Sculptée par Antonin Mercié (1845-1916) en souvenir de l'accueil réservé aux soldats de l'armée de Bourbaki internés en Suisse en 1871, cette statue de Guillaume Tell se dresse depuis 1902 devant un tribunal lausannois. Gabriel Fauré venait à Lausanne assez souvent, contrairement à Claude Debussy. Et je doute que ce dernier ait même jamais vu cette statue. Pourtant, il la détestait... Pour des raisons qui n'ont rien à voir avec son esthétique pompeuse, typique de l'époque...
Savez-vous pourquoi ?
Jacques
Dernière modification par Jacques ; 15/05/2008 à 12h20.
C'est une devinette intéressante puisque Debussy n'a jamais vu cette statue...
Je ne vois pas de liens précis entre le personnage de guillaume Tell et la musique de Debussy.
Antonin Mercié était contemporain de Debussy. Se connaissaient ils ? Qui a servi de modèle pour Guillaume Tell ? Mercié avait il promis à Debussy qu'il serait son modèle ?
De loin dans le brouillard ce Guillaume Tell a la tête de François 1er ou Jacques Cartier ?!!
Mais aussi de Camille Saint Saens!
Est-ce le visage du père de Claude Debussy! Mais le papa n'était pas dans l'armée de Bourbaki mais était à Paris pendant le Siège et la Commune ( il a été d'ailleurs emprisonné quelques temps je crois après l'écrasement de la Commune! )
Ah! que de questions!
Le mécène Daniel Iffla avait une nièce qui fricotait avec Debussy ( je n'ai pas trouvé si la dite nièce deviendra une future madame Debussy!) Bref le Dany est pas content et sucre l'héritage! Debussy pas content, cette fortune aurait mis du beurre dans ses épinards, ou alors Daniel Iffla a été dire à Debussy qu'il était un faune lubrique, un dépravé, pervers, immoral, fornicateur etc...etc..!
Oui et alors ? Et bien c'est Daniel Iffla qui offre la sculpture de Guillaume Tell d'Antonin Mercié à la ville de Lausanne! Ouf!
J'ai bien répondu à la question super banco ? ding!ding!ding!ding!ding!ding!
Bravo Thierry (et merci aux autres pour leurs idées) ! Ce n'est pas exactement la réponse, mais vous n'en êtes vraiment pas loin.
Debussy n'a jamais roulé sur l'or. Pour payer le repas de noces de son premier mariage (celui avec Lilly Texier en octobre 1899), il semble même qu'avant la cérémonie il ait dû donner à la hâte quelques leçons de piano. Plus tard, après son divorce (1904) et son remariage (1908) avec Emma Bardac, femme cultivée et très musicienne, ex-maîtresse de Gabriel Fauré, il a vécu dans une relative aisance, mais c'était loin d'être la richesse.
Cela dit, Emma Bardac (donc aussi Claude Debussy, qui la fréquentait depuis longtemps et se préparait à l'épouser) espérait beaucoup un héritage de son oncle, le financier et mécène parisien Daniel-Illfa Osiris (1828-1907). Or, à la mort de ce dernier, elle n'a pratiquement rien eu car le "vilain bonhomme" avait dilapidé presque toute sa fortune, abandonnant 25 millions à l'Institut Pasteur et notamment... 50'000 francs à Guillaume Tell (!), pour l'érection à Lausanne d'un monument consacré au héros légendaire de l'indépendance helvétique (Le Figaro du 4 février 1907). Pauvre Emma, pauvre Claude, et pauvre "Chouchou" (leur fille) !
Toujours est-il que ça me fait chaque fois un peu bizarre quand je passe devant cette statue et vois gravé sur son socle le nom d'Osiris... Le cadre est assez beau (il y a une grande esplanade de verdure au sud de la statue, un parc et un bâtiment de style 1900 un peu plus loin), et en été quand le ciel se charge de gros nuages et me fait immanquablement penser au premier des trois Nocturnes, ça me laisse tout songeur...
Si j'étais encore un gamin et étais sans scrupule, ça me démangerait de "taguer" sur ce socle, par-dessus le nom d'Osiris, celui pour moi bien plus prestigieux de Claude de France .