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Discussion: Les routes du laitier

  1. #1
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    Cool Les routes du laitier


    Ami(e)s mélomanes, forumistes et lecteurs,

    Il y a maintenant cinq ans que je fais des contributions régulières dans les pages de ce forum, la grande majorité de mes interventions étant des partages de musique –des playlists montées depuis YouTube, ou des montages de mon cru qui meublent régulièrement mon blog de musique « L’Idée Fixe ».

    Notre collaboration (si vous me permettez de vous impliquer dans cette entreprise), dans un environnement fréquenté par des initiés tout comme des gens qui se risquent dans « le répertoire » avec un peu moins de confiance franchit ainsi un important jalon, et mérite d’être souligné d’une façon particulière!

    Ceci est donc le début d’un projet à long terme, la «version française » si vous voulez d’un projet que j’ai entamé dans mon blog de musique anglais en avril dernier. Dans ce projet, j’entends « rassembler » un grand nombre des partages musicaux proposés ici et ailleurs au cours des dernières années, avec l’objectif de survoler le répertoire dit classique. Afin de motiver et de mettre en place ce projet, permettez-moi quelques mots d’introduction.

    Pourquoi « Les routes du laitier »?

    En anglais le terme « milk run » a deux significations. Pris littéralement, le terme sous-entend la routine du laitier d’une ère longtemps révolue, qui se promenait d’un domicile à l’autre chaque matin, afin de livrer sa précieuse marchandise fraîche du jour; un parcours serpentin le long du voisinage.

    L’autre signification du terme, plus péjoratif j’en conviens, insinue un trajet parfois interminable, qui fait escale et s’arrête fréquemment - l’itinéraire d’un train de banlieue, ou d’un autocar - l’opposé d’un « express ». Untel itinéraire peut être vu comme un inconvénient, ou – comme je l’entends ici – plutôt comme un vagabondage avec ou sans façon, qui renferme sa quote-part d’aventures et de plaisirs.

    Le répertoire – mythe, mystère, intangible

    Et vous pourriez ajouter votre adjectif préféré à la liste, y compris « inaccessible » ou même « ambigu ». On ne peut nier l’existence du Répertoire avec un « R » majuscule, mais il reste qu’il s’agît d’un concept amorphe, difficile à cerner. En fait, je pourrais affirmer qu’il n’existe pas de « bibliothèque de base » ou il n’existe pas de liste spécifique des œuvres de musique « indispensables » au mélomane.

    On a des tendances, on a des courants, et bien sûr il y a le goût personnel du mélomane, qui préfère certaines « sortes de musique » à d’autres. Il n’y a pas de critère « absolu » qui fait qu’une œuvre est « plus importante » qu’une autre. Lesquels des plus de 500 concerti de Vivaldi sont des œuvres « de base » - autre que Les Quatre Saisons? Toutes les symphonies de Haydn ou seulement que les symphonies Parisiennes et Londoniennes?

    L’initiative du forum de se meubler d’une bibli musicale – une initiative louable s’il en est une – a d’après moi deux volets qui sont d’égale importance. Oui, la bibli se veut un répertoire qu’on peut fureter à sa guise, mais nous sommes également invités à « miner » et découvrir son contenu par des playlists mensuelles, informées par les bonnes suggestions de leurs auteurs et regroupées (plus ou moins) par l’âge des enregistrements (l’artéfact de leur admissibilité aux règles des droits d’auteur et du domaine public).

    L’objectif de mon projet se veut complémentaire à celle des promoteurs de la bibli. Ainsi donc, sur une base régulière, je vais proposer des « feuilles de route » thématiques, qui feront usage de partages musicaux proposés dans mes chroniques (ici et ailleurs). Chaque feuille de route est associée à des fichiers disponibles dans mes archives publiques (mues par le site Internet Archive) téléchargeables ou disponibles pour écoute « en streaming ».

    Un dernier mot – la version originale anglaise du projet se veut didactique. Je ne crois pas que je veux maintenir ce genre de ton ici sur le forum. Mes propos seront plutôt axés sur « la route » elle-même – la grande thématique qui recoupe les suggestions musicales, et je me permettrai occasionnellement de souligner une œuvre, un interprète ou un caractère spécifique d’un des partages sans faire de leçons…

    Tant qu’à la fréquence de mes interventions, j’ai l’intention d’ajouter les volets du projet à ma routine existante – qui inclut La Revanche du Vinyle et ma série Jadis sur Internet. Puisque j’interviens habituellement deux fois par mois, je crois que vous aurez droit à une série de rfeuilles de route aux six semaines, ou à peu près.

  2. #2
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    Thumbs up Les routes alphabétiques

    Afin de commencer notre aventure, j'ai choisi pour ces premières feuilles de route une série de 26 courtes pièces, durant en moyenne quatre ou cinq minutes, qui traversent non seulement l'alphabet, mais les ères et les genres musicaux qu'on retrouve sur mon iPod et ma collection musicale.


    La lettre “A” est connu comme "l'adagio d'Albinoni", même si son origine est douteurse - on l'attribue à l'éditeur et biographe d'Albinoni Remo Giazotto,

    Le “B” et le “P” sont des sélections du répertoire Jazz -"Blue Rondo" de l'Américain Dave Brubeck et du Porto Ricain Juan Tizol collaborateur de Duke Ellington, "Perdido".

    Le ballet fait les frais des lettres “C” et “F”. Coppélia de Léo Delibes et un extrait du ballet des années 1940 Fancy Free du chef et compositeur Leonard Bernstein. Les lettres “M” et “O” sont confiées à Jules Massenet et ses nombreux opéras. La Méditation, un interlude de l'opéra Thaïs, est proposé ici dans une adaptation pour flûte et piano, et l'extrait du Cid est, lui, dans sa version chantée originale.

    Dans la lignée des adaptations, notons: Sir Malcolm Sargent et son orchestration du Nocturne-Andante du deuxième quatuor d'Alexander Borodine (“N”) et l'arrangement pour harmonie par Victor Grabel de l'ouverture de Rienzi de Richard Wagner (“R”). Une autre adaptation pour harmonie est de Donald Hunsberger Quiet City d'Aaron Copland (“Q”).

    D'autres pages opératiques: les ouvertures Donna Diana (Emil von Reznicek) et Giralda (Adolphe Adam) (“D” et “G") et les arias “Vissi d’arte” de Tosca (“V”), et “I Wants to Stay Here (a.k.a. I Loves You, Porgy)” de Porgy and Bess (“I”).

    Pour instruments solo - Wachet auf! ruft uns die Stimme (“W”), une des Etudes-Tableaux de Sergey Rachmaninov (“E”), et le Largo de Serse de George Frederic Handel (en anglais Xerxes donc“X”). Et pourquoi pas un petit bonbon pour violon de Fritz Kreisler Liebesleid, (“L”).

    Parlant de bonbons en voici d'autres - Kaleidoscope (“K”) de Pierre Mercure, Hésitation, de Maurice Durieux (“H”) et The Typewriter de Leroy Anderson (“T”).

    Pour compléter nos sélections orchestrales, la planète Jupiter d'après Gustav Holst (“J”) et de Scandinavie Saga Drøm de Carl Nielsen (“S”).

    Pour finir, des chansons de toutes sortes: Gustav Mahler et son Urlicht, (“U”), Hector Berlioz et Zaïde, et finalement Lennon-McCartney avec Yesterday (“Z” et “Y”).

    Vos feuilles de route:

    Feuille de Route #1 - Lettres A – M : https://archive.org/details/MusicalAlphabetPart1
    Feuille de route #2 – Lettres M – Z : https://archive.org/details/MusicalAlphabetPart2

    Bonne écoute!

  3. #3
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    Citation Envoyé par ppyjc61 Voir le message
    Afin de commencer notre aventure, j'ai choisi pour ces premières feuilles de route une série de 26 courtes pièces, durant en moyenne quatre ou cinq minutes, qui traversent non seulement l'alphabet, mais les ères et les genres musicaux qu'on retrouve sur mon iPod et ma collection musicale.


