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Discussion: incipit

  1. #61
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    Je n'ai pas googlé sur le texte, mais la manière me faisant un peu penser à Leigh Hunt (écrivain qui a une réputation de fantaisiste), j'ai googlé sur son nom + le mot "opéra" et j'ai ainsi appris qu'il a écrit une Francesca da Rimini. Mais aucun des deux opéras qui, à ma connaissance, portent ce titre ne semble avoir été inspiré par la pièce de Leigh Hunt, donc c'est encore un coup dans l'eau. On attend un nouvel indice.
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  2. #62
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    L'auteur serait-il Byron ?
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  3. #63
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    Non - connu surtout pour ses romans.
    Dernière modification par The Fierce Rabbit ; 28/10/2018 à 21h33.

  4. #64
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    Je reviens de Wikipédia, article Verdi : Walter Scott ?
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  5. 28/10/2018 21h50
    Motif
    Posté trop tard, devenu inutile

  6. #65
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    Citation Envoyé par InnocentParadis Voir le message
    Je reviens de Wikipédia, article Verdi :
    Non.

    Walter Scott ?
    Oui !

    Ne négligez pas la 2° ligne du post #60.

  7. #66
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    juin 2011
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    J'ai suivi votre conseil et je me suis permis de googler "Walter Scott" + "flûte" (on n'en finirait pas, si on s'interdisait tout googlage) et, de googlage en googlage, j'ai finalement trouvé cet extrait de la Wikipédia anglaise :
    "Lucia di Lammermoor is a dramma tragico (tragic opera) in three acts by Gaetano Donizetti. .... The popular soprano and flute duet cadenza was composed in 1888 by Mathilde Marchesi for her student Nellie Melba's performance of the role"
    Ce que j'ai lu de cet opéra m'a donné envie de le connaître... Comme quoi un jeu absurde peut avoir son utilité.
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  8. #67
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    Bravo.
    Beaux extraits et intégrales sur YT.

    Trêve d’absurdité. Let’s make it short, again.
    «*Il faut regarnir la lampe...*» : Manfred, Byron. Schumann, Tchaïkovsky.

  9. #68
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    Citation Envoyé par InnocentParadis Voir le message
    Par compassion pour les vertueux qui laissent une lacune dans leur culture plutôt que de googler, je signale que ""Barcelone est une ville de six cent mille deux cents âmes, et elle n'a qu'un urinoir. On devine si à certaines heures il a charge d'âmes." est le début de La petite infante de Castille, de Montherlant, et que "C'est un des grands mystères de l'évolution de l'humanité que la Révolution française n'ait éclaté qu'en 1789. En 1642, la France était mûre (...)" est le début de Turlupin, de Leo Perutz. On compare souvent Perutz à Kafka, mais autant le style de Kafka me semble plat, autant celui de Perutz me semble ailé.

    IP
    Bon quelques jours loin de tout ordinateur ; j'ai encore moins "pris de risque" que d'habitude ; mais encore une fois ce n'est pas nécessairement le but, ni nécessairement un jeu.

    Mais j'ai surtout l'oeil (et ce qui me reste de cervelle) attiré(s) par le commentaire sur Perutz et Kafka ; parce que je suis en train de lire en parallèle un livre de chacun des deux! Perutz est largement méconnu, et c'est en effet bien dommage. Je lis en ce moment "le tour du cadran", et c'est délicieux ; mais ne surtout pas lire la préface (en 10/18), qui donne la clé du roman! Spoil!!!

    Mais Kafka plat? je n'aurais pas dit ça ; c'est neutre, mais exprès. Il se trouve que pour diverses raisons je suis en train d'essayer de livre "la métamorphose" en allemand. Ce n'est pas plat du tout! Max Bord raconte qu'en lisant ce conte (conte?) à voix haute, Kafka était "mdr", comme on dit aujourd'hui. Et c'est en effet drôle, et notamment en raison du style, qui est parfaitement imperturbable face à une situation pourtant un peu inhabituelle. La description des lieux se poursuit comme dans un catalogue de vente par correspondance, et pendant ce temps-là, le narrateur est quelque peu transformé.
    Il y a peut-être un problème de traduction ; le traducteur qui a fait connaître Kafka en France est Alexandre Vialatte, fabuleux chroniqueur du journal "La Montagne" (je ne saurais trop recommander les recueils de ses chroniques ("Et c'est ainsi qu'Allah est grand", "L'éléphant est irréfutable", "Eloge du homard et d'autres insectes utiles", par exemple). Mais on a beaucoup critiqué ses traductions. Je ne suis pas qualifié pour juger, mais de fait les traductions sont extrêmement différentes, et déjà pour le mot "Ungeziefer", qui désigne, dès la première phrase, ce qu'est devenu le narrateur. Vermine, cloporte, cancrelat, scarabée?
    Bref ; lisez et faites lire non pas la presse révolutionnaire comme disaient les camelots de LO dans le temps mais Perutz ET Kafka!
    Il s'engendre beaucoup d'abus au monde ou, pour le dire plus hardiment, tous les abus du monde s'engendrent de ce qu'on nous apprend à craindre de faire profession de notre ignorance.

