsider", dans le sens où le grand schubertien qu'est Lupu n'est pas à son meilleur ici; Brendel me paraît bien meilleur dans sa 1ère version des années 70 (sans être enthousiasmant) que dans l'enregistrement de studio des années 80 ou dans le "live" récent. Perahia, bien meilleur aussi dans la 1ère version (années 80) que la 2ème (2002), c'est une de mes versions préférées. Dans l'anthologie du "jeune" grand schubertien qu'est Andsnes, la D959, enregistrée en premier, n'est pas la sonate la plus réussie non plus: un peu trop rationnel et équilibré, trop sage à mon goût. Je pense que si il la réengistrait aujourd'hui, ce serait bien meilleur...Paul Lewis semble bien vert lui aussi, j'espère qu'il y reviendra. Uchida manque un peu de carrure et de puissance, comme souvent.

    Alors quelles versions choisirais-je finalement?
    Eh bien je dirais que Pollini nous donne dans cette oeuvre un de ses tous meilleurs disques (globalement, je trouve que Pollini est mésestimé dans Schubert), avec une version très carrée et puissante, mais qui conserve sa part de folie.
    Kovacevich me fait vraiment penser à Serkin dans cette oeuvre: c'est brutal, laid de son, mais quelle rage, quelle noirceur! C'est peut-être ma version préférée!
    Perahia I réussit la synthèse entre la sophistication des uns (Brendel, Lupu, Uchida) et la violence des autres (Kovacevich, Serkin), même s'il tire du côté des premiers.

    Du côté des disques que j'aimerais bien voir sortir, je me souviens d'un concert de Zimerman où il avait joué cette sonate et c'était absolument prodigieux...mais l'enregistrera-t-il un jour ou la bande sera-t-elle exhumée ? De même, j'ai un live fantastique d'un pianiste russe bien connu qui refuse de publier des disques, mais je ne sais pas si j'ai le droit d'en parler...


    A vous de tirer, F.

  2. #2
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    C'est pas bien de tirer sur les pianistes !
    Comme j'ai très mauvais goût ( avis aux cannibales ! ) j'aime assez ce que fait Brendel années 70 dans cette sonate ( même si je le trouve encore mieux dans la précédente et la suivante... Pollini est (toujours) formidable ! Je n'ai pas le souvenir de Richter et Guilels dans cette sonate, ce qui est proprement scandaleux...

  3. #3
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    Bonjour Thierry, rassurez-vous, il est tout à fait normal que vous n'ayez aucun souvenir de S. Richter ou d'E. Guillels dans cette sonate : à ma connaissance, elle n'a jamais fait partie de leur répertoire.

    Pour compléter la discographie de cette oeuvre au rayon incunables, on ne peut pas ne pas citer A. Schnabel (le premier enregistrement jamais fait), E. Erdmann (prodigieux schubertien bien trop oublié à mon goût) et F. Wührer (qui a signé la première -et AMHA la meilleure- intégrale des sonates de Schubert).

    Musicalement,
    l'obsédé-des-incunables

  4. #4
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    Quote Originally Posted by co2monamour View Post
    Bonjour Thierry, rassurez-vous, il est tout à fait normal que vous n'ayez aucun souvenir de S. Richter ou d'E. Guillels dans cette sonate : à ma connaissance, elle n'a jamais fait partie de leur répertoire.
    Un instrumentiste du New York Philharmonic avait fait un long article pour expliquer les différences de conception entre Karjan et Toscanini dans la 5e de Tchaikovsky. 5e de Tchaikovsky que Toscanini ne dirigeait pas
    Est-il vraiment nécessaire que Guillels ou Richter aient joué cette sonate pour savoir comment ils l'auraient abordée?

    Ah bon, vraiment, c'est nécessaire?

  5. #5
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    N'empêche... quelle rationalisation cela permettrait!



    (je ne l'ai pas lu )

    (mais je recommande "qui a tué Roger Ackroyd", du même)

  6. #6
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    Je n'ai pas grand chose à ajouter en terme de mentions de versions. Cette sonate est l'une de celle sinon celle qui fait le plus peur je crois, davantage que 960 voire 850, et n'est pas si enregistrée que ça.