    La lettre “A” est connu comme "l'adagio d'Albinoni", même si son origine est douteurse - on l'attribue à l'éditeur et biographe d'Albinoni Remo Giazotto
    Très amusant, ce medley alphabétique 'tous azimuts' !
    Pour l'Adagio dit "d'Albinoni", si le mystère savamment suscité et entretenu a pu planer il y a 50 ans (au corps défendant de l'auteur), l'origine n'en est aucunement douteuse : il est avéré que c'est une composition de Giazotto, publiée comme telle chez Ricordi à Milan en 1958 : Adagio in sol minore per archi ed organo su due punti tematici e su un basso numerato di Tomaso Albinoni.
    Le titre complet du morceau de Brubeck avec sa référence mozartienne est Blue rondo a la Turk (sur une de ces mesures impaires qu'il affectionnait, 9/8 ! - Sous-titre : Round, round, round)
    Le "Largo" de Haendel (Haendel, quelle idée. .!! ) n'est qu'une transcription (fort malencontreuse à mon goût ) du tout aussi celebre et bien plus beau Ombra mai fu, l'air d'entrée de Xerxes (au reste indiqué larghetto). Le Largo al factotum n'eût pas été mal non plus !
    Dernière modification par The Fierce Rabbit ; 16/10/2016 à 16h38.
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  4. #4
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    Lightbulb Les routes solitaires I

    NDLR – Les Routes du Laitier vont proposer une série de feuilles de route autour des prochains volets qui exploreront des œuvres dans le contexte des effectifs nécessaires à leur interprétation, allant du musicien seul jusqu’au grand orchestre. Cette exploration occupera la prochaine demi-douzaine de mes interventions sur ce fil.

    Sommaire
    La réflexion de cette quinzaine est la première de deux interventions proposant des œuvres pour instrument seul. Le musicien seul avec son instrument, c’est la musique dans sa plus simple expression, dénudée, et se rapprochant le plus du processus du compositeur, qui était sans doute seul à son instrument, plume à la main.
    Certains peuvent penser que de se limiter à une seule voix limite l’étendue et la complexité d’une composition. Penser ainsi me semble imputer une limite intrinsèque à toute œuvre, une limite « chromatique » dans le sens scientifique du terme, une référence au spectre sonore, limité à la bande de fréquences entre 20 et 20,000 hertz…


    Le diagramme ci-haut propose la panoplie d’instruments « conventionnels » (absence d’instruments électroniques ou d’artifices tels les bandes magnétiques populaires dans le répertoire expérimental de la fin du XXe siècle) versus le rayonnement sonore. Cette analyse, cependant, omet deux autres dimensions importantes aux compositeurs: la dimension « dynamique » (oû le compositeur joue avec le rythme, la vitesse et même l’intensité du son) et ce que j’appelle la dimension « virtuose », ou la capacité du musicien à ajouter du piquant dans son interprétation (le shmaltz, le vibrato, etc. etc.)

    Je vous invite donc, alors que vous suivez les feuilles de route proposées ici-bas de porter une attention particulière à l a créativité du compositeur qui prend une situation qui apparaît n’être « que la peau et les os » et lui confère tant de satisfaction… auditive faisannt usage de toute la palette à sa disposition!

    Vos feuilles de route

    Feuille de Route #3: Sonates pour Instrument Solo

    Le répertoire pour instrument solo est dominé par le piano, et le graphique proposé plus tôt explique aisément l’attrait d’un instrument qui peut attaquer une grande part du spectre sonore. Il existe, cependant, des œuvres pour la guitare et le violon qui offrent beaucoup de possibilités! [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu – https://archive.org/details/pcast201-Playlist
    Hyperlien musique - https://archive.org/details/pcast201

    Feuille de Route #4: Sonates pour piano de Mozart

    Un bref échantillon de quatre sonates pour piano d’Amadeus, y compris la célébrissime sonate au « Rondo à la Turque ». [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu et à la musique - https://archive.org/details/07SoneteNo.18EnFaMajeurK.53

    Feuille de Route #5: Les caprices pour violon de Paganini


    Si vous croyez que le violon est un instrument « criard », vous vous devez d’écouter ces 24 petits bijoux, interprétés avec brio par l’Italo-Américain Ruggiero Ricci. [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu et à la musique - https://archive.org/details/Ruggiero...ganiniCaprices

    Feuille de Route #6: Valses pour piano

    On oublie que le terme sonate s’applique à toute œuvre instrumentale (par opposition à la cantate, une œuvre chantée). On peut trouver d’autres noms pour des sonates, des noms évocateurs comme une arabesque, un nocturne, une gymnopédie ou encore le nom d’une danse « galante » (comme un menuet) ou une danse plus populaire, comme un tango ou une valse. Voici donc une collection de valses pour piano traversant près de deux siècles de traditions musicales. [Lire notre réflexion]

    Hyperlien du menu – https://archive.org/details/pcast219-Playlist
    Hyperlien de la musique - https://archive.org/details/pcast219

  5. #5
    Modérateur Avatar de lebewohl
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    Juste histoire de pinailler : je trouve les étendues des voix humaines un peu riquiqui, sur ce diagramme ; la 2e symphonie de Mahler, par exemple, demande aux basses d'aller au la bémol au-dessous du fa indiqué sur le diagramme!


    Et je ne compends pas ce que ce diagramme entend par "harmoniques supérieurs" : s'agit-il de ceux qu'on peut faire sonner par un mode particulier d'attaque, comme au vilon? ou les harmoniques qui se sont entendre naturellement pour toute note jouée sur un vrai instrument (pas sur les sons midi des ordinateurs, ce qui les rend si épouvantablement laids) et qui détermine leur timbre, auquel cas il y a des harmoniques pour tout le monde, voix, piano, etc.
    Il s'engendre beaucoup d'abus au monde ou, pour le dire plus hardiment, tous les abus du monde s'engendrent de ce qu'on nous apprend à craindre de faire profession de notre ignorance.

    Montaigne

  6. #6
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    Citation Envoyé par ppyjc61 Voir le message
    On oublie que le terme sonate s’applique à toute œuvre instrumentale (par opposition à la cantate, une œuvre chantée). On peut trouver d’autres noms pour des sonates, des noms évocateurs comme une arabesque, un nocturne, une gymnopédie ou encore le nom d’une danse « galante » (comme un menuet) ou une danse plus populaire, comme un tango ou une valse.
    Et la "toccata" ?
    Ces raccourcis et amalgames pourraient paraître hâtifs et capillotractés, mais le sont-ils ?
    Dernière modification par The Fierce Rabbit ; 01/12/2016 à 16h05.
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  7. #7
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    I'm impressed...

    Et ben! j'avoue être subjugué par l'envergure d'un tel travail! Malheureusement, mon inculture de non-musicien me met d'emblée hors-jeu. Bah, je me consolerai dans les domaines où mon ignorance est moindre .


    Tout de même, j'aimerais me mêler à la conversation, car je ne peux pas m'empêcher de la ramener. On a mentionné la signification originelle de sonate, par contraste avec cantate. Eh bien, il y a une particularité du vocabulaire de la langue Bretonne qui me plonge dans un abîme de perplexité: une chanson, dans le sens d'histoire, de récit chanté, se dit son, soun ou sonenn. C'est, bien sûr, le même mot que son, sound, etc... D'ailleurs (le) son se dit (ar) son (ou zon), et il n'y a aucune ambigüité sur le fait que sonèrez/s désigne l'art instrumental (et non la musique en général, comme le croient les nationalistes linguistiques).


    J'ai beau retourner la question dans tous les sens, cette évolution du contenu sémantique de son me dépasse. Apparemment, c'est aussi le cas de ces fameux nationalistes qui veulent remplacer muzik par sonèrez-s, puisqu'ils remplacent son par kanaouenn. Il faut dire que ce dernier mot n'a pas d'équivalent exact en Français, puisqu'il désigne l'acte de chanter, que ce soit avec ou sans parole. Ainsi l'expression "gwechall e veze kanaouenn partoud" signifie-t-elle "autrefois ça chantait partout et tout le temps". On entendait chanter, peu importe que ce fût des "vocalises" (approximation, bien sûr) ou des récits.


    La différence avec son-enn? Eh bien, on peut très bien avoir tout un repertoire de récits chantés dans la tête, autrement dit, il peut y avoir son sans son!


    Comme les véhicules électriques qui livraient le lait à l'époque où je fréquentait la GB: on avait le lait, sans le son!

  8. #8
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    Cool Les routes solitaires II

    Sommaire

    Je me souviens d’une visite organisée par l’école élémentaire de ma fille il y a plus d’une douzaine d’années. Bénévolat oblige, j’ai donc accompagné sa classe au musée Cantos de Calgary – aujourd’hui intégré au Centre National de la Musique, avec sa collection impressionnante d’environ 700 claviers allant de clavecins jusqu’au synthétiseur; 450 ans d’histoire et la plupart des instruments sont en état de merche.

