On ne le leur demande pas, mais quand ils le font avec talent, je me régale!



On ne le leur demande pas, mais quand ils le font avec talent, je me régale!



Quand le désinvolte "Monsieur Croche" fait preuve de ce sens de l'observation, ça le rapproche un peu de Maupassant. Pour ce dernier, je pense notamment à cette phrase tirée de la nouvelle "Le Petit Fût", qu'un prof de français que j'avais autrefois trouvait, à juste titre, sublime (choix des mots, équilibre hérité de Flaubert, etc.) : "Trois poules hardies s'en venaient l'une après l'autre jusque dans ses jupes ramasser les épluchures, puis se sauvaient à toutes pattes, portant au bec leur butin." ()
Cela dit, je crois finalement qu'il vaut mieux ne pas faire remonter le fil Debussy. Ça détournerait trop souvent l'attention vers lui au détriment d'autres compositeurs, méritant tout autant qu'on s'y intéresse.
J'envisage plutôt d'ouvrir dans la section "Autres sujets (musicaux)" un fil à caractère humoristique, s'intitulant simplement : "Monsieur Croche".
On pourrait y citer non seulement les passages les plus "croustillants" de cet inénarrable recueil, mais aussi d'autres critiques musicales, anciennes ou récentes, se signalant par un esprit particulièrement "vache" ().
Jacques![]()



Delius n'était pas mauvais non plus pour les attaques au scud. Lors du festival consacré au compositeur en 1929, organisé par Beecham, tiens donc, le critique Neville Cardus rencontra Delius. On lit sur la page http://en.wikipedia.org/wiki/Frederick_Delius :
"Delius, Cardus says, (...) dismissed most English music as paper music that should never be heard, written by people "afraid of their feelin's"."![]()



sa musique est rasoir, mais il était réaliste






Non!
Mais en 29, walton était encore un petit jeune, et vaughan williams était lui-même au début de sa carrière sinon je ne serai pas aussi peu gentil envers eux ; Bax ah ma foi... je ne connais pas bien ; ce que j'ai entendu c'est un peu comme du Delius où il y aurait à manger.



En 1929, RWV avait déjà derrière lui ses trois premières symphonies, la Fantaisie Thomas Tallis, The Wasps, The Lark ascending, Flos Campi, les Songs of travel, On Wenlock Edge, ou le Phantasy Quintet, toutes œuvres ne manquant pas de sentiments et dignes d'êtres jouées (et là je serais tenter d'ajouter un comparatif mais je me retiens)



je ne l'ai pas nié ; je suis en gros d'accord pour les oeuvres que je connais (l'alouette de vw m'ennuie autant que son tallis, mais je veux bien réécouter, compte tenu du fait qu'il a écrit d'autres choses qui ne m'ennuient pas du tout, pas comme certains)


Le comparatif, le comparatif!!
Et puis il y a Frank Bridge que vous oubliez! Apparemment, il en était à sa 179ème oeuvre à cette période-là! (sur 192).

On pourrait retourner le compliment à Delius qui n'aimait à peu près que sa musique et dénigrait volontiers celle des autres. D'ailleurs il se plaisait plus en compagnie de peintres comme Munch ou Gauguin que de compositeurs. Pour lui plaire la musique devait obligatoirement être riche harmoniquement, il n'aimait pas les dissonnances trop fortes ou les musiques torturées (derniers quatuors de Beethoven et Bartok) et il vouait une haine toute particulière au christianisme : "One thing is certain - that English music will never be any good till they get rid of Jesus."
Je ne résiste pas au plaisir de livrer ces deux petits passages rapportés par Fenby qui expriment toute l'admiration que lui inspirait le grand Beethoven :
"Once when there had been some heated remarks
about Beethoven's pianoforte sonatas, Howard- Jones
had declared the Op. no in Ab to be 'great music'
Delius challenged him: 'Well, play it, then !' And
so it was arranged that on the following day, after
tea, Howard-Jones was to play this sonata. Delius
and I were seated beneath the open music-room
window for this recital. All through the sonata the.
old man was restless, and frowned as he followed the
music. 'Listen - listen,' he kept on saying and
pointing excitedly with his finger the while (he could
only do this when aroused). 'Listen - banal - banal
- listen - listen, my boy - fillings - fillings !' When
the music had ceased, and Howard-Jones had come
beaming down the stairs to receive his bouquet, all
he got for his pains was, "Evlyn, why do you waste
your time practising such rubbish ?"
[...]
On another occasion, the visit of a famous string
quartet who came to play Delius his own very un-
satisfactory effort in that medium, and a very com-
plicated quartet which Bernard van Dieren had just
dedicated to him, the leader, embarrassed by Delius's
aloofness and anxious to make a good impression,
proposed that they should start off by playing one of
the last quartets of Beethoven.
"Oh no, you won't" came the response. "Oh no,
you won't !"



