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Thread: Mahler : 9e symphonie

  1. #1

    Mahler : 9e symphonie

    9ème de MAHLER

    Comme tout œuvre de Mahler, je n’ai pas une préférence mais plusieurs. J’aime bien (par ordre chronologique) :

    - Karen Ancerl, une version très naturelle lyrique et musicale.


    - Horenstein chez BBC. La 9ème est un cheval de bataille de Horenstein. L’art d’utiliser des césures, peu importe que l’orchestre de Londres ne peut pas le suivre à la fin du Rondo-Burleske (Kurt Goedicke - le joueur de timbales est complètement perdu). Barry Tuckwell le célèbre principal corniste de LSO joue l’un de ces plus beaux concerts. Sans compter des belles interventions de clarinette par
    Gervase de Peyer. Horenstein a une vision unique des deux mouvements centraux.

    - Klemperer/PO, chaque note est jouée avec un infiniment de poids. Dans l’objectif lent et imposant, on n’a jamais fait mieux malgré les efforts de Giulini et Chailly récemment. Les amateurs de Klemperer apprécient aussi la disposition divisée des cordes, une pratique de moins en moins courant de nos jours.


    - Kubelik en concert avec l’orchestre de New York en 1978, Kubelik comme ne vous l’avez jamais entendu. C’est une bande très rare d’un concert. Espérons que une maison de disque obtiendrait le droit de cet enregistrement.


    - Bernstein/BPO, la plus intense des quatre versions de Bernstein, malgré une énorme faute de la section des trombones dans le grand climat du dernier mouvement (dommage car l’erreur s’est produit à un moment si crucial).


    - Sanderling avec l’orchestre BBC (et non Berlin SO, qui est très bien néanmoins, ou Philharmonia, carrément moyen), un premier mouvement très tendu et lyrique (le plus beau solo flûte).


    - Gielen I chez Intercord, ou II chez Hänssler. Ce dernier bénéficie l’une des plus belles prises de son jamais réalisés pour la 9ème de Mahler. Il y a un peu plus spontanéité dans Gielen I, plus de transparence dans Gielen II. Tous les deux possède un denier mouvement joué assez rapidement, mais nettement plus tendu et mieux sculpté que chez Boulez par exemple.


    - Haitink/ECYO, la plus équilibrée avec une parfaite sculpture et lisibilité. Parmi les six versions de la 9ème dirigées par Haitink en ma possession, c’est cette version avec le jeune orchestre ECYO qui est la plus réussite (écoutez comment Haitink fait le sculpture avec le son), et de loin ! Le premier mouvement est parfait : tendu mais tout les lignes mélodiques peuvent être clairement entendues. Le deuxième Landlër est très long (plus de 18 minutes) mais qui sache tourbillonner quand il le faut. Le troisième mouvement, le Rondo-Burleske est très grimaçant, qui envoie la balle directement dans les figures des « frères en Apollon », selon l’expression du compositeur. Des défauts j’en compte deux dans l’Adagio (Finale) : quelqu’un a fait tombé quelque chose au début du mouvement, et beaucoup plus grave : au moment le plus tendu du mouvement, sur le climat (vers 16ème minute) les cymbales ont été frappés presque une seconde trop tôt. C’est vraiment très énervant que l’erreur arrive à cet endroit. J’ai effectué moi-même une correction digitale de cette erreur, tellement je ne peux plus supporter. Malgré ses erreurs, c’est l’une des plus émouvants concerts de Haitink. Le CD est apparu chez Philips, néanmoins pas facile à trouver, malheureusement.


    - Abbado/BPO chez DG, c’est la meilleure pour les deux survoltés mouvements centraux. Le concert à Rome en 2004 (en DVD chez EuroArts) du maestro Abbado avec le Gustav Mahler Jugendochester (l’orchestre des jeunes de GM) est très différent, étonne par sa fluidité, mais tout aussi émouvant, poignant même, surtout lorsque les dernières notes sont jouées tandis la lumière de la salle s’éteint peu à peu. Abbado ralenti le coda et l'étire considérablement (son Live en DVD, plus encore que les divers concerts berlinois), si ce n'était pas pour ça, il pourrait appartenir à la catégorie "allant", en tout cas pour le début et le milieu du mouvement.


