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Thread: Duphly par Rousset

  1. #1
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    Duphly par Rousset

    Je suis un grand amateur de Rousset et je me suis fait plaisir récemment en m'offrant ce disque en haute définition (en fait un téléchargement).

    Je trouve qu'il s'agit-là d'un des tous meilleurs disques de Rousset et ai découvert un compositeur étonnant.



    Donc hop! Je me lance dans une critique qui devrait sentir bon:
    Tout simplement un des plus grands CD de clavecin... En termes Proustien, il se situe entre le caramel mou qui n'arrête pas de fondre délicieusement dans la bouche, et le macaron italien craquant diviniment... Bref un enregistrement-pierre angulaire....

    Etonnant également le fait de n'avoir qu'aussi peu de références à Rousset (en tant que claveciniste) sur ce site. Ne serait-il point en odeur de sainteté?

    Auriez-vous des commentaires (même négatifs, j'attends de pieds ferme les malheureux contradicteurs!!!) sur Rousset, ce disque ou le compositeur?

  2. #2
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    Encore un disque que je ne possède pas mais qui me tente énormément ()...

    Car j'apprécie aussi beaucoup Christophe Rousset, dont le talent m'a été révélé quand j'ai acquis, il y aura bientôt vingt ans, son enregistrement pour Harmonia Mundi du premier livre de Pièces de clavecin de François Couperin.

    Sinon, ayant depuis longtemps cette belle intégrale (par un autre artiste) de l'œuvre pour clavecin de Jacques Duphly, ...





    ... je peux du moins fournir sur cet étonnant compositeur français du XVIIIème siècle divers renseignements pouvant être utiles à ceux qui ne le connaîtraient pas encore.

    Je le fais donc illico (), en reproduisant "simplement" ci-dessous environ les quatre cinquièmes du long texte, rédigé par Jacques Drillon, qui figure dans la brochure jointe au coffret de cette intégrale :


    "Jacques Duphly, dont l'œuvre marque non seulement la fin d'une ère musicale mais aussi le début de la suivante, naquit à Rouen, le 12 janvier 1715, dans la paroisse de Saint Eloi. Là, il suit les leçons de François D'Agincourt, organiste de la cathédrale. On sait peu de chose sur ses jeunes années, sinon qu'il fut nommé très tôt (1732) organiste de la Cathédrale d'Evreux. Le 11 septembre 1734 – cela est attesté par les registres de la paroisse de Saint Eloi -, le «Sieur Dufliq [sic] est revenu dans sa paroisse pour y tenir l'orgue». D'accord avec sa sœur Marie-Anne, qui le remplace parfois, il accepte aussi la charge d'organiste à Notre-Dame de la Ronde, en 1740. Deux ans plus tard, il quitte ces deux postes. À Saint Eloi, on prétend qu'il était mécontent de son sort, mais Pierre-Louis Daquin (le fils de Claude) affirme que les dons de claveciniste de «Duflitz» [sic] étaient supérieurs, et qu'il eut raison de partir pour Paris «où il passe pour un très bon claveciniste» Il ajoute : «On lui trouve beaucoup de légèreté dans le toucher et une certaine mollesse qui, soutenue par des grâces, rend à merveille le caractère de ses pièces». Rousseau le cite dans son Dictionnaire de musique, à l'article «Doigter», comme un de ceux qui possèdent cet art «à la perfection». Marpurg, quant à lui, écrit que Duphly «ne joue plus que le clavecin, de manière, dit-il, qu'il ne gâte point sa main à l'orgue. Il vit à Paris, où il enseigne aux plus grandes familles». Taskin tient Dufly [sic] pour un des meilleurs professeurs du moment. D'ailleurs, tous le citent, jusqu'à l'Almanach général de la France, dans lequel on trouve cette annonce, abondamment reproduite par tous les commentaires, parce qu'elle en dit long sur le compositeur depuis qu'il avait quitté la rue de la Verrerie : «On désire savoir ce qu'est devenu M. Duphlis [sic], ancien maître de clavecin à Paris, où il était en 1767. S'il n'existe plus, on désirerait connaître ses héritiers, auxquels on a quelque chose à communiquer». On est en 1788. Un an plus tard, très exactement le lendemain de la prise de la Bastille, Duphly devait mourir en son petit appartement du quai Malaquais «ayant vue sur le jardin» de la marquise de Juigné, à qui il payait son loyer de 300 livres. Il n'était pas marié, sa sœur avait disparu de la circulation, on ne lui connaissait pas d'héritier. Son domestique hérita le linge, le mobilier et, dit l'inventaire, «cent quatre volumes de Voltaire» et «dix-neuf volumes d'ancienne musique». D'instrument, point.

