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Thread: Compositeurs canadiens

  1. #21
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    Toujours dans la série Canadian Composers Portraits : Gilles Tremblay, compositeur québécois né en 1932. Ca m'a moins emballé que Pentland, c'est de l'atonal un peu téléphoné mais pas désagréable voire même assez joli dans certaines pièces :



    Un coffret de 2 cd qui outre l'entretien d'1h contient :

    Phases et Réseaux, pour piano : brutal, avec des éclats à la Messiaen, pas génial.

    Jeux de solstices, pour orchestre : complexe dans un registre qui rappelle beaucoup le Nomos Gamma de Xenakis (timbales) en plus lumineux (beaucoup de bois qui rappellent des chants et des piaillements d'oiseaux).

    Oralleluiants, pour soprano & orchestre : assez mystérieux et toujours ce côté lumineux (percussions claires, ondulations de soprano, flûtes aigues et écriture aérée).

    Croissant, pour quatuor : atonal morne et creux

    L'Espace du coeur, pour choeur; là à peu de choses près c'est du Messiaen.

  2. #22
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    Suite de mes aventures dans l'univers du Centre for Canadian Music et de sa série Composer's Portraits, avec Ann Southam :



    mmmm... question look c'est un peu daté... c'est le côté charme désuet de la série. La dernière fois que j'ai vu une coiffure comme ça c'était sans doute dans un épisode de Ma Sorcière bien aimée.

    Ann Southam, née en 1937 à Winnipeg, a écrit un long cycle de piano intitulé Rivers. C'est ce qu'on trouve dans ce coffret, ça et rien d'autre, mais c'est très joli et très surprenant : un minimalisme répétitif proche du premier Adams, avec des effets de transparences et des textures liquides qui évoquent irrésistiblement le flux de l'eau. Ca vaut vraiment le coup de l'entendre : quelques extraits ICI

  3. #23
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    Je viens de retrouver ce joli CD dans ma collection :



    Eclectiques, richement instrumentées et souvent très rythmées, ces oeuvres symphoniques des compositeurs canadiens Malcolm Forsyth (né en 1936) et Harry Freedman (1922-2005) évoquent davantage, à l'écoute, les "prairies" de Copland, la "forêt amazonienne" de Villa-Lobos ou la "pampa" de Ginastera que les neiges du Canada .

    Mais c'est bien beau quand même (surtout avec de telles références) .

    Comme le texte en français du livret n'est pas trop long, je le reproduis ci-après :

    MALCOLM FORSYTH (né en 1936) : Atayoskewin

    Malcolm Forsyth enseigne la théorie et la composition musicale à l'Université d'Alberta dont il dirige le St. Cecilia Orchestra. Pendant de nombreuse sannées, il a joué du trombone au sein de l'Edmonton Symphony Orchestra, et il lui arrive encore à l'occasion de diriger celui-ci. L'ESO interprète souvent ses oeuvres orchestrales, dont plusieurs ont été écrites à la demande spécifique de cet orchestre.

    Atayoskewin (le nom signifie "légende sacrée" en langage cri) a été écrit à la demande de Shell Canada pour marquer l'inauguration de sa raffinerie et de son complexe pétrochimique de Scotford (au nord-est d'Edmonton), dont la construction a coûté 1,4 billion $. Le chef d'orchestre Uri Mayer a dirigé la première représentation de la suite le 16 novembre 1984 avec l'ESO. L'oeuvre est dédiée au père du compositeur, qui décéda peu de temps avant qu'elle fût achevée.

    Les trois mouvements d'Atayoskewin s'intitulent Les Esprits, Le Rêve et La Danse. Bien qu'ils ne suggèrent aucune programmation particulière, ces titres reflètent néanmoins l'ambiance évoquée par chaque mouvement. "Les Esprits" débute par une lente introduction tissée de sons aigus et éthérés. La mélodie principale du passage allegro dans le premier mouvement est un solo de flûte sur accompagnement ostinato à la harpe. Des rythmes entraînants et des mélodies impétueuses culminent en un paroxysme intense, après quoi le mouvement s'achève dans le calme et devient d'une légèreté évanescente. "Le Rêve" est un mouvement doux, fluide et serein, qui toutefois s'étoffe progressivement. Il commence par des passages de gammes qui se répètent et servent d'accompagnement au thème des instruments à vent, dont l'idée a été empruntée à la Cinquième symphonie de Sibelius, ainsi qu'à une longue ligne mélodique que font naître les trombones lorsque le mouvement atteint son paroxysme. "La Danse" est un exubérant exercice d'écriture orchestrale d'une grande virtuosité où l'on remarque des mélodies aux rythmes vigoureux et des accompagnements où la syncopation est inattendue.

    HARRY FREEDMAN (1922-2005) : Oiseaux exotiques

    Présenté en première par le Ballet national du Canada en mai 1984, Oiseaux exotiques est le fruit d'une étroite collaboration entre le compositeur Harry Freedman et le chorégraphe Constantin Patsalas. Conquis par la musique folklorique du Vénézuela lors d'un séjour dans ce pays, Patsalas ramena à Freedman des enregistrements de cette musique pour qu'il en fasse l'orchestration.

    Freedman, qui avait été l'arrangeur d'un orchestre de danse dans les années quarante, connaissait déjà la musique latino-américaine; mais il entreprit néanmoins des études approfondies pour se familiariser avec les caractéristiques spécifiques de la musique vénézuélienne. Au lieu de se contenter d'orchestrer les mélodies, Freedman les personnalisa et il est virtuellement impossible d'établir une frontière nette entre la musique vénézuélienne traditionnelle et celle de Freedman.

