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Discussion: Comment on fait une playlist...

  1. #1
    - Avatar de mah70
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    Comment on fait une playlist...

    Bonjour tout le monde.


    Il n’avait jamais été fait de présentation générale, de déclaration d’intention ou de programme explicatif à propos des playlists. En même temps, elles ont été mises en place petit à petit, par tâtonnements et par expérimentations, et elles été livrées au public bien avant d’avoir été théorisées, si tant est qu’elles le soient vraiment. Quoi qu'il en soit, il est peut-être temps de préciser certaines choses à leur sujet. Suite à la demande de Krinou, je vous propose ci-dessous un petit vade-mecum pour expliquer ce qui entre en compte dans la création d’une playlist.
    La seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute. (Pierre Desproges)

  2. #2
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    Quelle est l’origine des playlists ?

    Philippe me corrigera si mes souvenirs me trompent mais, sauf erreur, c’est une réflexion de sa part qui est à l’origine de tout. Il trouvait curieux de ne pas pouvoir écouter de musique sur un site dont c’est le sujet principal. Il a donc cherché moyen de mettre du son sur nos messages et a mis la main sur une extension proposée par le logiciel utilisé par le forum.

    La première playlist, en septembre 2008, était une création commune de l’équipe, chacun apportant un enregistrement. Ce côté collaboratif a perduré quelques temps puis certains ont abandonné, d’autres ont petit-à-petit pris du champ et, de fil en aiguille, je me suis retrouvé en charge de l’affaire. Ce n’est pas que j’aie la moindre autorité en la matière. C’est juste que j’ai un très joli tableau Excel avec tous mes disques, organisé en quelques colonnes bien utiles pour trier.

    Les premiers temps, tout passait par l’administratrice technique de l’époque puis, pas à pas, nous avons appris à nous débrouiller tout seuls. Nous sommes désormais autonomes, sauf quand un gros bug nous tombe dessus, auquel cas nous hurlons au secours pour avoir de l’aide. Ce fut le cas l’an passé.
    La seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute. (Pierre Desproges)

  3. #3
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    Que peut-on mettre sur une playlist ?

    Voici un peu de jargon légal. Ça n’est pas passionnant mais c’est pris en compte pour l’établissement d’une playlist.

    Pour rendre public des enregistrements, il faut vérifier qu’ils sont bien dans le domaine public, sauf à payer des droits. Comme nous ne savons pas comment faire pour payer, nous mettons en ligne des enregistrements libres de droits. Et voilà une bien belle collection de truismes.

    Sont à prendre en compte les droits d’auteurs, les droits des producteurs de phonogrammes et les droits voisins des artistes interprètes. Pour les droits d’auteur, on part du décès de l’auteur, ou du dernier survivant en cas de collaborations (et de la date de création pour une œuvre posthume) ; pour les droits des producteurs de phonogrammes et les droits voisins des artistes interprètes on part de la date de parution de l’enregistrement, ou de la date de diffusion de la retransmission d’un programme de radio. Comme une playlist est destinée à être écoutée et non téléchargée, c’est la localisation du serveur de notre site qui fait foi, donc nous obéissons à la loi canadienne. Elle est assez pratique car elle est simple : tout tombe dans le domaine public à la cinquantième année calendaire échue, si je me souviens bien du terme légal, en prenant pour point de départ les dates indiquées ci-dessus.

    En clair : depuis le début de cette année, nous pouvons mettre en ligne toute œuvre d’un créateur mort au plus tard le 31 décembre 1967, et tout enregistrement déjà paru à la même date. D’où la présence de Kodaly dans nos playlists depuis janvier. Les compositeurs morts n’importe quand en 1968 (par exemple Mario Castelnuovo-Tedesco, mort le 16 mars) pourront être mis en playlist au 1er janvier 2019. Même chose pour les enregistrements, qu’ils soient sortis en janvier ou en décembre.

    Le petit piège concerne les œuvres en collaboration car cela inclut le texte et les traductions éventuelles. Ainsi, j’ai un enregistrement paru en 1949 de la Sérénade Op.24 de Schönberg (1874-1951), dont un des mouvements est chanté sur un texte de Pétrarque (1304-1374). Impossible de le mettre car la traduction est de Harold Heilberg (1922-2013).