    Jos van Immerseel a dressé la liste des œuvres qui étaient - ou devaient être - en sa possession : les trois livres de Rameau, les quatre livres de Couperin, les trois livres de Dandrieu, mais aussi les œuvres de D'Agincourt, Corrette, Mondonville, Claude Daquin, Boismortier... Il cite aussi Scarlatti et Fiocco.

    On a beaucoup glosé sur la parenté qui existe entre les œuvres de Duphly et celles de ses aînés, D'Agincourt et Rameau (David Fuller remarque au passage que les règles de doigté que Rousseau dit emprunter à Duphly viennent en droite ligne de Rameau, qui les expose dans ses Pièces de 1724).

    Mais quelles sont ces œuvres ? Son catalogue est bref : quatre livres de pièces de clavecin (1744, 1748, 1758, 1768), une méthode de basse continue (1765) dont l'attribution est certifiée par R. Fitzwilliam, et quelques pièces anonymes, reprises par Saint-Saëns dans son édition complète de Rameau, qui pourraient être de Duphly. Dans le troisième livre, six pièces sont écrites avec accompagnement de violon, à la manière de Mondonville.

    C'est donc à une œuvre très réduite que l'on a affaire. Cela s'explique sans doute par la position sociale de Duphly qui, quoique professeur renommé, «n'eut jamais de position officielle», ainsi que le dit François Lesure, à qui l'on doit une riche préface aux œuvres pour clavecin de Duphly, éditée par Françoise Petit. On ne doute pas que le compositeur ait été absorbé par ses leçons, seule source de revenu qu'il eût jamais eue. Sa relative obscurité s'expliquerait aussi de cette manière, tant il est vrai que les pédagogues, fussent-ils d'une importance première, n'accèdent que rarement à la célébrité.

    Les parentés citées plus haut sont nombreuses. David Fuller en donne quelques exemples : le thème de la courante La Boucon est repris à celui de la courante en mi mineur de Rameau; Les colombes sont un condensé de La timide, du même; La De Caze et La De la Tour rappellent fort certains 3/8 de Scarlatti; le rondeau en ut, La De Brissac, est très proche de D'Agincourt – c'est-à-dire de Couperin... Immerseel rapproche La De Redemond de L'Egyptienne de Rameau, à laquelle elle emprunte ses figures arpégées, La De Drumond de La Malesherbes de Balbastre...

    Les périodes de silence qui séparent les quatre livres sont à l'origine des différences stylistiques qu'on y décèle. Le premier est traditionnel, fait de deux suites débutant par une allemande et une courante. Même si les pièces suivantes sont de goût fort divers, et leur caractère général léger, on est bien face à des œuvres qui payent leur tribut aux aînés et à leur puissante leçon.

    Le deuxième, écrit dans l'euphorie du succès, est beaucoup plus italien. Les pièces y sont plus indépendantes, et comparables à des sonates, ainsi qu'on le voit dans La Victoire (la pièce introductive du recueil, dédiée à Madame Victoire de France). Le troisième est le livre de la maturité : Duphly met dix ans à le publier, et y intègre certaines des plus grandes pièces, comme sa chaconne, et de l'inspiration la plus élevée, comme La Forqueray, ou La Médée. Lorsque Duphly écrit, il rend hommage, il n'imite plus.

