Curieux: je ne trouve aucun sujet consacré à cette oeuvre. Ce qui m'y amène, c'est une déception à-peu-près totale: un effet d'aubaine m'a fait acquérir l'enregistrement de La Petite Bande (février 1982), forcément baroqueusement plus correcte que l'unique version que j'avais jusque-là, à savoir celle de Hans Rosbaud. Eh bien, les 'ti d'jeun'z sont tout simplement soporifiques de bout en bout, à de très rares exceptions près lors de l'intervention du choeur. Le bouquet, c'est le ratage absolu (enfin, à mon sens) du morceau de bravoure, que je croyais indestructible (devinez lequel). Eh bien là, c'est dosé pour faciliter la digestion des précieuses ridicules. Pour tout dire, j'en suis à me demander si cette troupe avait l'envergure artistique nécessaire pour justifier d'être maintenue sous perfusion, et ça c'est un poil déstabilisant.
Une certaine Kathleen F. (un talent local, disait David Hurwitz) a laissé un enregistrement fort intéressant de cet Orfeo de Berlioz, mais qu'est-ce que j'y connais?
Pour les plus courageux, il y a un enregistrement en Russe avec Ivan Kozlovsky en vedette, et un 2e acte dirigé par le petit Arturo T. qui dépote grave. C'est Nan Merriman qui s'y fait entendre (et le tam-tam pour un coup qui réveille ).
Bonsoir, ça m'arrache la gueule de le reconnaître, mais je suis totalement d'accord avec mah : ce deuxième acte sous la direction d'A. Toscanini est une pure merveille, et il faut regretter qu'il n'existe pas un enregistrement intégral de l'opéra par cet ensemble.
Côté intégrales incunables, finalement, il y a pas mal de choix. En premier lieu, la version publiée par RCA sous la direction de P. Monteux avec l'orchestre de l'opéra de Rome, Risë Stevens, Lisa della Casa et Roberta Peters. Je ne connais pas l'enregistrement public new-yorkais de ce chef récemment paru, chez Andromeda, je crois.
Si les versions en allemand ne vous rebutent pas, il y en a deux que j'aime beaucoup :
- M. Klose, E. Berger et R. Streich avec la troupe de l'opéra de Berlin sous la direction d'A. Rother, parue chez Urania. Je ne sais pas si ça a été repris en CD,
- et, pour ceux qui ne sont pas choqués de ce que le rôle d'Orphée soit tenu par un homme, D. Fischer-Dieskau, M. Stader et de nouveau R. Streich, avec les forces de la RIAS Berlin sous la direction de F. Fricsay, parue chez DGG. Je crois que ça a, peut-être brièvement, été repris en CD.