    Le clou de la visite, pour les jeunes et les moins jeunes, était la démonstration d’un orgue « de théâtre » Kimball datant de l’âge d’or des grands temples du cinéma. Afin de démontrer la prouesse de l’instrument, et au grand plaisir des enfants, on joue Bob l’Éponge, mais on se permet également d’exploiter les « effets sonores » disponibles allant du grave à l’aigu et passant par les cymbales et les tambours!

    Cette petite anecdote sert donc d’introduction aux feuilles de route de ce nouveau volet de notre série, qui propose des sélections jouées à l’orgue. Oui, comme ce fut le cas dans le volet précédant, un instrument seul mais un instrument qui déploie une force et des ressources qui dépassent largement l’idéal de l’instrument aux dimensions humaines….

    Contrairement à un violon ou un piano, peu de gens avaient accès à un orgue dans leur salon – du moins, pas le cas pendant l’ère baroque ou même avant le XXe siècle et l’avènement de composantes électroniques. Ceci implique donc qu’un compositeur était sans doute titulaire d’un instrument dans une maison de culte ou (plus rarement) un auditorium. Je crois que ceci explique pourquoi tant de musique pour orgue est composée expressément pour l’église, ou « sonne » comme de la musique d’église.

    Au risque de sur-simplifier les choses, on a deux grandes « traditions » d’orgue – une tradition Germanique et une tradition Française qui se développent principalement dans deux gros « boums » temporels – le Baroque et le Romantique. (Ceci n’est pas pour dire qu’on ne compose pas dans d’autres régions, ou qu’on n’a rien composé du temps de Mozart…).

    Ainsi donc, si on cherche à découvrir le répertoire pour orgue, on a donc des tendances qui suivent des choix assez binaires – sacré vs profane, Germanique vs Français, ancien vs moderne. Dans tous ces cas, on ajoute l’évolution des instruments, des formes et de styles qui se juxtaposent à ces tendances et traditions. Il y en a donc pour tous les goûts!

    Vos feuilles de route

    Trois de nos feuilles de route proposent des albums intégralement (dans deux cas, avec des plages en complément). Deux de ces programmes furent l’objet de billets sur le forum, les deux autres sont des montages proposés plus tôt cette année sur mon blog.

    Feuille de Route #7 – Piet Kee joue des titres de la Norddeutsche Orgelschule

    L’organiste Néerlandais Piet Kee propose des titres de deux compositeurs actifs avant Jean-Sébastien Bach - Sweelinck et Buxtehude. En complément de programme, J. S. Bach [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu – https://archive.org/details/pcast217-Playlist
    Hyperlien musique - https://archive.org/details/pcast217

    Feuille de Route #8 – Ton Koopman joue J.S. Bach

    Un autre organiste Néerlandais, Ton Koopman joue des Toccates et Fugues de Papa Bach (y compris sa célèbre T & F en ré mineur) [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu et à la musique - https://archive.org/details/02ToccataAdagioAndFugueInCB

    Feuille de Route #9 - La musique d'orgue en France au XIXe et XXe siècles
    Une collection de compositions provenant de Franck, Dupre, Messiaen, Widor et Vierne. [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu et à la musique - https://archive.org/details/02ChoralPourOrgueFWV38

    Feillle de Route #10 - Marie-Claire Alain joue la musique d'orgue en France au XVIIIe siècle

    Marie-Claire Alain propose des oeuvres de Louis Couperin et Louis-Nicholas Clerambault. En complément de programme, des œuvres de : Jehan Alain et Leon Boellmann. [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu – https://archive.org/details/pcast221-Playlist
    Hyperlien musique - https://archive.org/details/pcast221

  9. #9
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    Citation Envoyé par ppyjc61 Voir le message
    du moins, pas le cas pendant l’ère baroque ou même avant le XXe siècle et l’avènement de composantes électroniques.
    Avec cette nuance que l'orgue est un instrument remontant à l'antiquité, que ce n'était à l'origine pas du tout un instrument liturgique (il accompagnait les jeux du cirque - sauf à considérer ceux-ci comme une liturgie), et qu'il était présent à l'intérieur des logis dès longtemps (régales, portatifs). Nombre de pièces pour orgue furent écrites pour des instruments qui ne se trouvaient pas dans des lieux de culte.
    Merci de nous faire réentendre Piet Kee.
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  10. #10
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    Lightbulb Les routes démocratiques I

    NDLR – Afin de maintenir l’intégrité du projet sur ce fil, je propose pour mon Mardi en Musique la « reprise » du volet manquant à cette série, originalement proposé sur mon blog le 15 mars dernier.

    Sommaire
    Les deux prochains volets de notre survol du répertoire considèrent la musique de chambre. Selon Wikipédia l’expression « musique de chambre » apparaît à la période baroque, les compositions qu'elle recouvre étant destinées à être jouées dans l'intimité des intérieurs de nobles ou d'amateurs fortunés. Une œuvre de musique de chambre est une composition dédiée à un petit ensemble d’instruments (cordes, bois, cuivres ou percussions) dont chaque partie est écrite pour un seul instrumentiste.

    La conception de ces duos, trios, quatuors (etc…) exige du compositeur une connaissance de l'harmonie, de la polyphonie, du contrepoint, de l'organologie que seuls quelques-uns ont su mener à leur apogée. En musique classique, la composition de quatuors à cordes est le plus souvent considérée comme l'un des summums de l'écriture musicale.

    L’exécution de ces œuvres impose l’exercice d’une certaine démocratie; ces ensembles de quelques solistes, menant leur voix indépendamment des autres, ont rarement un véritable « meneur ». Prenons l’exemple du duo composé d’un piano avec un autre instrument (violon, flûte ou même un deuxième piano). Il y a là matière à réflexion; dans le domaine de la confiserie, on peut parler d’amendes enrobées de chocolat ou de chocolat aux amendes… A-t-on affaire à un violon accompagné d’un piano ou d’un piano accompagné par un violon…

    Les combinaisons d’instruments sont aussi une source de variété: parle-t’on d’un trio pour piano (piano, violon et violoncelle), ou d’un trio pour clarinette (clarinette, violon et piano) ou d’un trio « jazz » (piano, contrebasse et batterie)…

    En musique classique, la composition de quatuors à cordes est le plus souvent considérée comme l'un des summums de l'écriture musicale. Le rapport des forces (2 :1 :1) entre le violon, l’alto et le violoncelle (ou la contrebasse) est un rapport qui s’étend jusqu’à la phalange de cordes qui est au cœur d’un orchestre symphonique.
    La poignée de feuilles de route proposée aujourd’hui n’offre qu’un tout petit échantillon de ce qu’on peut faire avec 2, 3 ou 4 musiciens.

    Vos feuilles de route

    Feuille de Route #11 - Piano, Piano


    Selon le Dictionnai re Grove, il existe deux types de duos pour piano: ceux pour deux interprètes et un seul instrument, et ceux dans lesquels chacun des deux pianistes a un instrument pour lui ou elle seul. Habituellement, le premier cas est souvent désigné comme «piano à quatre mains». Le Grove note que le piano à quatre mains occupe la grande part du répertoire pour pianistes duettistes, si ce n’est pour des raisons domestiques – combien de maisons auraient deux pianos… [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu –https://archive.org/stream/pcast184-Playlist
    Hyperlien à la musique - https://archive.org/details/pcast184

    Feuille de Route #12 - Mozart, Mozart (... et Barylli & Badura-Skoda)



    Mozart était un violoniste et pianiste chevronnés, et il n'est donc pas surprenant que les deux instrumenrs ont leur quote-part de moments singuliers. Toutefois, ce que Mozart parvient à faire c'est de créer un équilibre étonnant entre les deux partenaires du tandem. [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu et à la musique - https://archive.org/details/K3772931/

    Feuille de Route #13 - Franck & Fauré


    Les sonates pour violon en la majeur de Cesar Franck et Gabriel Faure sont une paire d'oeuvres qu'on retrouve souvent esemble - un peu beaucoup comme c'est le cas pour les concerti pour piano (en la mineur) d'Edvard Grieg et Robert Schumann. Une des grandes différences entre la paire de sonates vis-à-vis la paire de concerti, c'est qu'elles furent composées dans la même période (pas le cas des concerti) et, de plus, que les deux compositeur étaient familiers avec les oeuvres d'un et de l'autre. [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu – https://archive.org/stream/pcast204-Playlist
    Hyperlien à la musique - https://archive.org/details/pcast204