    Quant au quatrième livre – encore dix ans de silence -, il est celui d'une certaine décadence. Le clavecin est parvenu à des hauteurs où il ne pouvait plus se tenir longtemps. Les «hommages» aux grands du passé permettent à Duphly de faire perdurer un art qui s'étiolait. Mais le clavecin et sa musique ne pouvaient survivre à leur propre somptuosité : ils eussent déchu – ce qui n'arrive jamais. Et la date à laquelle Duphly mourut, pour hasardeuse qu'elle soit, n'en est pas moins symbolique : c'est un siècle qui s'achève avec sa vie.

    Les six pièces de ce quatrième livre sont donc nécessairement le signe d'un passage. Le clavecin se ressent de la pratique du pianoforte; les basses d'Alberti (accompagnement en accords brisés) font leur apparition, et la galanterie, la vanité fin-de-siècle, règnent en maîtres dolents.

    On a voulu voir en Duphly «le Chopin du clavecin» ? C'est beaucoup dire. Mais le rapprochement est possible si l'on songe à une écriture propre au clavier (comme celle de Scarlatti ou, plus tard, de Schubert) et à un goût prononcé pour la virtuosité. Il est impossible à tout autre égard : esthétique, éthique divergent. Et leur importance historique respective ne saurait être mise sur un pied d'égalité. (...)"


    Jacques


  3. #3
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    C'est très intéressant, j'avais noté cette extrême filiation avec Rameau que j'adore, un peu moins celle avec Couperin... J'y retrouve la même sensualité et cette douceur légèrement nostalgique... Comme je le disais, j'ai l'impression de faire une écoute gourmande, un retour à l'enfance. Concernant la virtuosité, elle ne transparaît pas avec évidence, tout coule avec une évidence et une simplicité confondante. J'aime la façon dont l'auteur parle du 3ème livre "Lorsque Duphly écrit, il rend hommage, il n'imite plus."
    Il est vrai que le premier livre ne livre pas toute l'ampleur du 2ème, 3ème et 4ème (j'insiste!) livre, mais apporte quand même bien des plaisirs... Je vais tenter d'écouter Yannick le Gaillard dans ce répertoire.

    En parlant de Rameau, je suis satisfait de ma discothèque au clavecin, mais je suis un peu en reste quand au piano. Je possède l'album de Tharaud (mais je reste vraiment sur ma faim) et des morceaux épars (un merveilleux Cherkassy, Gilels), c'est tout... Si j'abusais , je vous demanderai bien votre avis sur la chose??

    Merci encor Jacques pour tous ces renseignements

  4. #4
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    Bonsoir Brouken Air .

    Pour parler utilement de la musique française de clavecin, un répertoire magnifique s'il en est, j'avoue être en l'état un peu embarrassé () car je n'ai plus écouté depuis longtemps les disques de ma collection qui s'y rapportent.

    Sauf, pour l'instant, le CD 1 (consacré au Premier Livre) de l'intégrale Duphly de Yannick Le Gaillard, la trouvant aujourd'hui plus délectable encore que dans mon souvenir ().

    En ce qui concerne l’œuvre pour clavier de Rameau, les enregistrements que j'en possède, vérification faite, ne sont pas très nombreux. Et je me garderai bien de prétendre qu'il s'agit des meilleurs qu'on puisse trouver. Me fiant essentiellement à ma mémoire (il faut toutefois absolument que je prenne la peine de les réécouter...), je dirai donc simplement que j'en suis satisfait ().