    La musique du Vénézuela a subi la triple influence des Indiens autochtones, des conquistadores espagnols et des esclaves noirs ramenés d'Afrique. Les influences hispaniques et africaines se manifestent dans l'utilisation d'instruments à percussion hauts en couleur et par des rythmes entraînants et syncopés. La plus grande partie du ballet reflète cette tradition afro-hispanique, sauf le pas de deux central basé sur une mélodie de flûte indienne lente et mélancolique.

    Le ballet ne raconte pas d'histoire à proprement parler, mais chaque danse dépeint un oiseau exotique en particulier, d'où le titre choisi par Patsalas. Parmi les titres des mouvements, la conga, le joropo, la samba et le meringue sont des noms de danses latino-américaines. Le joropo est considéré comme la danse nationale du Vénézuela, et les autres danses sont largement répandues dans toute l'Amérique latine. Pescadores et Llanero sont les noms des mélodies vénézuéliennes "empruntées". Papillon, Couples, La Loca ("la folle") et La negra ("le merle") renvoient à la chorégraphie de Patsalas. Même les mouvements qui ne sont pas basés sur la cadence d'une danse particulière sont pénétrés des rythmes irrésistibles de l'Amérique latine. L'orchestration de Freedman se distingue notamment par l'utilisation d'une importante section de percussions, y compris bongos, guiro, marimba, maracas et castagnettes pour ne nommer que ceux-là, et par la présence d'une flûte en bambou dans les mouvements "Papillon" et "Pescadores".


    Jacques

  4. #24
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    Votre message arrive à point nommé Jacques, j'étais précisément en train d'écouter un cd consacré à Malcom Forsyth, compositeur quasi-tonal vraiment passionnnant :



    et qui contient justement Atayoskewin, dont vous parliez : une oeuvre magnifiquement orchestrée, avec des cloches, des ondulations aquatiques de bois, des cordes claires; le mouvement lent central (The Dream) est un merveille d'onirisme et de mystère. J

    On y trouve également un très beau concerto pour trompette, avec un orchestre aux ondulations limpides et une trompette en arabeques qui fait un grand usage des sourdines. Le Concerto pour piano qui suit use toujours d'une atonalité sans manières ni intellectualisme outrancier, avec des emprunts au jazz et des passages tonaux très agréables. L'orchestre reste malheureusement un peu conventionnel.

    Enfin, le Concerto Grosso "Sagittarius" (pour quatuor de cuivres) qui ouvre le cd est une oeuvre claire et colorée, avec un côté épique fataliste assez séduisant.

  5. #25
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    Merci d'avoir fourni ces compléments d'information sur ce compositeur, Malcolm Forsyth, dont Atayoskewin est la seule oeuvre que j'ai entendue pour l'instant (le disque que j'ai montré, je l'avais acheté il y a longtemps, par pure curiosité).

    C'est vraiment l'un des grands avantages de ce forum que de nous permettre de découvrir toutes sortes de musiques peu - ou pas du tout - connues, mais néanmoins fort belles et d'un grand intérêt. Ce domaine semble inépuisable .

    Jacques

  6. #26
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    A la réflexion, je vais mettre Atayoskewin sur mon compte SM ...

    Jacques

  7. #27
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    Je crois que personne n'a encore cité Claude Champagne, né à Montréal le 27 mai 1891 et est décédé dans cette même ville le 21 décembre 1965. Il étudia le piano avec Romain-Octave Pelletier. À Paris il prit des cours de composition avec André Gedalge et Raoul Laparra et Charles Kœchlin. Il fut professeur au conservatoire et à l'université de Montréal de 1930 à sa mort.

    Parmi ses œuvres citons Hercule et Omphale, poème symphonique, Suite canadienne pour chœur et orchestre, Danse villageoise, Symphonie gaspésienne et Altitudes. Son Petit scherzo, une petite pièce pédagogique pour piano (éditions Berandol, Toronto, Canada) fait partie du Syllabus du Conservatoire Royal de musique à Toronto.
    La Faculté de musique de l’Université de Montréal a nommé l'une de ses salles de concert Salle Claude-Champagne en son honneur.

    Malheureusement, faute de CD existants, je ne peux rien conseiller, moi même n'ayant rien écouté de ce compositeur...

  8. #28
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    Etrangers ennemis au Canada

    Dès le début de la guerre, les Anglais internèrent les étrangers appartenant aux pays de l'Axe dans des Camps par crainte d'espionnage.
    Ils préférèrent ensuite les voir éloignés de l'Angleterre devant la menace d'invasion allemande. C'est ainsi que des Italiens, Autrichiens et Allemands furent transférés vers l'Amérique du Nord. Au Canada ces "Enemy Aliens" ont été internés dans des camps principalement dans les provinces du Québec, de l'Alberta et de l'Ontario.
    Un certains nombres de musiciens se retrouvèrent dans les camps de Farnham et de Sherbrooke près de Montréal.
    Parmi eux, les pianistes John Newmark, Wolfgang Gerson, Harry Coleman, Helmut Blüme et Len Bergé.
    Les violonistes Gerhard Kander, Hans Kaufman et Willi Amtmann et le violoncelliste Carl Amberg.
    Les compositeurs Paul Huber, Freddie Grant né Fritz Grundland .
    Ce dernier avait composé au Camp de Huyton en Angleterre une chanson 'You'll Get Used to It' qui fut éditée et crée à Farnham où Grant avait été tranféré.
    Cette chanson devint un immense succès au Canada et fut réutilisée dans la comédie musicale 'Meet the Navy' en 1943 et plus tard dans le film anglais de la revue 'This Is the Navy'.
    Helmut Blüme composera en 1942 à Sherbrooke, deux pièces pour piano : un arrangement de 'La valse de l'Empereur' et 'Variations on an American Folk-Song'.

    Claude Torres

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