    Plus retors encore : Dialogues des carmélites de Poulenc (1899-1963), sur un texte de Georges Bernanos (1888-1948). Ça a l’air bon, même si l’on considère que le texte de Bernanos a été mis en forme et complété par Albert Béguin (1901-1957). Sauf que. A la base, il s’agit du dialogue d’un projet de film, tiré d’une nouvelle de Gertrud von Le Fort (1876-1971) dont le scénario a été écrit par le R.P. Bruckberg (1907-1998) et par Philippe Agostini (1910-2001). On attendra donc 2052.

    Le droit canadien semble toutefois prendre en compte le caractère non commercial du délit et la rareté des œuvres ou enregistrements indument présentés. Donc, on doit pouvoir proposer gratuitement un obscur disque jamais réédité d’une œuvre rare réservée à quelques amateurs et qui ne serait pas dans le domaine public sans encourir de grands risques. Cela dit, j’aime bien me fixer des règles, ça évite de se disperser, et j’ai décidé (sauf rares cas où j’ai trouvé trop tard l’un ou l’autre renseignement) d’obéir aveuglément à cette loi canadienne. Et puis ce n’est pas comme si on n’avait rien à mettre.
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  4. #4
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    Quels sont les enregistrements susceptibles d’être playlistés ?

    A la base, tout enregistrement obéissant aux règles indiquées précédemment. Cela implique de connaître la date de parution d’un disque, et c’est parfois difficile à trouver. Je m’amuse assez à chercher sur Internet, à fouiller les magazines sur Google Books, à déchiffrer les indications sur les pochettes ou les numéros de matrice sur les disques (connaissez-vous le système de numéros de l’usine Pathé-Marconi à Chatou ?). Les sites d’amateurs passionnées sur un interprète aident bien, même si certains prennent parfois leurs désirs pour des réalités... Par ailleurs, mon intérêt pour les enregistrements anciens a été bien pratique.

    Dès le départ, il a été résolu d’inclure dans la playlist des œuvres pas trop courantes ou des enregistrements pas trop fréquents. Il n’est pas forcément nécessaire d’y mettre quelque chose d’aussi facilement accessible que l’intégrale 1963 des Symphonies de Beethoven par Karajan. D’ailleurs elle est dans la Bibliothèque Musicale. Il fut un temps où je rêvais de trouver quelque chose qui ne pourrait s’écouter que chez nous. J’ai un peu laissé tomber : nous sommes à une époque où, entre streaming, rééditions, blogs et Internet, il y a plus de musique disponible que jamais. Trouver un inédit absolu devient trop compliqué et, quand ça arrive (voir les deux Jongen proposés par Schosta) il y a un gugusse pour les pomper les mettre sur YouTube sans demander la permission.

    Il existe quand même une limite technique : si le disque gratte trop, s’il grince abominablement pour avoir été usé par un diamant usagé, s’il grésille à cause de poussières impossibles à enlever, s’il est trop sale ou trop rayé, s’il est trop déformé, je vais abandonner et passer à autre chose. Je nettoie certains disques avant de les numériser, j’utilise des outils efficaces pour supprimer autant que faire se peut les clics et les pops mais dans certains cas l’inconfort d’écoute est trop grand. La limite entre possible et impossible est évidemment subjective.
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  5. #5
    - Avatar de mah70
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    D’où viennent les enregistrements d’une playlist ?