    Cela étant, j'ai au clavecin ces deux intégrales des pièces pour clavier seul, sur des doubles albums enregistrés en 1976 par Kenneth Gilbert (une version qui a "vieilli", certes, mais qui pour moi est loin d'avoir perdu ses attraits) et en 1997 par Catherine Latzarus :






    Au clavecin aussi, j'ai sur ce disque Harmonia Mundi le recueil des Pièces de 1724, enregistré en 1983 par William Christie, …



    ... et, s'agissant des Pièces de clavecin en concerts (un recueil qui fait appel en outre, sauf pour quelques pièces, à un violon et à une viole de gambe), ce CD du même label où c'est Christophe Rousset qui est au clavecin (à ce propos, je ne m'en souvenais plus mais j'ai constaté avec intérêt que le violoniste de cet enregistrement, Ryo Terakado, était aussi celui qui accompagne Yannick Le Gaillard dans certaines pièces du Troisième Livre de son intégrale Duphly ) :




    Au piano, c'est très simple : je n'ai que l'album enregistré en 2001 - pour Harmonia Mundi aussi - par Alexandre Tharaud (les Nouvelles Pièces de 1728).

    Et moi de même, sans trop pouvoir expliquer pourquoi (), je ne peux pas dire que cet album me comble tout à fait...


    Jacques

  5. #5
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    Je suis un tout petit peu plus fourni en clavecin et surtout très satisfait par mes acquisitions. En voici quelques unes:








    J'aime beaucoup, beaucoup Céline Frisch!!!

    Bonne soirée Jacques

  6. #6
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    Bonjour Brouken Air .

    Dans la mesure où ils ont déjà plusieurs fois attiré mon attention sur des enregistrements de tout premier plan que je ne connaissais pas (je pense en particulier à l'avant-dernier Beethoven de Lubimov), vos messages sont pour moi gratifiants.

    Or, je crois maintenant que je vais me laisser tenter par l'album Rameau de Céline Frisch que vous avez montré hier soir ()...

    Cela dit, fixé pour l'instant sur le répertoire souvent désigné par l'expression "musique des clavecinistes français" (que Debussy - cf. Hommage à Rameau - et Ravel - cf. Le Tombeau de Couperin révéraient, pour ne citer qu'eux), je viens de revisiter un coin poussiéreux de ma collection où j'ai redécouvert divers albums simples ou doubles consacrés pour la plupart à des compositeurs moins connus que Couperin (Louis & François) et Rameau.

    En voici quelques exemples :




    Une petite explication à propos de ces deux albums... Un juge non-professionnel que j'ai longtemps côtoyé dans un tribunal où je travaillais enseignait la flûte à bec (baroque) dans le petit conservatoire d'une ville située entre Lausanne et Genève. Quand il se produisait en concert, il était généralement accompagné par un claveciniste nommé Georges Kiss, lequel avait sur le plan local une certaine notoriété et enregistrait des disques. Or, c'est ce juge qui m'avait procuré lesdits albums (du label suisse Tudor), me donnant ainsi l'occasion d'entendre pour la première fois de la musique composée par Jacques Duphly ().


    Autres exemples :












    Jacques


    NB : dès le week-end prochain, voire même avant, je vais probablement disparaître un peu du forum pour deux ou trois semaines; ma "famille d'Amérique" (sœur et beau-frère) arrive en effet samedi prochain en Suisse, et l'une de ses particularités est d'être un tantinet... "accaparante" ().

  7. #7
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    Je viens d'écouter David Moroney dans du Siret (Que je ne connaissais pas...) dans des suites de son second livre.
    J'ai trouvé bien, le claveciniste est bon, la partition est intéressante, de belles mélodies, mais un peu trop d'ornementation... Le fameux "Il y a trop de notes..." aurait pu en illustrer le défaut principal ( mon humble avis, mais qui suis-je...). Je vais essayer les autres si je trouve des morceaux à écouter... Votre avis sur Siret?

    De mon coté j'ai écumé les sites de streaming répondant à la législation ukrainienne en matière de droits d'auteur, pour écouter du Rameau (avant achat).

