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Thread: Les ours voient quedalle ...

  1. #61

    Re : Les ours voient quedalle ...

    Le corps contient donc une âme solidement liée, qui se nourrit du sang. Elle est comparée à l'éther, au feu céleste. Le monde qui nous entoure est peuplé d'esprits, responsables notamment des rêves. Nous savons que les pythagoriciens ne mangeaient pas de viandes, au moins les principales d'entre elles. Le sacrifice du bœuf était assimilé à un meurtre. On ne doit pas ingérer le siège de l'âme, le cœur. Le couteau est l'arme du sacrifice, du meurtre rituel. On doit le détourner et ne pas le plonger dans le feu. (« Il y a une parenté des hommes avec les dieux, parce que l'homme participe du chaud. […] Sont vivants tous les êtres qui participent au chaud.305 &#187 Le feu, comme le soleil, pourrait être assimilé à un principe vital, créateur de souffle et de chaleur, de coction génitrice. On ne doit pas disperser notre chaleur, notre âme, notre feu intérieur. Il faut donc veiller à l'étanchéité de nos couvertures. Le feu ne peut alors voisiner le résidu des êtres vivants : il ne faut pas approcher la torche de l'excrément et l'urine du soleil. Au contraire, la trace de la marmite, siège d'une cuisson vitalisante, doit être effacée des cendres, résidus refroidis devenus impurs du feu éteint. Il ne faut pas s'approcher de l'impur, ne pas tout toucher de sa main droite, la main droite étant pure, la gauche impure306. Peut-être faut-il aussi ne pas trop chercher à s'élever vers le divin. Ne pas s'élever au dessus d'une balance307, d'une nourriture vitalisante qui ne demande qu'à devenir pneumatique, voire spirituelle. Il ne faut pas accepter le voisinage des oiseaux308 dans sa propre maison, ni élever d'oiseaux meurtriers. Quant aux phanères309, ils sont quasi-systématiquement considérés comme parties indissociables du corps dont ils sont issus. Il ne faut donc pas les souiller d'urine ni se placer au dessus d'eux.
    Revenons-en maintenant à nos fèves. Diogène Laërce en dit :
    « Il prescrivait de s'abstenir de fèves, parce que en raison de leur nature venteuse (πνευματωδεις οντας, pneumatôdeis ontas) elles participent au plus haut point du souffle de l'âme (του ψυχικου, tou psukhikou,) ; et qu'en outre, si on en a pas pris, on laisse son estomac plus au calme. Et grâce à cela, on rend aussi plus douces et dénuées de trouble les images oniriques.310 »
    Alexandre Polyhistor, cité par Diogène Laërce, rapporte que pour les pythagoriciens « la pureté s'obtient grâce à des purifications, des ablutions et à des aspersions, en se gardant de tout contact avec les cadavres, avec les femmes qui accouchent et de tout ce qui souille, en s'abstenant de chairs d'animaux comestibles morts de maladie, de rougets, de mulets de mer, d'œufs, d'animaux ovipares, de fèves et de tout ce que défendent aussi ceux qui pratiquent les initiations dans les temples.311 »
    Les pythagoriciens auraient donc reproché aux fèves leur nature venteuse, en les associant à ce qui est porteur de vie. Les œufs et les ovipares offrent immédiatement cette caractéristique. Pour ce qui est du mulet (τριγλη) et du rouget (ερυθινος), l'interdit est plus curieux.
    Il faudrait tout d'abord être sûr de la traduction, si le nom du rouget évoque incontestablement le rouge, celui du mulet se réfère à un triplement de quelque chose de non identifiable, au moins par moi. La note 7 de mon édition de Diogène Laërce, page 957, indique que les deux termes « désignent le même poisson, le mulet de mer ou rouget ». Confusion qui existe dans le Bailly, au mot τριγλη312. Voici qui rend perplexe, comment peut-on imaginer les Grecs confondant le rouget et le mulet ? Le rouget se rapproche du vivant par sa couleur rouge. Culinairement et gustativement, il est isolé des autres poissons. À Marseille, c'est aujourd'hui le seul poisson qu'il ne faut pas vider. Quant au mulet, il contient très souvent une grande quantité d'œufs, avec lesquels on prépare la poutargue. Je suppose que cette préparation était connue dans l'Antiquité. Aristote évoque la possibilité d'un genre d'animaux « qui soit femelle et n'ait pas de mâle distinct, il est possible que de tels animaux engendrent d'eux seuls un être animé313 ». Il s'interroge alors sur le cas du rouget (ερυθινος), chez qui « on n'a pas encore vu de mâles mais toujours des femelles pleines de frai ».