    Montaigne

  10. #69
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    J'ai bien aimé Le tour du cadran, mais au risque de "spoiler", je dirai que l'astuce de ce récit avait déjà été utilisée par Ambrose Bierce dans "An Occurrence at Owl Creek Bridge". (Je ne sais pas si on a fait le rapprochement.) Moi aussi, j'aime bien Alexandre Vialatte. Comme disait je ne sais plus qui, il fait du faux avec du vrai et du vrai avec du faux. On a un peu la même impression avec Perutz. Dans cet ordre d'idées, j'aime bien les romans policiers "illusionnistes" de Fred Kassak (notamment Nocturne pour assassin, attention aux spoilers sur Internet). A propos de Vialatte, je pense bien avoir feuilleté chez un bouquiniste un recueil de récits de Francis Jammes, dont l'un parlait d'un professeur de géographie qui, se voyant contraint de suppléer aux limites de sa science, accumulait des bourdes cocasses qui ressemblaient à s'y méprendre à du Vialatte. Malheureusement, une recherche Google sur "Francis Jammes" et "professeur de géographie" ne donne rien.
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  11. #70
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    et elle a été utilisée plus tard par Hitchcock, je crois (l'astuce du récit) ; quitte à spoiler encore plus (mais non il ne s'agit pas de couteau dans une douche, ni d'oiseaux à qui on a donné à picorer un excitant).
    Il s'engendre beaucoup d'abus au monde ou, pour le dire plus hardiment, tous les abus du monde s'engendrent de ce qu'on nous apprend à craindre de faire profession de notre ignorance.

    Montaigne

  12. #71
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    "Comme je dînais un jour chez M. le maréchal d’ [...], le P. [...], qui y dînait aussi, fit tomber le discours, insensiblement, sur la soumission d’esprit que la religion exige de nous ; et, après nous avoir conté plusieurs miracles nouveaux et quelques révélations modernes, il conclut qu’il fallait éviter, plus que la peste, ces esprits forts qui veulent examiner toutes choses par la raison."


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  13. #72
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    "Quand la caissière débutante Georgina Smolen vit l'article que le client s'apprêtait à payer, elle se souvint de la définition qu'un collègue un peu loustic lui avait donnée du professionnalisme chez la caissière : 'garder son sérieux quand le client a pris du papier de cabinet' et elle pouffa de rire. Le client poussa les hauts cris et Georgina Smolen fut immédiatement congédiée."


    "Il y avait à la troisième table de jeu une religieuse qui trichait. Le gérant de la salle considéra la situation comme délicate et interdit aux videurs d'agir sans nouvel ordre."


    "J'apprends toujours avec plaisir par la presse qu'une amie des bêtes a été dévorée par ses quinze chiens. Il y a là comme une juste réparation pour les trottoirs souillés et les scènes grotesques d'amitié animale où notre visage est léché par la même langue qui a léché on n'ose dire quoi."

  14. #73
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    "Il y avait à Montmartre, au troisième étage du 75 bis de la rue d'Orchampt, un excellent homme nommé Dutilleul qui possédait le don singulier de passer à travers les murs sans en être incommodé. Il portait un binocle, une petite barbiche noire, et il était employé de troisième classe au ministère de l'Enregistrement. En hiver, il se rendait à son bureau par l'autobus, et, à la belle saison, il faisait le trajet à pied, sous son chapeau melon.
    Dutilleul venait d'entrer dans sa quarante-troisième année lorsqu'il eut la révélation de son pouvoir. Un soir, une courte panne d'électricité l'ayant surpris dans le vestibule de son petit appartement de célibataire, il tâtonna un moment dans les ténèbres et, le courant revenu, se trouva sur le palier du troisième étage. Comme sa porte d'entrée était fermée à clé de l'intérieur, l'incident lui donna à réfléchir et, malgré les remontrances de sa raison, il se décida à rentrer chez lui comme il en était sorti,en passant à travers la muraille."


    Voilà comment on écrivait quand Marguerite Duras ne passait pas pour une grande romancière.
    (Au sujet de Marguerite Duras, voir la section "Marguerite Duras refusée par ses propres éditeurs" de son article à Wikipédia :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Margue...diteurs_%C2%BB )

  15. #74
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    "Quand fillette je n'étais pas sage, on me menaçait d'un bonbon de l'abbé de Sulpice. De ma vie je ne vis un bonbon de l'abbé de Sulpice, mais je ne laissais pas d'en avoir une grande peur.
    Un jour que mes parents m'avaient laissée seule, j'atteignis la bonbonnière et fus un peu étonnée de n'y trouver qu'un gros berlingot emballé de violet. Tout bonbon me semblait de bonne prise, mais à peine eus-je goûté celui-là que, frappée de son amertume, je fus sûre qu'on m'avait induite en tentation de commettre un larcin pour m'en punir par un bonbon de l'abbé de Sulpice, et je me demandai avec épouvante comment allait se dérouler la punition dont je venais de sentir les premiers effets. Après avoir joué sa victime par cette cruelle parodie de bonbon, l'abbé n'allait-il pas apparaître lui-même ? Il était peut-être derrière la porte, la main sur la poignée ! À la mine basse, si fréquente chez Messieurs du clergé, il ajoutait un rictus sardonique qui, joint à ses longs cheveux pendants et à ses ornements violets, me faisait entrevoir l'abîme satanique que recouvrent les dehors paternels de l'Église.

