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Thread: Quinze que j’en pense: Les variations GOULD-berg

  1. #1
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    Smile Quinze que j’en pense: Les variations GOULD-berg

    Un petit mot avant de commencer

    Ceci et le premier d’une série de contributions que je me propose de faire le «15 » et «30 » de chaque mois. Ce sont mes opinions et propos concernant certaines œuvres, ou sujets qui – j’espère – seront d’intérêt pour vous comme pour moi.

    Il va de soi que vos commentaires et opinions sont les bienvenues – et encouragées!

    Fils de discussion connexes:

    Les Variations Goldberg
    Une "nouvelle version" des Variations Goldberg par Glenn Gould ?

    (Hyperlien au texte original en anglais)

    Le 21 juin 1954, la radio anglaise de la société Radio-Canada annonce un changement à sa programmation régulière. L’émission hebdomadaire Distinguished Artists durera exceptionnellement 45 minutes, afin d’accommoder son invité et l’œuvre qu’il a choisi d’interpréter.

    L’artiste distingué est un jeune pianiste de 21 ans du nom de Glenn Gould, et il interpréta ce soir-là les variations Goldberg de Jean-Sébastien Bach.

    Glenn Gould est un pianiste qui polarise notre communauté de mélomanes. Pour certains, il est une figure de culte, et chez d’autres un mystérieux et étrange pianiste, et parfois même un homme aux opinions controversées. Il demeure toutefois que son talent, sa technique, et son sens de l’interprétation méritent amplement l’admiration de la majorité des mélomanes. Son retrait de la scène publique et son décès prématurés ne font que nourrir le mythe qui entoure cet artiste, musicien, et maître d’œuvre de productions sur disque, à la radio et à la télé.

    "GG" et les variations Goldberg sont inséparables – je ne peux penser è une autre combinaison d’œuvre et d’artiste qui possède le même cachet, ou qu’on puisse associer d’une façon aussi incontournable. Si vous me permettez l’analogie, ses enregistrements des Goldberg en 1955 et 1981 sont la paire d’appuie-livres parfaits, l’alpha et l’oméga de sa discographie (hormis les quelques enregistrements mis en marché posthumément.) En plus des disques, il doit y avoir des dizaines de performances publiques par GG entre 1954 et 1964, et au moins deux prestations télévisées, dont celle-ci, datant du 3 juin 1964:

    Glenn Gould - Bach - Goldberg Variations (1964) - YouTube

    Difficile à croire aujourd’hui, mais avant la parution de son enregistrement en 1955, un seul enregistrement des Goldberg était disponible, datant de 1933, par la claveciniste Wanda Landowska. Depuis la version GG de 1955, il y a eu une véritable prolifération d’enregistrements de cet opus, au clavecin ou au piano, et plusieurs d’entre elles plus "traditionnelles". Mon objectif aujourd’hui est de commenter les quatre enregistrements faits par Gould et disponibles sur CD. Les voici, en ordre chronologique d’enregistrement:

    La séance radiodiffusée du 21 juin 1954


    En 1995, la Société Radio Canada a entrepris le transfert des enregistrements témoin des performances de Glenn Gould à la radio pour sa série de disques «Perspectives». De ces prestations, la SRC a retenu la performance des Goldberg mentionnée au début de mon intervention, qui précède de près d’in an jour pour jour la session en studio pour Columbia qui a rendu Gould célèbre. Dans cette prestation, GG offre une performance bien en place, et propose un aria da Capo qui présage l’aria très lent de 1981. Un document pour les mordus, qui néanmoins met en valeur la dextérité et l’approche musicale typiques de cet interprète.

    Enregistrement Mono en studio (Columbia, 10-16 juin 1955)


    Le disque qui lance la carrière internationale et discographique de Gould. Le nombre de copies vendues de ce disque sont (même aujourd’hui) phénoménales: 40 000 copies entre 1955 et 1960, et plus de 100 000 copies au moment de son décès en 1982. Les notes offertes en pochette (de la plume du pianiste) offrent un regard sur l’approche et le génie de l’interprète (en anglais)

    (Enregistrement disponible sur mqcd-musique-classique.com)

    Festival de Salzbourg, 25 août 1959


    Cet enregistrent stéréo fut mis en marché après le décès de l’interprète et représente un document spécial, compte tenu du dédain légendaire que Gould avait des performances publiques. Dans ce cas-ci, toutefois, même Gould admit lui-même que cette performance fut une rare expérience où tout se plaça parfaitement devant un public chaleureux. Contrairement aux enregistrements précédents, vous entendrez la "carte de visite" de GG - sa manie de chantonner en jouant...

