Le son en effet ne m'intéresse pas: jamais, absolument jamais je ne me dis en écoutant "quel son il a!". A posteriori, pour rationaliser certaines choses, éventuellement.
Ce qui m'intéresse est la musique, c'est-à-dire les oeuvres et ce qu'elles peuvent faire expérimenter, donc leur discours. Le discours, dans la musique tonale comme atonale, c'est un processus harmonique dans le temps. Et ce processus nait en effet de phénomènes physiques rationalisables: n'ayant pas de prétention à discourir sur le sens profond des oeuvres musicales, et ayant encore moins de prétention (d'autant que je juge que cela n'a aucun intérêt) à juger de l'imaginaire (de la psychologie) d'un interprète, eh bien, quand je parle d'interprétation, je m'en tient à la partie qui me parait rationalisable.
Voilà.
LE VAISSEAU FANTÔME
RICHARD WAGNER
du 09 sep au 09 oct 2010
OPÉRA BASTILLE L'ITALIENNE À ALGER
GIOACCHINO ROSSINI
du 11 sep au 08 oct 2010
PALAIS GARNIER
EUGÈNE ONÉGUINE
PIOTR ILYITCH TCHAIKOVSKI
du 17 sep au 11 oct 2010
OPÉRA BASTILLE LE TRIPTYQUE
GIACOMO PUCCINI
du 04 au 27 octobre 2010
OPÉRA BASTILLE
LES NOCES DE FIGARO
WOLFGANG AMADEUS MOZART
du 26 oct 2010 au 07 juin 2011
OPÉRA BASTILLE MATHIS LE PEINTRE
PAUL HINDEMITH
du 16 nov au 06 déc 2010
OPÉRA BASTILLE
LA FIANCÉE VENDUE
BEDRICH SMETANA
du 04 au 27 décembre 2010
PALAIS GARNIER ARIANE À NAXOS
RICHARD STRAUSS
du 11 au 30 décembre 2010
OPÉRA BASTILLE
MADAME BUTTERFLY
GIACOMO PUCCINI
du 16 jan au 14 fév 2011
OPÉRA BASTILLE GIULIO CESARE
GEORG FRIEDRICH HAENDEL
du 17 jan au 17 fév 2011
PALAIS GARNIER
FRANCESCA DA RIMINI
RICCARDO ZANDONAI
du 31 jan au 21 fév 2011
OPÉRA BASTILLE SIEGFRIED
RICHARD WAGNER
du 01 au 30 mars 2011
OPÉRA BASTILLE
LUISA MILLER
GIUSEPPE VERDI
du 07 mar au 01 avr 2011
OPÉRA BASTILLE KÁTIA KABANOVÁ
LEOS JANACEK
du 08 mar au 05 avr 2011
PALAIS GARNIER
AKHMATOVA
BRUNO MANTOVANI
du 28 mar au 13 avr 2011
OPÉRA BASTILLE TOSCA
GIACOMO PUCCINI
du 20 avr au 18 mai 2011
OPÉRA BASTILLE
LE CRÉPUSCULE DES DIEUX
RICHARD WAGNER
du 03 au 30 juin 2011
OPÉRA BASTILLE OTELLO
GIUSEPPE VERDI
du 14 juin au 16 jui 2011
OPÉRA BASTILLE
COSÌ FAN TUTTE
WOLFGANG AMADEUS MOZART
du 16 juin au 16 jui 2011
PALAIS GARNIER
Bon, bah, on a la liste des prochains massacres de Nicolas Joël...
Mozart, Verdi, Wagner, quel courage ! L'O de P est devenue une scène de province... Mais il a raison, s'il prenait des risques, il viderait la baignoire quoiqu'il finira par lasser jusqu'à ses rombières !
Mantovani a déjà une création cette année. Je pense que c'est la moindre des choses qu'il y ait au moins une création contemporaine... Janacek, faut pas exagérer niveau exotisme... Et donner le tube d'un compositeur italien du début du 20ème, c'est pas non plus le comble du courage artistique...
Mozart, Verdi, Wagner, quel courage ! L'O de P est devenue une scène de province... Mais il a raison, s'il prenait des risques, il viderait la baignoire quoiqu'il finira par lasser jusqu'à ses rombières !