    L’une des versions rares d’approfondissement pour les Mahlériens avertis est le concert de Kondrachine à Tokyo, disponible chez Altus. Le son est mieux réussit que l'enregistrement officiel, et puis il y a une étincelle supplémentaire en concert. Une version que les connaisseurs n’hésiteront pas à fouiller dans les coins lointains du monde du Cyber pour en trouver. Particularité de Kondrachine : un Adagio extrêmement rapide, tout comme les lectures des chefs spécialistes de la musique contemporaine telle que Gielen, Boulez, Zender, et surtout Walter en 1938 (moins de 19 minutes).


    A noter les deux récentes versions de la 9ème de Mahler qui illustrent bien la tendance interprétive actuelle sont :

    -L'orchestre de Philharmonique de Munich en concert en Mars 1999 sous la direction de James Levine, chez Oehms.

    -L'orchestre de Concertgebouw sous la direction de Chailly. C'est un enregistrement studio réalisé à la suite des concerts d'adieu de Chailly en Juin. Chailly a-t-il bouclé son cycle Mahlerien ? On ne sait pas trop pour le moment. Des rumeurs qu'il enregistrerait la Chante de la Terre circulent, mais il faut noter que sa relation avec l'Orchestre est moins bonne depuis qu'il a fait sa valise. A voir donc.

    Points communs : des lectures lentes (1h30 pour Chailly et Levine est plus longue de 2 minutes dans l'Adagio Finale).

    La différence : une énorme différence entre le niveau de l'orchestre. Chez Levine c'est brumeux et opaque au point de vue sonorité (c'est une partie la faute du chef ?), avec des percussions prises de trop près, et des cuivres assez faibles. Levine a arrondi un peu les angles des climax, c'est un peu plat. Comme souvent chez Chailly, c'est la sonorité de grand luxe de l'incomparable Concertgebouw qui vaut le détour. Au point de vue prise de son, je trouve que l'enregistrement de Chailly est moins réussit que l'incroyable 3ème (j'écoute le SACD avec un lecteur CD classique). Au point de vue interprétation, il n'y a rien qui pourrait être qualifié de révélateur chez l'un ni chez l'autre.

    Bruno

  2. #2
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    - Karel Ancerl, une version très naturelle lyrique et musicale.

    Je lui trouve des qualités autres : de toutes celles que j'ai entendues, c'est celle dont le premier mouvement m'apparaît le plus minéral, le plus sortant du silence et se mettant en place d'une façon hésitante... totalement maitrisée, celui dont les deux mouvements intermédiaires sont les plus ironiques, féroces, crus et celui dont le finale m'apparaît comme le plus intensément tenu sans que rien ne craque jamais : pour mes oreilles, c'est l'une des très grandes interprétations mahlériennes que je connais.

  3. #3
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    Quote Originally Posted by brunoluong View Post
    9ème de MAHLER


    - Horenstein chez BBC. La 9ème est un cheval de bataille de Horenstein. L’art d’utiliser des césures, peu importe que l’orchestre de Londres ne peut pas le suivre à la fin du Rondo-Burleske (Kurt Goedicke - le joueur de timbales est complètement perdu). Barry Tuckwell le célèbre principal corniste de LSO joue l’un de ces plus beaux concerts. Sans compter des belles interventions de clarinette par Gervase de Peyer. Horenstein a une vision unique des deux mouvements centraux.

    Bruno
    Bonjour Bruno,

    J'avais adoré la noirceur terrible de cet enregistrement il y a quelques années, mais depuis j'en suis revenu : prise de son terriblement difficile (mono pas vraiment propre), et les mouvements centraux sont pas portés par la même énergie que les mouvements extrêmes.

    Je ferai une discographie détaillée personnelle d'ici quelques temps.

  4. #4
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    Bonjour,

    je n'ai pas grand chose à ajouter à Bruno, sauf une version que j'aime beaucoup: Neumann/Gewandhaus (Berlin Classics).

    Sinon mes préférences nettes vont d'abord à Abbado/Berlin (de loin), tout de suite suivi de Chailly, Barenboim, Klemperer (quoique je n'aime pas ses mouvements centraux), et Karajan quasiment pour le seul Adagio. Et donc, Neumann.

  5. #5
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    Quote Originally Posted by brunoluong View Post

    - Haitink/ECYO, la plus équilibrée avec une parfaite sculpture et lisibilité. Parmi les six versions de la 9ème dirigées par Haitink en ma possession, c’est cette version avec le jeune orchestre ECYO qui est la plus réussie (écoutez comment Haitink fait la sculpture avec le son), et de loin ! (...) Malgré ses erreurs, c’est l’un des plus émouvants concerts de Haitink.
    Bonjour Bruno,

    Ne connaissant que la version Haitink / Kertsmatinees, j'ai eu la même impression à l'écoute de cette interprétation : très émouvant malgré une lenteur de tempo qui aurait pu me désarçonner (ma préférence va en général aux tempi vifs). Une version très différente de celle d'Ancerl, mon autre référence, qui privilégie une vision "moderniste" loin des ralentissements et apesanteurs du Concertgebouw.