    Feuille de Route #14 - Leopold Wlach joue Brahms


    Les plans de retraite de Johannes Brahms furent déraillés par une rencontre fortuite à Meiningen avec le clarinettiste Richard Mühlfeld. Brahms fut impressionné par le talent de l'artiste, ainsi que par le potentiel de la clarinette. Brahms composera quatre oeuvres à l'intention de Mühlfeld, et trois de ces oeuvres sont au programme. [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu et à la musique - https://archive.org/details/09Clarin...nAMinorOp.114/

    Feuille de Route #15 - Trios élégiaques


    Ce montage considère trois trios russes qui ont un lien commun, soit la tradition parmi les compositeurs russes d’écrire un trio élégiaque à la mémoire d'un ami disparu [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu – https://archive.org/details/pcast147-Playlist
    Hyperlien à la musique - https://archive.org/details/pcast147

    Feuille de Route #16 - Night Train - Oscar Peterson Trio


    Datant de 1962, Night train a ceci de distinctif - toutes les plages sont d'une durée de moins de cinq minutes. Cette provision permet aux plages de jouer è la radio fréquemment (les DJ ayant aversion des longues plages avec des solos à n'en plus finir...). Les publications spécialisées font l'éloge du disque, ainsi que du jeu du trio et de son pianiste, et le disque connaîtra un grand succès commercial. [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu et à la musique - https://archive.org/details/04BagsGroove

    Feuilles de Route #17 & 18 - L’ Aeolian String Quartet Joue Haydn


    Composés en 1790 (probablement avant leur différend professionnel), les six quatiors de l’opus 64 furent donc dédiés à Johann Tost en remerciement pour ses services. Parmi l’ensemble, le cinquième quatuor (surnommé l’Alouette) est sans doute le plus connu, nommé aionsi à cause du jeu du premier violon qui « surplombe » les autres participants en jouant à un registre aigu. [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu et à la musique
    F/R #17 - https://archive.org/details/07QuatuorEnUtMajeurOp.64No
    F/R #18 - https://archive.org/details/11QuatuorEnRMajeurOp.64No

    Feuille de Route #19 – Quatuors


    Pour une raison qui fait sans doute plein de sens harmoniquement, c:est le quatuor - quatre voix agencées du grave à l'aigu - qui semble dominer le répertoire pour chambristes. Notre montage considère des compositions qui mettent en évidence différentes configurations de quatuors. [Lire notre réflexion]

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  11. #11
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    Lightbulb Les routes démocratiques II

    Sommaire

    Pour notre seconde série de feuilles de route desservant le voisinage de la musique de chambre, nos suggestions considèrent des groupes disons… plus musclés, allant entre cinq et plus d’une vingtaine d’intervenants.

    Parmi les genres retenus, nous avons des exemples de quintettes - une première formule ressemble presque à un concerto car ils proposent un instrument « vedette » - le piano et la clarinette – accompagnés par un quatuor d’instruments à cordes. Dans une forme totalement différente, plus « démocratique » si vous me le permettez, le quintette à vents de Carl Nielsen, dans lequel les cinq voix ont un apport égal.

    Six, huit et neuf voix sont aussi de la partie, encore une fois dans des configurations démocratiques, A neuf voix, la démocratie fait place à l’ajoût d’un maître d’œuvre: un chef qui préside la séance. Avec peu d’exceptions (je pense en particulier à l’orchestre de chambre Américain Orpheus), des groupes de musiciens qui se frottent au répertoire pour ensemble « élargi » font généralement appel à un chef. La démocratie en musique, apparemment, a ses limites…

    Également parmi nos feuilles de route, nous proposons des titres pour des ensembles qui occupent des proportions quasi-orchestrales, quoique sans être des orchestres symphoniques car ils ne contiennent pas tous les ingrédients (cordes, vents et percussions). Ainsi donc, des exemples de musique pour harmoniés et fanfares et pour orchestres à cordes.

    Vos feuilles de route

    Feuille de Route #20 - "Quintettes pour piano"


    La formule « (instrument) accompagné d’un quatuor à cordes » suggère une de deux formules – une formule plus « démocratique » où chaque instrument participe équitablement au résultat, et une autre qui ressemble plus à un « concerto de chambre » où le piano s’oppose au quatuor un peu comme un orchestre à cordes réduit. [Lire notre billet]

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    Feuille de Route #21 - "Quintettes avec clarinette"


    Le repertoire pour clarinette compte ses joyaux - les plus conus étant les quintettes pour clarinete et cordes (ainsi que les concerti pour clarinete et orchestre) de Mozart et Carl Maria von Weber. [Lire notre billet]

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    Feuille de Route #22 - "Retour (nostalgique) au Musée Gardner de Boston "


    Une de mes sources de musique en ligne préférée est la bibli musicale du musée Isabella Stewart Gardner de Boston. La feuille de route propose un trio de pièces pour ensemble de chambristes « musclé » - c’est-à-dire, pour des ensembles plus gros qu’un quatuor. [Lire notre billet]

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    Feuille de Route #23 - " Octuors et nonettes"


    La question se pose: quand parle-t-on de musique pour "ensemble" plutôt que de musique de chambre? Il n'y a pas de réponse académique à cette question, sauf peut-être que de parler de dix musiciens ou plus. Peut-être est-ce pourquoi j'a choisi de considérer des combinaisons pour nuit (octuors) et neuf (nonettes) instruments...[Lire notre billet]

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    Feuille de Route #24 - "Daniel Barenboim dirige Dvořák & Tchaikovski"

    Chacun de nous cherche un moment de quiétude spirituelle, mettant le matériel de côté et de se retouver à proximité des points d'une étoile? Les sérénades à cordes de Dvorak et Tchaïkovski donnent voix à cette aspiration. [Lire notre billet ]

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    Feuille de Route #25 - "Vents harmonieux"


    Un orchestre d'hamonie (ou tout simplement une harmonie) est composé de bois, de cuivres et de percussions. Parfois, on ajoute aussi des contrebasses, mais pas le cas ici! [Lire notre billet]

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    Feuille de Route #26 - "Que des Cordes"

    Comme le om l'indique, un orchestre à cordes est limité au violon et ses cousins - alto, violoncelle et contrebasse. On les retrouve plus souvent qu'autrement sand la formule 2-1-1 du quatuor, multiplié plusieurs fois avec l'ajout de contrebasses. Douze ou treize cordistes pour un petit ensembe, une soixantaine pour la section des cordes d'un grand orchestre [Lire notre billet]

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  12. #12
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    Lightbulb Les routes symphoniques

    Sommaire

    Au cours des derniers mois, nous avons suivi un parcours qui a commencé avec des musiques pour instrument solo, et y avons ajouté des voix parmi les interprètes, culminant avec deux ensembles d’envergure – l’orchestre d’harmonie et l’orchestre à cordes. Finalement, nous les unissons dans un grand ensemble homogène – l’orchestre symphonique.

    Le « grand orchestre » a évolué au cours des 500 dernières années en force, en portée et en texture, en passant des instruments dits de période (dont certains sont aujourd’hui obsolètes) aux instruments d’aujourd'hui. Fini la viole de gambe et l’oboe d'amore, et vivent le violoncelle et le cor anglais!

    La taille et le diapason d'un orchestre symphonique fournissent des possibilités infinies aux compositeurs de musique pour orchestre - parfois connus sous le nom de symphonistes - et les œuvres généralement retrouvées dans le répertoire orchestral se divisent en trois grandes catégories, selon les lignes que l'on peut entendre lors d'un concert d'abonnement typique: des ouvertures , des symphonies, et des concertos. Le concerto (qui signifie littéralement concert) est une forme qui a beaucoup évolué dans l'histoire de la musique, et j'ai choisi de le garder pour un autre volet de cette série.

    Le « cheval de bataille » de l’orchestre est la symphonie – plus qu’une « sonate pour orchestre », la symphonie est un genre qui trouve son origine sous la forme d’ouvertures dites « Italiennes », ou sinfonias, des œuvres à plus d’un mouvement à caractères variés. Haydn (qui composera à lui seul plus d’une centaine de symphonies) est généralement reconnu pour avoir façonné la recette de la symphonie « classique » à quatre mouvements.

    Comme genre musical, on peut penser à l’ouverture « classique » comme une œuvre en un seul mouvement, durant une dizaine de minutes. Ces ouvertures peuvent avoir un caractère « scénique » (associées à une performance théâtrale ou opératique) mais peut aussi être une pièce conçue expressément pour le concert. Une variante de l’ouverture est le poème symphonique, une invention Romantique qui sort de l’exercice « pour la forme » et se veut plus une pièce d’exécution imaginative; un conte en musique si vous voulez.

