ZZ TEMPLATEIDLIST SOURCE
templateidlist_len=30044
FORUMHOME_assoc=5412
FORUMDISPLAY_assoc=5997
Herbert Howells
+
Page 2 of 2 FirstFirst 1 2
Results 21 to 31 of 31

Thread: Herbert Howells

  1. #21
    Jacques La qualité de ta narration,est magnifique et que l'on appréccie ou pas la musique anglicane.on ne peut que tomber sous le charme de Herbert Howells.on dit aussi que: Ses compositions sont souvent adaptées à la taille des édifices pour lesquelles elles sont prévues. Par exemple, celles prévues pour la cathédrale Saint Paul ont des changements harmoniques particulièrement lents afin de s'adapter aux réverbérations sonores de la construction

  2. #22
    Membre
    Join Date
    Apr 2008
    Location
    Lausanne (Suisse)
    Posts
    2,782
    Bonjour Jonathan .

    Ma narration n'a vraiment rien de spécial ()...

    Je dirai seulement, s'agissant de Howells, que j'essaie de faire de mon mieux pour être "à la hauteur" de mon avatar (c'est précisément une photo de ce compositeur quand il avait dans les 30 ans).

    Quote Originally Posted by Jonathan View Post
    On dit aussi que: Ses compositions sont souvent adaptées à la taille des édifices pour lesquelles elles sont prévues. Par exemple, celles prévues pour la cathédrale Saint Paul ont des changements harmoniques particulièrement lents afin de s'adapter aux réverbérations sonores de la construction
    La mention de ces faits est tout à fait judicieuse et bienvenue ! Elle figure d'ailleurs aussi quelque part en anglais (avec davantage de détails, comme il se doit en pareils cas) dans le livre de Paul Spicer que j'ai montré au post 11.

    Merci de l'avoir signalée ici .

    Jacques

  3. #23
    Membre
    Join Date
    Apr 2008
    Location
    Lausanne (Suisse)
    Posts
    2,782
    À la suite de remarques formulées sur un autre fil à propos de Guennady Rozhdestvensky, je me suis demandé dans quel répertoire ce chef russe rompu à la direction d'oeuvres de Chostakovitch et de Prokofiev restait à ce jour sans concurrence au disque ()...

    Or, aussi surprenant que cela puisse paraître (même si je l'ai déjà signalé ici), c'est dans deux des oeuvres les plus imposantes mais aussi les moins fréquentées (même en Grande-Bretagne) de Herbert Howells, la Missa Sabrinensis [1954] et le Stabat Mater [1965], que Rozhdestvensky, en avril 1994, enregistra en "première mondiale" à la tête du London Symphony Orchestra & Chorus (avec, pour la Missa Sabrinensis qui comporte six mouvements et dure plus de 76 minutes, la participation de quatre solistes vocaux) .

    Voici comment Christopher Palmer (traduction en français de Paulette Hutchinson) présente la Missa Sabrinensis dans la brochure jointe à l'album Chandos où elle parut à l'origine (les deux oeuvres sont maintenant réunies sur un double album à prix moyen) :


    "Après le succès phénoménal d'Hymnus Paradisi , il ne faisait aucun doute que la direction du Festival des Trois Choeurs allait, sans tarder, commander une seonde oeuvre de même envergure à Howells. Ainsi naquit Missa Sabrinensis, ou Mass of the Severn (Messe du [fleuve] Severn), une oeuvre intense, qui est aussi la plus ambitieuse, la plus difficile techniquement parlant, et la plus exigeante du compositeur. La Messe ne fut pas couronnée du même succès que l'«Hymnus». Le concert de la création, dirigée par Howells en personne, fut retransmis en direct de Worcester et enregistré sur quelques disques d'acétate de cellulose, remis aux critiques à titre privé, pour qu'ils puissent rédiger leurs commentaires. Or, ces disques révèlent que si l'exécution ne fut pas uniformément mauvaise, elle fut cependant loin d'être suffisamment bonne; d'où les compte-rendus nettement défavorables de la presse. Lors de la première londonienne, en 1956, Malcolm Sargent qui était au pupitre rencontra d'autres difficultés et, à un moment, s'effondra sous leur poids. À partir de là, une sorte de légende se répandit : la Missa Sabrinensis était impossible à interpréter. Mais les obstacle furent surmontés lorsque, pour la première fois en 1982, David Willcocks dirigea le Bach Choir, en l'honneur du 90ème anniversaire du compositeur. Depuis, le public peut s'attendre à une interprétation chorale de qualité et les autres oeuvres majeures de Howells font également l'objet d'exécutions excellentes - que le compositeur n'eut jamais la chance de connaître de son vivant.