    Enregistrement numérique en studio (CBS, avril et mai 1981)


    Depuis Salzbourg, Gould aura cessé ses performances pibliques (en 1964) pour se consacrer è la mise en oeuvre de projets à la radio et à la télé, et se limite au studio pour faire de la musique, et aura ainsi touché l'ensemble de l'oeuvre pour clavier de Bach, et même cetaines oeuvres pour l'orgue. GG accepta de revisiter les Goldberg environ 25 ans après son enregistrement historique, dans le même studio New-Yorkais de Columbia, mais cette fois pour le compte d’une nouvelle technologie (le numérique) et fort de plus de 15 ans de travail exclusif en studio. Il s’agît ici du document, du legs si on veut, d’un vieux routier, qui comprend et maîtrise tous les aspects de la production et post-production d’un enregistrement dans tous ses détails. On ne peut que croire qu’il s’agît du document « parfait », réalisé exactement à l’image de l’artiste et une représentation en tous points fidèle à sa conception de la performance de cette pièce. Le cinéaste et collaborateur de Gould, Bruno Monsaingeon, filma les sessions en studio, et en réalisa un documentaire tout à fait fidèle è l’enregistrement mis sur le marché par CBS. (Lien au programme YouTube).

    (Cliquez ici pour une entrevue avec Bruno Monsaingeon, datant du 16 septembre 1984)

    Il existe sur YouTube bon nombre de clips qui comparent ces différentes versions. Je vous en propose deux:

    Glenn Gould Goldberg Variations 1955 & 1981: 0 - Aria - YouTube
    Aria (1955 Vs 1981)


    Glenn Gould in 1954, 1955, 1959, 1981 - YouTube
    Les 4 versions de la Variation no. 13


    Toutes ces versions ont leurs points forts, leurs faiblesses et leur cachet historique particulier. Notez, par exemple, comment Gould devient de plus en plus introspectif et excentrique au long de cette série de performances. Si je dois en choisir une comme « préférée », je choisirais sûrement la version Salzbourg, justement à cause du caractère unique des circonstances entourant cette prestation.

    Et vous – quinze que vous en pensez? Avez vous une performance préférée des Goldberg (de GG ou un autre artiste) que vous aimeriez partager?

  2. #2
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    Je ne connais que celles de 1955 et de 1981 et je préfère de loin celle de 1955 (je déteste celle de 1981, à dire vrai).

    J'ai longtemps été inconditionnel, j'aime toujours mais je préfère, dans cette oeuvre, d'autres pianistes, par exemple, Murray Perahia ; et deux ou trois autres. Et je l'écoute même parfois au clavecin (j'en vois qui vont me charrier) ; j'ai du plaisir à écouter Hantaï, par exemple, mais je ne connais rien au clavecin.

  3. #3
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    Quote Originally Posted by ppyjc61 View Post
    Difficile à croire aujourd’hui, mais avant la parution de son enregistrement en 1955, un seul enregistrement des Goldberg était disponible, datant de 1933, par la claveciniste Wanda Landowska.
    S'il faut entendre par 'disponible' que c'était la seule version qu'on pouvait trouver dans les bacs des disquaires en 55, peut-être.
    Mais ce n'était pas la seule préexistante à Gould. Il y avait eu auparavant :
    Rudolf Serkin dans les années 20
    Eunice Norton et Claudio Arrau en 42.
    Landowska derechef en 45
    Rosalyn Tureck en 47
    Ralph Kirkpatrick en 52
    Gustav Leonhardt en 53
    Isolde Ahlgrimm en janvier 54 (Gould I est de juin 54)
    et peut-être d'autres

    J'ai entendu les 3 versions 54, 55 et 81 de Gould. Au début ce fut l'émerveillement, puis je me suis lassé, je ne l'écoute pratiquement plus. Pour ne parler que de piano, je préfère maintenant d'autres artistes, Tureck (qui en fit 3 enregistrements), Kempff, Tipo, Koroliov, Schiff, par exemple. Et j'ai un petit faible pour Peter Serkin - 3 enregistrements aussi, dont je ne connais que celui de 1994 qui me comble ! Parmi les enregistrements récents, j'aime beaucoup Angelich.

    Ce qu'il a fait du CBT me laisse l'éternel et inconsolable regret que Sviatoslav Richter n'ait jamais enregistré les VG !

  4. #4
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    Quote Originally Posted by lebewohl View Post
    Et je l'écoute même parfois au clavecin
    No kidding ??
    Bientôt les suites de Haendel ?

  5. #5
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    Quote Originally Posted by The Fierce Rabbit View Post
    S'il faut entendre par 'disponible' que c'était la seule version qu'on pouvait trouver dans les bacs des disquaires en 55, peut-être.
    Mais ce n'était pas la seule préexistante à Gould. Il y avait eu auparavant :
    Rudolf Serkin dans les années 20
    Eunice Norton et Claudio Arrau en 42.
    Landowska derechef en 45
    Rosalyn Tureck en 47
    Ralph Kirkpatrick en 52
    Gustav Leonhardt en 53
    Isolde Ahlgrimm en janvier 54 (Gould I est de juin 54)
    et peut-être d'autres
    TFR - merci pour la clarification. J'ai fait l'énoncé concernant l'enregistrement de Mme Landowska me fiant à ma mémoire de la lecture d'un article sur la discographie des variations. Je concède mon erreuer, après relecture du passage:

    Perhaps the most historically important recording of the Goldberg Variations was made in Paris in November 1933 by the great Wanda Landowska - on the harpsichord, of course. Her recording (now available on EMI References CDH 7610082 and Pearl GEMM 9265) was a limited "Society" edition, since the work was generally known only among music scholars; nevertheless it aroused considerable interest among the wider public when it appeared.