    Très majoritairement, ils proviennent de ma discothèque, de fichiers fournis par Philippe, de disques prêtés par co2 et de numérisations envoyées par Schosta. Parfois, depuis peu, je vais chercher quelques petites choses sur YouTube (le son peut être potable quand il n’y a pas d’images animées pour manger la bande passante ; car YouTube c’est d’abord de l’image et éventuellement du son). Dans la plupart des cas, c’est pour m’éviter la numérisation d’un de mes disques et la source peut être meilleure. En effet, j’ai longtemps privilégié la quantité à la qualité technique et il m’est arrivé d’acheter des 33 tours en piètre état. D’où ma remarque ci-dessus sur les limites techniques. (En plus, certains vinyles sont fourbes qui semblent excellents en inspection visuelle mais crépitent comme un feu de camp une fois posés sur la platine. J’avais vu une fois un amateur qui avait apporté dans le magasin un mange-disque à piles et testait les exemplaires avant de les acheter.)
    Comme il a été dit plus haut, la loi parle protège les enregistrements à partir de leur date de parution. Une réédition subséquente, ou un changement de support, ne réactivent pas les droits. C’est la raison pour laquelle je recours plus ou moins souvent à des rééditions en CD. L’absence totale de craquements résiduels a bien dû frapper certains d’entre vous. Dans le cas où j’utilise un CD, je me suis fixé quelques règles. Prendre plutôt des disques épuisés, ou des numérisations anciennes. Ne pas se ruer sur un disque venant de paraître pour le déposer tel quel sur notre serveur. Privilégier les enregistrements maintes fois réédités et amortis financièrement, ou extraits de gros coffrets. Dans le même genre d’idée, éviter de prendre les parutions de petits éditeurs qui sortent peu de disques et en petites quantités afin de ne pas les priver du fruit de leur travail. Enfin il y a une autre règle, invisible : je comprime mes numérisations en 256 kbps et les reprises de CD en 192 kbps pour dégrader légèrement leur qualité sonore.
    La seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute. (Pierre Desproges)

  6. #6
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    Comment s’organise le programme d’une playlist ?

    Après quelques tâtonnements entre trop long et trop court, une playlist standard dure désormais aux alentours de huit heures. Hors playlist thématique (je n’en fais plus guère), les morceaux qui la composent sont choisis pour varier les plaisirs : époques différentes (pas tout XIXe siècle), pays différents (pas tout russe ou tout français) et effectifs ou genres variés. Il doit y avoir du piano, de la musique de chambre, des concertos, des symphonies, éventuellement des mélodies et de l’orgue. La playlist se termine rituellement (je ne sais plus comment c’est venu) par un opéra ou, plus rarement, par un oratorio.

    L’enchaînement entre les morceaux joue lui aussi sur leur différence artistique (ne pas mettre deux symphonies d’affilée, ne pas mettre toute la musique de chambre d’un coup) mais aussi technique (ne pas mettre tous les enregistrements mono en une seule fois). Un ami qui travaillait à France-Musique et était chargé des communiqués préparait des programmes de trois en soignant les rapports de tonalité dans les enchaînements. J’en suis bien incapable mais j’essaie de ne pas mettre une œuvre au début tonitruant juste après une musique au final tout en douceur. Je ne veux détruire les tympans de personne. Evidemment, je suis parfois obligé de contrevenir à ces règles par manque de matière.

    J’essaye parfois dans mon programme de rebondir sur l’actualité (hommage à un artiste lors de son décès) où sur une discussion du forum mais le tempo d’une playlist n’est pas celui de l’actualité. Le délai entre l’événement et la mise en ligne de la playlist suivante est parfois trop long pour que l’inclusion du morceau ait du sens.
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  7. #7
    - Avatar de mah70
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    Comme mes goûts n’influencent (a priori) pas le contenu d’une playlist

    Une playlist n’est pas ma chose, elle n’est pas censée refléter mes penchants et je ne me sens aucun droit d’y imposer mes diktats. Je peux y mettre des enregistrements ou des compositeurs qui ne me plaisent pas. J’ai même mis du Delius, c’est dire. Et quand on me propose une contribution extérieure je ne barguigne pas et je l’inclus. Je n’ai jamais eu à m’en plaindre.

    Dans le même temps, ma collection de disques s’est construite selon mes goûts et mes dégoûts. Il y a dans dedans des trous assez importants. A force de sonder ici ou là, je me suis découvert une période d’élection : la fin du XIXe siècle et la première moitié du XXe. Spontanément, je ne m’intéresse pas beaucoup à la musique ancienne. Ma famille n’avait pas de mots assez durs à l’encontre des Harnoncourt, Leonhardt et autres Brüggen, et je suis passé totalement à côté de la révolution baroqueuse. A l’inverse, on connaît sur le site mon attrait pour la musique russe et les enregistrements soviétiques, dont j’ai pléthore. Je m’intéresse aussi à la musique anglaise ou américaine, mais je ne suis pas très avancé sur ce qui vient d’Espagne ou d’Italie. Je suis plus attiré par la musique symphonique ou concertante que par la mélodie ou l’opéra, et je suis un peu limité sur l’orgue ou la musique de chambre.