    J'ai trouvé du Hewitt, mais j'ai encore moins apprécié que Tharaud. Je suis tombé sur un pianiste français très curieux (Jean-Pierre Ferey) et je suis sorti de l'écoute avec un sentiment de perplexité intense. Par moment son interprétation me semble proche du style 'trébuché', staccato de mitraillette avec enrayement par moment. A d'autres moments, je me suis surpris à chantonner et à taper du pied au son d'une merveilleuse interprétation des 'Niais de Sologne' ou 'Rappel des Oiseaux'... Je vais donc refaire une écoute ce soir pour clarifier.



    Et puis, j'ai écouté une jeune Ukrainienne sur Qobuz qui m'avait l'air un peu parachutée comme nombre de donzelles provenant des terres favorites de Mah! Et ma foi, ce n'est peut-être pas la claque dans la figure, mais çà se laisse écouter sans trop de problèmes. Il y a même une interprétation de Gavotte et six Doubles qui m'a transportée autant que la version de Cherkassy, mais l'ensemble me semble un peu manquer de ces pétulances, ces petits diamants que l'on peut retrouver dans le clavecin de Frisch ou de Rousset. C'est quand même mieux que Tharaud...



    Il me semble que nous ayons des agendas communs puisque j'ai moi ma belle-mère et beau-père qui viennent la semaine prochaine de la même région envahir mon point culminant de la Sarre (Evidemment pour un suisse à 600 m on ne voit déjà plus la lumière du jour...). Mais pour un Sarrois c'est çà...




    J'ai cependant un avantage, puisque mes relations avec ma belle-mère sont du type guerre froide (Baie des cochons, elle est d'origine russe...), je serai seul à la maison et pourrai écouter autant de Rameau que je veux (sans casque!!), que de bonheur en perspective!

    En vous souhaitant une excellente soirée

  8. #8
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    Merci, Brouken Air, pour ces renseignements supplémentaires relatifs à l'interprétation au piano de pièces de Rameau.

    L'album Kudritskaya, dont j'ai vu qu'il avait donné lieu sur Amazon.fr, par des clients mélomanes, à des appréciations fort élogieuses aussi, fera probablement l'objet d'une de mes prochaines commandes ().

    Tout en écrivant, je réécoute en ce moment Davitt Moroney interprétant au clavecin Nicolas Siret (cf. le double album que j'ai montré précédemment). Ces pièces sont très plaisantes à entendre mais, comme vous, je constate une abondance d'ornementations quelque peu "envahissante". Ces ornementations sont-elles expressément indiquées, chaque fois, sur la partition utilisée, ou ne relèvent-elles pas plutôt d'une tendance propre à l'interprète () ? Comme j'ai aussi, par Moroney, son intégrale - au demeurant remarquable - de l'œuvre pour clavecin de Louis Couperin, qu'il ornemente tant et plus également, c'est la deuxième hypothèse vers laquelle je penche.

    À propos de la visite imminente de ma sœur et de mon beau-frère (venant de New York), avec lesquels je suis censé faire de nombreux déplacements, je redoute un peu d'être presque constamment privé, ces prochaines semaines, de la musique que j'aime écouter. Mais comme ma nièce a débuté une carrière de chanteuse de rock (son répertoire relève plus précisément, semble-t-il, d'un mélange sophistiqué de techno et de rap) et que mon beau-frère, très fier de ce que fait sa fille, va probablement passer souvent - y compris en voiture () - les enregistrements qu'elle a déjà réalisés, ça me fera du moins un... "changement" ( ).

    Je vous souhaite à mon tour une excellente soirée.

    Jacques

  9. #9
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    Quote Originally Posted by Jacques View Post
    ma nièce a débuté une carrière de chanteuse de rock
    Ma nièce, qui se prénomme Émilie (sa mère ne voulait pas que ce soit "Emily", la forme française du prénom faisant paraît-il beaucoup plus chic aux States), fait aussi de petits reportages télévisés.