    Le titre «Missa Sabrinensis» ne veut pas dire que le texte de la messe a subi des transformations radicales; ce qu'il signifie, je pense, c'est que Howells avait en tête une réalisation au-dessus et au-delà de la simple mise en musique des paroles de la messe. Le titre nous donne des indications à ce sujet. Howells voulait honorer la région géographique d'Angleterre où il avait grandi, et où avaient grandi plusieurs autres compositeurs : Elgar, Vaughan Williams, Holst, Finzi pour ne citer que ceux-là. Par conséquent, on peut se demander à quel point la Missa Sabrinensis est une oeuvre religieuse, ou si elle est le moins du monde religieuse au sens strict de ce mot. Le second mouvement, par exemple, n'est rien moins qu'un drame cosmique imposant, avec d'éclatants soleils de feu et des planètes fulgurantes dans le firmament. Howells fait intervenir les trompettes dans le registre le plus élevé qui soit, si fréquemment qu'on en arrive presque à croire que l'orchestre suit la première trompette au lieu du premier violon. (...)

    La messe doit son titre au fleuve Severn, qui arrose le comté de Gloucester, comté du compositeur, et la ville de Worcester où l'oeuvre fut interprétée pour la première fois."


    Cela étant, j'ai mis tout à l'heure sur YouTube cette vidéo qui permet d'entendre, sous la baguette de Rozhdestvensky, le "Sanctus" (quatrième mouvement) de la Missa Sabrinensis de Howells :


    Herbert Howells - "Sanctus", extrait de Missa Sabrinensis (1954) - YouTube[/URL]


    Jacques


  4. #24
    Administrateur
    Join Date
    Oct 2007
    Location
    Jemappes / Valencia
    Posts
    9,138
    Merci pour cet extrait, Jacques je possède moi-même la Missa Sabrinensis et le Stabat Mater de Howells par Rozhdestvensky (acquis tous deux fin 2008 donc vraisemblablement suite à l'ouverture de ce fil, comme quoi ce forum peut s'avérer utile pour certains ) et c'est un compositeur que je continue d'écouter régulièrement (je possède en outre de lui Hymnus Paradisi et An English Mass ainsi que l'ensemble d'oeuvres chorales sous la direction de Malcolm Archer montré au #3, plus deux quatuors que j'écoute en revanche, je l'avoue, moins souvent).
    Je ne saurais expliquer pourquoi ce compositeur me séduit ; il en va souvent ainsi, je manque de vocabulaire, peut-être, pour m'en expliquer, - c'est d'ailleurs pourquoi j'interviens peu sur la plupart des fils musicaux - mais outre le caractère "monumental" de ces oeuvres, bien décrit ci-dessus, j'y perçois une sorte d'« austérité » qui me plaît, j'aurais beaucoup de mal à en dire plus, qu'est-ce d'ailleurs que l'austérité en musique ? je me demande si ce mot est utilisé ici à propos (même si personnellement c'est comme ça que je le perçois), et m'interroge, sur la possible compatibilité de cette impression d'austérité avec le caractère "monumental" de ces oeuvres ... en ce qui me concerne, en tout cas, la question reste ouverte.

  5. #25
    Modérateur
    Join Date
    Oct 2007
    Location
    Paris
    Posts
    9,984
    Quote Originally Posted by Philippe View Post
    ce forum peut s'avérer utile pour certains
    ah bon? will wonders never cease?


    Quote Originally Posted by Philippe View Post
    la possible compatibilité de cette impression d'austérité avec le caractère "monumental" de ces oeuvres

    en architecture sans aucun doute :


    donc en musique aussi!

    (Schütz, Bach, Bruckner, par exemple, trouvé-je..

  6. #26
    Administrateur
    Join Date
    Oct 2007
    Location
    Jemappes / Valencia
    Posts
    9,138
    Schütz et Bach, sûrement, Bruckner ça me paraît moins évident (je parle de cette impression d'« austérité ») ; en architecture oui, c'est clair


    PS HS : C'est "Schütz" ou "Schutz" ? (j'ai déjà trouvé les deux orthographes ...)

