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Discussion: Kompressor

  1. #1
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    Kompressor

    En ce moment sur France Musique, une de mes oeuvres préférées, la 3° du grand Gustav sous la direction de Mikko Franck (je découvre). L'interprétation semble tout à fait honorable, malheureusement, le son est laminé au compresseur, comme pour tenir sur un auto-radio de 2CV gravissant le Grossglockner.
    Je sens que je vais laisser tomber...

  2. #2
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    Citation Envoyé par JEFF Voir le message
    le son est laminé au compresseur
    Curieuse idée que de passer au lamineur une oeuvre écrite en ré mineur ...
    Et moi qui croyais naïvement que le 'Kompressor' était une particularité ajoutée à certains moteurs Mercedes.
    Décidément, j'ai du mal à suivre.

  3. #3
    - Avatar de mah70
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    Bonsoir.
    Pour avoir hanté les studios de France Musique dans le temps, je me souviens d'y avoir vu les techniciens passer leur temps à comprimer la dynamique la main sur le potentiomètre et l'oeil sur le vumètre. Le numérique n'a rien dû arranger: si on dépasse le zéro, en analogique ça sature un peu, en numérique ça claque méchamment. Écouter une 3e de Mahler à la radio ne serait-ce pas un peu comme voir "Cléopâtre" (version Mankiewicz) sur un smartphone?
    La seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute. (Pierre Desproges)

  4. #4
    Modérateur Avatar de lebewohl
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    Citation Envoyé par mah70 Voir le message
    Bonsoir.
    Pour avoir hanté les studios de France Musique dans le temps, je me souviens d'y avoir vu les techniciens passer leur temps à comprimer la dynamique la main sur le potentiomètre et l'oeil sur le vumètre. Le numérique n'a rien dû arranger: si on dépasse le zéro, en analogique ça sature un peu, en numérique ça claque méchamment. Écouter une 3e de Mahler à la radio ne serait-ce pas un peu comme voir "Cléopâtre" (version Mankiewicz) sur un smartphone?
    La 3e de Mahler sur un smartphone, voilà une idée ; c'est aussi long, j'imagine, mais ça fait moins de bruit.
    Il s'engendre beaucoup d'abus au monde ou, pour le dire plus hardiment, tous les abus du monde s'engendrent de ce qu'on nous apprend à craindre de faire profession de notre ignorance.

    Montaigne

  5. #5
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    Comment réceptionez-vous le concert ? En streaming ? Onde hertzienne ? RNT ? Satellite Digitale ?

    Je suis pas un expert, mais j'ai l'impression que la compression ne s'applique que sur des onde hertzienne. En streaming, c'est pas la qui la dynamique est compressé mais le débit (donc la qualité). En RNT ou Satellite c'est un peu idem mais peut être avec un débit supérieur (?) A moins qu'il s'agit de la procédé commune appliquée en amont donc les 4 ont subi le meme type de compression (dynamique).
    Dernière modification par brunoluong ; 31/05/2016 à 10h18.

  6. #6
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    L'expérience de Mah 70 confirme ce que nos oreilles nous disent; cependant, j'ai l'impression que c'est pire lors de la retransmission d'un concert en direct, sans doute parce que les pointes de modulation sont imprévisibles.


    Comme l'observe fort justement Brunoluong, une transmission par flux numérique permet de contourner la difficulté y compris par voie aérienne*, à condition que l'encombrement du dit flux n'excède pas les excursions caractéristiques de la Modulation de Fréquence analogique, ce qui implique une compression des données, et donc effectivement de la définition. Mais une conversion de la FM au numérique entraînerait ipso facto la condamnation à la jaille de centaines de MILLIONS de récepteurs en état de marche. Allez donc parler de preservation de l'environnement avec ça: il vaut bien mieux effectivement s'en tenir aux connections via le NET.


    *Toute transmission par ondes est hertzienne.

  7. #7
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    Citation Envoyé par JEFF Voir le message
    condamnation à la jaille
    Très joli bretonnisme, plutôt côté sud-ouest !

  8. #8
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    Citation Envoyé par JEFF Voir le message
    *Toute transmission par ondes est hertzienne.
    C'est vrai mais vous avez tres bien compris que je voulais dire onde analogique de type FM.

  9. #9
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    Aie!

