+ Répondre à la discussion
Page 1 sur 3 1 2 3 DernièreDernière
Affichage des résultats 1 à 20 sur 41

Discussion: Les cent temps du Sacre

  1. #1
    Modérateur Avatar de lebewohl
    Date d'inscription
    octobre 2007
    Localisation
    Paris
    Messages
    8 264

    Les cent temps du Sacre

    En mai prochain, le Sacre du Printemps fêtera ses 100 ans - nous, surtout.

    Je suggère qu'on écrive ici tout ce qu'on sait, tout ce qu'on voudrait savoir, tout ce qu'on aime, tout ce qu'on déteste (sait-on jamais...) sur cette oeuvre magnifique, son histoire, son interprétation, ses antécédents, ses suites, ses chorégraphies, ...

    Il s'engendre beaucoup d'abus au monde ou, pour le dire plus hardiment, tous les abus du monde s'engendrent de ce qu'on nous apprend à craindre de faire profession de notre ignorance.

    Montaigne

  2. #2
    Co-Administrateur
    Date d'inscription
    octobre 2007
    Messages
    955
    Moi, je voudrais bien qu'un stravinskyologue confirme ou infirme ce que je crois qu'I. Markevitch a déclaré à propos de la création du Sacre du printemps : quelque chose du genre "il s'est agi uniquement d'un scandale de l'oeil, car l'oeuvre a été redonnée quelques jours après en concert avec un grand succès".

    Musicalement,
    l'obsédé-des-incunables

  3. #3
    Modérateur Avatar de lebewohl
    Date d'inscription
    octobre 2007
    Localisation
    Paris
    Messages
    8 264
    Je n'ai pas de source, mais cela s'est beaucoup dit ; quelques jours après je ne sais pas, mais quelques mois après l'oeuvre triomphait en concert. J'ai quelque part un dossier de presse de fac similés d'époque, si je le retrouve je regarderai.

    Une partie du public et de la critique a, cela dit, forcément été effarée par la musique elle-même (je connais des gens qui le sont encore), mais c'est semble-t-il la chorégraphie qui a fait le vrai scandale.




    Il s'engendre beaucoup d'abus au monde ou, pour le dire plus hardiment, tous les abus du monde s'engendrent de ce qu'on nous apprend à craindre de faire profession de notre ignorance.

    Montaigne

  4. #4
    Membre
    Date d'inscription
    mars 2008
    Messages
    1 901
    oui enfin, si je me souviens bien, le succès en concert en question était dû au fait que le chef avait fait fermer les portes au moment où le public commençait à s'égayer...
    Quant à la chorégraphie, il y avait en effet matière à faire fuir n'importe qui, un compromis entre la ronde et la bourrée dans des décors insipides.

  5. #5
    Modérateur Avatar de lebewohl
    Date d'inscription
    octobre 2007
    Localisation
    Paris
    Messages
    8 264
    Elle n'est pas si mal, cette chorégraphie! Elle a été reconstituée il y a quelques années et tient assez la route ; bon c'est un peu daté, mais pour les mêmes raisons que certains jeux d'acteur dans les films muets avec roulements d'yeux et mains jointes sur le côté.
    Et puis j'aime bien Nicolas Roerich, moi!!
    Il s'engendre beaucoup d'abus au monde ou, pour le dire plus hardiment, tous les abus du monde s'engendrent de ce qu'on nous apprend à craindre de faire profession de notre ignorance.

    Montaigne

  6. #6
    Modérateur Avatar de lebewohl
    Date d'inscription
    octobre 2007
    Localisation
    Paris
    Messages
    8 264
    Voilà une histoire du Sacre ; toutes les contradictions et tous les compléments seront bienvenus, évidemment!
    http://leschaussonsverts.eklablog.co...stral-a1593024
    Il s'engendre beaucoup d'abus au monde ou, pour le dire plus hardiment, tous les abus du monde s'engendrent de ce qu'on nous apprend à craindre de faire profession de notre ignorance.

    Montaigne

  7. #7
    Membre Avatar de The Fierce Rabbit
    Date d'inscription
    février 2008
    Messages
    5 608
    le chef avait fait fermer les portes au moment où le public commençait à s'égayer...
    Je me demande bien pourquoi le chef fit fermer les portes quand les gens ont commencé à rigoler - fermer des portes, ça empêche de rigoler ?...
    I'd rather be hated for who I am than be loved for who I am not (K.C.)

