Il est étrange que ce compositeur n'ait pas encore été évoqué ici, alors qu'âgé d'à peine 35 ans il s'affirme aujourd'hui comme l'un des plus talentueux de sa génération, si l'on en croit les nombreuses distinctions dont il est l'objet : Premier prix au concours de la ville de Stuttgart en 1999 (pour son Concerto pour violon et Turbulences), Tribune des compositeurs de l’Unesco en 2001, prix Hervé Dugardin et Georges Enesco de la Sacem en 2000, prix André Caplet en 2005, prix Belmont de la fondation Forberg-Schneider en 2007 et plusieurs récompenses pour les enregistrements de ses oeuvres (deux "coups de coeur" de l’académie Charles Cros, 5 diapasons, 4 étoiles du Monde de la Musique…).
Bruno Mantovani est né le 8 octobre 1974 dans les Hauts-de-Seine. Il commence sa carrière de musicien par des cours de piano, de percussion, et de jazz, et entre en 1993 au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris où il remporte ses premiers prix. Ses professeurs sont alors Guy Reibel (membre du Groupe de recherches musicales de 1963 à 1983 et collègue de Pierre Schaeffer dans la classe de composition électro-acoustique et de recherche musicale au Conservatoire de Paris) pour la composition, Alain Poirier pour l’histoire de la musique, Alain Louvier en analyse, Rémy Stricker pour l’esthétique, Laurent Cuniot en électroacoustique et Jacques Charpentier pour l’orchestration. Il participe au cursus d'informatique de l'Ircam.
Mantovani complète sa formation en 1995 à l'Abbaye de Royaumont en 1995 ; il obtient une maîtrise de musicologie à l'Université de Rouen en 1996, et participe à différents cursus de formation musicale (IRCAM, 1998-99, composition et d'informatique musicale.
Il bénéficie d'une résidence à la Herrenhaus Edenkoben à l'invitation de Péter Eötvös, et débute alors une carrière internationale, collaborant avec de prestigieux solistes (Barbara Hendricks, Jean-Guihen Queyras, Emmanuel Pahud, Jay Gottlieb…), chefs d'orchestres (Pierre Boulez, Emmanuel Krivine, Péter Eötvös, Manfred Schreier, Jonathan Nott, Laurent Cuniot, Laurence Equilbey), ensembles (TM+, Alternance, Accentus, InterContemporain, Court-Circuit...), et orchestres (Paris, Bamberg, Sarrebrücken, Lucerne, Chambre philharmonique...).
Mantovani est en résidence au festival Octobre en Normandie pour son édition 2001, à Bologne, dans le cadre du programme “Villa Médicis hors les murs” de l’AFAA en 2002, et à l’Académie de France à Rome (Villa Médicis) en 2004-2005, et au festival de Besançon pour ses éditions 2006 et 2007.
sources :
http://www.cdmc.asso.fr/biographies/m_q/mantovani.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bruno_Mantovani
http://classiqueinfo-disque.com/spip...php?article587
http://www.mnl-paris.com/compositeur...vanibruno.html
Eric Denut, Le double visage de Bruno Mantovani, aeon sarl
À l'heure actuelle, son catalogue comprend une cinquantaine d'oeuvres, allant de pièces pour instrument soliste jusqu'à l'opéra. Sa discographie, toutefois, est réduite, et privilégie la musique de chambre et pour l'orchestre.
chez AEON :
D'un rêve parti (2003)
Jazz Connotation, pour piano
Les Danses interrompues, pour ensemble
D'un rêve parti, pour ensemble
Bug, pour clarinette
Appel d'air, pour flûte et piano
Früh, pour flûte
Troisième Round (2003)
Troisième Round, pour saxophone et ensemble
La Morte Meditata, pour mezzo-soprano et ensemble instrumental
Turbulences, pour ensemble
(dans) Passions - Un orgue baroque pour la création (2004) :
Aussi..., pour orgue
chez SISMAL RECORDS :
Arts d'Échos (2007) :
Art d'Échos, pour orchestre
Da Roma, pour clarinette, alto et piano
Blue Girl with red wagon, pour quatuor à cordes et piano
Little Italy, pour alto
L’ère de rien, pour flûte, clarinette et piano
chez SOLSTICE :
(dans) Hommage à Scelsi (2008)
D'une seule voix, pour violon et violoncelle
chez KAIROS (2008) :
Le sette chiese, pour ensemble
Streets, pour ensemble
Eclair de lune, pour 3 groupes instrumentaux et électronique
chez STRADIVARIUS :
(dans) Pascal Gallois #3 (2009)
Un mois d'octobre, pour basson et piano
Je vous avouerai ne connaître que deux des albums cités ci-dessus : Le sette chiese et Troisième Round. Je ne parlerai pas du premier, je ne l'ai écouté qu'une seule fois et je dois réécouter, je n'avais pas accroché.
En revanche, ça fait trois fois que j'écoute en boucle (en écrivant ce post) les trois pièces composant l'album Troisième Round et je n'arrive pas à m'en lasser. Complexité, richesse, évidence, exubérance et renouvellement sont les mots qui me viennent immédiatement à l'esprit à l'écoute de cet album. Évidence et complexité semblent aller de pair chez Mantovani, dans les trois oeuvres qui s'y trouvent : l'écriture est résolument moderne, mais semble couler de source. Avec Troisième Round, où les extravagances du saxophone (en fait, il y a cinq mouvements dans cette pièce, chacune dédiée à une taille de saxophone : ténor, alto etc.) rappellent que le compositeur est familier du monde du jazz, et comme le serait le mariage de la complexité d'une musique très ciselée, très travaillée avec un accompagnement très jazzy, nous avons un morceau est immédiatement accrocheur et séduisant. La morte meditata, pour mezzosoprano et ensemble instrumental, n'est pas sans rappeler Schoenberg ! un morceau très sombre, peut-être mon préféré des trois ici présents, où une longue introduction instrumentale, tragique et prenante, précède l'intervention de la soliste, c'est magnifique !!!
Je m'arrête là (), j'espère que d'autres pourront venir compléter la découverte de ce jeune compositeur, très programmé semble-t-il à l'heure actuelle, et à qui l'on ne peut souhaiter qu'une chose, pour notre plus grand plaisir : qu'il continue à affirmer son talent dans les années à venir
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), j'espère que d'autres pourront venir compléter la découverte de ce jeune compositeur, très programmé semble-t-il à l'heure actuelle, et à qui l'on ne peut souhaiter qu'une chose, pour notre plus grand plaisir : qu'il continue à affirmer son talent dans les années à venir



(je devrais cesser de composer ce genre de post à des heures aussi tardives
)
).
C'est de la belle ouvrage, sans le moindre doute (à mon sens bien entendu
)
) hé bien je ne le retrouve pas du tout dans une oeuvre comme La morte meditata (encore elle), dont mes oreilles incultes semblent bien percevoir la cohérence, dès la première écoute, ce qui manifestement ne s'est pas produit avec Le siette chiese.
Amitiou