    Les fèves contiennent un principe pneumatique. Leur cosse est cotonneuse, aérée, mais ceci ne semble pas suffisant à en faire l'objet d'une telle abomination. Les fèves font péter, sont carminatives. Guido Ceronetti y voit simplement la cause de la prohibition pythagoricienne :
    « La flatulence due à une ingestion de fèves, selon les pythagoriciens, est provoquée par les esprits de morts habitant ces légumes, qui une fois entrés dans leurs corps, tourmentent ceux qui les ont mangés : le jour, par des vents, la nuit par des cauchemars. L'incube serait comme un vent non expulsé qui circule intérieurement, faisant battre les volets qui protègent l'âme endormie.314 »
    Rabelais a, quant à lui, décrit des hommes spirituels, ne s'alimentant que de souffles jusqu'à mourir en pétant, en perdant leur âme.
    « Deux jours après arrivasmes en l'isle de Ruach, et vous jure par l'estoile Poussinière que je trouvay l'estat et la vie du peuple estrange plus que je ne diz. Ilz ne vivent que de vent. Rien ne beuvent, rien ne mangent, sinon vent. Ilz n'ont maison que de gyrouettes. En leurs jardins ne sèment que les trois espèces de anémones ; la rue et les autres herbes carminatives ilz en escurent soingneusement. […] Ilz ne fiantent, ilz ne pissent, ilz ne crachent en ceste isle. En récompense, ilz vesnent, ilz pètent, ilz rottent copieusement. Ilz pâtissent toutes sortes et toutes espèces de maladies. Aussi toute maladie naist et procède de ventosité, comme déduyt Hippocrates, lib. De Flatibus. Mais la plus épidémiale est la cholicque venteuse. Pour y remédier, usent de ventoses amples et y rendent fortes ventositéz. Ilz meurent tous hydropicques, tympanites, et meurent les hommes en pétent, les femmes en vescent. Ainsi leur sort l'âme par le cul.315 »
    L'île de Ruach fait référence à l'esprit hébreux, le ruah. L'anémone est la fleur du vent, du mot grec anemos, dont dérive l'âme, l'animal et l'anémomètre. Elle est la fleur, rouge, de Dionysos.
    Deux autres explications ont été décrites pour expliquer l'interdit pythagoricien et orphique des fèves. Salomon Reinach y voit lui un interdit totémique. Il remarque tout d'abord que l'interdit primitif était non pas celui de manger des fèves mais de les tuer. Il se base ensuite sur les vers orphiques :
    « Il revient au même de manger des fèves et la tête de ses parents.
    Malheureux, tout à fait malheureux, retenez-vous de prendre des fèves. 316 »
    La fève est donc assimilée à un être animé, un animal, qu'il est interdit de tuer ou de manger. Il estime ensuite que les Fabii romains, un vieux clan, une des gentes, constituent un clan totémique dont les membres croient à la transmigration des âmes ou à la métempsycose dans les fèves. Personnellement, l'articulation qui fait passer du constat de la fève comme être animé à l'interdit totémique me paraît ténue. Quoiqu'il en soit, cette explication ne me semble pas réellement contradictoire avec celle d'une nature venteuse, pneumatique ou spirituelle de la fève.
    Une autre explication, fournie dans l'Antiquité, réside dans l'absence de nœuds (αγονατον, agonaton) de la tige du pied de fèves317. La tige est creuse et sans nœud. Les âmes venteuses pourraient donc remonter de la terre, de l'Hadès, par ce conduit sans obstacle, échelle cosmique sans barreau. (Un conte provençal, répété par ma grand-mère durant mon enfance, met en scène un jeune garçon grimpant jusqu'au paradis ou au ciel, selon les versions, en longeant la tige d'une fève géante.) Là encore, passer de la terre à l'air par la lumière d'une tige sans nœud est compatible avec notre hypothèse. La fève n'engendre plus les esprits, mais en héberge pendant leur transit.
    Camporesi exprime ainsi sa perplexité devant sa symbolique de la fève en un condensé non étayé et assez peu clair :
    « La fève représente le lien avec le monde souterrain des morts entendu dans sa valence double, complexe et ambiguë , d'ancien et de nouveau, de crainte et d'espérance, de réservoir d'ombres inquiétantes et effrayantes mais aussi comme un écrin d'énergies qui fermentent, inexprimées, et de vie cachées. La fève est le cordon génital, le testicule (fève sèche) ou le membre (fève fraîche ou gousse), qui conduit aux trépassés et aux ancêtres, au clan et au signe totémique de la tribu, suivant une chaîne d'objets symboles magico-sexuels qui relie les pères aux enfants, les grands-parents aux petits-enfants dans une interminable descente généalogique qui exprime l'aventure éternelle, répétée mais toujours renouvelée, de génération et d'anéantissement, de présence et de disparition.318 »

