La tribune était consacrée aujourd'hui à cet opéra à part s'il en est, y compris dans la production de Verdi.
Malgré mon ignorance de l'art lyrique, je ne peux m'empêcher de commenter le contraste entre Toscanini et tous les autres chefs entendus dans cette confrontation. Il y a chez lui une vie, une énergie irrésistible (et non de l'énervement), une agilité musclée défiant la gravité qui captivent l'auditeur. Pour ne citer que les chefs qui dominent cette discographie (d'après les jardiniers), Karajan reste remarquable, mais comme d'habitude il tend à gommer les aspérités; Bernstein est enthousiaste et me comblerait s'il n'avait, à mon sens, le pied lourd sur l'accélérateur; Muti est irréprochable, mais ne m'accroche pas (ça ne doit pas le chagriner!), pourquoi?
Ceci est un avis de Candide, mais cela n'interpelle-t'il pas les connaisseurs qu'un artiste arrache l'adhésion des innocents?
D'un autre côté, il y a l'écueil de la démagogie...![]()

), pourquoi?




, ai pas eu le temps de répondre jusqu'ici.
), chez nous, le chanteur paysan exploite ses moyens vocaux sans jamais se demander si un contre-ut ferait bien dans le tableau, et surtout sans jamais se sentir obligé de risquer ses cordes vocales en faisant... de la corde raide avec! Je pourrais, si ça ne prenait pas tant de temps pour retrouver mes sources, vous citer le témoignage d'une personne parlant d'un paysan dont on reconnaissait le chant à trois kilomètres de distance lorsqu'il rentrait des champs. Les chanteurs de la campagne se répondaient d'un champ à l'autre sans avoir jamais bénéficié des cours de Maria Ivogün: il n'y en avait pas DU TOUT! Tout le monde chantait, mais seules les individualités remarquables bénéficiaient de l'appellation chanteur. Si vous pouvez me citer un seul exemple de chanteur lyrique ayant débarqué dans le rôle, tiens, de Boris Godounov, sans avoir jamais bénéficicié d'un enseignement approprié, je suis preneur. 