    La voici justement sur une vidéo mise sur YouTube le 22 septembre 2012, où elle ne chante pas mais "interviewe" (manifestement, comme on peut le voir, la musique qui l'intéresse n'est pas la même que celle que j'écoute habituellement ) :


    The Odd Future Protests! @ Pitchfork Festival | WEIRD VIBES (ep2) - YouTube[/URL]


    Jacques

  10. #10
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    Mais revenons vite à Rousset jouant Duphly (sujet initial du fil), avec cette vidéo permettant d'entendre le rondo "La Pothouïn", du Quatrième livre :


    Rousset, Duphly, la Pothoüin - YouTube[/URL]


    Et, pour comparer, Tharaud au piano dans la même pièce :

    Jacques Duphly - La Pothouïn (Alexandre Tharaud) - YouTube[/URL]


    Jacques

  11. #11
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    Jacques, j'avais omis de vous dire que je possèdais ce disque de Tharaud qui est une merveille. J'ai donc fait l'écoute comparée des deux versions, à partir de ma discothèque digitale en haute qualité... Tharaud est merveilleux, mais Rousset est sublime... Il y a une telle volupté chez Rousset que j'en frémis. Il faut dire que la prise de son est très bonne (on entend vibrer l'air) et l'instrument est un des plus beaux que j'ai entendu. Il suffit d'écouter la version de Leonhardt du rondeau la Pothoin pour se rendre compte de l'abysse interprétatif. Leonhardt est raide et la sensualité n'est peut-être pas son fort.
    Je vous mets le lien youtube ci-dessous (je ne sais pas comment l'afficher...).
    http://www.youtube.com/watch?feature...q3mdPKSEw#t=49


    A noter que la version youtube est plus agréable que la version CD (plus froide). Bien évidemment, l'interprétation de Leonhardt n'est pas mauvaise, mais.... Tharaud et Rousset me plaisent plus. Il faudrait encourager Tharaud sur Rameau (Bis repetita placent mais en mieux) ou attaquer une petite intégrale Duphly? .

    Je n'aurai plus qu'un mot en référence à votre petit film familial et en vous souhaitant la bonne journée : Peace, Love...& Music

  12. #12
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    Le parallèle est un peu faussé par la différence cordes frappées/cordes pincées ; idem avec les cordes frottées, les sonates et partitas au violon, au luth, au théorbe ou à la guitare ne sonnent pas pareil et revêtent des caractères particuliers.
    Quant à entendre vibrer l'air, rien de plus normal, puisque la musique, le son, ne sont que cela : une vibration de l'air !
    Cel dit, je suis d'accord 150% sur le sublime de Rousset. Et la réussite de Tharaud.

  13. #13
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    Monsieur le lapin pinailleur, ce que j'entends par les vibrations de l'air correspond aux vibrations réverbérées revenant sur la caisse de l'instrument et non celles induites par la corde directement, vous me direz que ce n'est que de l'air dans les 2 cas... oui mais avec une touche de subtilité en plus (ce qui a peut-être fait dire que même quand la musique s'arrêtait... le silence était de l'interprète ).
    Etant un audiophile impénitent... Rousset dans un bon casque avec un convertisseur haut de gamme en 24 bits et 96KHZ, c'est un pied sans équivalent....

    Quand à moi le fait que la corde soit pincée ou frappée, je m'en t..e le c........d, que l'interprète se débrouille avec les outils qu'il a sous la main. Je n'ai en la matière aucune religion et ne juge qu'au ressenti que je peux avoir d'une musique que j'entends. Savoir que du temps de Schubert on utilisait le boyeau de lapin pour monter sur les archets des violes, ne m'intéresse que dans le cas ou j'ai un plaisir à l'écoute... J'écoute souvent du Richter (pas le russe!) avec Wunderlich sur du Bach et je n'en éprouve aucune honte. Et je suis certain que vous ne faite pas partie des cohortes baroqueuses bêlantes hurlant au sacrilège, puisque vous appréciez Tharaud

  14. #14
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    Bonsoir Brouken Air .

    Bonsoir The Fierce Rabbit .