    Vos feuilles de route

    Feuille de Route #27 - "En lever de rideau"

    Une collection d’ouvertures de concert, des pièces composées expressément pour le concert – toutefois une paire des sélections de cette semaine sont si on veut des vestiges de projets opératiques abandonnée ou jamais publiés [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu - https://archive.org/details/pcast226-Playlist.
    Hyperlien à la musique - https://archive.org/details/pcast226


    Feuille de Route #28 - "Karl Bohm Dirige Haydn and Mozart"
    Dans les années 1960, Karl Bohm dirigera une intégrale des symphonies d'Amadeus avec le Philharmonique de Berlin. Le disque qui est proposé intégralement dans notre montage est un enregistrement datant des années 1970, avec le Philharmonqiue de Vienne dans deux de ces symphonies, ses nos. 40 et 41. [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu - https://archive.org/details/pcast227-Playlist.
    Hyperlien à la musique - https://archive.org/details/pcast227


    Feuille de Route #29 - "Karl Bohm Dirige Richard Strauss"
    Certaines pièces font l’objet de ma collection à plus d’un exemplaire – parmi eux les symphonies de Beethoven, celles de Tcahïkovski, et les poèmes symphonique de Richard Strauss – Ainsi Parla Zarathoustra, Heldenleben, la symphonie alpestre, et bien sûr les deux titres au programme aujourd’hui, Don Juan et Tyl l’Espiègle. [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu et la musique - https://archive.org/details/03StraussRDonJuanOp.20

    Feuille de Route #30 - "Beethoven 2 X 4"

    Une "paire" de symphonies de Beethoven qui mettent en relief le chiffre "2". Le choix des symphoinies no. 2 et 4 (ou 2 à la puissance 2) font d'elles des options numérologiquement logiques. Mais plus je me suis penché sur le montage, plus de "2" ont fait surface. [Lire notre réflexion]

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    Feuille de Route #31 - "Symphonies en ut majeur"

    Trois pièces qui ont ceci en commun: leur tonalité est la gamme la plus simple, soit ut (ou do) majeur. Les sélections n'ont rien de particulier autre que la tonalité et le choix conscient d'une longueur acceptable. [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu - https://archive.org/details/pcast159-Playlist
    Hyperlien à la musique - https://archive.org/details/pcast159


    Feuille de Route #32 - "Quatrième de Brahms"
    Je vous propose une performance de la quatrième sous la baguette d'Eugen Jochum. [Lire notre réflexion]

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    Hyperlien à la musique - http://archive.org/details/BrahmsFestivalPart4


    Feuille de Route #33 - "Cinquième de Bruckner"
    La cinquième symphonie d’Anton Bruckner dans une performance « croquée sur le vif » depuis un concert en 1951 du Philharmopnique de Vienne sous le chef Wilhelm Furtwängler au Festival de Salzbourg [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu et la musique - https://archive.org/details/04SymphonyNo.5InBFlatMajorT


    Feuille de Route #34 - "Wagner: Tannhäuser, Der Fliegende Holländer, Die Feen"
    Dans ma collection de microsillons en vinyle, je ne compte que trois sélections Wagner – l’obligatoire échantillonnage orchestrales du Ring (Szell et le Cleveland, série Great Performances CBS), et deux disques « d’ouvertures » de la maison Philips – une réédition de la série Festivo (Varviso dirige le Staatskapelle Dresde) et le disque d’aujourd’hui, une mouture numérique de première génération, avec le chef Néerlandais Edo de Waart. [Lire notre réflexion]

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  13. #13
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    Citation Envoyé par ppyjc61 Voir le message
    Dans ma collection de microsillons en vinyle
    Et réciproquement ?
    Ça alors ... des microsillons en vinyle ... Will wonders never cease ? comme disait (qui ça, dejà ?)
    I'd rather be hated for who I am than be loved for who I am not (K.C.)

  14. #14
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    Citation Envoyé par The Fierce Rabbit Voir le message
    Will wonders never cease ? comme disait (qui ça, dejà ?)


    Who knows?
    Il s'engendre beaucoup d'abus au monde ou, pour le dire plus hardiment, tous les abus du monde s'engendrent de ce qu'on nous apprend à craindre de faire profession de notre ignorance.

    Montaigne

  15. #15
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    Lightbulb Les routes concertantes

    Le laitier reprend le service de sa clientèle (mélomane) après une pause bien méritée. La série de feuilles de route d’aujourd’hui continue notre survol du répertoire pour grand orchestre avec une attention particulière au concerto.

    Solo Vs Grosso

    Le contexte qu’on associe avec le terme concerto est celui d’un soliste qui est accompagné par un ensemble. Toutefois cette formule (que j’appelle le concerto solo) est par opposition au concerto grosso développé dans la période baroque qui “oppose” si vous voulez un petit groupe d’instruments (le concertino) à un ensemble plus large (le ripieno). Cette formule, perfectionnée par MM. Händel et Corelli, se retrouve dans certains exemples plus « modernes » – pensons à des concerti pour deux ou trois instruments et orchestra (MM. Mozart, Brahms, Beethoven et même M. Vaughan-Williams nous viennent à l’esprit.

    En passant, le terme concertino est souvent utilisé comme un terme « diminutif » laissant entendre « petit concerto ». D’autres synonymes incluent la symphonie concertante et le Konzertstücke.

    Une formule gagnante

    Comme une sonate ou une symphonie, un concerto est plus souvent qu’autrement étalé sur trois mouvements à caractère varié (animé-lent-animé). On retrouve la forme sonate (A-B-A) au premier mouvement, un adagio rêveur et finalement un rondo pour boucler l’aventure. Certains concerti jouent avec d’autres motifs (variations, mouvements de danse…) mais la formule sonate-adagio-rondo couvre aisément les trois quarts des concerti qu’on entend en concert.

    Ce qui est tout aussi intéressant est la latitude offerte au soliste (versus le carcan qu’on impose à l’orchestre). Cette latitude se manifeste par des cadences, ou des interludes ouverts à l’improvisation qu’on retrouve souvent juste avant l’apothéose d’un mouvement. Une cadence peut durer une dizaine de mesures, ou plusieurs minutes!

    Parce qu’un soliste invité (souvent un invité de marque) s’ajoute à l’orchestre, on peut suggérer que lors d’un concert d’abonnement traditionnel (typiquement compose d’une ouverture, d’une symphonie et d’un concerto), le concerto devient plus souvent qu’à son tour la pièce de résistance du concert.

    Vos feuilles de route

    Feuille de Route #35 - "Concertos sans soliste"

    Dans notre discussion ci-haut, nous avons souligné l'évolution du concerto et avons fait la distinction entre le concerto grosso et le concerto avec soliste. Vivaldi, Corelli, Stravinski et Bartok proposent des examples [Lire notre réflexion].
    Hyperlien aiu menu: https://archive.org/stream/pcast190-Playlist
    Hyperlien ã la musique: https://archive.org/details/pcast190

    Feuille de Route #36 - "Concertinos"

    Souvent les petits pots renfermement de bons onguents… Le terme « concertino » est plus souvemnt qu’autrement utilisé comme un diminutif, afin de désigner une petite oeuvre concertante, mais le terme « petit » est bien sûr très subjectif. [Lire notre réflexion].
    Hyperlien aiu menu: https://archive.org/stream/pcast228-Playlist
    Hyperlien ã la musique: https://archive.org/details/pcast228


    Feuille de Route #37 - "Schumann & Grieg"
    Deux concerti en la mineur de deux compositeurs des plus différents: le Norvégien Edvard Grieg et l'Autrichien Robert Schumann. Ces deux concerti, qui occupent la large part du montage, sont confiés au pianiste Roumain Radu Lupu. [Lire notre réflexion].
    Hyperlien aiu menu: https://archive.org/stream/Pcast037Playlist
    Hyperlien ã la musique: https://archive.org/details/GriegSchumann


    Feuille de Route #38 - "Mendelssohn & Bruch"
    Josef Suk (1929 – 2011) est issu d'une lignée impressionnante: son grand père et homonyme est le compositeur Josef Suk, et l’ arrière petit fils d'Antonín Dvořák. Suk interprète ici les concerti pour violon de Bruch et Mendelssohn. [Lire notre réflexion].
    Hyperlien au menu et ã la musique: https://archive.org/details/04JosefS...inConcertoOp64


    Feuille de Route #39 - " Tchaïkovski Concertant "
    Cette feuille de route propose deux concerti de Tchaïkovski, extraits de ma collection vinyle: les célébrissimes premier concerto pour piano et concerto pour violon. [Lire notre réflexion].
    Hyperlien aiu menu: https://archive.org/stream/pcast134-Playlist
    Hyperlien ã la musique: https://archive.org/details/Pcast134



    Feuille de Route #40 - "Beethoven & Korngold"
    Cette feuille de route propose les concerti pour violon en ré majeur de Beethoven et Korngold. [Lire notre réflexion].
    Hyperlien aiu menu: https://ia601507.us.archive.org/14/i...5-Playlist.pdf
    Hyperlien ã la musique: https://archive.org/details/pcast155



    Feuille de Route #41 - "Suoni la tromba"
    Notre dernier montage est consacré à la trompette, et propose l'intégrale du premier disque classique du trompettiste Wynton Marsalis, datant de 1983. [Lire notre réflexion].
    Hyperlien aiu menu: https://archive.org/stream/pcast229-Playlist
    Hyperlien ã la musique: https://archive.org/details/pcast229

  16. #16
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    ERRATUM - "le Norvégien Edvard Grieg et l'Allemand Robert Schumann." Merci aux forumistes qui me l'ont souligné (ainsi qu'à ceux qui ont mordu leur langue).
    Dernière modification par lebewohl ; 19/09/2017 à 14h00.

