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Thread: Armas Järnefelt

  1. #1

    Armas Järnefelt

    Edvard Armas Järnefelt est un compositeur et chef d'orchestre finlandais, naturalisé suédois à l'âge de 40 ans ; né le 14 août 1869 à Viipuri (aujourd'hui Vyborg en Russie) et mort le 23 juin 1958 à Stockholm.
    Fils du général August Aleksander Järnefelt et d'Elisabeth Järnefelt (née Clodt von Jürgensburg), ses frères et sœurs sont Kasper, Arvid, Erik, Ellida, Ellen, Hilja Sigrid et Aino. Cette dernière a épousé le compositeur Jean Sibelius, un ami très proche d'Armas Järnefelt et son beau-frère.
    Il a étudié la musique avec Martin Wegelius (composition) et Ferruccio Busoni (piano) à Helsinki, puis à Berlin, et avec Jules Massenet à Paris. Il fut chef de chant à l'opéra de Magdebourg et à l'opéra de Düsseldorf (1897). Il dirige ensuite l'orchestre de Vyborg de 1898 à 1903.
    À partir de 1905, il travaille en Suède. Il obtient la nationalité suédoise en 1909. Il dirige l'orchestre de l'opéra de Stockholm (1905-1906 et 1907-1932), l'Institut de Musique (1906-1907) et l'opéra d'Helsinki (1932-1936)
    J'ai écouté"la berceuse" que j'ai énormément apprécié


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    Armas Järnefelt a introduit les opéras de Richard Wagner en Finlande en les dirigeant à de nombreuses reprises.

  2. #2
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    oui, la berceuse est une oeuvre extrêmement célèbre, dans les pays où on aime la musique, (l’Angleterre ou les Etats-unis).

    Pour aller plus loin Bis a publié ce disque:


    Järnefelt : un peu plus que le frère du peintre et le beau-frère de Sibelius


    On se souvient aujourd’hui d’Armas Järnefelt comme le chef qui introduisit les opéras de Wagner en Finlande (commençant par Tanhauser en 1904). La famille Järnefelt joua un rôle important dans la vie culturelle régionale, produisant un peintre de grand talent, Eeno, le plus jeune frère, et Arvid, écrivain-fermier à la manière de Tolstoi, auteur de la pièce Kuolema, pour laquelle leur beau-frère Sibelius écrivit la Valse triste. C’est Armas qui avait présenté son condisciple Jean, son aîné de quatre ans, à sa sœur Aino, et l’ombre de ce génie pesa sur toute sa production musicale, concentrée dans les dernières années du XIXe siècle, avant qu’Armas Järnefelt n’obtienne la nationalité suédoise et ne s’installe à Stockholm avec sa seconde épouse, la cantatrice Olivia Edström.


    La carrière de compositeur d’Armas Järnefelt, commencé à Helsinki sous la direction de Wegelius et Busoni est liée à l’Allemagne, où il fut l’accompagnateur de sa première femme, la chanteuse Maikki Pakarinen. Le séjour à Bayreuth en 1894 laissa une impression très forte sur le compositeur, que reflète sa Fantaisie symphonique, terminée à Berlin en janvier 1895. C’est dans le catalogue de Järnefelt l’œuvre qui ressemble le plus à une symphonie, forme sur laquelle sa correspondance montre qu’il envisagea de travailler en 1894 (atteignant le troisième mouvement, un scherzo), et dont on pense que les fragments se retrouvent dans cette Fantaise en cinq sections enchaînées, dont l’introduction et le finale sont liés par le retour d’une thématique commune. Après qu’elle ait signalé des « débuts très prometteurs » à l’occasion de l’audition de son Ouverture lyrique en 1892, la critique finlandaise accueillit fraichement la Fantaisie, lui reprochant son côté uniformément sombre et son héritage wagnérien un peu trop transparent. C’est en effet ce qui frappe encore aujourd’hui, dès le début, où le thème chromatique confié aux cuivres graves vient se poser sur un trémolo de cordes en crescendo comme dans un début de symphonie de Bruckner, vite relayé par un cor solitaire à la manière de Siegfried sur le Rhin. La pâte orchestrale se souvient aussi de Richard Strauss, dans les deux sections scherzando qui entourent un mouvement lent évoquant dangereusement la musique de Parsifal. Rien de très original que ces wagnérismes pas très bien digérés et rien qui évoque non plus vraiment la Finlande, hormis la section de transition de ce lento et celle qui succède au second épisode scherzando où l’on entend des harmonies et des bois qui rappellent Sibelius. Echaudé par l’expérience, Järnefelt ne revint jamais à la grande forme.