  7. #27
    Modérateur
    Join Date
    Oct 2007
    Location
    Paris
    Posts
    9,984
    En v.o. c'est Schütz, prononcé u, pas ou.

    Bruckner (u, prononcé ou!) oui je l'ai longtemps trouvé pas austère parce que long ; il est long parce que monumental, en fait son orchestration est monumentale aussi mais pas vraiment exubérante comme celles de Strauss ou de Mahler. C'est assez église romane, en un sens. Et puis il y a sa messe en mi mineur , dans le genre austère.

    Mais je veux bien prendre Brahms!

    Ou sinon la Symphonie de Psaumes de Stravinsky . Je ne sais pas si j'ai déjà eu l'occasion de mentionner que j'aime bien cette oeuvre et ce compositeur.

    (inversement Bach et Schütz sont loin d'être toujours austères)

  8. #28
    Membre
    Join Date
    Apr 2008
    Location
    Lausanne (Suisse)
    Posts
    2,782
    Quote Originally Posted by Philippe View Post
    Merci pour cet extrait, Jacques je possède moi-même la Missa Sabrinensis et le Stabat Mater de Howells par Rozhdestvensky (acquis tous deux fin 2008 donc vraisemblablement suite à l'ouverture de ce fil, comme quoi ce forum peut s'avérer utile pour certains ) et c'est un compositeur que je continue d'écouter régulièrement (je possède en outre de lui Hymnus Paradisi et An English Mass ainsi que l'ensemble d'oeuvres chorales sous la direction de Malcolm Archer montré au #3, plus deux quatuors que j'écoute en revanche, je l'avoue, moins souvent).
    Je ne saurais expliquer pourquoi ce compositeur me séduit ; il en va souvent ainsi, je manque de vocabulaire, peut-être, pour m'en expliquer, - c'est d'ailleurs pourquoi j'interviens peu sur la plupart des fils musicaux - mais outre le caractère "monumental" de ces oeuvres, bien décrit ci-dessus, j'y perçois une sorte d'« austérité » qui me plaît, j'aurais beaucoup de mal à en dire plus, qu'est-ce d'ailleurs que l'austérité en musique ? je me demande si ce mot est utilisé ici à propos (même si personnellement c'est comme ça que je le perçois), et m'interroge, sur la possible compatibilité de cette impression d'austérité avec le caractère "monumental" de ces oeuvres ... en ce qui me concerne, en tout cas, la question reste ouverte.
    Bonsoir Philippe .

    Je suis toujours heureux de constater que, sans être anglais (ce que je ne suis d'ailleurs pas moi-même), on peut être sensible à l'oeuvre d'un compositeur réputé aussi peu "exportable" que Howells. Surtout que sa musique est en effet austère. Cette tendance avait pour principale origine, je crois, la mort tragique du fils du compositeur en 1935, un coup du sort qui, dit-on, marqua et hanta Howells jusqu'à la fin de ses jours (environ 48 ans plus tard).

    Quant au fait que ce forum peut s'avérér utile pour certains, j'en suis l'un des premiers bénéficiaires : pas un jour - ou presque - ne se passe sans que j'y apprenne quelque chose d'intéressant .

    Sur la musique anglaise du XXème siècle en particulier, sans les messages de quelques grands spécialistes de cette dernière (déjà présents sur l'ancien forum des "Butineuses", que je fréquentais en simple lecteur), je n'aurais pas su la moitié de ce que j'en connaissais lorsque j'ai débuté ici (avril 2008).

    Jacques

  9. #29
    Administrateur
    Join Date
    Oct 2007
    Location
    Jemappes / Valencia
    Posts
    9,138
    On pourrait discourir longuement (d'ailleurs, ce serait tout à fait approprié ici) sur les caractéristiques respectives du romantisme - français, allemand, anglais - les comparer en cela à ce qu'il est convenu d'appeler "l'âme" russe - etc. ; (c'est un sujet qui m'intéresse, à quoi peut-on percevoir à l'écoute les caractères d'une musique qui soit de telle ou telle origine, c'est évidemment très simple en littérature ne fût-ce que par la langue, mais en musique ... bref c'est juste une piste de réflexion que je propose ici à l'examen des forumistes ) mais bon, pour en revenir à Howells, ce qui m'intéresse chez lui c'est que je ne perçois rien de romantique, alors que ce n'est pas le cas chez plusieurs autres compositeurs anglais qui lui sont contemporains : il y a du romantisme chez Finzi (à mon sens), chez Elgar, chez Holst, sans doute beaucoup moins chez VW ou chez Britten. Mais rien de cela chez Howells. Il est possible qu'une raison soit à chercher vers des éléments biographiques, c'est probable en effet, je peux l'imaginer. Mais ça n'explique pas tout. Il y a une sorte de profonde originalité dans la démarche créatrice de Howells, je n'irais pas jusqu'à dire au point que l'on reconnaisse sa "patte" (son style ?) en entendant un extrait en écoute aveugle, mais pour un meilleur connaisseur que moi, j'imagine que ce doit être possible.