    J'ajoute quand même Arrau, car c'est à mon avis (je ne suis pas du tout un fou d'Arrau) un de ses enregistrements les plus intéressants (ses Schubert tardifs en général).

    Et Annie Fischer (Montréal 1986): pas son meilleur récital, pas son meilleur Schubert, mais cela reste Annie Fischer...

    J'ai écouté toutes les versions mentionnées sauf Erder et Wührer.

    Pour moi Serkin domine assez largement le lot. Peut-être son Schubert le plus essentiel à mes yeux, et c'est tout dire.

    Sinon, il y a plusieurs versions Brendel. Brendel m'ennuie en général, mais sa mouture de concert de 959 est peut-être l'enregistrement que je préfère de lui! Principalement pour une raison: c'est la seule version dont le tempo du finale (lent) me convienne.
    Après, idéalement, je pense que ce devrait être encore plus lent, et évidemment beaucoup plus fort pianistiquement, transversal harmoniquement, déchirant, tout ça quoi.

  7. #7
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    Dans mon souvenir, Arrau est assez mal enregistré dans la D959, et c'est d'autant plus désagréable qu'on est habitué à un son sublime chez Philips. Ce doit être un des premiers enregistrements DDD du label (à vérifier, il se peut que je confonde avec une autre sonate).

    Par ailleurs, le live de Gr. S.....v qui est tombé entre mes pattes avides est à 12'44'' dans le final (dont plutôt lent) et en terme de pianistique et d'expressivité, le garçon se défend pas mal. Si ça intéresse quelqu'un...

  8. #8
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    Oui, moi, même si je suis psychologiquement préparé depuis un moment à attendre 40 ans s'il le faut sa 959... son finale est déjà légendaire par le seul fait de ceux qui y ont assisté la saison où il l'a jouée.
    Ceci dit, j'imaginais plus que 12'44... un jour de relâchement, peut-être.

    On peut se faire une idée ici, mais il n'y a que l'andantino.
    YouTube - Sokolov plays Schubert Sonata in A major (2nd) live

  9. #9
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    Serkin, rien que Serkin.

    Bon, peut être un peu Zacharias mais je n'ai pas écouté ça depuis quelque temps.

  10. #10
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    Quote Originally Posted by Philippe95 View Post
    Serkin, rien que Serkin.

    Bon, peut être un peu Zacharias mais je n'ai pas écouté ça depuis quelque temps.
    C'est vrai que lorsqu'on a commencé par Serkin, Zacharias paraît moins "corsé"

    Philippe Cassard m'a laissé un excellent souvenir.

    Et dans mes rêves Michelangeli et Richter sont inoubliables

  11. #11
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    Tiens, pour ma part, dans D959, c'est Gilels que je regrette le plus des trois géants... S'il avait enregistré ça dans ses ultimes années, dans "l'humeur" immensément nostalgique et tout aussi immensément humaine de ses derniers Beethoven studio, je n'ose même pas imaginer à quelle grandeur et quelle noblesse cela aurait pu atteindre...
    ... lui aurait joué le finale en treize minutes bien sonnées, je pense, et avec quel souffle.

  12. #12
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    Quote Originally Posted by françois1309 View Post
    Dans mon souvenir, Arrau est assez mal enregistré dans la D959, et c'est d'autant plus désagréable qu'on est habitué à un son sublime chez Philips. Ce doit être un des premiers enregistrements DDD du label (à vérifier, il se peut que je confonde avec une autre sonate).
    Je confirme que la D959 a été enregistré en DDD en 8/1982, donc au début de l'ère du CD. La D958 (3/1978) et la D960 (5/1980) sont en ADD. Je ne trouve la différence dans la qualité d'enregistrement pas frappante, mais peut-être je n'ai ni le matériel ni les oreilles assez haut de gamme... A la limite je trouve que la D960 sonne mieux comme les deux autres.