    En mettant, au post 10, Tharaud après Rousset (j'y ai pensé à la dernière minute), j'étais un peu inquiet à l'idée que, peut-être, on allait sans pitié... "tirer sur le pianiste" (). C'eût été dommage, car je trouvais que Tharaud était vraiment pas mal dans cette pièce de Duphly.

    Mais vos avis me rassurent complètement (). Et je partage le vœu exprimé par Brouken Air : que Tharaud, éventuellement, "remette l'ouvrage sur le métier" s'agissant de Rameau (son enregistrement remonte quand même à plus de douze ans) et, pourquoi pas (vu sa réussite dans "La Pothouïn" du Quatrième livre), qu'il attaque une petite intégrale Duphly.

    Quant au souhait "Peace, Love... & Music" () que vous m'avez adressé, Brouken Air, je vous en remercie. Ça m'a fait regretter que ma nièce n'accompagne pas ses parents lors du séjour que ceux-ci feront en Suisse. Car contrairement à sa mère (ma sœur), qui est un peu querelleuse, c'est une fille d'un naturel très calme, qui sait apaiser les tensions quand elles apparaissent.

    Jacques

  15. #15
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    J'ai pu terminer mes écoutes Rameau au piano et après une décantation nécessaire, je vous livre mes conclusions:
    J'ai profité du Wurlitzer MQCD et bing, je suis tombé (sous le charme) sur Marcelle Meyer et ai écouté d'un trait le La et le Ré. C'est d'une grande beauté et douceur et constitue à mon humble avis une référence d'une part par la complétude et la qualité (l'unique petit (minuscule) reproche pourrait être à certains moments une utilisation d'ornementations que l'on ne retrouve pas par exemple chez Natacha Kudritskaya).
    Kudritskaya que j'ai réécoutée et, peut-être étais-je plus attentif, fortement appréciée (elle fera partie du lot d'octobre (ce nest pas une charrette! ), avec Meyer ). Par rapport à Marcelle Meyer, elle propose une approche plus dépouillée, plus analytique avec un véritable travail sur les sonorités et elle semble utiliser des tempi plus lents (je n'ai pu valider les durées réelles, parce que les suites du Wurlitzer sont en un bloc). Meyer véhicule plus de chaleur, de tendresse, de gourmandise...
    J'ai réécouté Jean-Pierre Ferey et le 'trébuché' me plaît beaucoup moins. En remerciant Mah, Philippe et toute la bande pour le Wurlitzer qui m'a permis de découvrir une pianiste que je ne connaissais pas dans ce répertoire...

    Bonne journée à tous

  16. #16
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    Merci, Brouken Air, d'avoir livré ces nouvelles impressions. J'en tiendrai compte au moment de passer commande d'un (ou de plusieurs) autre(s) enregistrement(s) Rameau au piano .

    Sinon, avant que ne débute mon "éclipse annoncée" (), je me permets une petite digression concernant le clavecin baroque et pré-baroque autre que français...

    Quand ce fil venait d'être ouvert et que j'ai vu qu'il était question de Christophe Rousset, le premier disque de lui sur lequel j'ai remis la main fut en effet celui-ci (Rousset l'avait enregistré en mars 1991, étant encore tout jeune, et il avait obtenu un "ffff de Télérama" et un "CHOC du Monde de la musique") :




    Or, dans le "coin" auquel je me suis référé, j'ai également retrouvé un petit lot de disques consacrés à l’œuvre pour clavecin de divers compositeurs anglais et germaniques (je laisse évidemment de côté J. S. Bach, qui nécessiterait d'innombrables développements).

    Je les montre ci-dessous à toutes fins utiles, mais sans faire de commentaires car il y a bien longtemps que je ne les ai plus écoutés non plus :








    Je souhaite aussi une excellente journée à tous.