À la demande générale
En 1929, RWV avait déjà derrière lui ses trois premières symphonies, la Fantaisie Thomas Tallis, The Wasps, The Lark ascending, Flos Campi, les Songs of travel, On Wenlock Edge, ou le Phantasy Quintet, toutes œuvres ne manquant pas de sentiments et dignes d'êtres jouées (bien plus que n'importe laquelle de Delius à mon avis).
Patapé, Jacques, patapé, c'est Amitiou, il m'a forcé![]()



L'écoute absolument pas objective d'un échantillon absolument pas représentatif des oeuvres des deux compositeurs sus-nommés me conduit à la même conclusion, qui est donc juste.
Ahem.

Dignes d'êtres jouées c'est certain (quoique, pour la Fantaisie Thomas Tallis...) mais on peut aussi préférer une harmonie chromatique raffinée aux grands aplats modaux qui durent un quart d'heure
(Ceci-dit j'aime de plus en plus RVW y compris dans ses aspects les plus pastoraux)
Pour revenir au sujet je me permets de citer ce petit passage d'un article qui décrit très bien selon moi la musique de Delius :
"Elgar relatait à Delius son premier voyage en avion en ces termes : « C’est un peu comme votre musique – un peu impalpable (intangible) parfois, mais toujours très beau ». Ces quelques mots définissent admirablement l’atmosphère qui caractérise la musique de Delius : comme un ciel qui évolue assez lentement, où les mêmes nuages se chevauchent et se transforment graduellement, où les couleurs et les lumières, elles aussi, évoluent capricieusement, mais sans violence. Tout baigne dans une belle couleur claire créée par une instrumentation transparente et une harmonie chromatique instable, dont les dissonances sont dépourvues d’agressivité. Delius veut toujours faire partager à ses auditeurs une contemplation admirative du monde et de la vie sur lesquels il jette un regard émerveillé, mais en même temps chargé de mélancolie. Il dédaigne les formes dans lesquelles la tradition allemande a moulé la pensée musicale ; pour lui, la forme n’est « rien de plus qu’impartir une unité spirituelle à sa pensée. Elle est contenue dans la pensée elle-même, et non appliquée comme quelque chose de préexistant »."
--> http://www.oratoriodeparis.asso.fr/F...1862-1934.html
A noter que sur ce blog du Choeur d'Oratorio de Paris se trouvent d'autres excellents articles sur des compositeurs anglais : Britten, Elgar, RVW, Warlock, Bridge, Musique au XXème siècle
--> http://www.oratoriodeparis.asso.fr/-Blog-.html



Finalement c'est effectivement une excellente comparaison: pendant les voyages en avion je dors![]()
Je crois que je vais en rester là pour l'instant avec Delius - à la fois pour ce qui est de mes attaques gratuites sur ce forum et de mes écoutes ennuyées chez moi
P.S. Je réagis tardivement (oui, j'ai le cerveau lent) à une remarque de Jacques:
Telle n'était pas mon intention non plus, je me contentais de donner mon opinion et m'étonnais juste d'être à ce point inintéressé par un compositeur semblant passionner certains. Si on ne peut plus discuter des goûts et des couleurs, on ferait bien de fermer le forum
![]()
mah

C'est juste que vous ne savez pas regarder les nuages, voilà tout![]()
![]()





Avant d'en arriver à de telles extrémités, je te conseille vivement l'écoute de la Mass of Life par Sir Charles Grooves :
Il fut un temps où je collectionnais les disques "rares" ou difficiles à trouver ; l'interprétation de Del Mar ne m'avait pas convaincu, et je m'étais mis en tête de dénicher cet enregistrement de Grooves ... et j'y suis parvenuUne fois écoutée, il s'avéra que cette interprétation était réellement splendide ; il faut dire que (pour des raisons que je serais bien en peine de développer) TOUTES les interprétations que j'ai entendues par ce chef m'ont semblé remarquables.
De là à considérer qu'une interprétation magistrale transforme une oeuvre en chef-d'oeuvre ... bon je n'irai pas jusque là (il me faudrait argumenter, et je n'aime pas ça) mais bon ... c'est excellent, en tout cas, il me semble
![]()

Je ne connais pas cette version de la Mass of Life, une oeuvre qui comme je l'ai dit ne figure pas parmi mes favorites, mais je vous rejoins sur Sir Charles Groves (avec un seul "o" même s'il a le sens du groove), ses interprétations de Delius sont excellentes (Koanga, The Song of the High Hills, Cynara, North Country Sketches, pour Lebenstanz en revanche je préfère l'interprétation de Bo Holten).








Certes.
Mais il avait quand même déjà composé Façade [1921], notamment, une oeuvre qui eut en Angleterre, à sa création en 1923, un succès (de scandale) retentissant.
Il est vrai que ce genre de musique, annonçant par certains côtés le Kurt Weill de Dreigroschenoper (emprunts faits à des danses en vogue à l'époque, tango, fox-trot, etc.), n'était pas tout à fait "la tasse de thé" de Delius ().
Jacques![]()
Membre



On me signale que c'est aujourd'hui l'anniversaire de la mort de Delius, dont on parlait ailleurs ; mais comme il a droit à son propre fil (will wonders never cease?)...
https://www.youtube.com/watch?v=bGMJAG0JFNI