    Ouh la la ! Il me semble nécessaire d'éclairer les lanternes…
    Un compresseur peut-être la meilleure comme la pire des choses.
    En général un compresseur comporte deux sections : le compresseur proprement dit et le limiteur.
    Je vais commencer par le limiteur : il s'agit d'un compresseur relativement brutal mais dont les améliorations numériques (n'en déplaise aux accros de l'analogique…) permettent d'en adoucir la brutalité ; on appelle ça le « soft clip »: Il s'agit de protéger l'enregistrement contre les désastres d'une saturation en numérique. En fait, lorsqu'il n'y a pas de limiteur, on entend un grand craquement puis un grand silence puis un autrecraquement et la musique reprend… Il y a donc deux solutions : soit on enregistre avec une marge d'environ 12 dB pour préserver les attaques mais on diminue le rapport signal sur bruit d'autant ! L'autre solution consiste à garder une marge « raisonnable » et à mettre le limiteur en vigilance. La plupart du temps il n'écrêtera très doucement que les attaques violentes. Bien réglé, cela est pratiquement inaudible sauf en cas de surprise !
    N'oubliez pas que, lorsque vous êtes au concert, en dehors de la place du chef, vous subissez une compression « naturelle » par la réception du son direct qui est fortement atténué et du son réfléchi (celui qui vous donne la sensation d'espace) qui est parfois fortement « amorti » par des matériaux absorbants. Il existe des salles, mais plus souvent des églises (en tant que preneur de son d'orgue, j'en connais un peu un rayon…) qui saturent : le son devient distordu, avec une sorte de confusion fort désagréable au delà d'un certain niveau sonore. Un chanteur, une chorale voir certains instruments comme la trompette peuvent donner ce résultat si la salle est relativement vide, de dimensions modestes et en plus, mal traitée sur le plan acoustique. Là, on n'y peut rien car le son arrive déjà distordu aux microphones ! Il y a quelques belles orgue qui ne sont presque jamais enregistrées… ou qui sont enregistrées mais toujours de façon décevante… Devinez pourquoi ! La seule solution, c'est la prise de son multi micros… Avec tout ce que cela entraîne de distorsion dynamique (un peu comme la perspective entre différentes focales en photographie) ; on n'est plus un preneur de son, on est un créateur sonore !
    Venons-en maintenant au compresseur ! Description :on peut régler chaque voie séparément ou lier les deux canaux pour les réglages; cela permet bien souvent de préserver la stabilité de l'image stéréophonique. Il y a des compresseurs qui agissent sur la totalité du spectre et d'autre sur l'extrême grave, le grave, le médium haut et bas, l'aigu et l'extrême aigu… On l'appelle compresseur multi-bandes . Il est important de ne pas confondre cet appareil avec un égaliseur paramétrique ou graphique. Sur chacune des parties du spectre, on peut régler le seuil, c'est-à-dire le niveau acoustique au-dessus duquel on interviendra. On peut en régler la « pente », c'est-à-dire le taux de compression qui intervient au-delà du seuil. Il se note sous forme de rapport (en décibels, bien entendu) : 1/1,2 ou 1/1,4 ou1/2. Personnellement, je n'ai jamais dépassé le rapport de 1,4. Il y a la possibilité d'avoir « un soft knee » pour «rentrer progressivement» dans le taux de compression. Puis après, il y a le temps d'attaque et le temps de relâchement (release). Vous voyez que cela fait beaucoup de paramètres. L'apprentissage n'est pas aisé et l'utilisation n'est pas du tout la même en prise de son de musique « classique », qu'en jazz, rock, etc. il n'est pas le même non plus entre la prise de son et la radiodiffusion et l'esthétique du programme à diffuser en modifie encore les parametres!
    A priori, pour éviter le pompage, le temps de relâche doit être long ; le temps d'attaque doit être relativement court mais il existe la possibilité de laisser un petit intervalle non traité dans l'attaque qui permet de conserver la sensation de «punch ». Un taux de compression trop important donne une sensation de recul plus ou moins brutal de la scène sonore. Soyez attentifs lorsque vous écoutez de l'opéra, ou un oratorio ou bien une cantate de Bach, vous découvrirez très vite qu'il y a une prise de son multi micros si, dans une acoustique de rêve comme le MusikVerein devienne, vous avez la sensation que le soliste recule au fur et à mesure qu'il donne l'impression de chanter plus fort. En effet, un microphone placé à 1 m d'un chanteur donne une dynamique bien plus importante qu'à 5 m… Et il est quasiment impossible de retrouver une cohérence acoustique entre les deux. Mais bien souvent, le directeur artistique est « drogué » à la sensation de « présence » et puis, l'Ego des solistes fait le reste (chacun veut être mis en valeur au maximum…). On voit bien souvent lors d'un enregistrement de jazz que chaque musicien vient supplier le preneur de son qu'on l'entende un peu plus que les autres… Et on finit par monter dans la zone hyper compressée. Je maintiens qu'un bon compresseur, bien utilisé, est un outil merveilleux pour donner une sensation de retransmission naturelle. N'oubliez pas, que chez vous, vous n'avez pas une salle d'écoute anéchoïque appelé plus communément chambre sourde ! J'ai eu la curiosité d'enregistrer la reproduction d'un SACD avec un magnétophone numérique et une paire d'excellents électrostatiques… La comparaison de l'original et de la reproduction avec le logiciel WaveLab montrait une augmentation de la dynamique qui peut parfois atteindre jusqu'à 18 dB dans les fréquences de résonance de la pièce.
    Je crois en avoir déjà parlé ici : je vois dans cette distorsion d'intensité, une des raisons de l'écoute un niveau plus bas que le niveau réel par une majorité de femmes. Il semble que nos compagnes sont très sensibles à cette distorsion, en tout cas beaucoup plus qu'aux autres ! C'est aussi la raison pour laquelle j'utilise en reproduction, un Behringer DEQ 2496 qui me permet de diminuer largement cette distorsion dynamique, d'avoir un égaliseur graphique automatique par voie… Je m'approche beaucoup plus, de cette façon, de l'écoute au casque électrostatique Stax !
    Ceci dit,il existe un appareil qui fait exactement l'inverse : l'expanseur!
    Je continue… En raison d'une anarchie totale et d'un manque de contrôle par TDF qui ne fait pas respecter les normes de la radiodiffusion en modulation de fréquence par les radios libres privées la règle, c'est une excursion de plus ou moins 75 kHz par rapport à la fréquence centrale et il n'est pas rare de voir, pour « passer plus loin » des radios libres avoir une excursion de plus de 200 kHz ! ).Que se passe-t-il ? Elles « bavent » sur le voisin d'où ces espèces de sensations de mélange des chaînes lorsqu'on circule en voiture et parfois même à domicile même avec une belle antenne. Pour lutter contre cela, les fabricants de tuner FM ont augmenté la sélectivité (et réjections des fréquences latérales) mais c'est bien souvent au détriment de la qualité sonore un peu comme en numérique lorsqu'on réduit le débit ! Les radios libres privées utilisent « à mort » des limiteurs compresseurs multi bandes avec enrichisseurs de spectre. C'est la raison pour laquelle, si vous avez encore la patience d'en enregistrer sur un petit magnétophone, vous verrez que les Vumètres ne bougent pratiquement pas au-delà de 3 dB et il y a quand même eu une sensation de dynamique. C'est une façon d'être entendu le plus loin possible de l'émetteur ! J'espère que quelques-uns sont allés au bout de ma pesante prose… Mais il me semblait nécessaire de ne pas laisser dire n'importe quoi sur les limiteurs compresseurs comme on a pu dire strictement n'importe quoi entre l'analogique et le numérique. Car, paradoxalement , l'utilisation d'un limiteur compresseur permet de rendre plus « d'émotion » (bien souvent sensation psycho acoustique de dynamique) et de « naturel» (qui est bien souvent un surcroît d'intelligibilité musicale)
    En conclusion, je dirais que je suis très frustré de ne pas avoir un limiteurs compresseurs dans ma voiture car il est indispensable, pour une bonne intelligibilité, que la dynamique de l'émission soit ramenée à la dynamique compatible dans la voiture sans nuire à la sécurité… Tout en en ayant du plaisir ! Philips avait bien essayé mais il n'a pas eu le succès escompté sur ses autoradios (licence utilisée autrefois par Blaupunkt).