  17. #17
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    Lightbulb Les routes lyriques

    Au cours des derniers mois, notre laitier n’a pas encore servi de routes chantées – aujourd’hui, nous mettons fin à cette situation.

    En effet, dans une de nos premières réflexions dans cette série, nous avons proposé la distinction entre une sonate et une cantate – strictement parlant, entre une musique jouée et une musique chantée. Au cours des premier volets de notre survol du répertoire, nous avons considéré les sonates dans toutes leurs sauces – allant de sonates pour instrument seul jusqu’aux sonates pour grand orchestre que sont les symphonies. Un traitement comparable pour les cantates ne demandera pas autant de volets – même si ce serait plus que raisonnable de le faire!

    La forme de cantate la plus simple est la mélodie pour voix accompagnée par un ou plusieurs instruments – ça s’appelle une mélodie, une chanson ou le lied (en allemand). Au même titre qu’on peut élargir le diapason en ajoutant des instruments de tonalité complémentaire, on peut ajouter des voix de tessiture différentes – en duos, trios, quatuors – la formule quatuor s’approche de la combinaison SATB pour soprano, alto, ténor et basse (ou baryton).

    Ultimement, comme un orchestre à cordes se veut la multiplication d’instruments suivant le modèle du quatuor pour cordes 2-1-1, un ensemble de voix (communément un chœur ou une chorale) implique un groupe de chanteurs et chanteuses avec des sections s’alignant à la formule SATB.

    Sans vouloir généraliser à outrance, le répertoire lyrique se divise en répertoire séculaire (ou profane) et répertoire sacré. L’ordinaire de la Messe, par exemple, est une des formes de cantates sacrées les plus répandues.

    Comme le mot « sonate »a plus d’une signification, le terme « cantate » a aussi un usage plus précis que celui de désigner une œuvre chantée. En fait, les termes cantate, oratorio et opéra ont une signification très spécifique et méritent d’être démêlés.

    Quand on parle d’opéra (et de ses formules connexes l’opérette et la comédie musicale), on parle d’une œuvre majeure chantée accompagnée d’un jeu scénique complet. Ainsi, les chanteurs sont des acteurs, qui s’exécutent avec costumes et décors. L’opéra est, en quelque sorte, le summum de l’expérience musicale, le mariage ultime de la mélodie et de la musique afin de raconter une histoire. J’ai réservé un chapitre complet à propos de l’opéra – à suivre en décembre!

    Un oratorio est une œuvre majeure chantée, mais dépourvue des éléments scéniques (costumes et décors). Les oratorios peuvent souvent être aussi complexes qu’un opéra, mais les voix principales ne sont pas appelées généralement à « jouer la comédie ». Plus souvent qu’autrement, les oratorios sont basés sur des sujets sacrés.
    Finalement, une cantate fait référence à une œuvre qui marque un évènement – cet évènement peut être liturgique, ou une grande occasion.

    Vos feuilles de route



    Feuille de Route #42 - "Winterreise"

    Winterreise (trad. Lit. Le voyage d’hiver) est un recueil de lieder qui met en musique 24 poèmes de Wilhelm Müller, le deuxième recueil de textes de cet auteur (l’autre étant Die schöne Müllerin, D. 795). Les deux furent écrits pour ténor, mais on l’a transposé pour d’autres timbres, suivant l’example meme de Schubert qui aurait accompagné son ami, le baryton Johann Michael Vogl. [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu et à la musique - https://archive.org/details/01WinterreiseLeVoyageDhiver

    Feuille de Route #43 - "Un récital de mélodies"

    Pour cette feuille de route, permettez-moi de partager des récitals provenant du musé Gardner de Boston, mettant en évidence l'expression la plus pure de la musique chantée: une voix avec accompagnement au piano. [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu et à la musique - https://archive.org/details/02Schuma...kreisOp.24Mark

    Feuille de Route #44 - "C'était l'bon temps"

    Dans ses émission hebdomadaires d’Opéra sur la chaîne de radio publique de Sacramento en Californie, Sean Bianco propose des opéras sur disque intégralement (j’en ai partagé quelques-uns ici et sur d’autres de mes plateformes) et il propose souvent en complément des extraits supplémentaires qu’il appelle « Opera Potpourri ». J’ai retenu quelques-uns de ces fragments d’émission et les ai rassemblés ici pour votre bon plaisir. [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu et à la musique - https://archive.org/details/03OperaPotpourri110401



    Feuille de Route #45 - "In Memoriam: Carlo Bergonzi (1924 - 2014)"

    Le montage comporte trois volets distincts. Dans un premier temps, Bergonzi exécute une poignée de chansons napolitaines de la fin du XIXe et début du XXe siècles. JEnsuite, Bergonzi en récital et finalement dans des airs d'opéra. [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu - https://archive.org/stream/pcast172-Playlist
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    Feuille de Route #46 - "Aria. Aria"

    Je vous propose ici de grands duos opératiques (en français, en allemand et en italien) avec en particulier des scènes d'amour...[Lire notre réflexion]

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    Hyperlien à la musique - https://archive.org/details/pcast185


    Feuille de Route #47 - "L’Ordinaire de la messe"

    La tradition musicale de la messe date du Chant Grégorien datant du VIIie siècle, mais occupe une grande place dans le répertoire sacré de la tradition des deriiers 500 ans - du baroque au moderne. Alors que la musique entre sa prériode de musique dite "ancienne" (la renaissance et le baroque), les compositions chorales explorent la polyphonie. [Lire notre réflexion]

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    Feuille de Route #48 - "Felix Mendelssohn: Lobgesang"

    L'oeuvre majeure du montage d'aujourd'hui est la grande symphonie-cantate de Mendelssohn communément surnommée "Chant de Louanges". Cette oeuvre associe Mendelssohn à la ville de Leipzig, et son grand orchestre qui est emcore actif aujourd'hui. [Lire notre réflexion]

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    Feuille de Route #49 - "Gloria!"

    Le Gloria (Gloire à Dieu au plus haut des Cieux…) est lui-aussi une des sections de la messe traditionnelle, quoiqu'on retrouve des versions de cette prière en musique à l'extérieur de ce contexte. En particulier, je retiens aujourd'hui des compositions de Francis Poulenc, et d'Antonio Vivaldi. [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu - https://archive.org/stream/pcast148-Playlist
    Hyperlien à la musique - https://archive.org/details/pcast148


    Feuilles de Route #50 & 51 - "Le Messie (Handel)"

    Händel composa le Messie en 1741, à l'occasion d'une tournée de concerts de charité en Irlande. Le texte réfère principalement à la résurrection du Messie et à la rédemption qu'elle opère: l'œuvre fut écrite pour le temps de Pâques et jouée pour la première fois lors de cette fête. Cependant, il est devenu de tradition, depuis la mort du compositeur, de la jouer pendant le temps de l'Avent plutôt que pendant le temps de Pâques. [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu - http://www.tp4.rub.de/~ak/disc/ro/sony60205.html
    Hyperlien à la musique (Bibli Musicale) - http://www.mqcd-musique-classique.co...ead.php?t=5541


    Feuille de Route #52 - "Deux oeuvres chorales du XXe siècle"

    Pour finir, j'ai programé une paire d'oeuvres du XXe siècle, provenant de deux traditions - et avec des résultats - forts différents. [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu - https://archive.org/stream/pcast230-Playlist
    Hyperlien à la musique - https://archive.org/details/pcast230

  18. #18
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    Lightbulb Les Routes Scéniques

    Sommaire

    Un anglicisme de bon aloi, l’expression « route scénique » signifie une route panoramique, qui offre une vue souvent sympathique pour les passagers. Dans le contexte de notre série, l’expression s’adresse à des musiques composées expressément pour la scène (et au XXe siàcle, pour les arts visuels tels la télé et le cinéma).