    Jacques

  17. #17
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    Quote Originally Posted by Brouken Air View Post
    Monsieur le lapin pinailleur, [...]
    Pardon pour mon audace d'avoir avec ce que croyais n'être qu'une plaisanterie sorti le bout d'une oreille de mon terrier . J'y rentre et ne viendrai plus troubler le présent docte tête à tête par mes ignorantes niaiseries.
    Avec mes excuses anticipées, une ânerie encore, si je puis oser : je me permets de recommander par Rousset chef l'enregistrement de Renaud de Sacchini, récemment paru. Ce n'est pas un chef d'oeuvre marquant de son siècle, mais c'est de la très belle musique, c'est fort bien fait par le chef et tous son monde, et cela change un peu. Enfin, c'est juste un avis de lapin de base.

  18. #18
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    Le Froberger de Rousset a effectivement une pochette plus ancienne que la version que je possède, mais je suppose que c'est le même... Je n'en pense que du bien.
    Je possède le Boehm d'Alessandrini qui est excellent! (Si ce sont vos vieilleries qu'avez-vous dans votre discothèque principale?????).

    Concernant les virginalistes, pourriez-vous me parler du CD Tomkins? Il me semble fort intéressant... Je possède un CD de Bertrand Cuiller avec du Tomkins qui est exceptionnel!!


    Du même Cuiller, un Byrd et Bull d'anthologie



    Il y a également deux Leonhardt qui sont mes préférés du Maître, également dans le même répertoire.





    Et j'étais justement entrain d'écouter un disque que je viens de recevoir de mon beau-père qui habite en Ukraine (pas celui des US, ma belle-mère s'est remarié) de.... Lubimov qui interprète les virginalistes sur une machine à coudre soviétique sans doute... Comme quoi nos routes se croisent....



    Ca c'est une image du CD que j'ai trouvé sur le Net, mais j'ai reçu le 33T original, tout en russe, dont je viens de faire le transfert en digital, haute définition. Ce devrait intéresser Mah, qui pourrait nous faire profiter de ses connaissances russophone sur la question origine du clavecin.

    J'aurai bien voulu afficher le scan de la pochette pour vous montrer l'oiseau rare, mais je ne sais plus comment il faut faire pour inclure une image de son ordinateur....

    Bonne soirée

  19. #19
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    Quote Originally Posted by The Fierce Rabbit View Post
    Pardon pour mon audace d'avoir avec ce que croyais n'être qu'une plaisanterie sorti le bout d'une oreille de mon terrier . J'y rentre et ne viendrai plus troubler le présent docte tête à tête par mes ignorantes niaiseries.
    Avec mes excuses anticipées, une ânerie encore, si je puis oser : je me permets de recommander par Rousset chef l'enregistrement de Renaud de Sacchini, récemment paru. Ce n'est pas un chef d'oeuvre marquant de son siècle, mais c'est de la très belle musique, c'est fort bien fait par le chef et tous son monde, et cela change un peu. Enfin, c'est juste un avis de lapin de base.
    Ma réponse n'était également qu'une plaisanterie et une invitation à vous manifester dans toute votre superbe Monsieur le Lapin. Quand à la docte discussion... comme je le laissais entendre, je suis un musicien nul et n'ai strictement aucune prétention musicologique. La seule chose que je possède est un avis souvent tranché et parfois tranchant, mais sinon.... rien de docte!!! Quand au tête à tête, il ne tient qu'à vous de vous y joindre....

    De ce pas je vais écouter Renaud...

    Merci pour l'information et bonne soirée

  20. #20
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    Quote Originally Posted by Brouken Air View Post
    Ca c'est une image du CD que j'ai trouvé sur le Net, mais j'ai reçu le 33T original, tout en russe, dont je viens de faire le transfert en digital, haute définition. Ce devrait intéresser Mah, qui pourrait nous faire profiter de ses connaissances russophone sur la question origine du clavecin.
    Mes connaissances russophones? Si l'on parle de quelques vagues relations à moi qui parleraient Russe, je n'en ai guère; s'il s'agit de mes propres connaissances dans les langues slaves, on ne va pas aller loin . Je peux ânonner le cyrillique et repérer un mot ou deux, de temps en temps. C'est parfois suffisant pour faire son intéressant


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