  2. #62

    Re : Les ours voient quedalle ...

    Sentir le monde, c'est l'humer, presque le flairer ; il y a peu de l'anosmie à l'anomie. Le pet est un souffle sortant et de mauvaise odeur. Son expulsion est-elle une libération ou le signe de ce qui reste à l'intérieur du corps et va entraîner les mauvais rêves. L'odeur mérite en revanche que nous nous y attardions. La mauvaise odeur témoigne-t-elle du caractère néfaste ou pathogène du démon, dans son sens grec et non chrétien, incorporé ? Souvenons-nous que les esprits « envoient les songes, les signes et les maladies ». Il semble bien exister une dichotomie entre bons et mauvais démons. En mangeant la fève, on commet non plus seulement un acte criminel consistant à ingérer une âme, on s'expose en plus à cohabiter avec une âme néfaste.
    Les fèves étaient utilisées pour rendre la terre plus féconde. Nous savons que les légumineuses, par leur pouvoir de fixation de l'azote, enrichissent les sols sur lesquels elles sont semées. Cette caractéristique était connue depuis longtemps. Je pense que nous devons tenter de comprendre l'explication qui en était donnée.
    « Les fèves engraissent les terres où elles auront estées semées et recueillies, y laissans quelque vertu agréable aux fromens qu'on y faict par après : mais plus grande et plus profitable y sera-elle, si sans espoir d'autre commodité que de la graisse, on laboure les fèves ja grandes et en fleur, environ la fin d'Avril, ou au commencement de Mai, renversant avec le soc toute l'herbe, en la meslant avec la terre, pour, là se pourrissant servir d'amendement, selon l'ancienne façon des Macédoniens et Thessaliens.319 »
    Les légumineuses, les legumen latines, d'où dérivent nos légumes, ne sont-elles pas les plantes qui lèvent l'humus, ou le rendent léger, voire l'aèrent ? Hypothèse étymologique hasardeuse, mais l'est-elle plus que celle qui consiste à les faire dériver « d'un mot non indoeuropéen emprunt à une langue inconnue320 » ?
    À quoi sert la farine de fèves ajoutée à la pâte à pain ? Mon boulanger soutient que cet ajout vise à blanchir la mie. Pline conseillait d'ajouter la farine d'une autre légumineuse pour en accroître le gonflement, la fermentation : « Panis ervi farina fermentabatur.321 » Et faut-il assimiler les paroles fugaces, débordements sulfureux, à de petites fèves comme nous le suggère le latin fabula ? (La poésie était assimilée par Pétrone à un beignet mielleux et gonflé d'orgueil, melitos verborum glovulos322.)
    À l'issue de ce long développement, je veux fournir au lecteur quelques recettes qui lui permettront de retrouver ses esprits, grâce à des nourritures devenues terrestres :

    Fèves au lait. (Recette sarde.)
    Faire blondir un oignon émincé dans un peu d'huile d'olive. Ajouter les fèves fraîches et un peu d'eau chaude. Faire cuire à feu doux. À mi-cuisson, couvrir de lait tiède et terminer la cuisson à feu doux. En fin de cuisson, ajouter de la menthe.

