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Le pianoforte
Bonjour,
J'ai recemment assisté à un concert ou Robert Levin jouait le concerto de Schumann sur pianoforte (ou piano d'époque), un modèle du fabricant viennois Streicher de 1847, le tout accompagné de La Chambre Philharmonique dirigé par E. Krivine.
Je n'ai absolumment rien contre les instruments anciens, j'apprécie beaucoup des interpretations "baroqueuses" de Bach ou les Mozart et Beethoven par Brüggen, par exemple. Je ne raffole pas du clavecin mais je comprends absolument ceux qui défendent l'interpretation de Bach ou d'autres sur l'instrument à plumes.
Mais en ce qui concerne le concerto de Schumann sur piano Streicher de 1847, j'avoue que je n'ai vraiment pas compris l'intérêt: Au mieux cela sonnait comme un piano droit, au pire comme un clavinova. Un son court en manque de nuances d'un instrument qui n'était absolument pas à la hauteur de la richesse de l'oeuvre.
J'ai quelques disques de Lieder accompagné d'un pianoforte (Prégardien et Haefliger) qui ne sont pas mal. Mais bon, d'une part ce sont des disques et d'autre des Lieder ne demandent pas autant que le concerto de Schumann.
Est-ce qu'il y a quelqu'un qui voit un quelquonce intérêt de sortir ces casserolles du musée, autre que celui de la documentation ? D'ailleurs, au niveau technique, quelles sont la différence entre ces instruments et un piano moderne, au niveau de la méchanique, par exemple ?
Jürgen
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Sur ceux de 1847 je ne sais pas mais ceux contemporains de Beethoven Badura Skoda, par exemple, explique le clavier est plus léger, ce qui permet de faire certaines choses et en interdit d'autres, et aussi, ce qui est presque le plus convaincant, que la médale "una corda" porte bien son nom : le timbre est très différent quand on la met.
De plus experts en diront plus, certainement.
(Sinon en général je ne suis pas certain de voir l'intérêt non plus pour la musique romantique ; pour la musique classique c'est quelquefois intéressant, avec tout ce que peut recouvrir cet adjectif
) (mais je suis un incorrigible du piano, sauf peut-être pour du continuo dans Monteverdi)
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Ah oui, j'ai oublié Badura-Skoda, j'ai aussi des disques Schubert et Beethoven sur pianoforte de lui. Mais encore une fois, ce sont des disques, et curieusement les interprétations HIP sont souvent celles où la différence entre disque et concert est la plus importante. En live j'ai entendu Badura-Skoda que sur piano moderne. C'est vrai qu'il est excellent comme auteur, j'ai ses livres sur Bach, Mozart et les sonates de LvB (ce dernier avec Jörg Demus).
Jürgen
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Bonsoir Jürgen
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Le sujet de ce fil est intéressant. Et j'ai été intrigué par votre mention d'un concert où le Concerto de Schumann était interprété sur piano d'époque.
Personnellement, je ne manque pas d'enregistrements faisant appel au pianoforte.
De Mozart, j'ai en particulier deux intégrales des concertos sur cet instrument (celle de Bilson & Gardiner et celle de van Immerseel, lequel dirige l'orchestre de son pianoforte), une intégrale des sonates pour clavier (celle de Lubimov) et plusieurs disques par Badura-Skoda, ainsi que quantité d'oeuvres de musique de chambre avec pianoforte. Il en va de même de Haydn, quoique avec seulement une intégrale des sonates et autres oeuvres pour clavier (celle de Christine Schornsheim, qui fait un large usage aussi du clavecin et du clavicorde) mais également plusieurs enregistrements de Badura-Skoda et beaucoup d'oeuvres de musique de chambre. Même situation - mais pas d'intégrale - en ce qui concerne bon nombre d'oeuvres composées par les fils de J. S. Bach.
Pour Beethoven et Schubert, je n'ai en revanche jamais été tenté (ou presque : je dois avoir quelque part deux concertos de Beethoven sur pianoforte, mais je suis incapable de retrouver le disque où ils sont gravés et ne me souviens pour l'instant même plus des noms des interprètes
).
S'agissant des romantiques, je n'ai rien sur instrument d'époque, avec une exception notable cependant : l'enregistrement par Andrea Bonatta (réalisé en 1985 et 1988, figurant sur un double album Astrée) des Harmonies poétiques et religieuses et des Consolations de Liszt, sur un piano Eduard Steingraeber construit à Bayreuth en 1873 dont le compositeur s'était lui-même servi. A l'écoute, on a un peu l'impression d'être "transporté dans un autre monde", mais c'est quand même étrange et en définitive assez marginal.
Sur l'intérêt de tout cela, il m'est bien difficile de me prononcer car c'est sans doute très subjectif. Mais la simple curiosité, celle qui pousse certains auditeurs - dont je suis - à vouloir ainsi "remonter dans le temps pour voir comment ça pouvait bien sonner à l'époque" (encore que cette idée d' "authenticité" soit souvent trompeuse), y joue probablement un grand rôle
.
Jacques
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C'est vrai qu'il est excellent comme auteur, j'ai ses livres sur Bach, Mozart et les sonates de LvB (ce dernier avec Jörg Demus).
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