    Deux ans auparavant Järnefelt s’était offert un détour par Paris, où il fréquenta la classe de Massenet et écrivit la Sérénade, pièce en six sections qui demeure son œuvre orchestrale la plus longue même si elle n’est constituée que d’une suite de miniatures. L’orchestration y est plus vive et transparente, laissant place à plusieurs solos (l’alto du trio de la marche d’ouverture, la harpe, le violoncelle et le cor de l’andante expressivo qui commence comme la Habanera de Saint-Saëns et surtout dans le troisième mouvement adagio –parfois joué seul- le petit concerto intercalaire pour violon et cordes). Ce qu’on peut dire de mieux des jolies atmosphères romantiques qu’elle contient est qu’elle inspira peut-être à Arensky ses Nuits de Cléopâtre (ballet créé en 1908) et approche Grieg et Dvorak dans la dance finale (Sostenuto et Allegro vivace enchaîné). Si la facture est évidemment compétente, avec une discrétion orchestrale d’essence chambriste, le drame ne sort jamais vraiment du salon, comme le montre la valse de poupée de l’allegretto, hésitant entre Gounod et Bizet.


    En 1897, un an avant de s’installer pour un contrat quinquennal à Viipuri (Vyborg), Järnefelt termina à Düsseldorf sa Suite en mi bémol majeur, en cinq mouvements : l’Ouverture (Andantino), tour à tour solennelle et tendre, se réfère à des formes baroques tout en cultivant des harmonies assez typiquement nordiques qui auraient sans doute trouvé un écho favorable en Angleterre si on l’y avait jouée. L’andantino quasi andante aux cordes divisées rejoint le meilleur Tchaïkovsky, prenant une tournure presque postromantique, et marquant une nette évolution des moyens d’expression par son orchestration subtile et délicate, comme cette phrase de cuivres hymniques rehaussée de deux notes de célesta. Le presto est un scherzo mendelssohnien, faisant alterner un souvenir du Songe d’une nuit d’été et une petite marche –nuptiale ?- bonhomme. Le thème du lento assai hésite entre majeur et mineur, porté par une vague sibélienne soudain interrompue par un accord fortissimo}qui mène avec retard à un Allegro feroce se souvenant du Chœur des invités de Tanhauser et de l’Ouverture des Maîtres chanteurs, mais avec souplesse cette fois-ci, montrant que l’influence a été assimilée et reprise dans une langue plus personnelle, tempérée par celle des compositeurs russes et qui permet au Lahti Symphony orchestra de briller de tout le feu de ses percussions et de ses cuivres. On dresse l’oreille plus d’une fois durant le déroulement de ce morceau.

    C’est le chef Jaako Kuusisto, qui, comme dans la Sérénade, se met au violon pour jouer enfin la seule pièce d’Armas Järnefelt ayant conquis une place dans le répertoire international, la Berceuse pour violon et orchestre (1904) qui fut inspirée au compositeur par la vision de sa fille malade, s’agitant dans les tourments de la fièvre. Ces quatre minutes d’une ritournelle ambiguë, où l’espoir le dispute aux larmes, suffisent dans leur simplicité à perpétuer le nom de Järnefelt. Kuusisto joue avec retenue et dirige avec flamme : grâce à lui et au remarquable orchestre, la musique de Järnefelt revit, il parvient à convaincre même quand la musique peine à le faire. La curiosité est piquée et l’on se demande du coup au vu de l’évolution de Järnefelt à quoi peuvent ressembler ses musiques tardives, le poème symphonique Forsfärden de 1919 ou sa musique de théâtre pour Les Oiseaux d’Aristophane (1926).