    Fèves à la menthe à la sicilienne
    Faire cuire les fèves dans l'eau bouillante, accompagnées d'ail et d'une branche de céleri. Lorsqu'elles sont cuites, les passer, et les servir chaudes assaisonnées de vinaigre, huile d'olive, poivre et menthe.
    Ces recettes étant décrites à titre ethnographique, je dois préciser que la menthe, comme le basilic, n'est jamais hachée, ou coupée, à l'aide d'une lame, en Italie. Elle est manuellement déchirée, découpée, a pezzetti piccoli, avant d'être déposée sur le plat. J'ignore le pourquoi de cette précaution, mais couper ces herbes paraît constituer une faute grave. Cela altérerait au moins le goût de la plante, au pire porterait malheur. Je juge nécessaire cette précision parce que si la menthe est assez peu utilisée comme aromate sur le littoral nord de la Méditerranée, elle me semble quasi systématiquement associée aux si symboliques fèves. J'ai mangé des fèves à la menthe de l'Algarve à la Turquie. Ce que remarque aussi Marcel Détienne dans un chapitre consacré à la menthe, dont je résume ici quelques points323.
    La menthe est doublement ambiguë. Parfois considérée comme un aromate — à ce titre chaude et sèche —,elle est au contraire souvent froide et humide. (Caractéristique qu'elle paraît avoir conservée, au moins dans la bouche des marchands de chewing-gum.) Elle s'oppose ainsi au souffle vital, tempère le chaud et sec, voire chasse les démons. Elle est aphrodisiaque, mais rend stérile. Elle interdit la coagulation du sperme, sa coction, et empêche l'érection. Elle diminue la force vitale, le problème XX d'Aristote prescrit au soldat de ne pas manger de menthe. Je rappelle le mythe de la nymphe Mintha, amante d'Hadès, dieu des enfers. Quand Hadès épouse Perséphone, fille de la déesse des moissons Déméter, Mintha proteste, conteste bruyamment son abandon, tant et si bien qu'elle irrite son entourage et est transformée et réduite au silence en menthe, par Hadès ou Déméter selon les versions du mythe. Déméter lui interdit de fructifier, la rendant stérile.
    L'ambiguïté de ce faux aromate pourrait découler de ses caractéristiques écologiques ; contrairement aux vrais aromates, elle croît dans des lieux frais, humides et ombragés. Estienne nous le rappelle : « Toute menthe, soit sative, soit sauvage, ne veut point terre fumée, ny grasse, ny exposée au soleil, plustot humide ». Elle devient alors naturellement froide et humide. Il ajoute : « Quand elle a creu, ne la faut toucher avec ferrement aucun, autrement elle mourroit324 ».
    Enfin, pour rappeler après Rabelais l'ambivalence du pet, je cite un proverbe italien.
    Tromba di culo, sanità di corpo,
    E chi non tromba, è bello morto

  3. #63

    Re : Les ours voient quedalle ...

    Notes:

    299. Cette citation, comme celles qui suivent et ne sont pas référencées, sont tirées du chapitre De la nocivité des fèves. In Mirko Grmek. Les maladies à l'aube de la civilisation occidentale. Payot & Rivages, Paris, 1994. pp. 307-354.
    300. Hérodote. L'enquête. Livre II, 37. Gallimard, Paris, 1964. On a retrouvé des fèves dans les tombes égyptiennes et aucune mention de cette interdiction semble figurer dans les documents hiéroglyphiques. Aujourd'hui, les fèves constituent le plat national égyptien, le foul medammas. Hérodote affirme ensuite qu'une fois un bœuf pur choisi, on maudit la tête de la victime en prononçant ces paroles : « Si quelque malheur menace ceux qui offrent le sacrifice ou l'Égypte toute entière, qu'il soit détourné sur cette tête ». (Hérodote. L'enquête. Livre II, 39. Gallimard, Paris, 1964.) Et les Égyptiens ne mangent jamais la tête des animaux. On écorche ensuite le bœuf puis on le farcit « de pain, de miel, de raisins, de figue, d'encens, de myrrhe et d'autres aromates ; puis on le brûle en offrande en l'arrosant copieusement d'huile ». (Hérodote. L'enquête. Livre II, 40. Gallimard, Paris, 1964.) Le bœuf est donc farci d'aliments fermentés ou fermentescibles et d'aromates. Selon Maguelonne Toussaint-Samat, « les anciens Égyptiens désignaient sous le terme “champs de fèves” le lieu où les Ka, les âmes des défunts, attendaient la réincarnation ». (Toussaint-Samat Maguelonne. Histoire naturelle et morale de la nourriture. Larousse-Bordas, Paris, 1997. p. 65.)
    301. Douglas Mary. De la souillure. Études sur la notion de pollution et de tabou. Éditions La Découverte, Paris, 1992. p. 61.
    302. Diogène Laërce. Vie et doctrines des philosophes illustres. Livre VIII, Pythagore, 17-18. Librairie générale française, Paris, 1999.
    303. La traduction de la pléiade est différente : « Les paroles (Λογοι) sont des souffles de l'âme. […] Les veines, les artères et les nerfs sont les liens de l'âme ». In Les Présocratiques. Gallimard, Paris, 1988. p. 562.
    304. Diogène Laërce. Vie et doctrines des philosophes illustres. Livre VIII, Pythagore, 27-28. Librairie générale française, Paris, 1999.
    305. Diogène Laërce. Vie et doctrines des philosophes illustres. Livre VIII, Pythagore, 30-32. Librairie générale française, Paris, 1999.
    306. Cf. note 146, p. 21.
    307. Quelle en est la symbolique ? On a souvent supposé que Pythagore fût très influencé par la religion égyptienne. La balance y est l'attribut d'Osiris, celui qui pèse les cœurs en compagnie de Maat, déesse de la justice. Nos bonnes et nos mauvaises actions, le pour et le contre, sont comparées. Zeus soupesait la destinée des hommes. (Encyclopédie des symboles. Sous la direction de Michel Cazenave. Librairie Générale Française, Paris, 1996. Article Balance, pp. 70-71.) Paul Faure dit lui qu'Osiris ne pesait pas les âmes mais « se contentait de les respirer ». (Paul Faure. Parfums et aromates de l'Antiquité. Fayard, Paris, 1987. p. 26.)
    308. Il s'agit ici des hirondelles. Le lever d'Arcturus et l'arrivée des hirondelles définissent le début du printemps. (Cf. Hippocrate. Du régime. III, 68, 10. Cité par Michel Foucault. Histoire de la sexualité. L'usage des plaisirs. Gallimard, Paris, 1984. p. 147.) Les hirondelles peuvent alors être assimilées à la période féconde, vitalisante, de l'année, d'où leur impureté.
    309. Nous pouvons nous référer à Leach, qui conclut : « La chevelure rituelle symbolise quelque abstraction métaphysique : fertilité, substance de l'âme, pouvoir personnel ». (Leach Edmund. Cheveux, poils, magie. In L'unité de l'homme. Gallimard, Paris, 1980.)
    310. Diogène Laërce. Vie et doctrines des philosophes illustres. Livre VIII, Pythagore, 23. Librairie générale française, Paris, 1999.
    311. Diogène Laërce. Vie et doctrines des philosophes illustres. Livre VIII, Pythagore, 33. Librairie générale française, Paris, 1999.
    312. Bailly A. Dictionnaire Grec-Français. Hachette, Paris, 1929.
    313. Aristote. De la génération des animaux. II, 5, 741a. Les Belles Lettres, Paris, 1961.
    314. Ceronetti Guido. Le silence du corps. Albin Michel, Paris, 1984. p. 86.
    315. Rabelais François. Le quart livre. Chapitre xliii. Gallimard, Paris, 1955. pp. 655-656.
    316. Cité par Salomon Reinach. Cultes, mythes et religions. Celtica. Les survivances du totémisme chez les anciens Celtes. § 4. Robert Laffont & Comtesse Z. Fraghy, Paris, 1996. p. 198. Le premier vers cité est : « Ισον τοι χυαμους τε ϕαγειν χεϕαλας τε τοχηων ».
    317. Cf. Marcel Detienne. Les Jardins d'Adonis. La mythologie des aromates en Grèce. Gallimard, Paris, 1989. p. 96. Et Diogène Laërce. Vie et doctrines des philosophes illustres. Livre VIII, Pythagore, 34. Librairie générale française, Paris, 1999.
    318. Camporesi Piero. La terre et la lune. Alimentation, folklore, société. Aubier, Paris, 1993. p. 24.
    319. De Serres Olivier. Le théâtre d'agriculture et mesnage des champs. Actes Sud, Arles, 1996. Second Lieu, chapitre iii. p. 160.
    320. Rey Alain. Dictionnaire historique de la langue française. Dictionnaires Le Robert, Paris, 1995. Art. Légume.
    321. « Le pain était mis en fermentation au moyen de farine de lentilles. » Cité par Henri Goelzer. Dictionnaire Latin-Français. Paris, 1892. Art. Farine.
    322. Cité par Maguelonne Toussaint-Samat. Histoire naturelle et morale de la nourriture. Larousse-Bordas, Paris, 1997. p. 37.
    323. Les malheurs de la menthe. Marcel Detienne. In Les Jardins d'Adonis. La mythologie des aromates en Grèce. Gallimard, Paris, 1989. pp. 141-184. La note 3 de la page 144 concerne nos fèves : « La menthe est un condiment qui paraît indispensable à la consommation des fèves. »
    324. Estienne Charles, Libault Jean. L'agriculture et la maison rustique. Rigaud Simon, Lyon, 1637. p. 230.