    Cela se manifeste à bien des égards musicalement - la musique incidentale (calque encore de l’Anglais…), c'est-à-dire la musique conçue comme musique de fond ou d'ambiance; de la musique de ballet ou de la musique destinée à des productions théâtrales chorégraphiées et, dans une moindre mesure, des ouvertures, des poèmes sonores ou d'autres œuvres de ce genre, inspirées par des pièces de théâtre.

    L’opus de scène ultime impliquant la musique, bien sûr, est l'opéra et ses formes dérivées (opérette, comédie musicale, revues musicales, ...) mais nous réserverons pour le volet du mois prochain.

    De la suite dans les idées

    Le cas de la musique de scàne mérite d'être discuté sous un angle différent. Dans le contexte d’un concert quel est le meilleur véhicule ou la meilleure plateforme pour présenter cette musique dans la salle de concert sans les éléments scéniques (acteurs, décors…)?

    La réponse est d'assembler des numéros musicaux dans une suite en plusieurs parties. Ces suites se présentent en deux saveurs - celles rassemblées par le compositeur (ou un substitut) et celles assemblées par des chefs d'orchestre ou des instrumentistes.
    Il y a beaucoup d'exemples de cela. Par exemple, on entend rarement la musique écrite par Edvard Grieg pour Peer Gynt d’Ibsen (son opus 23) sous sa forme originale. En 1888 et 1891, Grieg a extrait huit mouvements pour faire deux suites à quatre mouvements: ses opp. 46 et 55. Certaines de ces sections – l’air du matin et L’antre du Roi des Montagnes - ont transcendé la scène et la salle de concert et sont des airs reconnus dans la culture populaire.

    Pelléas et Mélisande de Meterlinck est l'exemple d'une mise en scène qui a recueilli de nombreuses versions de musique, notamment de Fauré et Sibelius, ainsi qu'une adaptation d'opéra de Claude Debussy. Il est à noter que c'est l'élève de Fauré, Charles Koechlin, qui a réuni une suite de concerts de Fauré et le compositeur / chef d'orchestre Marius Constant qui a emballé la musique de Debussy pour une «symphonie de concert».

    Ballet, en tout ou en partie

    La musique de ballet ouvre le débat en concert: intégrale ou suite.
    Il arrive parfois que des orchestres (et des chambristes) invitent des troupes de danse à les rejoindre sur scène en concert pour ajouter la dimension chorégraphique à un ballet qu'ils exécutent - mais c'est l'exception. la règle.

    La question est vraiment si la musique de ballet peut se passer de la danse; une question qui n’a pas de réponde universelle...

    Une œuvre comme le Sacre du printemps, en raison de son statut historique, est l'un de ces cas où la musique peut se tenir seule dans la salle de concert. Je dirais en outre que tout ballet qui peut être interprété comme un morceau de musique continu - contrairement aux grands ballets de Tchaïkovski qui se déploient sur plusieurs actes - est également un candidat à la performance en concert. Parfois, on oublie même La Valse de Ravel ou le Prélude à l'après-midi d'un Faune de Debussy étaient à l'origine des œuvres dansées!

    Le ballet de Prokofiev Roméo et Juliette (son opus 64) défend la thèse des suites de ballet. Prokofiev traita cette musique à toutes les sauces: il ne rassembla pas une, pas deux mais trois suites (son op 64 bis et ter et son opus 101), et Prokofiev réduisit la musique du ballet en 1937 sous le nom de Roméo et Juliette: dix pièces pour piano, op. 75. De nombreux chefs de renom, dont Riccardo Muti et Dimitri Mitropoulos, ont assemblé les leurs en mélangeant les numéros des suites Prokofiev.

    Plus qu’un accessoire

    La puissance de la musique dans la performance de scène (et d'écran) est sa capacité à créer l'ambiance ou à transmettre des messages «sans mots». Richard Wagner, dans beaucoup de ses opéras, a institué le concept de leitmotiv, ou «thèmes de caractère» où il représente des personnages dans l'action au sein de la musique, transformant ces thèmes en fonction du moment. Cette méthode a été largement utilisée par d'autres compositeurs - John Williams en a fait un usage important pour la musique qu'il a composée pour les nombreux chapitres de l'anthologie de la Guerre des Etoiles, et l'anthologie Harry Potter, pour ne citer que ceux-là.

    Vos feuilles de Route

    Feuille de Route #53 - "Pelleas et Melisande"

    Pelléas et Mélisande est un drame intemporel avec une atmosphère de légende: les personnages de Maeterlinck apparaissent sans histoire, on ne connaît pas leur passé. Il n’est donc pas surprenant que la pièce inspire des musiques qui sont tout aussi symboliques, et par moment tout aussi sombres. [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu - https://archive.org/stream/pcast108-Playlist
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    Feuille de Route #54 - "Sibelius entre en scène "

    Trois « suites » compilées depuis la musique composée par Jean Sibelius pour des productions scandinaves de pièces de théâtre. [Lire notre réflexion]

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    Feuille de Route #55 - "Inspirations Shakespeariennes "

    La tradition des drames de l’ère Tudor et Stuart inclut au moins une chanson dans chaque pièce. Seules les tragédies les plus profondes évitent l’ajout d’interludes musicaux sauf pour les sons des trompettes et des tambours. Dans ses grandes tragédies, William Shakespeare a défié cette orthodoxie et a utilisé des chansons étonnamment émotives, en particulier dans Othello, le Roi Lear et Hamlet. Shakespeare et musique vont donc main dans la main.[Lire notre réflexion]

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    Hyperlien à la musique - https://archive.org/details/pcast233


    Feuille de Route #56 - “Tchaikovsky ‎– Le Lac Des Cygnes - La Belle Au Bois Dormant”
    Les suites du Lac des Cygnes et de la Belle au Bois Dormant ont ceci en commun – elles furent toutes deux compilées posthumément par des collaborateurs anonymes du compositeur. Ceci étant dit, on rapporte que le compositeur avait envisagé des suites (inédites) pour les deux ballets, et que celle de la Belle était sans doute conforme aux plans sommaires laissés parmi ses cahiers. [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu et à la musique - https://archive.org/details/01SwanLakeSuiteOp.20A



    Feuille de Route #57 - “Prokofiev ‎– Romeo et Juliette ”
    Dimitri Mitropoulos, lui-même compositeur, est reconnu pour le rayonnement du répertoire postromantique et moderne: Mahler, la deuxième école Viennoise et les maîtres Russes de la fin du XIXe et du XXe siècles. Cet enregistrement de sélections de Roméo et Juliette de Prokofiev tombe donc en plein dans la mire du chef. [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu et à la musique - https://archive.org/details/07RomeoA...etOp.64SuiteII

    Feuille de Route #58 - "C’est arrivé le 29 mai 1913 "

    Tout dépendant de votre point de vue, la date du 29 mai 1913 est soit un récital des Ballets Russes de Diaghilev d’une notoriété incontournable, ou une balise ferme qui marque la fin d’une époque en musique. Ce montage recrée le programme complet de la soirée, au théâtre des Champs-Elysées. [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu - https://archive.org/details/pcast107-Playlist
    Hyperlien à la musique - https://archive.org/details/Pcast107

    Feuille de Route #59 - "Une loge au cinéma"
    Musique et cinéma vont main dans la main, et ce depuis les films silencieux, en passant par les comédies musicales, et finalement les longs métrages de grande envergure, avec leurs trames sonores envoûtantes. Les compositeurs du début du XXie siècle, à commencer par Saint-Saëns et en passant par les exemples choisis aujourd'hui vous mettront sûrement dans le bain cinématographique. [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu - https://archive.org/details/Pcast020Playlist
    Hyperlien à la musique - https://archive.org/details/ASuiteAtTheMovies

    Feuille de Route #60 - " La Guerre des Etoiles"

    C’est en 1974 que Williams entreprend sa longue collaboration avec Spielberg (pour la vaste majorité de ses films). Et Spielberg recommandera Williams à son collègue Lucas pour son projet de film qui deviendra La Guerre des Etoiles – un triptyque original, une trilogie de films « antécédents » et plus récemment la poursuite de l’aventure réalisée par JJ Abrams. [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu - https://archive.org/stream/pcast232-Playlist
    Hyperlien à la musique - https://archive.org/details/pcast232

    Feuille de Route #61 - " Le mythe du cowboy solitaire"

    Le mythe du cowboy Américain est fondé sur des idéaux romantiques: les vastes étendues, héroisme, liberté, les "bons" Vs. les brigands, et j'en passe... Pour la plupart d'entre nous, la musique associée aux cowboys passe par la musique "country". C'est au cinéma qu'on retrouve le mythe dans sa plus pure expression: John Wayne, Clint Eastwood, dans des productions signées John Ford ou Sergio Leone. [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu - https://archive.org/details/Pcast013Playlist
    Hyperlien à la musique - https://archive.org/details/CowboyClassics


    Feuille de Route #62 - "Edvard Grieg ‎– Peer Gynt (Musique de scène)".
    Enregistré le 17 octobre 1966 dans la Heilandskirche de Leipzig. le Gewandhausorchester Leipzig dirigé par Vaclav Neumann et accompagné par la soprano Adele Stolte visitent la trame musicale de la pièce d'Ibsen Peer Gynt, composée par son compatriote Edvard Grieg. [Lire notre réflexion]

    Hyperlien au menu et à la musique - https://archive.org/details/EdvardGr...icToPeerGyntOp.