  6. #6
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    Chose promise, chose due. Je commence à réécouter la plupart des versions de cette 9e qui sont en ma possession.

    Kurt Masur, New York Philharmonic 1994 :

    Bel orchestre engagé, cuivres en forme, cordes réactives. Je ne suis pas sensible aux bois américains ce qui me gâche une partie de l'écoute. Masur propose une version rapide, sans trop de pathos (l'orchestre s'en charge par moments) avec un Andante Comodo de moins de 25'. Geste fluide dans les passages lents du mouvement mais trop rapide dans les grands tuttis, superficiel même. Toute la fin chambriste manque carrément de climat. Le scherzo et le rondo manquent cruellement d'accents à vif, de plus Masur polit un orchestre pas spécialement coloré à la base comme le Concertgebouw. Bon tempo pour l'Adagio, mais sans réel relief. Le concert de l'an dernier faisait part des mêmes défauts en moins prononcés.

    Klaus Tennstedt, London Philharmonic Orchestra 1979 :

    Sorte d'antithèse de Boulez, prise de son pas très détaillée, tempis lents, geste hyper large et très expressif sans jamais frôler la vulgarité. Tennstedt nous propose un Mahler qui reflète un monde particulièrement torturé et tordu, avec des accélérations fortes, un orchestre pleinement investi (quel bonheur !) quitte à ce que les cuivres bavent un peu, que ces énormes cymbales prennent toute la place pendant une mesure complète. Les mouvements extrêmes sont les mieux réussis, car malgrès de nombreux clins d'oeil malicieux par ci par là dans ce scherzo, l'orchestre pèche un peu en vivacité (l'orchestre s'élargit notamment dans le rondo).
    L'interprétation est proche de ce que fait le Bernstein de la mâturité. Une grande version assurément dont on regrette que Tennstedt n'ait pas fait de remake live (bruno va peut être me contredire avec joie).

    Rafael Kubelik, Sinfonie Orchester des Bayerischen Rundfunks (studio et live) :

    Globalement le concert est identique au studio, les effets étant amplifiés par la présence du public sans doute. Vision moderne, tempis rapides (adagio carrément andante), prise de son dégueulasse et orchestre un peu limite. Les couleurs ne sont pas très variées non plus dans l'orchestre. J'avoue ne pas être sensible à cette vision.

    Karel Ancerl, Orchestre Philharmonique Tchèque 1964 :

    Couleurs très spécifiques, apport important à mon avis dans le résultat général. Très belle version assez conventionnelle cependant, j'aurais aimé qu'Ancerl prenne plus de risques. Il n'est pas aidé par une prise de son qui ne met rien en relief même chez les bois. L'adagio est un peu trop sec à mon goût. Version un peu sur évaluée il me semble face aux nombreuses réussites récentes.

    Lorin Maazel, Wiener Philharmoniker 1985 :

    Wow, ça fait presque du bien après Ancerl ! Bon c'est assez débraillé sans trop tomber dans l'excès, on aurait pu avoir bien pire. Orchestre splendide, mais les percussions sont un peu trop près du micro. Un des meilleurs volets de son intégrale décriée.

    La suite les jours à venir...

  7. #7
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    Maderna

    Ne pas oublier Maderna (BBC Legend) ! Lisible, clair, vivant

  8. #8
    Quote Originally Posted by Gaby View Post
    ... on regrette que Tennstedt n'ait pas fait de remake live.
    Bonjour Gaby,

    En effet, je ne vais pas vous contredire. Les 4 enregistrements Lives approuvés par Tennstedt est la 1re (avec chicago), 5e, 6e et 7e avec LPO. Je ne sais pas si le concert de la 8e en DVD est approuvé. Mais il existe aussi une multitude de pirates qui circulent. En ce qui concerne la 9e, Il y a une trace de ces concerts avec Philhadelphia en janvier 1988. Ci dessous un review en anglais en anglais du NY Times.

    Louis a raison de nous rappeler la 9e de Maderna. Si j'ai le temps je vais y consacrer quelques mots.

