(texte sur sa musique, extrait du site, en guise d'introduction aux contributions d'autres membres, la bio est aussi sur le site, et il y en a une autre très complète sur Ircam-Brahms, et enfin on attend un livre complet)
Moderniste-Spectral. Gérard Grisey est un compositeur majeur, peut-être l'un des 10 plus importants de la Musique Contemporaine, lorsque son œuvre, d'une grande originalité et d'une constante innovation, aura (ou pas) soutenu l'épreuve du temps ; influencé initialement par Scelsi et Ligeti (clusters alanguis) et par Stockhausen (sons artificiels joués par des instrumentistes), il s'émancipe vite et devient l'artisan majeur de l'école spectrale Française (y compris dans sa dimension technologique par les sonogrames), sans en être un apôtre permanent (tout en s'opposant au sérialisme, surtout analytique) ; sa musique est unique, délibérément engagée (voire fulgurante), plutôt difficile d'accès, et virtuose (une gageure pour les interprètes et le chef) ; son style est caractérisé par un allant sinueux, un perpétuel mouvement, jouant sur les ralentissements et les accélérations, et par la juxtaposition-superposition de thèmes très différents (par l'harmonie, par le rythme), et enfin par une répétition raisonnée ; ses compositions peuvent être séparées en 2 périodes de maturité, la première liée aux spectres lents et continus, la seconde, à partir de Talea, davantage hérissée et discontinue… Pièces emblématiques sur un total de 33, sans déchet): "Modulations" (1978), "Espaces acoustiques" (cycle en 6 pièces, 1974-1985, qui inclut "Périodes" et "Partiels", initiaux ; l'idée étant de commencer par un instrument solo -"Prologue" pour alto (1976), ajouté a posteriori- puis d'augmenter le nombre des instrumentistes, jusqu'à un orchestre de plus en plus étoffé, avec "Modulations", "Transitoires", "Épilogue" avec 4 cors solos, chacune s'enchaînant l'une à l'autre par le rappel d'une phrase), "Chants de l'Amour" (1984, ensemble vocal de 12 voix mixtes et bande qui contient une voix synthétique), "Talea" (1987, pour quintette), "Accords perdus" (1987, pour cors), "Anubis et Nout" (1983-1990, pour saxophone), "Le Noir de l'Étoile" (1991, 6 percussionnistes et bande magnétique), "L'Icône paradoxale" (1994, 2 voix de femmes et grand orchestre, divisé en 2 groupes), "Vortex Temporum" (1996, pour sextuor), "Quatre Chants pour Franchir le Seuil" (1998, pour soprano et 15 musiciens, poignant testament, créé après sa mort en 1999).



c'est un compositeur dont je connais peu (les Quatre Chants qui sont une oeuvre fascinante, et Espaces acoustiques que j'avais moins apprécié) ; que peut-on découvrir de lui, au disque, et qui vous semble prioritaire ?