    La pochette reflète bien l’ambivalence dans laquelle on se trouve vis-à vis de la musique. D’abord on trouve ça quelconque, ces roses et ces bleus d’aquarelle où jaillit un iceberg blanc comme trois doigts de géant au-dessus d’un paysage maronnasse. Il s’agit d’une esquisse pour les décors du Crépuscule du Dieux, d’Armas Järnefelt lui-même. Peut-être l’homme était-il trop doué pour trop de choses différentes et son talent s’est dispersé entre les divers pôles qui le sollicitaient. L’ombre du géant, son ami, son frère, l’a englouti, comme elle a rejeté à l’arrière plan Erkki Melartin, qui s’obstina à écrire six symphonies, dont trois au moins auraient dû franchir les frontières de la Scandinavie.
    Comme toujours BIS a bien fait les choses, le livret en quatre langues, dont le français, est instructif et clair, l’enregistrement soigné : un bon moment assuré.
    ----------------
    Armas Järnefelt (1869-1958)
    Fantaisie symphonique
    Suite pour orchestre en mi bémol majeur
    Sérénade pour orchestre
    Berceuse pour violon et orchestre
    Orchestre symphonique de Lahti direction et violon solo Jaako Kuusisto
    1CD BIS BIS-CD-1753 DDD 77’07
    Enregistré en mai et août 2008 à la Salle Sibelius de Lahti, Finlande

  3. #3
    Bonsoir Fred et un grand merci pour tout ces renseignements.Un disque que je vais chercher! Quand tu dis que la Berceuse est surtout apprécié en Angleterre et États unis,celà est exact car j'ai écouté ce morceau sur une radio canadienne,que j'ose assimiler aux deux autres pays pour leurs preuves de bon goût (ils aiment sortir des sentiers battus) avec une pertinence pour le romantisme ,bien entendu ce n'est qu'une supposition de ma part et j'en assume la responsabilité .

  4. #4
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    Merci les gars pour ces magnifiques posts. J'ai essayé d'éditer le lien de Jon (qui est en html) mais il y a un souci avec YT, j'espère que c'est juste chez moi :

    Armas Järnefelt:Berceuse Seppo Laamanen,cello Jouni Somero,piano - YouTube

    Magnifique, en tout cas

  5. #5
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    Bonsoir.

    Pour la production (vaguement) plus tardive de Järnefelt, il existe ces deux minutes d'un Praeludium créé en 1909, que sir Henry Wood aimait bien diriger: il l'a enregistré trois fois, parait-il. Cette version date de 1929:



    C'est un bon bis, mais c'est quand même assez anodin, je trouve...


  6. #6
    Quote Originally Posted by mah70 View Post

    Pour la production (vaguement) plus tardive de Järnefelt, il existe ces deux minutes d'un Praeludium créé en 1909, que sir Henry Wood aimait bien diriger: il l'a enregistré trois fois, parait-il. Cette version date de 1929:



    C'est un bon bis, mais c'est quand même assez anodin, je trouve...

    moi je la trouve distrayante et c'est ce que j’attends de la musique

  7. #7
    la publication de Bis concernant Armas Jarnefelt en téléchargement à 8,99 EUROS
    je suis preneur !
    Mais la question que je me pose,pourquoi ce manque d’intérêt pour ce compositeur ?
    après quelques recherches sur Google ,nous serions le premier forum "français" à en parler....

  8. #8
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    Il y a beaucoup de compositeurs finlandais, suédois, norvégiens ou danois (le danemark est le pays qui a engendré le plus de compositeurs classiques rapporté à sa population) dont personne n'a jamais entendu le nom. Si l'on ajoute à cela qu'on se souvient vaguement de Järnefelt comme chef d'orchestre il n'est pas très étonnant que sa musique soit à peu près inconnue.

  9. #9
    Quote Originally Posted by Fred Audin View Post
    Il y a beaucoup de compositeurs finlandais, suédois, norvégiens ou danois (le danemark est le pays qui a engendré le plus de compositeurs classiques rapporté à sa population) dont personne n'a jamais entendu le nom. Si l'on ajoute à cela qu'on se souvient vaguement de Järnefelt comme chef d'orchestre il n'est pas très étonnant que sa musique soit à peu près inconnue.
    Et aussi Anglais,personnellement je ne le connaissais pas non plus ,mais la Berceuse est magnifique,et digne d’intérêt,et c'est la raison de mon intérêt

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