Depuis longtemps j'ai envie que soit rendu hommage à ce très grand monsieur. Essentiellement connu pour son immense travail de défrichage des opéras de Janacek, dont d'autres que moi parleront de façon experte s'ils le souhaitent, ses formidables réussites dans le répertoire classique et romantique sont plus discrètes, mais ceux qui les connaissent savent leur valeur, systématiquement égale ou supérieur à celles de noms plus ronflants, avec des orchestres de grand luxe.
Si je lance ce sujet c'est aussi pour recueillir des témoignages sur des enregistrements que j'ai envie d'entendre depuis longtemps et que je n'ai toujours pas sous la main.
Je pense à sa seconde intégrale Beethoven enregistrée sur le vif avec le Scottish Chamber Orchestra (Hyperion), ou son tout récent second cycle Mozart (35-41) avec le même orchestre (Linn): deux disques élogieusement chroniqués par C. Huss.
Si j'y pense, c'est parce que ce que j'ai entendu de Mackerras dans ce répertoire est génialissime.
De sa première intégrale Beethoven, avec le Royal Liverpool
(EMI), je n'ai que les symphonies N°2 et 8. La Huitième est tout simplement ma version préférée de l'oeuvre, et de loin. Tout y est parfaitement pensé et réalisé et provoque un enthousiasme des sens et de la cervelle délicieux.
Pour les dernières symphonies de Mozart, j'ai découvert cete été son cycle avec le l'Orchestre de Chambre de Prague (Telarc). C'est fabuleux, et c'est cette collection-ci:
Encore plus récemment, j'ai acquis deux enregistrements haydniens, également pour Telarc mais avec le superbe St Luke's Orchestra de New York. Encore une fois, de pures splendeurs, qui donnent espoir en l'humain - si si, c'est vraiment l'idée qui vient naturellement.
Et enfin, il y a à peine quinze jours, j'ai tenté ceci, et l'enchantement continu (quelques réserves minimes pouvant être exprimables, mais par groupie-attitude à l'égard du maître, je m'abstiendrai.)
Vivement les 3e et 4e!
J'espère que certains parmi nous pourrons parler des Dvorak, Bartok, Haendel, Mahler, Schubert, Rimski, Shosta...
En effet c'est un grand bonhomme dont je ne connais presque essentiellement que les enregistrements de musique tchèque : Les opéras de Janacek ont souvent été évoqués; Je ne voudrais rajouter qu'une chose. Ces versions sont d'une clarté absolue, le Philharmonique de Vienne a des façons de faire quasi chambriste, c'est trsè aiguisé aussi. Je crois qu'on a déjà là en germe le Mackerras plus récent, dans son approche par exemple du répertoire classique, et Beethoven en l'occurence, que je connais un peu, que je n'apprécie pas toujours ( mais au moins je lui reconnais un travail solide qui dépasse le simple militantisme...) Mackerras a graver dernièrement de superbes enregistrements de Dvorak d'une fraicheur et d'une simplicité incroyable! Ne pas oublier une merveille de Martinu, le Double concerto ( Supraphon) ! chef-d'oeuvre trop rarement joué et enregistré!
( Concernant la 8ème de Beethoven, je vais réécouter, moi qui croyait que le seul et unique dans cette oeuvre était Furt! Un interprête magique! )
Merci de donner toutes ces pistes d'écoutes pour (re)découvrir ce chef finalement peu connu. Pour ma part j'en garde un formidable souvenir dans Martinu : double concerto pour piano et timbales et les Fresques chez Supraphon. C'est avec cette enregistrement que j'ai découvert ce compositeur, et ça m'a semblé être une bonne rampe de lancement.
Antonin
Tout cela n'est guère ordonné, mais pour faire un peu les présentations:
Mackerras, de son vrai prénom Alan Charles, est né le 17 Novembre 1925 à New York. Ses parents, australiens, le ramènent rapidement à Sydney où il grandit. Il terminera ses études musicales à Londres (1946) puis Prague (1947), où il bénéficie de l'enseignement de Vaclav Talich; c'est là que commence sa grande histoire d'amour avec la musique et les musiciens tchèque. Sa carrière est à partir de là structurée par les maisons d'opéra, à Londres, Prague, Cardiff, Hambourg, Berlin, New York, Sydney... Ce n'est, à l'image d'un Christoph Von Dohnanyi, autre chef que je révère, qu'à pleine maturité et après une expérience très riche des fosses, qu'il se consacre davantage aux responsabilités et enregistrements symphoniques.
Pour les non anglophones, qui sont des citoyens français comme les autres qui ont droit au respect (si si, il faut le rappeler), je ferai une traduction de l'entretien si l'on me le demande expressément.
