Deux images intéressantes, une photo floue et un joli tableau, remontant aux années 1880 :
![]()
Sur la photo, on voit (debout) le peintre Gilbert de Séverac dans son atelier, donnant des conseils à un élève. Mais on distingue aussi à l'arrière-plan un gamin de 11 ou 12 ans, qui réapparaît sagement assis à droite sur le tableau, oeuvre du même artiste. Or, ce gamin n'est autre que Déodat, fils du peintre, en compagnie - sur le tableau - de ses trois soeurs, Jeanne, Alix et Marthe, cette dernière portant sur ses genoux le gentil chat de la maison ().
Ces touchants souvenirs m'incitent à revenir sur ce disque rare, enregistré au début de l'ère du CD par un petit label établi à Toulouse :
Rédigé en juin 1984 par le compositeur Henri Sauguet, le texte de la brochure qui l'accompagne dit notamment ceci :
"Dans les nombreux manuscrits épars trouvés à Saint-Félix de Lauragais après la mort de Déodat de Séverac, on chercha en vain les pages concernant les œuvres qu'il avait lui-même souvent interprétées au piano devant ses amis et celles de l'opéra qu'il préparait depuis des années sur les Antibel d'Emile Pouvillon et dont ceux qui avaient eu le privilège de les entendre jouer par l'auteur lui-même assuraient qu'il devait être son chef-d'œuvre.
Par contre, on retrouva plusieurs pièces de sa jeunesse qu'il avait mises «en cave» (comme il disait), soit pour les parfaire, soit parce qu'il voulait en différer l'édition. Parmi ces pages, plus ou moins importantes, se trouvait une Sonate, datée de 1901, alors qu'il était encore élève à la Schola Cantorum où il se pliait à la discipline exigeante de Vincent d'Indy. A la lecture de cette œuvre achevée, bien davantage qu'un devoir scolaire, émerge toute la jeune personnalité de celui qui devait un peu plus tard écrire Le chant de la terre, En Languedoc et Cerdaña. Un bouillonnement d'idées fraîches, spontanées, une vivacité de tons, un sens inné du mouvement de la vie sonore, un parfum intense se dégagent de cette Sonate (peu conforme au type beethovenien qui était alors le moule formel préconisé dans l'illustre maison). (...) C'est elle qui est gravée sur ce disque, qu'interprète Isabelle Legoux-Laboureau avec fougue et délicatesse, en virtuose sensible, avec un juste sentiment de nuances contrastées, de la vivacité du ton d'une œuvre riche d'éléments si divers qu'elle semble improvisée par la fantaisie du musicien : cependant très structurée, presque cyclique et toujours contrôlée. Ceux qui aiment la musique de Déodat de Séverac vont avoir de nouvelles raisons d'admirer la profonde nature d'un artiste exceptionnel dans une œuvre qui dévoile tout un aspect inexploré de son attachante personnalité.
(...) Avec cette oeuvre importante, sont gravées plusieurs pièces brèves, retrouvées elles aussi parmi les manuscrits laissés «en cave» par Déodat de Séverac, où s'exprime le musicien dans sa nostalgie, sa fantaisie volubile, sa rêverie tendre : chacune d'elles a un ton qui lui est propre. (...)"
Alors voici deux des plages de ce disque, mises en vidéo, d'abord un Impromptu, puis le premier mouvement de la longue Sonate pour piano en si bémol majeur (NB : il est vrai qu'en écoutant cette dernière, on sent que Séverac se préoccupait déjà bien davantage des sonorités de son cher Languedoc natal que des "formes classiques" que son bon maître d'Indy s'efforçait de lui inculquer) :
YouTube - ‪Déodat de Séverac : Impromptu pour piano (inédit)‬‏[/URL]
YouTube - ‪Déodat de Séverac : Sonate pour piano (inédite), premier mouvement‬‏[/URL]
Jacques


).
) : 

). D'où la présence de la photo de droite (

). Et la brochure jointe ne laisse désormais guère de doute quant au fait que Masó s'achemine vers une intégrale. 
)...
)... Le piano français y est certes un peu surreprésenté (
), la seule que j'ai pour l'instant de Déodat de Séverac :




), mais ne suis pas certain que les éoliennes qu'on voit sur la face avant de la boîte, même si l'image se veut bucolique, conviennent très bien à la musique enregistrée (
)... J'aurais pour ma part préféré un paysage comme celui ornant le premier volume (un tableau représentant les murailles d'Aigues-Mortes, peint en 1867 par Frédéric Bazille). Surtout que le compositeur réalisa lui-même plusieurs jolies aquarelles et que son père, Gilbert de Séverac, était à son époque un peintre réputé. Mais bon... On ne peut pas tout avoir (