Si c'était le cas il programmerait comme a Oullins ( Lyon ) en ce moment The Tender land d'Aaron Copland !
Le son en effet ne m'intéresse pas: jamais, absolument jamais je ne me dis en écoutant "quel son il a!". A posteriori, pour rationaliser certaines choses, éventuellement.
Ce qui m'intéresse est la musique, c'est-à-dire les oeuvres et ce qu'elles peuvent faire expérimenter, donc leur discours. Le discours, dans la musique tonale comme atonale, c'est un processus harmonique dans le temps. Et ce processus nait en effet de phénomènes physiques rationalisables: n'ayant pas de prétention à discourir sur le sens profond des oeuvres musicales, et ayant encore moins de prétention (d'autant que je juge que cela n'a aucun intérêt) à juger de l'imaginaire (de la psychologie) d'un interprète, eh bien, quand je parle d'interprétation, je m'en tient à la partie qui me parait rationalisable.
Voilà.
Bon j'ai relu et relu (mais là maintenant chuis fatigué ) et euh... bon... euh... ce serait pas un chouia psychorigide, comme raisonnement?
__________________ Oh vous savez, moi, ce que j'en dis, hein...
Ben non, c'est fondé sur l'expérience, c'est tout... Je ne disais pas du tout cela quand j'allais au concert une fois par mois, c'est toujours la même histoire, quand on arrête de se faire des opinions à partir des disques et qu'on passe son temps à écouter tout le monde en vrai.
Le constat central, pour moi, c'est que le fait de raconter ou non quelque chose pour un interprète, le fait de montrer ou non les choses fortes, fondamentales des oeuvres, ne sont pas liées aux intentions aussi bonnes soient-elles des interprètes. Ce n'est pas lié, ou si peu, aux conceptions que les interprètes essayent de mettre en valeur. C'est lié à ce qu'ils sont capables de faire, quoi qu'ils veuillent. Dans l'interview citée dans un autre fil, il y a au moins une chose très intéressante que dit Argerich: ce qui m'intéresse est ce qui échappe à l'interprète (je résume en substance).
Comme l'a dit Tahar a sa manière, je suis partisan de l'artisanat en art, et particulièrement pour les arts les plus élevés (et oui, je persiste à dire qu'il y a une hiérarchie des arts et que la musique est en haut, comme l'a été l'architecture il y a trois siècles, qui maintenant est très, très bas). J'aime donc les interprètes qui font oeuvre d'artisanat avant, ou au lieu de "faire l'artiste", ce qui en général revient à accorder au moins autant d'importance au discours marketing sur le rapport personnel aux oeuvres ou les conceptions qu'ils en ont qu'à ce qu'ils font effectivement.
Voilà pour le cadre général, après je ne rentre pas dans le détail de ce qui me parait fondamental dans le jeu pianistique (qui n'est rien d'autre que ce que Cortot, Gieseking et Neuhaus ont théorisé et pratiqué, je ne revendique aucune originalité), ou encore pour le jeu des cordes d'orchestre et ce qui en permet objectivement l'expressivité la plus forte (et dont je ne nie pas que ce soit parfois contradictoire)... Ce sont des déclinaisons qu'on peut débattre autant qu'on veut.
Mais si on n'est pas d'accord sur le cadre général, c'est effectivement plus difficile de discuter, car en effet je n'ai pour ma part rien à dire de ce qui ne relève pas de ce type d'éléments. Quand un professeur bien connu d'une grande institution musicale française dit que tout ce que j'écris sur le piano est faux, ça ne me dérange pas, surtout que cela me parait très logique étant donnés les élèves qu'il a formé: voilà, pas de problème, s'il le voulait (mais j'en doute), on pourrait en débattre, et après tout plein d'autres enseignants et concertistes sont ou ont été sur des positions similaires aux miennes; c'est le débat, c'est très bien.