Précision concernant l'enregistrement de la Première Symphonie de Brahms. Mackerras a ajouté sur ce disque un enregistrement de la première version jouée à Meiningen (euh...je crois) du second mouvement.
Loin d'être un gadget, c'est une reconstitution passionnante, mue par un authentique souci philologique, au sens le plus noble: qui éclaire la connaissance de la pensée, de Brahms en l'occurence.
Ce n'est pas un brouillon du mouvement que l'on connait, mais une véritable version alternative, toute aussi achevée et développée, mais ordonnancée totalement différemment.
je connais principalement ce noble musicien et chef d'orchestre dans Haydn et Mozart ... ( symphonies, opéras ) et je ne m'en lasse pas plus que de Sir Adrien BOULT ...
Merci de donner toutes ces pistes d'écoutes pour (re)découvrir ce chef finalement peu connu. Pour ma part j'en garde un formidable souvenir dans Martinu : double concerto pour piano et timbales et les Fresques chez Supraphon. C'est avec cette enregistrement que j'ai découvert ce compositeur, et ça m'a semblé être une bonne rampe de lancement.
Antonin
C'est en effet une excellente rampe de lancement!
Il faudrait lancer un fil sur Martinu dans "compositeurs" pour en parler.
Je suppose que Mackerras fait des merveilles là-dedans.
se trouvant dans le livret du double cd janacek (son dernier enregistrement janacek) chez supraphon. Cet album contient de magnifiques sinfonietta et suite "authentique" (voir entretien) de la renarde rusée. Toujours chez Supraphon ses enregistrements "live" des symphonies 8 et 9 de Dvorak n'ont pas à rougir face à ceux d'Ancerl Concertgebouw (Tahra ou Emi) ou Philharmonie Tchèque (9e chez Ermitage ou Supraphon).... Ensuite pour approfondir : les albums consacrés aux danses slaves et légendes de la forêt (+ autres pièces de Dvorak). Je n'ai pas écouté sa 6e de Dvorak toujours chez Supraphon.
Ce qui force l'admiration chez Mackerras c'est qu'il a assimilé à un tel point tout le répertoire et l'interprétation de la musique tchèque, qu'on le placerait sans hésiter comme digne héritier des grands chefs tchèques.....
Chez Decca, côté symphonique toujours, il nous a laissé un magnifique disque Suk, en particulier un splendide Scherzo Fantastique, qui n'a rien à envier à des oeuvres plus connues telles que l'Apprenti sorcier ou d'autres célèbres pièces dans le même genre...
Il faut également thésauriser ses enregistrements Schubert : symphonies 5 et 8 (Virgin), 8 et 9 (Telarc) et 10 + autres pièces inachevées (hyperion).
Pour compléter ta collection Telarc, les concertos pour cor de Mozart (+ une petite surprise) valent également le détour...
Entretien intéressant en effet, merci.
Je crains qu'il n'ai pas fait les grands poèmes symphoniques de Suk, Praha, Fairy Tale, Summertale, Ripening, Epilogue... je me trompe? Sinon, c'est bien dommage.
Et a-t-il enregistré les quatre derniers poèmes de Dvorak?
Entretien intéressant en effet, merci.
Je crains qu'il n'ai pas fait les grands poèmes symphoniques de Suk, Praha, Fairy Tale, Summertale, Ripening, Epilogue... je me trompe? Sinon, c'est bien dommage.
Et a-t-il enregistré les quatre derniers poèmes de Dvorak?
Bonsoir,
Le disque decca contient le scherzo fantastique et summertale.
Le disque Supraphon avec la 6e de Dvorak contient le Rouet d'or.
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Re : Charles Mackerras
Salut Théo,
Domi ne viendra plus et je ne peux pas répondre à sa place.
Je n'ai pas Messiah, mais la "Water Music" dont j'ai déjà parlé sur l'ancien forum.
Un orchestre moderne, celui de St Luke's, remarquable (je partage ton avis sur les symphonies de Haydn), et une interprétation qui a tout compris, à mon sens, au caractère jouissif et roboratif de cette musique.
Tant qu'on est à parler de Brahms, son enregistrement des deux oeuvres secrètes que sont les deux sérénades, toujours chez Telarc, est vraiment extraordinaire: il en a compris, et il le restitue mieux que d'autres, le caractère gothique (au sens om Janacek est gothique) de ces deux oeuvres.
Et puis, toujours chez Telarc, pour moi qui ne méprise pas les opéras de Gilbert et Sullivan, The Mikado et The Pirates of Penzance. Mackerras aime et respecte cette musique et il a réuni une équipe de chanteurs excellents et qui prennent leur pied, et cela s'entend.