  4. #64
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    Re : Les ours voient quedalle ...

    " Le pet est un souffle sortant et de mauvaise odeur."
    Je confirme. L'ours n'hésite pas à se défausser en douce et il émet aussi des rots bruyants. L'ours mange n'importe comment. Il ne mâche pas tous ses aliments et pourtant il n'a jamais (ou très rarement) de problèmes stomacaux.

  5. #65
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    Re : Les ours voient quedalle ...

    Pour rester dans le vent : un improbable couple!





  6. #66
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    Re : Les ours voient quedalle ...

    Comme je vous l'ai dit les ours ont une ouïe exceptionnelle. Qui plus est, ils montrent beaucoup de goût. Les chasseurs professionnels ont tous différents appeaux pour attirer les animaux. Il m'arrive de siffloter pour taquiner l'ours et quand je sifflote le second mouvement du deuxième trio de Schumann, l'ours est toujours ravi (il ne va certes pas jusqu'à applaudir, il n'est pas persifleur...). Par contre il suffit que je chuchote "Richard St..." et il se barre à toute allure.
    Bon, il m'est rigoureusement impossible de siffloter du Morton Feldman, c'est bien dommage.

  7. #67
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    Re : Les ours voient quedalle ...

    Et si vous avez un enregistrement de R. Str. par Olaf Bär?

  8. #68
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    Re : Les ours voient quedalle ...

    Y'a pas de R.S chez moi ... mais y'a plein d'ours !

  9. #69
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    Re : Les ours voient quedalle ...

    Effectivement, Richard S. ne figure pas au catalogue de Bärenreiter, qui est l'éditeur de référence pour Bach, Mozart, Schubert, Beethoven, et bien d'autres.

  10. #70
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    Re : Les ours voient quedalle ...

    Tandis que l'ours apprécie énormément Nikos Skalkottas (il y a des ours en Grèce) ...

  11. #71
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    Re : Les ours voient quedalle ...