  8. #8
    Membre Avatar de The Fierce Rabbit
    Date d'inscription
    février 2008
    Messages
    5 608
    Un grand souvenir : le Sacre par le Ballet du XX° s.
    Une version plutôt qu'une autre ? Comme ça en premier lieu : Markevitch, justement.
    Mais il y en a d'autres. Un certain HvK, par exemple. D'autres encore.
    I'd rather be hated for who I am than be loved for who I am not (K.C.)

  9. #9
    Membre Avatar de Fou des chutes
    Date d'inscription
    octobre 2007
    Messages
    388
    Y aurait-il eu la musique de Psycho de Herrmann sans le Sacre?

  10. #10
    Membre Avatar de Jacques
    Date d'inscription
    avril 2008
    Localisation
    Lausanne (Suisse)
    Messages
    2 782
    Ce n’est qu’une modeste contribution, mais j’ai pensé que ces quelques propos sur Le Sacre par Boulez puis par Stravinsky himself pourraient peut-être intéresser deux ou trois personnes (la séquence est tirée d’un documentaire que j’envisage de mettre en ligne prochainement sur YouTube) :





    Jacques

  11. #11
    Membre Avatar de The Fierce Rabbit
    Date d'inscription
    février 2008
    Messages
    5 608
    Citation Envoyé par Fou des chutes Voir le message
    Y aurait-il eu la musique de Psycho de Herrmann sans le Sacre?
    Ou celle du Protest de Morton Gould ?
    I'd rather be hated for who I am than be loved for who I am not (K.C.)

  12. #12
    Membre
    Date d'inscription
    mars 2008
    Messages
    1 901
    Citation Envoyé par The Fierce Rabbit Voir le message
    Je me demande bien pourquoi le chef fit fermer les portes quand les gens ont commencé à rigoler - fermer des portes, ça empêche de rigoler ?...
    non s'égayer au sens de se disperser, fuir, s'en aller... la salle se vidait, Monteux (était-ce Monteux?) a ordonné du pupitre qu'on ferme les portes.

  13. #13
    Membre Avatar de The Fierce Rabbit
    Date d'inscription
    février 2008
    Messages
    5 608
    Citation Envoyé par sud273 Voir le message
    non s'égayer au sens de se disperser, fuir, s'en aller... la salle se vidait, Monteux (était-ce Monteux?) a ordonné du pupitre qu'on ferme les portes.
    Ah bon ... oui ...!
    Alors j'aurais dû lire "s'égailler" ?
    Pardon, c'est ma faute, je n'ai pas su transposer.
    Dernière modification par The Fierce Rabbit ; 27/11/2012 à 20h56. Motif: Plussava, plujfédé fottdefrapp ... Doussavien ?
    I'd rather be hated for who I am than be loved for who I am not (K.C.)

  14. #14
    Membre Avatar de Jacques
    Date d'inscription
    avril 2008
    Localisation
    Lausanne (Suisse)
    Messages
    2 782
    Citation Envoyé par Fou des chutes Voir le message
    Y aurait-il eu la musique de Psycho de Herrmann sans le Sacre?
    Citation Envoyé par The Fierce Rabbit Voir le message
    Ou celle du Protest de Morton Gould ?
    Ou même celle de War of the Worlds [2005] par John Williams (cf. à partir de 01:53 sur la vidéo) ?


    [/URL]


    Jacques

  15. #15
    Modérateur Avatar de lebewohl
    Date d'inscription
    octobre 2007
    Localisation
    Paris
    Messages
    8 264
    Citation Envoyé par Jacques Voir le message
    mais j’ai pensé que ces quelques propos sur Le Sacre par Boulez puis par Stravinsky himself pourraient peut-être intéresser deux ou trois personnes
    Plus qu'une ou deux à trouver !

    merci
    Il s'engendre beaucoup d'abus au monde ou, pour le dire plus hardiment, tous les abus du monde s'engendrent de ce qu'on nous apprend à craindre de faire profession de notre ignorance.

    Montaigne

  16. #16
    Membre Avatar de Fou des chutes
    Date d'inscription
    octobre 2007
    Messages
    388
    Citation Envoyé par Jacques Voir le message
    Ou même celle de War of the Worlds [2005] par John Williams (cf. à partir de 01:53 sur la vidéo) ?


    [/URL]


    Jacques
    Là on peut carrément parler de citation, ou même carrément de copiage.