    Heureusement, je reste quelqu’un de curieux (dans tous les sens du terme) et je ne me braque pas si souvent. Par exemple, j’ai dit par ailleurs ne pas être attiré spontanément par les interprétation germaniques, trop sérieuses et trop respectueuses à mon goût. Dans le même temps, la musique austro-allemande reste une base pour moi et j’ai de quoi faire en Brahms, Schubert, Mahler, Beethoven, Weber, Mendelssohn, Schumann et autres Bruckner par Jochum, Furtwängler, Wand, Busch, Kempff, Brendel et consorts.

    Rien de ceci ne devrait transparaître dans les playlists mais, comme je les établis en me basant sur mes réserves, il est évident que je vais avoir plus de choix pour une symphonie russe du XXe siècle enregistrée sur place que pour un trio espagnol du XVIIIe par un ensemble allemand. Parfois, mon goût pour les interprètes ou les objets discographiques me sauve. Ainsi, je n’aime guère Chopin. Comme il a été enregistré par des dizaines de pianistes auxquels je m’intéresse, j’en ai plein. Et quand je suis tombé sur un gros coffret comprenant l’intégrale de ses œuvres, je n’ai pas hésité et je l’ai acheté pour avoir ce bel objet dans ma collection. Et il a été mis en playlist dans la foulée.

    Comme j’ai bien conscience de mes manques, je garde l’existence des playlists en tête lorsque je vais dans les magasins de disques. Il m’arrive donc assez souvent d’acheter des choses sans intérêt particulier pour moi mais dont je me dis « ah, tiens, ça nous n’avons pas et c’est dans les clous ». Comme ma mémoire n’est pas infaillible du tout, il m’arrive d’acheter fièrement des choses qui sont déjà dans la Bibliothèque Musicale. Ces explorations hors de mes goûts habituels m’ont permis de belles découvertes, comme Telemann ou les premiers enregistrements baroqueux, et des confirmations : il y a décidément (et évidemment) des choses que je n’aime pas. Mais vous les avez quand même en playlist même si elles me tombent des oreilles.

    Quand même, je n’ai pas très envie, même pour une playlist, de dépenser (pas trop grave) et de m’encombrer (beaucoup plus gênant) avec une chose que je sais ne pas aimer. Je suis par exemple totalement rétif au bel canto. Donizetti va encore à petites doses mais Bellini m’ennuie profondément. J’ai essayé plusieurs fois de trouver le moindre intérêt à La somnambule ou à Norma, ça ne passe pas. Je me suis au surplus découvert une relative allergie à la voix d’artistes comme Joan Sutherland (ou alors c’est le répertoire qui m’influence). Je ne demande pas mieux que de mettre l’un par l’autre dans une playlist (vous avez d’ailleurs eu une Somnambule par Sutherland en mai 2017) mais j’ai décidé de ne pas pousser plus loin mes expériences personnelles en ce domaine et les possibilités de vous proposer de nouvelles choses de ce genre sont donc faibles. Par contre, si on me fournit le fichier d’un enregistrement d’avant 1968, je ne vois pas de raison d’en priver les amateurs.
    La seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute. (Pierre Desproges)

  8. #8
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    Connais-je tous les éléments d’une playlist avant de la mettre en ligne ?

    Loin de là. Comme je suis assez besogneux sur les écoutes (je dépasse rarement une heure par jour, et encore pas tous les jours), et comme une numérisation n’est pas le moment idéal pour découvrir un enregistrement (on est trop concentré sur l’aspect technique), il y a un bon paquet d’enregistrements playlistés que je n’ai jamais écoutés, juste entendus pour vérifier leur intégrité. Si le nom du compositeur me dit quelque chose, si les interprètes sont reconnus, je ne vois pas pourquoi j’hésiterais à les proposer puisque mon goût n’entre pas en ligne de compte. Les amateurs éventuels se reconnaîtront et prendront plaisir à les écouter – ou pas.
    La seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute. (Pierre Desproges)

  9. #9
    - Avatar de mah70
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    Qu’arrive-t-il une fois la playlist remplacée par celle du mois suivant ?

