Cher Hauriou,
tout d'abord merci pour la porte que vous entrebaillez et qui va permettre de traiter un sujet qui m'est cher tant la misère de l'orgue en France est grande, un véritable champ d'épandage livré à toutes sortes de gens qui doctorisent ; ils tuent l'orgue. Rien qu'à voir le nombre de participants à des concerts ( même gratuits ) !
Heureusement nous possèdons des artistes ( organiers et organistes ) de renom et d'exception et qui surtout sont respectueux de l'instrument dans ses caractéristiques les plus intimes, si je puis m'exprimer ainsi.
Nous avons la chance de fréquenter sur ce site comme ce fut le cas sur feu ABM un connaisseur d'orgue bien au fait de la problématique répertoire/instrument.
Je le laisserai s'exprimer car ses avis s'ils sont parfois tranchés ( ce qui est rendu nécessaire par les positions volontairement obtuses de certain(e)s ) sont toujours argumentés, étayés. En un mot : pertinents.
Et ce connaisseur n'est autre que l'Ami Jean DUBAR.
Pour ma part du trio Alain/Chapuis/Isoir je distinguerai un duo et une solo.
Pour Marie-Claire ALAIN mes avis sont plus que réservés.
Mais le duo CHAPUIS/ISOIR auquel vous pourriez ajouter René SAORGIN, et Jacques BERAZA, organiste titulaire du magnifique RIEPP de Dôle présente la particularité de s'exprimer musicalement sur les instruments généralement adaptés ( historiquement, architectoniquement ) à la littérature qu'ils veulent nous faire connaître.
Il y a bien d'autres organistes tels Ton KOOPMAN qui, dans BACH, nous donne à apprécier l'orgue dans sa vision orchestrale, utilisant ses claviers comme un archet de violoniste. On le ressent dans son doigté, dans son jeu, c'est impressionnant.
Je citerai aussi une grande dame de l'orgue : Keï KOÏTO qui est véritablement un bonheur à écouter. L'ami Tahar, il me semble que c'est lui, a écrit un jour dans un fil ailleurs qu'il irait à pied s'il le fallait pour écouter cette organiste. Je ferai de même.
Nous avons aussi Andrea MARCON, grand connaisseur de la musique Italienne mais aussi de BACH. De même un très grand organiste d'Allemagne, Harald VOGEL, expert de la musique pré-Baroque et baroque qui avec son confrère Cor EDSKES ( spécialiste du facteur Van HAGERBEER et des instruments 17/18ème d'Europe du nord ) nous restituent des répertoires et nous gratifient d'enregistrements ou de concerts d'anthologie. De même Piet KEE ( NL ).
Et il y a les jeunes : Benjamin ALARD ( titulaire de l'Aubertin de St-Louis en l'Ile ) et aux Pays Bas Léon BERBEN qui travaille les époques pré-baroque et baroque.
Nous pourrons poursuivre, j'ai tant de choses à rajouter.
Quant au répertoire, cela tient aussi d'une certaine progression dans la connaissance du domaine de l'orgue. Pourquoi telle pièce a-t'elle été écrite et dans quel contxte ? A partir de quelle matière ? Michael PRAETORIUS a par exemple écrit quelque Choral Fantaisie à partir de thèmes simples de danses en usage ou autres chants de tavernes. Et avec la science de la variation et du contrepoint il a su déclamer toute une rhétorique en usage dans le Culte Luthérien.
De même Marchand, Couperin, Dandrieu, etc .. en France qui ont écrit pour l'église des livres d'orgue composés de pièces basées sur les rythmes de la danse ...
Je laisse la parole à Jean s'il veut bien la prendre.
Amicalement.
Nicolas