Ce que je ne supporte pas, c'est quand je dis qu'un pianiste qu'il joue de façon désastreuse vis-à-vis de critères déterminés, clairs et discutables (souplesse/raideur, digitalismes et types d'articulations, duretés, relief harmonique, etc), et qu'on me rétorque qu'il a un univers personnel, par exemple. Mais son univers personnel, il est personnel, ça ne me regarde pas, et d'autant moins qu'il est incapable de le communiquer. Et quand bien même il serait capable de le communiquer, ce n'est pas de mon ressort d'en parler, je me contenterai de dire qu'il joue très bien, qu'il montre telle ou telle aspect important de l'oeuvre, et le cas échéant qu'il me touche. Mais ce que lui voudrait raconter, c'est son problème, et cela n'a peut-être bien strictement rien à voir avec ce que j'ai entendu, d'ailleurs: c'est peut-être bien là le plus important.
Comme l'a dit Tahar a sa manière, je suis partisan de l'artisanat en art, et particulièrement pour les arts les plus élevés (et oui, je persiste à dire qu'il y a une hiérarchie des arts et que la musique est en haut, comme l'a été l'architecture il y a trois siècles, qui maintenant est très, très bas). J'aime donc les interprètes qui font oeuvre d'artisanat avant, ou au lieu de "faire l'artiste", ce qui en général revient à accorder au moins autant d'importance au discours marketing sur le rapport personnel aux oeuvres ou les conceptions qu'ils en ont qu'à ce qu'ils font effectivement.
Cela m'est fort sympathique en ce qui concerne l'interprétation de la musique écrite. Mais le compositeur ou le peintre aujourd'hui, il fait quoi, le pauvre ? L'interprête de la musique écrite est dans une situation très particulière et je ne vois vraiment pas en quoi "l'artisanat en art" consisterait aujourd'hui pour un compositeur ou un peintre. La base de l'artisanat est le respect des règles du métier. Ils sont où aujourd'hui, ces règles de la composition ou de la peinture ?
Y'a plus de règles nul part mon pauvre Théo ! Tout fout le camp ! Compositeurs, peintres, architectes, tous des sauvageons ! Et c'est pas nouveau... Debussy ou Ives enfreignaient toutes les règles m'a t-on dit... et même Beethoven ! mais je ne suis pas mélomane, je n'ai jamais vendu que 2 croûtes dans toute ma vie, et je suis nul en Mécano...
Ce que je ne supporte pas, c'est quand je dis qu'un pianiste qu'il joue de façon désastreuse vis-à-vis de critères déterminés, clairs et discutables (souplesse/raideur, digitalismes et types d'articulations, duretés, relief harmonique, etc), et qu'on me rétorque qu'il a un univers personnel, par exemple. .
Et voilà le cas inverse, la critique négative que je déteste, qui est négative au motif que l'auteur s'est ennuyé. Et pourquoi s'est-il ennuyé? Je vais vous le dire: parce qu'on ne lui a pas donné son émotion surgelée réchauffée au micro-ondes. Il le dit presque explicitement: il aurait voulu plus de phrasés (ou encore: plus d'émotion sur le mode, "écoutez, voilà une phrase chargée d'émotion").
"lisse et impersonnel, éblouissant mais jamais émouvant"
LA phrase toute faite pour descendre un interprète à moindres frais. Et encore, ça ne se veut sans doute pas méchant. Dieu merci, ce n'est pas systématique, mais ça arrive quand même de plus en plus souvent: quand un interprète de très grande valeur comme Julia Fischer vient montrer une des facettes les plus nobles, belles et saines de faire de la musique, il faut que quelqu'un la ramène sur le mode de la "froideur", de "l'impersonnel", truc bidule.
Ce récital était superbe, modulo l'adagio de la sol mineur et le début de la ré mineur (mais superbe chaconne, très supérieure à son disque). La sonate en la mineur était intégralement magnifique, et sa fugue carrément sublime. Magnifique prélude de la mi majeur en bis, également. Evidemment, il s'agit tout à fait de grand artisanat, de grand style, sans phrasés à la con, sans auto-psychobiographie: ça ne fait pas l'artiste, c'est sûr. ça fait de la musique, et en plus, une des plus belles musiques qui soient.
Le problème, c'est que ça n'est pas assez pour notre époque.