  10. #10
    Membre Avatar de Niccolo
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    Merci à Jean pour ces explications techniques bien détaillées.
    J'avoue cependant ne pas avoir bien compris la critique initiale des prises de son radio car leur grande qualité me semble évidente à l'écoute la plupart du temps. D'ailleurs les enregistrements issus de diffusions radio sont régulièrement excellents. On ne peut pas en dire autant de beaucoup d'autres effectués en studio ou sur leur lieu d'exécution...
    Dernière modification par Niccolo ; 05/06/2016 à 21h05.

  11. #11
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    en général les preneurs de son de France-Musique sont bien formés mais il peut y avoir aussi des problèmes de calendrier avec, par exemple, l'impossibilité de faire « la balance » à la générale ! Dans ce cas-là, on arrose et on met les «sécurités», c'est-à-dire les limiteurs compresseurs avec une marge confortable, ce qui peut s'entendre car il faut adapter les réglages, la balance, l'équilibre entre les solistes et l'orchestre etc. etc.au fur et à mesure de l'interprétation de l'oeuvre… et ce n'est pas toujours l'équipe la plus expérimentée pour une symphonie de Malher qui va au charbon! Cependant, le niveau des preneurs de son de France-Musique est sûrement parmi les meilleurs du monde (mais je reste souvent assez impressionné par ce que font les Japonais…). Voilà sans doute l'explication de concert en direct enregistré de façon un peu improvisée.
    Bien amicalement

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