    Quote Originally Posted by Chiarina View Post
    Effectivement, Richard S. ne figure pas au catalogue de Bärenreiter, qui est l'éditeur de référence pour Bach, Mozart, Schubert, Beethoven, et bien d'autres.

    Mais l'ours aime-t-il être chevauché?

  12. 29/03/2008 14h06


  13. #72
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    Re : Les ours voient quedalle ...

    Pour répondre à la question coquine, l'ourse n'est pas portée sur la bagatelle.
    Elle consent à se laisser chevaucher une fois par an (mai/juin c'est évidemment variable) et pendant un laps de temps assez court. Je parle de la reproduction, dont la période est assez courte (environ une quinzaine de jours voire trois semaines).
    Le tchoko tchoko ursidé par contre est assez long. D'une part l'approche, les préliminaires etc et l'accouplement qui peut durer des heures... Ceci est très rarement observé en pleine nature car l'ours est très secret.
    Excepté cette période, l'ourse ne laisse pas un mâle s'approcher d'elle. Le monsieur, lui, il voudrait bien. Il s'approche ... hé hé ... mais il est éconduit brutalement. J'ai déjà assisté à ce genre d'approche, je peux vous dire que madame ourse n'est pas commode du tout.

  14. #73
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    Re : Les ours voient quedalle ...

    La réponse est intéressante, mais la question n'était pas coquine, juste un jeu de mots sur le nom d'un éditeur de musique...

  15. #74
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    Re : Les ours voient quedalle ...

    Un pote biologiste slovène a piégé par erreur une louve (il piégeait les lynx mais c'est une louve qui est tombée dans le panneau) l'an passé. Il peut ainsi suivre les pérégrinations d'une meute, ce qui est passionnant (quand on s'intéresse aux animaux sauvages évidemment).
    Tout récemment cette meute était aux portes de Ljubljana, la capitale, sans que personne ne les remarque. Ils ont fouillé quelques détritus de gitans et sont repartis...

  16. #75
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    Re : Les ours voient quedalle ...

    "Piéger" un animal pour un biologiste, cela consiste en quoi ?

  17. #76
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    Re : Les ours voient quedalle ...

    J'ai pratiqué ça il y a quelques années avec les ours. On installait des pièges près des aires de nourrissages des ours. Ces pièges étaient reliés par radio à l'armée (il y avait un camp pas loin) qui nous prévenait quand un piège s'était refermé.
    Pour le loup, c'est plus complexe, mais on peut le choper avec des charognes.
    Le lynx, c'est une autre histoire, il faut suivre ses traces, ses habitudes et installer un piège sur son passage... et on attrape un loup !!

  18. #77
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    Re : Les ours voient quedalle ...

    Mais, une fois que l'animal est capturé, qu'en fait-on ?

  19. #78
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    Re : Les ours voient quedalle ...

    Quote Originally Posted by Chiarina View Post
    Mais, une fois que l'animal est capturé, qu'en fait-on ?
    ???


    (simple hypothèse )

  20. #79
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    Re : Les ours voient quedalle ...

    L'animal est pris par une patte. On arrive et le stress est total car on joue sa vie durant trente seconde puisqu'on approche l'ours pour l'endormir avec un fusil à flèche. Personnellement j'étais derrière avec un fusil de l'armée au cas où l'animal ne s'échappe et attaque.
    Mais ce n'est jamais arrivé.
    Ensuite, et c'est le plus embêtant, on ne demande pas l'avis de l'ours mais on lui retire une prémolaire. Ce pour savoir exactement son âge. Puis prise de sang etc. et bien sûr pose d'un collier émetteur pour savoir s'il va écouter Schubert et non pas R.S ... ou s'il achète le dernier Bruno Maderna.
    Ensuite ... ben l'ours commence à se réveiller, alors on monte en voiture et on le regarde s'éloigner. Et on est heureux.

  21. #80
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    Re : Les ours voient quedalle ...

    Pour répondre à Philippe, on mange de l'ours en Slovénie. J'en ai mangé en 1991 si mes souvenirs sont bons. C'était excellent. Je serais évidemment incapable de recommencer, mes relations avec l'animal sont trop intimes maintenant.

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