    Quote Originally Posted by Jacques View Post
    Quant au fait que ce forum peut s'avérér utile pour certains, j'en suis l'un des premiers bénéficiaires : pas un jour - ou presque - ne se passe sans que j'y apprenne quelque chose d'intéressant
    Voilà qui fait plaisir à lire cela dit, c'était juste une marque d'humour. Les Belges adorent l'autodérision

  10. #30
    Membre
    Join Date
    Apr 2008
    Location
    Lausanne (Suisse)
    Posts
    2,782
    Comme je partage largement l'impression formulée par Philippe au post précédent, j'aurais bien voulu l'étayer par une argumentation tirée par exemple d'un ouvrage où seraient comparées, explications et raisons à l'appui, les diverses orientations que prirent les compositeurs britanniques nés vers la fin du XIXème siècle et au début du XXème. De tels ouvrages existent certainement en anglais, mais je n'ai lu que des livres ou articles se rapportant à tel ou tel compositeur pris individuellement. Or, on y voit qu'ils sont à peu près tous sortis du "même moule" : une éducation centrée pour l'essentiel sur la tradition chorale anglaise, d'une part, et sur le romantisme allemand (Schumann et Brahms, surtout), d'autre part.

    En lisant le livre sur Howells montré au post 11, on découvre sur ce dernier certains traits personnels pouvant le rapprocher de Bax : des dons précoces, une confiance en soi très affirmée et, ce qui m'a surpris car je ne m'y attendais pas s'agissant de Howells, une attirance irrésistible - et payée de retour - pour la gent féminine (Ursula, fille de Howells, révéla même un jour ceci à propos de son père : "Herbert was ruled by sex. He was unbelievably attractive to the female sex and was just as attracted to them"). Et pourtant, si Bax fut de son propre aveu "a brazen Romantic" ("un incorrigible romantique"), Howells ne l'était pas du tout, même à ses débuts (il est vrai qu'après avoir entendu la Fantasia on a Theme by Thomas Tallis, Howells devint un inconditionnel de RVW, dont la musique, du moins à partir de cette oeuvre, peut difficilement être taxée de romantique au sens habituellement donné à ce terme).

    "Mystères insondables de l'âme humaine" ()...

    Mais mes petites remarques "juste en passant" ne feront sans doute guère avancer la réflexion.

    Jacques

  11. #31
    Membre
    Join Date
    Apr 2008
    Location
    Lausanne (Suisse)
    Posts
    2,782
    Composé par Herbert Howells entre 1936 et 1938 pour orchestre, choeurs et deux solistes vocaux, Hymnus Paradisi a fait l'objet de quelques bons enregistrements sur disque, notamment ceux dirigés par Vernon Handley (Hyperion, 1991) et par David Hill (Naxos, 2006).

    Les exécutions en public et dans de bonnes conditions de cette oeuvre religieuse magistrale, inspirée au compositeur par la mort tragique de son fils en 1935, sont toutefois relativement rares, même en Grande-Bretagne.

    D'où l'intérêt que présente - il me semble - la vidéo ci-dessous, qui permet de voir et d'entendre Hymnus Paradisi interprété à l'occasion des "Proms" de l'année dernière, le 29 août 2012 au Royal Albert Hall sous la baguette de Martyn Brabbins, par le BBC Symphony Orchestra, le London Philharmonic Choir, le BBC Symphony Chorus, Miah Persson (soprano) et Andrew Kennedy (ténor) :


    Howells - Hymnus Paradisi (Proms 2012) - YouTube[/URL]


    Jacques

+
Page 2 of 2 FirstFirst 1 2

     

Posting Permissions

  • You may not post new threads
  • You may not post replies
  • You may not post attachments
  • You may not edit your posts