Je ne connais pas en profondeur cette oeuvre, car j'écoute depuis peu ces concertos de Mozart.
Outre les échanges habituels sur les versions que vous préférez, j'aimerais connaître votre sentiment sur le statut que vous attribuez à ce concerto, le plus célèbre et populaire sans doute à juste titre de ceux que Mozart a donné au violon.
Est-il l'aboutissement d'un style classique par excellence du jeune Mozart, ou l'annonce d'un pré-romantisme qui s'épanouira dans certains des derniers concertos pour piano (et, en fait, dès le 9e, contemporain du 5e pour violon)?
Si je me pose cette question, c'est que j'écoute à la suite aujourd'hui les deux seuls enregistrements que je possède, ceux de David Oistrakh dirigeant la Staatskapelle de Dresde (Berlin Classics) et de Julia Fischer et Yakov Kreizberg (Pentatone).
Deux très belles versions, assurèment, adoptant des tempos identiques dans les trois mouvements. Mais interprétations totalement dissemblables, et tellement bien défendues qu'indécidables, à mon sens.
Brio et extériorité assumés avec l'autorité souveraine qu'on lui connaît pour le premier. L'orchestre commente le discours lyrique et énergique du soliste qui montre la direction - c'est le cas de le dire.
Intériorité expressive émouvante pour la seconde, qui dialogue dans un souci d'équilibre permanent avec ses partenaires, beaucoup plus présents par ailleurs (orchestre très convaincant et cohérent aidant).
Question de masculin/féminin? J'en doute, d'autant que Fischer est tout à fait capable de produire un "grand son" de concerto romantique, ce qu'elle s'abstient consciencieusement de faire ici.
Mais la question est fort complexe, à la réflexion. Car l'une ou l'autre des deux approches pourrait justifier d'une ou l'autre des conceptions classique ou romantique, finalement.
Je suis perplexe et curieux de savoir ce que vous en pensez.