  19. #19
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    Lightbulb Les Routes Opératiques

    Sommaire

    Certains genres musicaux ne font pas toujours l’unanimité – par goût ou par snobisme! Il était clair que l'opéra et le rap, plus que n'importe quel autre genre, partagent le haut du palmarès des genres à éviter pour plusieurs mélomanes.

    Il y a peu de doute que le rap et l'opéra ont voyagé avec d'importants bagages préjudiciables (si stéréotypés): l’Opera est pour les snobs riches, blancs et âgés; le rap est fait par de pauvres jeunes voyous noirs. Certaines personnes rejettent les deux groupes, tandis que d'autres apprécient les degrés d'inclusion perçue. Le rap et l'opéra ne résonnent pas avec tout le monde; si le coeur de la musique est concentré sur les mots et si les mots ne se rapportent pas à l'auditeur, alors tout est très déconnecté.
    Si on se donne la peine, vraiment la peine, d’écouter du rap, on apprécie le rythme, la cadence des mots, les rimes riches… Qui ne tire pas son chapeau à Lin Manuel Miranda et sa comédie musicale Hamilton!

    Les fanatiques de l'opéra évaluent sans cesse tous les aspects des chanteurs, des chefs d'orchestre, des metteurs en scène, des compositeurs, des scénographes et des compagnies d'opéra. Pour moi, l’opéra c’est l’évasion : transport dans un autre temps, un autre pays, ou même une autre coutume ou tradition. L’opéra c’est également les extrêmes – tous les bobos sont de très gros bobos, toutes les joies sont une exaltation sublime!

    L'opéra et le rap prennent requièrent un investissement - peut-être plus d'effort que beaucoup de consommateurs de musique d'aujourd'hui sont prêts à dépenser. À une époque où de plus en plus de musique est à la portée de tous, sommes-nous en train de devenir des auditeurs paresseux? Est-il trop facile de télécharger trop, d'acquérir tout mais n'entendre rien? Est-ce qu'il reste du temps pour apprécier pleinement un album hip-hop complet, sans parler de tout un opéra? Il faut aussi investir pour profiter d'une musique aussi intime que l'opéra et le rap. Avec tout le mélodrame, la conscience sociale, la violence et les styles vocaux intenses, ils ne sont certainement pas du papier peint musical.

    Si le cœur vous en dit, voici quelques feuilles de route qui proposent des opéras complets – trois d’entre eux relativement courts, les plus longs sont comparativement légers (même si Carmen surprend avec un troisième acte passablement sérieux).

    Chaque opéra est accompagné d’un hyperlien au livret original, si vous voulez suivre les chanteurs!

    Vos feuilles de route


    Feuille de Route #63 - Amahl and the Night Visitors (Menotti)

    Amahl and the Night Visitors est le premier opéra spécifiquement composé pour la télévision en Amérique. Une commande de la société NBC il fut diffusé en direct à la télévision le 24 décembre 1951 comme premier spectacle de l’anthologie Hallmark Hall of Fame. [Lire notre réflexion]

    Livret en anglais: Gian-Carlo Menotti (http://www.opera-arias.com/menotti/a...tors/libretto/)

    Hyperlien à la distribution et la musique (Vidéo de la bande kinéscopique originale)- https://archive.org/details/AMAHLTHENIGHTVISTORS


    Feuille de Route #64 - Carmen (Bizaet)

    A Séville , Carmen, une jeune bohémienne rebelle et séductrice, déclenche une bagarre dans la manufacture de tabac où elle travaille. Elle se fait arrêter. Le brigadier Don José, chargé de la mener en prison, tombe sous son charme et la laisse s’échapper. Par amour pour elle, il va déserter et rejoindre les contrebandiers. Mais Carmen très vite va se lasser de lui et se laisser séduire par un célèbre torero. Don José, fou de désespoir et dévoré par la jalousie, la frappe à mort avec un poignard. [Lire notre réflexion]

    Livret français: Henri Meilhac et Ludovic Halévy (http://www.opera-arias.com/bizet/carmen/libretto/ )

    Hyperlien à la distribution et la musique - https://archive.org/details/BizetCarmenCluytens


    Feuille de Route # 65 - Die Fledermaus (J. Strauss II)

    Troisième opérette de Johann Strauss, Die Fledermaus, est un chef d’œuvre du genre, unanimement apprécié tant pour ses qualités musicales exceptionnelles que pour l’intelligence de son livret. Le raffinement et les trouvailles musicales en font une des œuvres les plus populaires du répertoire et demande des chanteurs lyriques capables de jouer la comédie. Son ouverture fascinante, le trio de l’acte I, la valse de l’acte II entre autre, conduisirent au succès éclatant et à la célébrité de cette joyeuse farce. [Lire notre réflexion]

    Livret allemand: Carl Haffner et Richard Genèe (http://www.opera-arias.com/strauss-j...maus/libretto/ )
    Hyperlien à la distribution et la musique (Bibli musicale MQCD) - http://www.mqcd-musique-classique.co...ead.php?t=5331


    Feuille de Route # 66 - Cavalleria Rusticana (Mascagni)

    Cavalleria Rusticana qu’on pourrait traduire par Chevalerie paysanne se caractérise par la simplicité extrême de son intrigue où s’affrontent les excès de la jalousie et l’exaltation du sentiment de l’honneur. Mascagni a su restituer toute sa force à un fait divers sanglant. La musique simple et énergique suscite efficacement l’émotion. On considère généralement cet opéra comme le premier témoignage officiel du vérisme musical. [Lire notre réflexion]

    Livret italien: Guido Menasci (http://www.opera-arias.com/mascagni/...cana/libretto/)

    Hyperlien à la distribution et la musique (Bibli musicale MQCD) - http://www.mqcd-musique-classique.co...ead.php?t=4323


    Feuille de Route #67 - Pagliacci (Leoncavallo)

    Le triomphe remporté par Mascagni, avec « Cavalleria Rusticana », piqua la jalousie de Ruggéro Leoncavallo, le poussant à écrire et composer lui aussi un opéra vériste, « Paillasses », inspiré d’un fait divers dramatique auquel il assista dans son enfance. L’ouvrage, unanimement loué pour les qualités littéraires de son livret, transparaît la double influence musicale du lyrisme verdien et de ses mélodies vocales somptueuses, et du drame wagnérien à travers l’usage du leitmotiv. [Lire notre réflexion]

    Livret italien: Ruggiero Leoncavallo (http://www.opera-arias.com/leoncaval...acci/libretto/)

    Hyperlien à la distribution et la musique (Bibli musicale MQCD) - http://www.mqcd-musique-classique.co...ead.php?t=4948

  20. #20
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    Citation Envoyé par ppyjc61 Voir le message
    l’Opera est pour les snobs riches, blancs et âgés;
    Remplacez " l'Opéra " par " la musique classique ", ce sera encore plus juste.
    Cela dit, je suis en effet blanc, âgé, sans doute snob, mais hélas pas riche.
    Et j'aime l'opéra et la musique classique.
    Il y a aussi des rappeurs blancs et voyous ou pas voyous. Et des rappeurs noirs pas voyous. Et hors toute question de jeunesse, de couleur de peau et de 'voyouserie', je déteste le rap. Mais cela ne concerne que moi, et le reste du monde a toute liberté de l'aimer, cela ne me dérange pas !
    I'd rather be hated for who I am than be loved for who I am not (K.C.)

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