    Jürgen

  13. #13
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    Je trouve que ça ne sonne ni mieux (la 959) ni plus mal que les sonates en ADD, ou que d'autres enregistrements célèbres d'Arrau en ADD (pour préciser, j'ai tendance à penser que les ingénieurs Philips ont souvent eu tendance à faire l'inverse de ce que voulait mettre en valeur Arrau, en enregistrant à peu près autant ce qui sortait de la caisse du piano que le bruit de ses doigts sur le clavier... alors même qu'Arrau abhorrait le jeu digital. Soit, il n'était peut-être pas le plus a-digital des pianistes, mais quand même...)

    En revanche, il me semble que la 894 et surtout la 664 plus tardives sonnent très très bien. Ainsi que les impromptus et surtout de remarquables Klavierstücke.

  14. #14
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    Je ne peux pas penser aux sonates de Schubert sans évoquer Kempff.

    "La plupart des sonates de Schubert ne devraient pas être exposées à la lumière crue d'immenses salles de concert étant donné qu'il s'agit de confessions d'une âme très vulnérable, davantage encore de monologues, chuchotés souvent si doucement que le son se perd dans la salle"
    "Pas de possibilité pour le virtuose de faire valoir son talent. Ne s'agit-il pas d'accompagner l'éternel voyageurs Schubert sur ces chemins qui mènent à ce pays qu'il a cherché avec son éternelle nostalgie"


  15. #15
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    Quote Originally Posted by Bertrand View Post


    "La plupart des sonates de Schubert ne devraient pas être exposées à la lumière crue d'immenses salles de concert étant donné qu'il s'agit de confessions d'une âme très vulnérable, davantage encore de monologues, chuchotés souvent si doucement que le son se perd dans la salle"
    "Pas de possibilité pour le virtuose de faire valoir son talent. Ne s'agit-il pas d'accompagner l'éternel voyageurs Schubert sur ces chemins qui mènent à ce pays qu'il a cherché avec son éternelle nostalgie"

    Wilhelm Kempff



    Je crois que le problème de Kempff, au fond, c'est qu'il devait manquer de profondeur...

  16. #16
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    Regarde la position de ses poignets et de ses mains. Une vraie position de pianiste. Clé de voute de la main là où il faut et poignet souple. L'épure classique en quelque sorte .... pas comme certains

  17. #17
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    Si tu appelles manque de profondeur ne pas être capable de pilonner l'instrument comme une mule, je te répondrais que ce qui compte c'est l'importance du contraste entre la nuances les plus piano et les plus forte dans les nuances. Or Kempff maitrisait les ppp comme peu de monde.

    Un grand maître ce Kempff, même si la mode actuelle est de le regarder avec un brin de condescendance.

  18. #18
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    C'est pénible de ne pas pouvoir éditer ses propres messages pour en corriger les fautes
    Quote Originally Posted by Bertrand View Post
    Si tu appelles manque de profondeur ne pas être capable de pilonner l'instrument comme une mule, je te répondrais que ce qui compte c'est l'importance du contraste entre la nuances les plus piano et les plus forte. Or Kempff maitrisait les ppp comme peu de monde.

    Un grand maître ce Kempff, même si la mode actuelle est de le regarder avec un brin de condescendance.

  19. #19
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    Quote Originally Posted by Bertrand View Post
    Si tu appelles manque de profondeur ne pas être capable de pilonner l'instrument comme une mule, je te répondrais que ce qui compte c'est l'importance du contraste entre la nuances les plus piano et les plus forte dans les nuances. Or Kempff maitrisait les ppp comme peu de monde.

    Un grand maître ce Kempff, même si la mode actuelle est de le regarder avec un brin de condescendance.
    Ah bon, Kempff n'est pas à la mode...

    Après, dire que j'aime les pianistes qui pilonnent l'instrument comme une mule, c'est comme avoir une discussion politique avec moi et conclure par exemple que je suis fan des gouvernements supra-nationaux.

  20. #20
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    Pas mentionné une fois dans Schubert au 13ème message, il est en effet très à la mode.

    Qu'est-ce que ca veut dire, il manque de profondeur? Si ce n'est qu'il ne balance pas la sauce. Il retranscrit pourtant le moindre soufflet d'une partition et hiérarchise ses nuances de manière certes pas criarde, mais très claire.

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