    Initialement autonomes et éphémères, les playlists servent désormais à alimenter la Bibliothèque Musicale, ce qui leur offre une relative pérennité. Au début de chaque mois (ou un peu plus tard selon les disponibilités de Philippe), une réflexion collective a lieu pour savoir quoi garder. Il suffit qu’un seul membre de l’équipe vote pour une œuvre et elle est reversée dans la Bibliothèque Musicale par notre ange tutélaire, Admin MQCD au sourire enjôleur.

    Sont pris en compte : la qualité de l’interprétation, la présence ou non de l’œuvre dans la Bibliothèque Musicale et son intérêt, les goûts personnels de chacun dans l’équipe et les réactions des membres lors de la présentation de la playlist. Personne n’étant infaillible, et surtout pas moi, il arrive que certains enregistrements échappent à notre vigilance comme les Ravel par Richter à l’automne dernier. Ces erreurs peuvent être facilement rattrapées si elles sont découvertes assez rapidement. On peut retrouver un fichier d’il y a six mois, pas un fichier d’il y a six ans.
    La seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute. (Pierre Desproges)

  10. #10
    - Avatar de mah70
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    Combien de temps prend la préparation d’une playlist ?

    Le choix des œuvres est généralement assez rapide, même s’il m’arrive parfois de me creuser la cervelle pour respecter plus ou moins les règles énoncées plus haut. Après, y’a plus qu’à et c’est beaucoup plus lent s’il s’agit de 33 tours. La numérisation se fait bien entendu en temps réel, voire nécessite d’être faite plusieurs fois si le disque est en mauvais état, s’il y a un sillon fermé ou une saute, ou un problème technique (mon matériel n’est pas jeune). Ensuite la numérisation est mise sur ordinateur et passe par un petit nettoyage pour éliminer les craquements (selon l’état du disque ça peut prendre cinq minutes ou une heure par face). Ce nettoyage peut lui aussi devoir se faire plusieurs fois pour modifier les réglages (certains instruments comme les cuivres ou le cromorne, certains bruits mécaniques comme ceux du clavecin sont parfois considérés par le logiciel comme devant être éliminés) ou pour effectuer plusieurs passages si le disque est en trop mauvais état. Un logiciel de montage me permet ensuite, si besoin, de mélanger deux numérisations distinctes, de supprimer une saute ou un bruit trop intrusif ou, tout simplement, de raccorder deux faces. Pour les CD, ils sont extraits en .wav sur mon ordinateur et passent par le même logiciel de montage pour éviter les trous entre les plages. Les fichiers son récupérés sur YouTube y passent aussi, car les personnes les mettant en ligne suppriment rarement ces fichus trous lorsqu’ils concatènent leurs disques.

    Je mets les fichiers d’équerre selon une norme adoptée au fil du temps : une seconde d’ouverture en fondu avant le début de la musique, deux secondes de fondu au silence à la fin de la musique et deux secondes de blanc pour finir afin que les œuvres ne soient pas collées les unes aux autres lors de l’écoute. Ensuite je vérifie le niveau sonore puis je convertis en mp3. Enfin, je transfère les fichiers mp3 en deux endroits distincts de notre serveur afin qu’ils soient accessibles à la fois dans le message de présentation et par l’onglet « Playlist du mois ». Il faut ensuite décider de l’ordre de passage des œuvres, reporter cet ordre et intégrer les intitulés dans la partie du site agençant la playlist et rédiger le petit texte qui se trouvera sur la page d’accueil du site. Il faut enfin préparer le message de présentation avec, de nouveau, les intitulés, y intégrer les balises et les liens vers les fichiers audio, et relire l’ensemble pour traquer les fautes de frappe, pas toujours avec succès.

    Tout ceci prend du temps. Pas trop s’il s’agit de CD ; à vue de nez entre deux et trois heures par disque pour les 33 tours, parfois plus selon l’état. S’y ajoute environ une heure pour le transfert de l’ensemble des fichiers (ça se fait en un clic mais il faut quand même surveiller), deux bonnes heures pour l’organisation et la mise en place sur le site. Au total, une playlist composée par exemple de huit 33 tours et de quatre CD doit prendre entre vingt-cinq et trente heures de travail au bas mot.
    La seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute. (Pierre Desproges)

  11. #11
    - Avatar de mah70
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    novembre 2007
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    Dernière question : Pourquoi fais-je tout ça ?

