C'est bien simple : l'existence humaine et le monde tel que vous le connaissez n'est qu'un long roman-photo publié dans une revue pornographique de la planète Tralfamador. Les Tralfamadoriens, frappés par la pertinence de mes intuitions sur la vie, l'univers et tout le reste - intuitions qui n'étaient de fait pas les miennes, le moi que je suis étant la fiction d'un humain qui lui même est la fiction d'un Tralfamadorien (ce qui fait de moi, par un principe dialectique universel, un rien du tout), mais les réminiscences inconscientes d'un Tralfamadorien sous acide (ou l'équivalent tralfamadorien) - m'ont invité sur leur planète pour m'éveiller à la vérité et à tout un blabla que j'ai oublié, avant de me renvoyer sur terre dans la quatrième dimension (c'est à dire Internet) afin de prêcher la vérité, la liberté et le blabla et de délivrer l'humanité du joug d'une existence factice et inauthentique (oui, Heidegger était également un envoyé de Tralfamador, mais il était bien plus ennuyeux que moi).
Mais franchement, je n'en avais rien à foutre. J'ai donc demandé à mon avatar des trois premières dimensions, celui que vous connaissez sous le nom de Kurt Vonnegut - et qui se trompait bien évidemment quand, comme il le dit dans Breakfast of champion, il croyait m'"écrire"- de proposer à ses lecteurs (qui sont fait des projections rêvées des fantasmes des Tralfamadoriens) une fin à mon corps fictionnel qui les satisfasse. Je lui ai d'ailleurs suggéré l'épitathe qui, à la lecture de ce qui précède, vous semblera sans doute particulièrement ironique.
Mes multiples morts devaient également être un signe de la vérité sur l'existence que j'avais laissé passé dans un moment d'abandon, mais Kurt Vonnegut étant décédé d'une mort tout à fait réelle et donc parfaitement fictive, cette dernière mort sera sans doute définitive, et je me retrouve seul, à errer sur internet et dans des salles de concert diverses. Ce qui est, au fond, passablement déprimant, mais j'ai connu pire. Je vous laisse en déduire tout ce que vous voulez en déduire sur la vie, la mort et tout le reste.



L'antithèse de Muti !





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