  17. #17
    Membre Avatar de Jacques
    Date d'inscription
    avril 2008
    Localisation
    Lausanne (Suisse)
    Messages
    2 782
    Le dimanche 2 juin 1912, soit environ un an avant la première du Sacre du printemps au Théâtre des Champs-Élysées à Paris (29 mai 1913), une petite réunion privée eut lieu au domicile du musicologue Louis Laloy. Étaient notamment invités "Monsieur et Madame Debussy", ainsi que Stravinsky (sans sa femme Catherine, restée en Suisse) que l'on avait prié avec insistance de venir avec la partition du Sacre.

    Dans ses souvenirs, Laloy raconte ainsi ce qui se passa ce jour-là :

    "Il [Stravinsky] avait apporté la réduction pour piano à quatre mains de son œuvre nouvelle, Le Sacre du printemps. Debussy consentit à jouer la basse sur le piano Pleyel que je possède encore. Stravinsky avait demandé la permission d’ôter son col. Le regard immobilisé par les lunettes, piquant du nez vers le clavier, par instants chantonnant une partie élaguée, il entraînait dans un débordement sonore les mains agiles et molles de son compagnon, qui suivait sans accroc et semblait se jouer de la difficulté. Quand ils eurent terminé, il ne fut plus question d’embrassades, ni même de compliments. Nous étions muets, terrassés comme après un ouragan venu, du fond des âges, prendre notre vie aux racines".

    Quel dommage que cet étonnant duo pianistique Stravinsky-Debussy n’ait pas pu être enregistré () !

    Jacques

  18. #18
    Co-Administrateur
    Date d'inscription
    octobre 2007
    Messages
    955
    Merci, Jacques, pour ce témoignage qui semble bien confirmer ce qui est indiqué dans le lien http://leschaussonsverts.eklablog.co...stral-a1593024 donné par Leb : le public de la première comptait un bon nombre de gens cultivés et plutôt très conscients de l'importance de l'oeuvre. Par ailleurs, le même lien semble montrer que le "triomphe" en concert n'est pas venu "quelques jours", mais plutôt plusieurs mois après, puisqu'il aurait eu lieu pas avant avril 1914... Après tout, ça se comprend : une telle innovation prend un peu de temps à être "digérée"...

    Musicalement,
    l'obsédé-des-incunables

  19. #19
    Modérateur Avatar de lebewohl
    Date d'inscription
    octobre 2007
    Localisation
    Paris
    Messages
    8 264
    Citation Envoyé par Jacques Voir le message
    Ou même celle de War of the Worlds [2005] par John Williams (cf. à partir de 01:53 sur la vidéo) ?


    [/URL]


    Jacques

    Il y a en effet un air de famille, mais je trouve qu'une influence encore plus directe pour cette musique de John Williams est celle-ci :
    [/URL]

    Ou alors tout le monde a copié la même chose?
    Il s'engendre beaucoup d'abus au monde ou, pour le dire plus hardiment, tous les abus du monde s'engendrent de ce qu'on nous apprend à craindre de faire profession de notre ignorance.

    Montaigne

  20. #20
    Modérateur Avatar de lebewohl
    Date d'inscription
    octobre 2007
    Localisation
    Paris
    Messages
    8 264
    Citation Envoyé par Jacques Voir le message
    Ce n’est qu’une modeste contribution, mais j’ai pensé que ces quelques propos sur Le Sacre par Boulez puis par Stravinsky himself pourraient peut-être intéresser deux ou trois personnes (la séquence est tirée d’un documentaire que j’envisage de mettre en ligne prochainement sur YouTube) :





    Jacques

    Les expressions du visage de Stravinsky dans cette video me rappellent l'illustration de ce disque, qui est, au demeurant, un petit bijou :
    Il s'engendre beaucoup d'abus au monde ou, pour le dire plus hardiment, tous les abus du monde s'engendrent de ce qu'on nous apprend à craindre de faire profession de notre ignorance.

    Montaigne

+ Répondre à la discussion

Informations de la discussion

Utilisateur(s) sur cette discussion

Il y a actuellement 1 utilisateur(s) naviguant sur cette discussion. (0 utilisateur(s) et 1 invité(s))

     

Règles de messages

  • Vous ne pouvez pas créer de nouvelles discussions
  • Vous ne pouvez pas envoyer des réponses
  • Vous ne pouvez pas envoyer des pièces jointes
  • Vous ne pouvez pas modifier vos messages