    Bruno

    New York Times, January 21 1988
    Music: Mahler's 9th, by the Philadelphia
    By DONAL HENAHAN



    LEAD: MAHLER did not believe in moderation as a way of making his
    musical point. As an artist, he lived a life of unquiet desperation,
    both victimized and motivated by a nameless dread. However, at times
    in his last completed symphony, the turbulent and emotionally
    searing No. 9, he seems to be desperately searching for even more
    immoderate ways to express himself.

    MAHLER did not believe in moderation as a way of making his musical
    point. As an artist, he lived a life of unquiet desperation, both
    victimized and motivated by a nameless dread. However, at times in
    his last completed symphony, the turbulent and emotionally searing
    No. 9, he seems to be desperately searching for even more immoderate
    ways to express himself. He explicitly rejects the Grecian ideal:
    nothing to excess. In fact, everything to excess might be the motto
    of his Ninth, as Klaus Tennstedt and the Philadelphia Orchestra
    brought out in a harrowing performance of the work on Tuesday
    evening at Carnegie Hall.

    The Ninth is less extravagant than many earlier Mahler pieces in its
    orchestration and dependence on theatrical effects - no distant
    cowbells or posthorn solos or heavenly choirs in this one. Rather,
    the excess appears in a unremittingly frantic tone of voice, which
    in Mr. Tennstedt's superheated interpretation kept to an almost
    hysterical level through most of its 83-minute length. With unusual
    disdain for sonorous orchestral niceties, the conductor continually
    drove the first three movements to raucous climaxes without,
    however, disrupting the music's rhythmic flow. The opening movement
    became a wild succession of jeering, yawping, braying outcries,
    forcing one to think that the dance being depicted was a mockery and
    that the dancer was either death himself or a dying man trying to
    keep his chin up.

    Most performances allow the second movement, with its rustic Landler
    pulsation, to relax somewhat and provide interludes of good spirits.
    Under Mr. Tennstedt, the suggestion of humor evaporated and the mood
    turned heavily grotesque. The result was pure hippopotamusic. The
    following Rondo-Burleske, where Mahler throws any trace of
    moderation out the window, took on a note of dementia, full of harsh
    laughter, nose-thumbing vulgarities and purposely disorienting
    clashes of orchestral color, line and harmony. It was as if Mahler
    were saying farewell to the 19th century by parodying all its
    cliches. Good Mahler conductors and good Mahler ensembles generally
    can carry off this clangorous movement as an orchestral tour de
    force. However, Mr. Tennstedt and the Philadelphia went up to the
    next level of excellence in sustaining the level of energy and
    virtuosity necessary for so unremittingly stormy a reading.

    After three long movements of expressive frenzy, the Adagio finale
    is not so much a relief as a further extravagance, nearly half an
    hour of the least energetic, most despairing music ever composed. In
    Mr. Tennstedt's hands, it did not suggest death, which after all has
    something definite about it, but a slow, almost imperceptible slide
    into extinction. If it was death, it was death devoid of all drama,
    in no sense a requiem or a Romantic ''Invictus'' but merely the
    vaporizing of being into nothingness.

    Mr. Tennstedt's control over the Adagio in its last whispers was
    exemplary and he followed Mahler's tempo indications (which include
    such subtleties as Adagissimo on the score's last page) with a
    flexibility well within the bounds of legitimate interpretation. His
    tempos, unusually deliberate in the second and final movements,
    brought the performance home in 83 minutes, slower by 10 minutes
    than such a speedster as Elihu Inbal (live with the Frankfurt Radio
    Symphony) but still seven minutes faster than the current slow-
    motion champion, Michael Tilson Thomas (live with the Boston
    Symphony).



  9. #9
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    Quote Originally Posted by Louis View Post
    Ne pas oublier Maderna (BBC Legend) ! Lisible, clair, vivant
    Et Maderna live avec l'OS de la Rai de Turin 22.12.72. Malgré les défauts techniques cet enregistrement est extraodinaire dans les mvts 1 et 4.

    Sinon je suis surpris, si je ne me trompe, personne n'a cité Giulini, pour moi une référence dans la 9e.

    Amicalement

    Frédéric

  10. #10
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    Ni Giulini, c'est vrai. NI Karajan, la version live du festival de Berlin (DG).

  11. #11
    Quote Originally Posted by alain View Post
    Ni Giulini, c'est vrai. NI Karajan, la version live du festival de Berlin (DG).
    J'ai écarté ces deux versions essentiellement à cause de leurs mouvements centraux, qui ne soulignent pas suffisamment le caractère sarcastique et moqueur. J’ai l’impression que Giulini et Karajan les considèrent comme des simples mouvements de transition.

