Est-ce moi ou bien le violoniste Geza Hosszu-Legocky possède une sonorité particulièrement désagréable ? Je ne suis pas mélomane au point de savoir s'il respecte ou non les oeuvres qu'il exécute mais ces prestations me font souvent grincer des dents. Je l'ai vu à Lyon le 27 janvier dernier avec Martha Argerich dans trois sonates de Schumann, Franck et Beethoven et je n'y ai pris que très ponctuellement du plaisir, tant la magie d'argerich m'a semblé sabotée par le crin-crin d'Hosszu-Legocky. Serais-je donc totalement béotien, puisque je lis ici et là que nous avons affaire à un virtuose ?
Je pense en effet que c'est vous... La question à se poser est la suivante. Pourquoi Martha Argerich se produit-elle avec lui? Il peut y avoir deux réponses. Soit elle aime, soit elle est intellectuellement malhonnête. La connaissant, et connaissant l'histoire qui les lie depuis plus de dix ans (il a commencé à jouer avec elle alors qu'il il n'avait que 13 ans) je ne peux oser supposer la deuxième possibilité). Je crois que la sensibilité auditive peut empêcher de prendre du plaisir à l'écoute de certains violons ou de certains violonistes. De là à parler de crin-crin, il faudrait être particulièrement autorisé, mettre des références, des comparaisons pour se le permettre. Vous n'êtes donc pas parmi ceux qui ont, parmi le public, réclamé et obtenu quatre rappels ce soir là...
Je crois en effet que c'est l'un des concerts d'Argerich auquel j'ai pris le moins de plaisir. Et pourtant, loin des grandes salles, elle était visiblement plus détendue qu'à son habitude et ne s'est pas fait prier pour les rappels, en effet. Et pourtant aussi, j'adore la sonate de Franck.
Je ne crois pas Argerich malhonnête intellectuellement, loin de là. Mais je me demandais dans le cas présent si les liens d'affection qui la relient à ses jeunes protégés (posture parfaitement respectable et intéressante par ailleurs dans ce milieu) ne l'entraînaient pas parfois vers des choix artistiques plus ou moins défendables...
Mais peut-être est-ce effectivement une question de sensibilité auditive comme vous dites. Car j'ai entendu Argerich avec Renaud Capuçon ou Gidon Kremer (notamment pour ce dernier dans un mémorable Fratres d'Arvo Pärt) et j'étais pendu à leur archet...
Si j'ai bien suivi quelques discussions qui ont eu lieu sur ce forum, il semble que le goût d'Argerich en matière de violonistes ne soit pas forcément le goût de tout le monde: voir ses concerts avec un Gitlis agé, qui ont divisé les mélomanes, ici au moins.
Je ne le connais pas mais Hosszu-Legocky serait-il de la même école: "atypique", comme l'on dit, avec un son à l'arrache et une expressivité pouvant passer pour un peu forcée, voire outrée?
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La seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute. (Pierre Desproges)
Hum, quand je dis que j'étais pendu à l'archet de Kremer ou de Capuçon, cela avait bien sûr une connotation très positive :-)
Oui, j'avoue que je n'ai pas beaucoup plus d'attirance pour Gitlis, du moins celui que je connais, c'est-à-dire en version très âgé.
Je pense qu'il y a des façons différentes d'écouter le violon. La tendance des dernières années a permis une écoute facilitée au plus grand nombre au détriment tant de l'expressivité et du sens mélodique que du lyrisme. On est donc devant des écoles différentes. Maintenant ceux que vous citez en référence tiennent Geza en bien plus haute estime que vous ne le pensez. Geza a joué sur un violon de Renaud pendant près de cinq ans avant de jouer un Stradivarius ex-Joachim 1715 prêté sur recommandation de Maestro Laurin Maazel. Votre goût est donc une approche personnelle qui n'est pas forcément partagée. Geza est un musicien, énorme par ses qualités techniques et lyriques et sa mémoire lui permet d'être très fidèle au texte d'un nombre très conséquent d'œuvres au pied levé. Bien entendu il est tzigane, ce qui l'éloigne un tant soit peu de la rigueur baroque, c'est une autre vision de la musique Son enregistrement de la sonate de Schumann avec Martha été récompensée par un Grammy Award. Il faut aussi souligner que la connivence est bien réelle entre lui et Martha. Il ne s'agit pas d'un simple "protégé". Geza joue dans le monde entier sans elle...
Est-ce moi ou bien le violoniste Geza Hosszu-Legocky possède une sonorité particulièrement désagréable ? Je ne suis pas mélomane au point de savoir s'il respecte ou non les oeuvres qu'il exécute mais ces prestations me font souvent grincer des dents. Je l'ai vu à Lyon le 27 janvier dernier avec Martha Argerich dans trois sonates de Schumann, Franck et Beethoven et je n'y ai pris que très ponctuellement du plaisir, tant la magie d'argerich m'a semblé sabotée par le crin-crin d'Hosszu-Legocky. Serais-je donc totalement béotien, puisque je lis ici et là que nous avons affaire à un virtuose ?
