Bach : Messe en Si par Nikolaus Harnoncourt, René Jacobs, Ton Koopman, Gustav Leonhardt, Philippe Herreweghe, Michel Corboz, Klemperer, Karajan, Richter, Solti….aïe, aïe, aïe !!!
Des Baroqueux, des Vieilles Barbes…..
Too much…………
Bref , quelle(s) version(s) à conseiller pour découvrir l’œuvre
Rasez toutes les barbes et découvrez la version de Konrad Junghänel, ça vous changera les idées, sûr !
Bonsoir Tahoua, au contraire, laissez pousser toutes les barbes et jetez un coup d'oreille à la toute première version intégrale enregistrée, à savoir celle réunissant E. Loose, H. Ceska, G. Burgsthaler-Schuster, A. Dermota et A. Poell, le Wiener Akademie Kammerchor et l'orchestre symphonique de Vienne sous la direction de H. Scherchen. Ca date d'octobre 1950, c'est plutôt bien enregistré pour l'époque et ça a été réédité récemment (très bien) par Tahra. Vous nous en direz des nouvelles !
Sans vouloir me mêler de choses qui ne me regardent en rien, Albert Coates a enregistré une Messe en si début 1929 avec rien que du beau monde : Elisabeth Schumann, Margaret Balfour, Walter Widdop et Friedrich Schorr, le Philharmonic Choir et le LSO. 17 disques 78 tours (ça doit peser ses 4 ou 5 kilos) qui tiennent en 2CD chez Pearl - et chez quelques marchands de plastique massacrant les incunables tombés dans le domaine public.
Il y a quelques temps, la presse et les mélomanes s'étaient gaussés de certains enregistrements d'opéras où des chanteurs indisponibles lors des sessions d'origine étaient incrustés en re-recording. En 1929, les choses n'étaient pas tellement mieux: enregistré en plusieurs fois pour accommoder les emplois du temps chargés des super-solistes, on a par exemple le Kyrie eleison enregistré les 18 et 20 mars, le Christe eleison gravé le 29 mai avant une reprise du Kyrie qui date du 20 mars. Le Gloria a été enregistré le début le 18 mars, le Laudamus le 23 avril, le Gratias le 20 mars, le Domine Deus le 31 mai, le Qui tollis le 3 avril, le Qui sedes le 23 avril, le Quoniam le 14 mai et le Cum Sancto Spiritu le 20 mars.
Quant à l'interprétation, je suis si peu familier de l'œuvre que je ne peux rien vous en dire de précis. Je ne déteste pas, c'est tout... (C'est un peu court, jeune homme)
Amitiés,
mah70
Dernière modification par mah70 ; 01/07/2008 à 21h01.
Dans mon souvenir, de belles voix mais un orchestre plutôt frisquet (pas monumental mais sans flamme ni accents, assez étal). Si je ne dis pas de bêtises, c'est d'ailleurs le Symphonique de Vienne et non pas le Philharmonique, ce qui pourrait expliquer le petit manque d'engagement. Pour la petite histoire, Toscanini avait écouté le concert à la radio et s'était désolé de ne pas avoir été ému par la musique. "C'est peut-être que je suis trop vieux" avait-il dit à un ami. Mais non, Arturo: c'est Herbert qui fait souffler la bise, selon moi.
Par ailleurs, le son de mon édition Foyer est navrant (et pourtant je ne suis pas difficile). Je ne sais pas ce que donnent de ce point de vue les éditions suivantes (Andante, Guild, Archipel - ce dernier étant assez peu rassurant).
Finalement, j'ai trouvé mon bonheur avec Richter et Herreweghe....
ach ! Richter dans la messe en si mineur .... une panzer division dans un champ de pâquerettes .... et les chevrotis de Mme Töepper .... tout un style malheureusement .... et le vibrato du premier violon .... un pur bonheur ! A se demander pourquoi Ducros, il s'est décarcassé à relooker tout ça.
ach ! Richter dans la messe en si mineur .... une panzer division dans un champ de pâquerettes .... et les chevrotis de Mme Töepper .... tout un style malheureusement .... et le vibrato du premier violon .... un pur bonheur ! A se demander pourquoi Ducros, il s'est décarcassé à relooker tout ça.
Comme dit dans un précédent message, je n'y connais pas grand chose en baroque, ceci expliquant sans doute celà. Mais je crois que c'est un peu comme pour la gastronomie: il y a des gens qui aiment la nouvelle cuisine et les viandes légères cuites dans leur jus. Et il y a des gens qui aiment bien la cuisine bourgeoise pleine de sauce au beurre qui affole le cholestérol.
Ducros me semble s'être décarcassé pour les gens qui préfèrent leur musique plus éthique, ou plus étique, mais les autres, Philippe95, les autres? A mon oreille de néophyte, je n'ai rien contre un peu de graisse dans mon Bach. J'admets l'idée que c'est trahison mais, aux dernières nouvelles, le Jeannot-Seb ne supposait pas un instant que sa musique puisse lui survivre et je crois que ces considérations le toucheraient beaucoup moins que le drame de ne plus avoir de droits d'auteur.
Et puis le retour à l'authentique aussi est une mode (sans aucune connotation péjorative dans cette expression) qui touche également l'édition (publication des premières versions, voire des brouillons), le cinéma (retour au montage d'origine) ou tout autre fait de société (séjours touristiques "comme au moyen âge"). C'est le propre des sociétés qui acceptent mal leur présent de se plonger dans le passé en le surprotégeant, non?
Amitiés,
mah70
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La seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute. (Pierre Desproges)
ydi, j'crois, "chacun ses goûts" et "si vous n'aimez pas ça n'en dégoûtez pas les autres". Imaginez chais pas, moi, quelqu'un qui aimerait les serpents, et qui essaierait d'avoir la paix de tous ceux qui poussent des cris d'effroi et d'orfraie à la seule idée d'un orvet (y a pas de lézard, hein, je sais que c'est pas un serpent). Que pourrait-il dire? ben ça. Mais je ne sais pas si l'analogie est parlante.
Fouchtra, gars lebewohl! T'as tout dit comme je pensais.
(ma petite phrase de signature en dessous de la ligne en bas du message va dans le même sens)
Notons que le retour à l'authentique est parfois contraire au goût du dégraissé: le Saint Nectaire fermier est beaucoup plus gras que l'équivalent light que j'ai trouvé un jour en magasin (je rassure tout-le-monde, je ne l'ai ni acheté, ni mangé; ma soif de connaissances ne va pas jusque là).
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La seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute. (Pierre Desproges)
C'est tout? La messe est dite?
M'enfin, y' a même person qui y répond à certaines citations de versions?
(arythmiques rimes internes...).
Bon, moi je défends:
-Münchinger, pour le souffle poétique et dramatique;
-Corboz, pour son incroyable pêche spontanée;
-Herreweghe*, le seul "baroqueux" que j'ai entendu qui ne soit pas carrément asthmatique!
Car enfin, j'ai un sentiment vaguement schizo avec les musicologiquement corrects: d'un côté, les instruments d'époque me fascinent et me rafraîchissent les esgourdes, et d'un autre côté presqu'aucun musicien ne me donne l'impression de savoir en jouer!
Lebewohl: malgré l'heure tardive, j'ai (un peu) réfléchi à ci qui ti dis: je crois que j'ai compris. C'est très profond, au fond...
*vous ne trouvez pas que ça fait trop de consonnes pour ce qu'il y a de voyelles? 'Têt' ben que c'est à force de décliner son identité qu'il ne manque pas d'air?