    Bruno

  12. #12
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    Quote Originally Posted by brunoluong View Post
    J'ai écarté ces deux versions essentiellement à cause de leurs mouvements centraux, qui ne soulignent pas suffisamment le caractère sarcastique et moqueur. J’ai l’impression que Giulini et Karajan les considèrent comme des simples mouvements de transition.

    Bruno
    De mémoire Bruno, il y a deux versions HVK chez DGG. Sensiblement différentes : la version live et la version studio.

  13. #13
    Dur de choisir parmi l'une ou l'autre des versions Karajan.
    Mais tout de même, le dernier mouvement de la version 82, quelle intensité !

  14. #14
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    Quote Originally Posted by brunoluong View Post
    J'ai écarté ces deux versions essentiellement à cause de leurs mouvements centraux, qui ne soulignent pas suffisamment le caractère sarcastique et moqueur. J’ai l’impression que Giulini et Karajan les considèrent comme des simples mouvements de transition.

    Bruno
    Pour ma part j'aime beaucoup le 2nd mvt par Giulini, l'un des meilleurs à mon avis.

  15. #15
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    Quote Originally Posted by Gaby View Post
    Chose promise, chose due. Je commence à réécouter la plupart des versions de cette 9e qui sont en ma possession.

    Karel Ancerl, Orchestre Philharmonique Tchèque 1964 :

    Couleurs très spécifiques, apport important à mon avis dans le résultat général. Très belle version assez conventionnelle cependant, j'aurais aimé qu'Ancerl prenne plus de risques. Il n'est pas aidé par une prise de son qui ne met rien en relief même chez les bois. L'adagio est un peu trop sec à mon goût. Version un peu sur évaluée il me semble face aux nombreuses réussites récentes.
    je comprens que l'on puisse trouver l'adagio "un peu trop sec". Pour moi, il est d'une intensité tragique, mais sans le moindre "épanchement".

    En revanche,

    A mon avis, la prise de son est magnifique... d'aération, de justesse de la balance, avec tout au contraire des bois parfaitement rendus et à leur place : derrière les cordes. Cette prise de son est même un modèle de transparence : on entend les chaises craquer, le bruit des pupitres dans une acoustique palpable.

    En revanche, la dernière édition CD, toute dorée, éteint un peu les timbres, par rapport à la première édition CD... et surtout par rapport aux microsillons d'origine.

  16. #16
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    C'est malheureusement celle là que je possède

  17. #17
    Quote Originally Posted by Zimrilim View Post
    Pour ma part j'aime beaucoup le 2nd mvt par Giulini, l'un des meilleurs à mon avis.
    À chaque fois qu'elle revienne, Giulini aurait dû jouer la valse un petit peu plus rapide que la fois précédente. La partition indique ainsi. C'est le reproche que je lui fais.

    Bruno

  18. #18
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    Eliahu Inbal, Radio Sinfonie Orchester Frankfurt 1988 :

    Je me relance sans le moindre à priori dans cette version souvent décriée, adorée par les uns, rejetée par les autres. On a souvent loué les qualités de naturel de la prise de son (réalisée avec seulement 2 micros paraît-il), mais là je pense que l'orchestre est désservi. Les trompettes sont particulièrement désagréables, forte couvrant l'ensemble de l'orchestre, elles sont particulièrement perçantes dans ce volet de l'intégrale. Les cordes semblent très fines, à la limite de la réduction d'effectif. L'interprétation est bonne, manquant de climat dans l'andante (passages assimilés au 2e thème assez plats et statiques). Les tempis sont un peu trop uniformes sur cet Andante.
    Je n'ai pu terminer le 2e mouvement tellement c'était pénible d'entendre ces immuables tempis 16'32 durant... Le rondo burleske n'est pas plus dynamique, l'orchestre est assez lourd. Enfin l'adagio est assez rapide, moins de 23', je trouve que les cordes sont assez limites, elles ne permettent pas d'entendre tous ces nombreux tuilages. Une bonne version, pas parmi les meilleures mais très bonne pour qui découvre l'oeuvre.

