Nous avons sauté le dernier trimestre de 2020, mais nous sommes de retour avec un nouveau partage trimestriel du cinquième mardi, un épisode de notre série B+B - numéro 354 gardant le cap sur notre objectif du 365e plus tard cette année.

Le fil conducteur entre les deux œuvres présentées aujourd'hui est le poème dramatique de Lord Byron, Manfred. Le personnage principal est un noble faustien vivant dans les Alpes bernoises. Torturé intérieurement par une mystérieuse culpabilité, qui a à voir avec la mort de son bien-aimé, Astarté, il utilise sa maîtrise du langage et de la magie pour invoquer sept esprits, auprès desquels il cherche l'évasion. Les esprits, qui gouvernent les diverses composantes du monde corporel, sont incapables de contrôler les événements passés et ne peuvent donc pas accorder le plaidoyer de Manfred.

À la fin, Manfred meurt, défiant les tentations religieuses de la rédemption du péché. Tout au long du poème, il réussit à défier tous les pouvoirs faisant autorité auxquels il est confronté, et choisit la mort plutôt que de se soumettre aux puissants esprits. Manfred adresse ses derniers mots remarquant: " Ce n'est pas si difficile de mourir […] L'individu invincible jusqu'au bout, Manfred ne donne son âme ni au paradis ni à l'enfer, seulement à la mort."

Manfred n'était pas à l'origine destiné à la représentation sur scène; il a été écrit pour être un poème dramatique ou, comme l'appelait Byron, un drame «métaphysique».

Schumann approche Manfred comme une œuvre de musique de scène composée d'une ouverture, d'un entracte, de mélodrames et de plusieurs solos et chœurs. L'historien Peter Ostwald a écrit que l'Ouverture a été écrite à une époque où Schumann faisait face à des «souffrances exquises» causées par des «voix intérieures» ou des hallucinations auditives. La performance retenue complétait le cycle symphonique de Schumann que j'avais partagé plus tôt ce mois-ci par Rafael Kubelik et l'Orchestre philharmonique de Berlin.

L'idée d'une symphonie basée sur Manfred est née de Vladimir Stasov, qui a suggéré l'idée à Mily Balakirev et Hector Berlioz en 1867, bien que les deux compositeurs aient refusé d'écrire la musique. Cependant, en 1882, Mily Balakirev revint à l'idée et suggéra le sujet à Tchaïkovski. L'œuvre chronologiquement se situe entre ses quatrième et cinquième symphonies. La version retenue est un vinyle de Michael Tilson Thomas et du London Symphony.

Bonne écoute

Robert SCHUMANN (1810-1856)
Ouverture: Manfred: Dramatisches Gedicht in drei Abtheilungen, op. 115
Berliner Philharmoniker
Rafael Kubelik, direction

Pyotr Il′yich TCHAIKOVSKI (1840-1893)
Manfred, symphonie en si mineur, op. 58 [TH 28]
London Symphony Orchestra
Michael Tilson Thomas, direction

Détails – https://archive.org/details/pcast354-Playlist
Hyperlien à la musique - https://www.podomatic.com/podcasts/i...23_00_00-07_00