  6. #6
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    Bonjour.

    Si mes souvenirs sont exacts, l'enregistrement Serkin était un de ces machins sur rouleau perforé destiné à être joué sur un piano pneumatique. Sa circulation a dû être assez confidentielle


  7. #7
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    Quote Originally Posted by mah70 View Post
    Bonjour.

    Si mes souvenirs sont exacts, l'enregistrement Serkin était un de ces machins sur rouleau perforé destiné à être joué sur un piano pneumatique. Sa circulation a dû être assez confidentielle

    Quite right Sir ! Ce devait être le système Welte Mignon. Comme il fallait avoir le matériel de restitution sonore, et que vu le coût ce n'était pas vraiment 'grand public', ce fut en effet de diffusion restreinte !
    Il n'empêche, ça a existé !

  8. #8
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    Quote Originally Posted by ppyjc61 View Post
    J'ai fait l'énoncé concernant l'enregistrement de Mme Landowska me fiant à ma mémoire de la lecture d'un article sur la discographie des variations.
    Sans pour autant faire mention des autres enregistrements antérieurs à Gould, l'auteur écrit aussi un peu plus bas dans son article :

    "The Goldberg Variations was one of his [Arrau's] first recordings following the February 1941 Carnegie Hall triumph which laid the foundation of his American fame."

    Tout cela dit pour la petite histoire, cela n'ôte rien à l'immense valeur et à l'immense mérite de Gould en tant que pianiste, et vulgarisateur des VG.

  9. #9
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    Oui Kempff et Koroliov, aussi ; je ne déteste pas non plus l'enregistrement de Ekaterina Dershavina, paru il y a quelques années chez Arte Nova ; enfin je ne le détestais pas, je ne l'ai pas écouté d'un moment.

    On trouve çà et là l'enregistrement d'Arrau ; je suis un grand admirateur d'Arrau, mais la version que j'ai peu entendre, je n'ai rien entendu, justement. Comme disait la Tribune des critiques du disque dans le temps, c'est "précaire"...

    (Haendel, il ne faut pas exagérer, quand même...)

  10. #10
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    Quote Originally Posted by lebewohl View Post
    je ne déteste pas non plus l'enregistrement de Ekaterina Dershavina, paru il y a quelques années chez Arte Nova
    Je ne connais pas cette artiste, et donc pas son enregistrement de VG. Je l'écouterai avec plaisir, s'il croise mon chemin ou inversement.
    Si l'on s'en tient aux seuls piano et clavecin, il y a eu plus de 100 gravures, et même si les VG sont parmi mes musiques favorites, je n'en suis pas suffisamment monomaniaque pour avoir tout collectionné !
    Sans compter les transcriptions pour orgue, formations de chambre, orchestre, et autres, y compris l'accordéon.

    J'aimerais bien qu'Anderszewski " s'y mette " ...

    Quote Originally Posted by lebewohl View Post
    (Haendel, il ne faut pas exagérer, quand même...)
    Certes - sinon passé les bornes, y'a plus de limites !
    Encore que ... au piano, il y a de belles interprétations !

  11. #11
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    Il est vrai que, de nos jours, les enregistrements au piano des VG par des pianistes autres que Glenn Gould abondent (chacun veut "s'y mettre"). J'en ai d'ailleurs toute une collection ().

    Mais je confirme que l'interprétation de la pianiste russe Ekaterina Dershavina compte parmi les meilleures . À sa parution en 1994, sous un label pratiquant des prix très modérés, elle avait même suscité l'enthousiasme quasi général de la presse.

    Voici cet album (qui sur sa face arrière indique en anglais : "Incredible piano playing from this twenty-eight years old Moscow-born pianist, winner of the 1992 J.S. Bach International Piano Competition in Saarbrücken") :



    Plusieurs vidéos relatives à ce disque figurent sur YouTube, notamment ce petit extrait (Variation 18) :

    Bach, J S , Goldberg Variations, BWV 988, Var18 - YouTube[/URL]


    Quant à Glenn Gould, j'ai les quatre enregistrements signalés au premier post (1954, 1955, 1959 et 1981) .

    Pour celui de 1981, que Lebewohl () déteste mais que j'aime bien pour ma part, j'en ai même deux versions : l'enregistrement "tout digital" qui fut le premier à paraître, et celui - plus doux mais superbe de naturel - résultant d'une prise de son analogique (les deux procédés avaient été utilisés simultanément).

    À toutes fins utiles, je signale que l'album spécial où figure cet enregistrement analogique a été diffusé par Sony Classical en 2002, pour commémorer le 20ème anniversaire de la mort du pianiste. Il se présente ainsi :




    Jacques

  12. #12
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    Quote Originally Posted by Jacques View Post
    je confirme que l'interprétation de la pianiste russe Ekaterina Dershavina compte parmi les meilleures
    Bon, c'est dit, je me mets en quête !
    Merci à tous.

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