    Si je le savais...
    La seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute. (Pierre Desproges)

  12. #12
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    février 2008
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    Citation Envoyé par mah70 Voir le message
    Si je le savais...
    Ne faites pas l’innocent, mah. Vous êtes trop intelligent pour affecter de manquer à ce point de lucidité sur vous-même.
    Ce sera mon seul commentaire.
    Merci pour vos playlists.

  13. #13
    - Avatar de mah70
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    novembre 2007
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    Eh non, vraiment, je ne sais pas.
    La seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute. (Pierre Desproges)

  14. #14
    Modérateur Avatar de lebewohl
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    octobre 2007
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    Paris
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    En tout cas, impressionnant
    Il s'engendre beaucoup d'abus au monde ou, pour le dire plus hardiment, tous les abus du monde s'engendrent de ce qu'on nous apprend à craindre de faire profession de notre ignorance.

    Montaigne

  15. #15
    Membre Avatar de Krinou
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    Citation Envoyé par mah70 Voir le message
    Si je le savais...
    Bonsoir Mah70

    Je me sens un peu confuse, je n'ai pas vu ce topic. Je suis d'autant plus confuse que c'est moi qui vous ai demandé des précisions au sujet des playlists mensuelles, et vous avez répondu à toutes mes interrogations et même au-delà.

    Tout ce travail que vous faites, c'est incroyable !
    Je me doutais que cela demandait du temps mais pas à ce point.

    Pourquoi faites-vous tout ça ? Je ne sais pas, par passion (il faut être sacrément passionné pour penser à se préoccuper des silences ou de s'assurer que le volume ne soit pas trop "contrasté" entre deux écoutes), et par altruisme aussi, car, comme je le disais, ça vous prend beaucoup de temps et d'énergie aussi, il faut être motivé pour faire ça. Vous pourriez profiter de votre musique égoïstement et au lieu de cela, vous nous en faites profiter tous les mois, allant même jusqu'à mettre des œuvres qui ne vous inspirent pas, si ça c'est pas de l'altruisme !

    J'étais déjà reconnaissante avant cela, je l'ai dit plusieurs fois sur le forum, mais je le suis encore plus maintenant que je sais tout ce que cela représente de labeur.

    Je trouve que ce topic devrait être mis dans les discussions importantes avec "vos suggestions" et "votre juke-box mp3" pour qu'il reste toujours consultable par les membres et les visiteurs car il est remarquablement rédigé et ce serait vraiment dommage que tout ce travail de rédaction se retrouve peu à peu au fin fond du forum, noyé dans les playlists.

    Merci Mah70

    Sans la musique, la vie serait une erreur.

    Nietzsche

  16. #16
    - Avatar de mah70
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    novembre 2007
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    Saint-Julien-Molin-Molette
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    Merci pour les fleurs, je vais les mettre dans un vase
    Une des réponses possibles à la question « pourquoi fais-je tout ça » peut aussi être « parce qu'on me l'a demandé ». Si un jour le boulot devient trop pesant, je laisserai la place à quelqu'un d'autre...


    La seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute. (Pierre Desproges)

  17. #17
    Membre Avatar de Krinou
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    197
    Citation Envoyé par mah70 Voir le message
    Merci pour les fleurs, je vais les mettre dans un vase
    Bonjour Mah70

    Vouiii, faut les mettre dans un vase avant qu'elles ne dépérissent, ce serait dommage.

    Citation Envoyé par mah70 Voir le message
    Une des réponses possibles à la question « pourquoi fais-je tout ça » peut aussi être « parce qu'on me l'a demandé ». Si un jour le boulot devient trop pesant, je laisserai la place à quelqu'un d'autre...


    Et vous auriez raison, il ne faut pas que cela devienne une contrainte non plus, altruisme oui, sacrifice, non.

    Si cela devait arriver, j'espère qu'effectivement, vous trouverez un remplaçant, sinon, tant pis, ce cadeau mensuel me manquera beaucoup mais je me consolerai en allant farfouiller dans la bibliothèque musicale, car elle sera toujours là n'est-ce pas ?
    Sans la musique, la vie serait une erreur.

    Nietzsche

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