    L'abbé ne poussa pas la porte et, faut-il le dire ? je n'avais en bouche qu'un bonbon ordinaire, qui tenait son amertume de quelques morceaux d'écorce de citron qui s'y trouvaient confits. Néanmoins, je restai longtemps sous le coup d'avoir, aussi brièvement que ce fût, entrevu l'Église et, peut-être, mes parents comme figures du mal.

    Vint l'âge de raison et j'oubliai les bonbons de l'abbé de Sulpice. On me maria d'un hobereau plus âgé que moi, dans les bois de qui circulait un jeune braconnier ou garde-chasse, je ne sais plus trop car on ne m'en parlait pas volontiers. A la différence de mon mari, dont les traits durcis révélaient une méchanceté dont je prévoyais qu'il rendrait bientôt compte devant le tribunal divin, le jeune braconnier avait un visage dessiné en des lignes délicatement courbes qui annonçaient les douceurs enveloppantes de la bonté. Or il y a beau temps qu'à mes yeux, la seule qualité qui compte chez un être humain est justement la bonté.
    Un jour, la crainte d'arriver en retard à une vente de charité me fournit un motif de couper par les bois et de croiser le jeune garde-chasse. J'engageai la conversation comme je pus, mais m'étant vite persuadée que les misérables sujets à notre disposition ne lui permettaient pas de manifester toutes ses richesses intérieures, je pris sur moi de bénir et de récompenser par une sorte d'imposition des mains la bonté dont les formes délicates de son visage étaient l'incarnation.

    Quand, pour ma honte éternelle, il m'eut craché au visage, je fis réflexion sur l'habileté du mal à prendre les apparences du bien et je me ressouvins des bonbons de l'abbé de Sulpice."

  16. #75
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    "La duchesse de B. était maintenant une vieille dame triste, qui ne se déridait qu'au souvenir du plongeon qu'encore jeune et gaillarde elle avait fait faire dans le lac à un aumônier qui prétendait la forcer à jeûner en carême."

  17. #76
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    "Ce sont les lapins qui ont été étonnés !"

    "Par un épais brouillard du mois de septembre, deux enfants, deux frères, sortaient de la ville de Phalsbourg en Lorraine. "
    Il s'engendre beaucoup d'abus au monde ou, pour le dire plus hardiment, tous les abus du monde s'engendrent de ce qu'on nous apprend à craindre de faire profession de notre ignorance.

    Montaigne

  18. #77
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    Citation Envoyé par lebewohl Voir le message

    "Ce sont les lapins qui ont été étonnés !"

    "Par un épais brouillard du mois de septembre, deux enfants, deux frères, sortaient de la ville de Phalsbourg en Lorraine. "

    Le premier est un souvenir d'école. Le second me plaît bien, mais j'avoue que ma mémoire ne me dit rien à son sujet. Sans googler, je risque Deux cavaliers de l'orage, de Giono, que j'ai lu il y a des années-lumière, mais je ne me souviens pas d'un contexte lorrain. Si je me trompe, je propose que vous donniez un indice.
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  19. #78
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    Ce n'est pas Giono, mais c'était un souvenir d'école sous la 3e République. Cela ne se lit plus tellement, bien que cela ait été réédité à plusieurs reprises récemment.

    (quant au premier, c'et aussi un souvenir d'école, bien sûr, mais je m'y suis récemment replongé avec un plaisir extrême).
    Il s'engendre beaucoup d'abus au monde ou, pour le dire plus hardiment, tous les abus du monde s'engendrent de ce qu'on nous apprend à craindre de faire profession de notre ignorance.

    Montaigne

  20. #79
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    Citation Envoyé par lebewohl Voir le message
    Ce n'est pas Giono, mais c'était un souvenir d'école sous la 3e République. Cela ne se lit plus tellement, bien que cela ait été réédité à plusieurs reprises récemment.

    (quant au premier, c'et aussi un souvenir d'école, bien sûr, mais je m'y suis récemment replongé avec un plaisir extrême).

    Peu après avoir posté la bourde Giono, je m'étais dit (sans googler, ce que je n'ai toujours pas fait) qu'il s'agissait sans doute du Tour de France de deux enfants. Juste ?
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  21. #80
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    C'est juste!


    (et ce n'est pas une bourde que d'essayer ; vous auriez proposé Rabelais ou James Joyce j'aurais jugé la sensibilité stylistique un peu émoussée mais Giono ma foi...).
    Il s'engendre beaucoup d'abus au monde ou, pour le dire plus hardiment, tous les abus du monde s'engendrent de ce qu'on nous apprend à craindre de faire profession de notre ignorance.

    Montaigne

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