    Leonard Bernstein, New York Philharmonic 1965 :

    1ere version de Bernstein, la plus rapide de toutes (moins de 80', l'adagio final dure moins de 23' !). Prise de son équilibrée, orchestre très en place, cordes jouant à la pointe, soit un idéal pour ceux qui craignent que Bernstein en fasse trop ici. Le climat d'installe dès les premières notes (malgrès un son de cor très curieux), grace à une conduite de phrase superbe. On sent d'ores et déjà cette mouvance des tempis que la musique (ainsi que les très nombreuses annotation de la partition) appelle. Les passages associés au 1er thème de l'andante sont joués avec un incroyable naturel, s'opposant aux chevauchées fantastiques qui suivent. Dans le scherzo, le caractère de la danse est bien rendu, notamment les différents tempis de valse rapide sont tous étagés comme ils se doivent. Dommage l'orchestre perd en précision rythmique et en justesse dans les cordes. Le rondo est pris pas trop vite, mais la folie guette toujours, on aurait cependant pu s'attendre à des bois plus verts et un plus net accelerando final. Enfin l'adagio pêche surtout par des cordes qui n'ont pas le poids de celles des orchestres allemands, mais l'intensité reste là sans le moindre allanguissement. Superbe version, qui laissait présager des merveilles.

    Bernard Haitink, Concertgebouw Orchestra 1969 :

    La version mythique Haitink a deux atouts, un orchestre qui joue naturellement sans forcer aucun trait, ainsi qu'un chef plus dynamique que dans les futures versions de cette 9e. La prise de son Philips est assez terne cependant, et l'acoustique du magnifique Concertgebouw est mal rendue, l'image manquant totalement de profondeur et de noirceur, les dynamiques sont souvent compressées dans le forte, dommage. Les climaxes sont atténués (quasi non accelerando à la fin du rondo, mais qu'est ce qu'ils avaient à cette époque ??) mais une belle énergie emporte l'oeuvre jusqu'au chaleureux adagio (les contrechants de cors sont trop en retrait), tempo allant jusqu'à cette fin chambriste très réussie, très ralentie. Beau témoignage mais je me rends compte à quel point il est important que la technique soit à la hauteur, au moins pour une question de lisibilité et d'équilibre.

    La suite au prochain épisode...

  19. #19
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    Bonjour,

    j'avais cité la version sur le vif de Karajan, esssentiellement pour le finale en effet.

    Giulini reste très intéressant et souvent émouvant. Plus que le II, je trouve son III superbe.

  20. #20
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    Re : Mahler : 9e symphonie

    J'ai découvert aujourd'hui cette fameuse version en concert BBC de Maderna. Un choc, et dans une oeuvre où je commençais à être un chouia blasé, cela fait grand bien.

    Je ne vois que quelques reproches plus ou moins importants.
    - Un second mouvement en deça en intensité des autres, la faute notamment aux cordes engagées mais manquant de grain et d'épaisseur.
    - deux problèmes de tempos: des réexpositions un peu statiques dans le I, et le IV un peu rapide tout de même.
    - deux ou trois passages dans l'adagio ou il fait de curieux silences béants inexistants sur la partition (mesures 72-73 par exemple)
    - les cordes ont du mal à descendre en dessous du piano dans la conclusion

    Sinon, un concert bouleversant, d'une violence quasiment sans équivalent. Un des plus grands moments me semble être l'épisode précédent la conclusion du troisième mouvement, que j'ai rarement, ou jamais, entendu aussi lunaire. Tous les climax de l'andante sont terrifiants. Sur l'ensemble de la symphonie, un timbalier phénoménal, pour le coup supérieur à tout ce que j'ai entendu y compris Bernstein/Concertgebouw, par exemple.

    Direction globalement extrêmement solide, m'évoquant souvent Klemperer. Pour reprendre une belle expression de Chiarina à propos du quintette de Schumann de Richter/Borodin, on va au fond des temps dans l'andante, et le sentiment d'écrasement est terrible.

    Pupitres sans faiblesses majeures, cors fort vaillants même dans certaines difficultés, petite harmonie généralement excellente, la parenthèse du rondo burleske en témoigne.

    Bref, une 9e aussi étreignante et tendue qu'Abbado/Berlin ou Barenboim/Sk. Berlin, encore plus noire que Klemperer, aussi impitoyable que Klemperer ou Boulez.
    Une référence, nonobstant les problèmes énumérés plus haut sans lesquels ce pourrait être un des absolus.

    Prise de son enfin: très proche et participant au caractère suffocant de ce concert. Personne n'y est lésé, sauf peut-être parfois les cordes, mais je soupçonne plutôt que ces dernières aient eu des moments de faiblesse.

    Les déferlements de toux entre les mouvements et dans l'adagio font quand même sacrément ch...leur dose.

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