Bonjour,
Non, ce n'est pas vous du tout! Moi je n'aime pas non plus la sonorité de Hosszu Legocky que j'ai entendu à plusieurs reprises lors du festival de Lugano et aussi à Paris. Ce qui me frappe à chaque fois chez lui, c'est qu'il joue n'importe quelle musique comme de la musique tzigane, ce qui est assez catastrophique dans par exemple Beethoven.... Je me souviens aussi d'un concerto de Sibelius particulièrement desagréable au Théâtre des Champs Elysées il y a à peu près 5 ans. On dirait qu'il n'était guère préparé (Ce que Hosszu Legocky a d'ailleurs avoué sur un forum internet consacré à Argerich, vous vous rendez compte!!) et sa sonorité manquait de puissance, de sorte qu'il s'est laissé envahir plusieurs fois par l'orchestre. Le public a réagi poliment, mais j'ai bien constaté qu'on n'avait pas trop "aimé" (et je m'exprime poliment maintenant), après Argerich a joué son inoxydable 3eme de Prokofiev et la salle a presque explosé! Donc je ne crois certainement pas que ce soit vous ou vous seul.
Je ne connais pas personnellement Martha Argerich (hélas..), mais je sais (c'était assez clair dans le livre qu'Olivier Bellamy lui a dédié!) qu'elle a horreur d'être seule et qu'elle préfère s'entourer. J'ai l'impression que chez elle, peu lui importe que ses partenaires soient connus, célèbres, mauvais, catastrophiques, je pense qu'elle s'en fiche et dans un sens, elle a raison. Je ne crois pas trop à l'astrologie, mais sachant qu'elle est "gémeaux" je suis effectivement frappé par les contrastes qu'on rencontre chez cette pianiste d'exception. Certains de ses partenaires sont magnifiques et tant qu'elle se produit avec eux, on peut s'attendre à des miracles (je cite Freire, Pletniev, Abbado, Kremer, Perlman...), mais depuis qu'elle s'est fait opérer, j'ai l'impression qu'elle s'entoure de plus en plus de musiciens qui ne lui arrivent pas à la cheville et la liste est longue. Gitlis a beau être un violoniste légendaire (Vous ne devez pas non plus l'aimer, car sa sonorité est encore plus ingrate que celle du jeune Hosszu Legocky! Et je ne parle pas du Gitlis récent, car j'ai un disque de lui de 1977 et c'était tout aussi désagréable!), on a du mal à comprendre ce qu'Argerich "aime" dans son jeu d'aujourd'hui. Mais il y a aussi plein de pianistes vraiment médiocres avec lesquel(le)s elle se produit: Rabinovitch (on n'apprend plus rien de lui, qu'est-ce qu'il a pu devenir?), Vallina, Leschenko, Tiempo, Lechner, Sakai, etc. Je ne dis pas qu'ils ne puissent pas jouer, mais ils sont très loin du grand talent d'Argerich. Je pense même que certains d'entre eux risquent de penser pas mal de bien d'eux mêmes, puisque la grande Argerich joue avec eux, mais ce n'est pas nécessairement une preuve qu'ils sont effectivement bons! Ce qu'il ne faut pas oublier chez Argerich, c'est qu'elle a beaucoup d'affection pour beaucoup de jeunes, pour qui elle se donne beaucoup de peine, mais j'ai l'impression que chez elle les "motifs sentimentaux et professionnels" ne sont pas toujours très nettement séparés........
Ouf je me sens un peu moins seul ;-)
j'ai assisté, semble-t-il, comme vous au concert au TCE il y a quelques années. L'interprétation du concerto de Sibelius par Hosszu-Legocky n'avait pas soulevé un enthousiasme délirant en effet... J'ai lu ensuite des critiques assassines.
Effectivement le 3e de Prokofiev fut tellurique ! J'étais au troisième rang en orchestre et c'était la première fois que je voyais Argerich en concert !
J'ai entendu (subi) Hosszu Legocky au festival de Ramatuelle avec Argerich et je confirme : c'est une catastrophe (ça fait penser à Bobby Lapointe pour ceux qui connaissent "le violon tzigane !!).
Je ne dirais pas "catastrophique" (malgré le son peu flatteur), il sait jouer, mais ça me parait quand même limite "tzigane" (dans le sens "quand un violoniste de jazz joue une fausse note il dit qu'il joue free jazz, quand un violoniste classique joue une fausse note il dit qu'il joue tzigane). Ça me parait surtout être d'un goût douteux.
D'un autre côté, je me suis aperçu d'une tendance des amateurs passionnés (ça marche aussi en matière de cinéma, un monde que je connais bien): au bout d'un moment certains ne cherchent plus quelque chose de réussi, ils cherchent quelque chose d'inédit, quelque chose de neuf. Et la façon qu'a Geza Hosszu Legocky de jouer Bach me semble effectivement très inédite...
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La seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute. (Pierre Desproges)
Bonjour, J'ai écouté le 1er mouvement du concerto en A, and j'avoue de ne pas trouver ca choquant. L'archet et très legato, quelques vibratos un peu appuyé son discours est plutot romantique, ce qui rends ce monsieur en contre courant par le temps qui court. Il est vrai qu'il y a quelques rare notes pas extraordinairement justes d'intonation, mais j'avais entendu pareil par un Milstein en concert. Cordialement, Bruno