NDLR – Les journées raccourcissent, ça sent l’automne ici dans l’Hémisphère Nord et donc la saison estivale tire à sa fin. J’aimerais profiter de l’occasion pour remercier les nombreux forumistes qui ont suivi ma série de billets sur la musique de chambre pour un deuxième été consécutif. Je me réjouis toujours de voir le nombre de visionnements (et ce, des dires de Mah70, quand « le forum est peu actif »), et ceci me porte à la réflexion – devrais-je publier mes réflexions du mardi ici comme je le fais ailleurs en anglais, ou devrais-je me limiter à mes billets bi-mensuels?

J’y songerai donc sérieusement, et on y reviendra peut-être en 2014…


En attendant, j’ai pensé faire un petit ajustement à ma programmation pour Quinze que j’en pense au cours des prochains mois. En effet, comme vous l’avez vu cet été, je propose une « sélection souvenir » à mes lecteurs anglophones du forum TalkClassical – le recyclage d’un de mes (plus de 120!) montages du vendredi. A compter de cette quinzaine, lorsque le montage n’a pas déjà été proposé dans nos pages, je vous l’offrirai lors de mon billet du 15 du mois.

C’est donc ici que le billet d’aujourd’hui commence… Ma thématique du mois pour septembre implique la lettre « S », et le montage que je sors du coffre-fort aujourd’hui en est un du mois d’octobre 2012, marquant le 50e anniversaire d’une initiative de la maison Columbia.

En 1962, et afin de souligner son 80e anniversaire de naissance, la maison Columbia approche Stravinski et lui propose de superviser l’enregistrement de toutes ses œuvres. Si on se limite à l’œuvre pour orchestre (incluant ses ballets et ses opéras), il s’agît-là d’une entreprise colossale. Comme le court clip ci-dessous le documente, M. Stravinski quoiqu’octogénaire est en grande forme, et fait preuve d’une patience et d’un engagement éloquents:

http://www.youtube.com/watch?feature...&v=8WADF20qiS0

La série d’albums ont comme sous-titre commun « Stravinski dirige Stravinski », quoique certaines œuvres seront dirigées par son collègue et biographe Robert Craft sous la supervision directe du compositeur.

Souvent, l’orchestre sera l’éponyme « Columbia Symphony Ortchestra », un ensemble de fortune assemblant des musiciens locaux – soient basés à Hollywood ou New-York, tout dépendant du lieu d’enregistrement – une formule adoptée par Columbia pour les enregistrements signés par Bruno Walter quelques années auparavant.

Un des sutres orchestres retenus par Stravinski pour cette intégrale sera l’orchestre de Radio-Canada à Toronto (ou le CBC Symphony Orchestra), formé principalement de musiciens de l’orchestre symphonique de Toronto augmentés par des surnuméraires (dont le violon-solo Steven Staryk, qui occupait à ce moment-là le poste de violon-solo associé avec le Royal Philharmonic de Londres).

Le montage compte Stravinsky et l’orchestre de Radio-Canada dans la Symphonie de Psaumes (joints par la chorale des Festival Singers de Toronto sous le chef de chœurs réputé Elmer Iseler) et le ravissant Scherzo Fantastique.

L’Ebony Concerto, avec le vénérable Benny Goodman comme solisrte, rappelle que ce dernier est un virtuose accompli (important de rappeler que le répertoire classique pour clarinette étant une vocation tardive pour le jazzman). C’est le rival de Goodman Woody Herman qui fut le dédicataire du concerto, mais c’est « Benoît Bonhomme » qui fut retenu par Stravinski pour ce testament auidio…

L’œuvre majeure du montage est l’intégrale du ballet l’Oiseau de Feu, dans sa version « originale » de 1910 – un album qui est de ma collection vinyle, ré-émis et retouché numériquement par CBS sur compact.

Je me souviens des notes (de Stravinski) à l’endos de la pochette. Il y expliquait que sa première prestation publique comme chef était cette même partition (un concert-bénéfice pour la Société Internationale de la Croix-Rouge). Stravinski raconte dans ces notes qu’il se souvient du trac et de l’intimidation ressentie lors de cette performance… Le Stravinski de 1962 est certes mieux préparé, et cette lecture est sans doute ma préférée (pas peu dire, pour une œuvre dont la discographie est monstrueuse), et ornée de moments croqués sur le vif. Portez attention quelques mesures avant la fameuse danse infernale, lors d’une accalmie de l’orchestre on peut entendre Stravinski tourner la page de sa partition! Heureusement pour l’auditeur aguerri, cette imperfection est encore présente hormis le retapage numérique!

Bonne écoute!

Igor STRAVINSKI (1882-1971)

Scherzo fantastique, op. 3
CBC Symphony Orchestra sous Igor Stravinski

Symphony of Psalms, pour choeurs et orchestre (1930)
Festival Singers Of Toronto (Dr. Elmer Iseler, maitre des chowurs)
CBC Symphony Orchestra sous Igor Stravinski

Ebony Concerto, pour clarinete et ensemble de jazz (1945)
Benny Goodman, clarinette
Columbia Jazz Band sous Igor Stravinski

L'oiseau de feu (Complet, version originale de 1910)
Columbia Symphony Orchestra sous Igor Stravinski