Philippe, pourriez vous nous en dire un poil plus sur ce concert ? Qu'est-ce qui clochait ? Le chef ? L'orchestre ?
Volontiers.
Indiscutablement, le chef.
L'orchestre est impeccable mais le chef n'a strictement rien à dire dans ces oeuvres. C'est très curieux car la technique de mise en place est sans reproche, même si je trouve que tout est joué trop fort.
Mais il y a une forme d'ingénuité à sembler découvrir l'oeuvre avec nous, mesure après mesure, page après page, d'où un sort fait au moindre effet, au détriment d'un manque total de construction.
La 2ème de Rachma était, de ce point de vue, d'un mauvais goût que je ne saurais qualifier d'américain de peur de subir les foudres de l'ami Tahar. Tout ce qui peut rendre insupportable cette musique était au rendez vous : rubato pas naturel, cuivres sur-exposés, violons guimauve.
Le programme nous rappelait fort judicieusement que le monde de Rachmaninov, fait de nostalgie d'un monde en perdition, est proche de celui de Tchékhov. Notions de culture qui ont l'air d'échapper à Alan Gilbert.
Si on ajoute une très faible pièce de Lindberg (EXPO) et un 2ème concerto de Prokofiev où Bronfmal réussit à jouer toutes les notes, mais en oubliant qu'il pouvait aussi y avoir quelques morceaux de musique dedans, on mesurera la profonde déception qui fut la mienne, et la crainte en ce qui concerne le programme de ce soir : Haydn, l'Inachevée et l'opus 6 de Berg, ça ne pardonne pas !
A noter l'incroyable transformation du NYPO, avec une forte présence d'instrumentistes d'origine asiatique. Qu'il est loin le temps où Barenboim disait être très à l'aise avec cet orchestre car il pouvait y parler yiddish.
J'avais lu je ne sais où de bonnes critiques concernant Alan Gilbert... Un jour sans... peut être ! Après reste à savoir si le programme de sa tournée lui correspond vraiment ou s'il s'agit d'oeuvres cartes postales pour assurer un bon remplissage de salle !
J'avais lu je ne sais où de bonnes critiques concernant Alan Gilbert... Un jour sans... peut être ! Après reste à savoir si le programme de sa tournée lui correspond vraiment ou s'il s'agit d'oeuvres cartes postales pour assurer un bon remplissage de salle !
Sa 9ème de Mahler à Stockholm a eu une bonne critique dans Gramophone et la volonté de Gilbert d'introduire plus de musique contemporaine dans la programmation du NYPO a toute ma sympathie. Mais ça ne suffit pas.
Ceci dit, la salle était enthousiaste hier soir.
A noter l'incroyable transformation du NYPO, avec une forte présence d'instrumentistes d'origine asiatique. Qu'il est loin le temps où Barenboim disait être très à l'aise avec cet orchestre car il pouvait y parler yiddish.
Cette dimension des choses m'avait échappé. Effectivement, les violons devaient sans doute davantage jouer sans intonations intempestives du temps où tous les violons parlaient yiddish!
Cette dimension des choses m'avait échappé. Effectivement, les violons devaient sans doute davantage jouer sans intonations intempestives du temps où tous les violons parlaient yiddish!
Je ne sais pas pourquoi mais je sens poindre un vieux débat sur New York le moins bon ( ou le plus mauvais ) orchestre des Big five !
Je ne sais pas pourquoi mais je sens poindre un vieux débat sur New York le moins bon ( ou le plus mauvais ) orchestre des Big five !
Ca n'est pas du tout mon avis. Je n'ai plus entendu Philadelphie et Cleveland en concert depsuis quelques années mais l'orchestre ne me semble pas fondamentalement au cause dans le concert d'hier.
Ca n'est pas du tout mon avis. Je n'ai plus entendu Philadelphie et Cleveland en concert depsuis quelques années mais l'orchestre ne me semble pas fondamentalement au cause dans le concert d'hier.
Ah mais je suis d'accord ! Ce classement, effectué il y a belle lurette d'ailleurs, m'a toujours un peu agacé et j'ai assez de disques par New york pour aimer cet orchestre ! Et c'est oublier un peu vite d'autres orchestres formidables comme Detroit ou Pittsburg ou Atlanta etc...
Je ne sais pas pourquoi mais je sens poindre un vieux débat sur New York le moins bon ( ou le plus mauvais ) orchestre des Big five !
Pas me concernant. A mon avis, on peut prendre n'importe lequel de ces orchestres, tant que les cordes ne sont pas dressées à éliminer toute intonation non disciplinée, il manquera quelque chose aussi magnifique et équilibré (car il n'y a pas de gros problème d'équilibre contrairement à l'idée reçue) que ce soit. Bon, Boston aurait peut-être quelques facilités en plus, mais ça s'arrête là...
Je me répète depuis hier soir, mais si Jurowsky a pu dresser les cordes du Philharmonique de Londres pour jouer de la musique russe sérieusement, il n'y a aucune raison qu'on ne puisse pas le faire avec les cordes de NY, du CSO ou du LAPh, qui sont intrinsèquement meilleures.
Moi, tout ce que j'ai retenu du concert d'hier, c'était que le chef était d'une nullité rare.
Je ne sais pas pourquoi mais je sens poindre un vieux débat sur New York le moins bon ( ou le plus mauvais ) orchestre des Big five !
Au bout de 5 ans de Gilbert, la question ne sera sans doute plus "New York est-il le moins bon des Big five?" mais "New York fait-il encore partie des Big five?"... J'aurais même tendance à penser que la question se pose déjà...
J'avais lu je ne sais où de bonnes critiques concernant Alan Gilbert... Un jour sans... peut être ! Après reste à savoir si le programme de sa tournée lui correspond vraiment ou s'il s'agit d'oeuvres cartes postales pour assurer un bon remplissage de salle !
Non, ce sont des programmes qu'il a déjà donné à New York, cela correspond à la saison de là-bas (où il a intégré des oeuvres contemporaines au grand désespoir du public new yorkais - mais c'est peut être bien la seule qualité de ce chef).
A^près le concert d'hier soir, je me range à l'avis péremptoire de Théo. Alan Gilbert est nullissime.
Son Haydn était ridiculement scolaire, lourd, ennuyeux, comme on ne jouait déjà plus plus Haydn dans les années 50.
Son Inachevée, lourde, sans grâce, pas en place, jouée trop fort, avec des phrasés d'une platitude affligeante.
Quant à l'opus 6 de Berg, l'orchestre s'est trouvé largué par cette gestuelle rattlienne à essayer de donner de l'importance au moindre détail. Panique à bord dans les 2 premières pièces, troisième grotesque tellement tout était joué trop fort. Je plains les tympans des auditeurs qui étaient à l'arrière-scène.
Les deux concerts orchestraux les plus nuls entendus à Paris ces dernières années, hormis quelques uns d'Eschenbach avec Paris.