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Sibelius Salonen/L.A Philharmonic Pleyel
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Results 101 to 120 of 162

Thread: Sibelius Salonen/L.A Philharmonic Pleyel

  1. #101
    Belle 4éme, en effet, Damien. En revanche j'ai detesté sa 7éme : lenteur du tempo initial, arétes et contrastes émoussés, absence d'engagement dramatique, legato systématique. Assez justement, Philippe, qui a aimé cette interprétation l'a qualifié de fauréenne. Si ce n'est qu'à mes oreilles trés subjectives, les univers de Fauré et de Sibélius n'ont rien à voir.
    Pour me laver les oreilles, j'ai réécouté la 2éme par Paavo Jarvi et la 7éme par Bernstein- Vienne : que c'est beau Sibélius quand c'est bien dirigé...

  2. #102
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    Quote Originally Posted by alain View Post
    Je répondais à Mikal...
    Justement, je ne vous suis pas très bien.

    Ce que je voulais dire, c'est que l'Orchestre de Los Angeles a un niveau technique assez exceptionnel, mais que l'engagement demandé par Salonen au service d'une vision lente et analytique n'est forcément pas le même (dans mon idée, moindre) que celui exigé par un chef plus virtuose comme Dudamel.

  3. #103
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    Quote Originally Posted by Kilgore Trout View Post
    Quand à l'engagement des musiciens... depuis quand l'engagement se mesure au volume sonore des forte? Il m'a semblé que c'était un choix de Salonen étant donné que je n'ai pas entendu un seul f vraiment monumental durant ces trois concerts... Cela me semble correspondre avec les choix d'interprétation de Salonen.
    C'est vrai qu'il conviendrait de définir la notion d'engagement, car visiblement nous ne partageons pas la même

  4. #104
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    Bonjour à tous!

    Je me souviens de la réponse qu'un prof de musique m'avait faite à ce sujet : Quand les musiciens sont coincés dans leur chaise, le dos bien appuyé sur le dossier et le ventre mou, la musique va en prendre un coup... En revanche quand les musiciens ont le dos décollé du dossier de la chaise et le torse bombé, bingo! ça va donner!!!
    Une presque boutade, non ?

    cordialement
    thierry

  5. #105
    Quote Originally Posted by alain View Post
    N'allez quand même pas imaginer que l'Orchestre de Los Angeles était mauvais avant l'arrivée de Salonen ! C'était déjà un magnifique orchestre dirigé par de grandes pointures depuis longtemps ! Fleischman qui en était le boss et avait engagé Salonen... avait fait venir de grands chefs et solistes là bas ou il avait créé une dynamique qui avait fait l'admiration des Etats Unis et de l'Europe en réinventant la notion d'orchestre symphonique dans son fonctionnement, son implication dans la ville et l'originalité de sa programmation...

    Ce n'est pas parce que cet orchestre a été d'un coup plus connu des européens grâce aux disques qu'il a fait qu'il a été transfiguré par Salonen...
    Oui, comme Berlin était déjà excellent avant Karajan, que dis je avant Furtwangler même...comme on a pas attendu Haitink pour découvrir Amsterdam non plus..ou Solti Chicago !

    Nous évaluons ce que nous écoutons. Et quand j'entends ces 2 concerts de Salonen L.A, je me dis quel chef ! Atteindre un tel niveau, c'est fort !

    Et pour Philippe, il est plus que probable que Mehta ait beaucoup plus enregistré avec L.A que Salonen (son intégrale Tchako vaut le détour d'ailleurs). Giulini a un peu enregistré avec également (Brahms, Beethoven, Schumann Verdi...)

  6. #106
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    Très intéressante discussion que celle engagée, hier soir, à l'issue du dernier concert du cycle autour de l'interprétation de Salonen et de son orchestre.
    Très intéressant de constater que nous venons, tous (peut être pas Sophie), au concert avec des idées arrêtées sur ce que doit être le type d'interprétation d'une oeuvre.
    A partir de là, l'interprète n'a plus le choix que de complaire à ce qu'on attend de lui.
    Les critiques lues et entendues sont assez nombreuses sur le thème "pas assez violent, pas assez dépressif, pas assez d'engagement, trop lisse, trop de legato, trop mou, etc, etc". J'écoute et je respecte ces avis mais je ne les partage pas.
    Tout d'abord parce que je suis de plus en plus convaincu que la musique de Sibelius mérite bien plus que d'être enfermée dans des stéréotypes : épico-nationaliste pour les 1 et 2, agreste pour la 3, dépressive pour la 4, solaire pour la 5, que sais-je encore.
    C'aura été l'un des grands mérites de Salonen que de montrer que, au-delà de ces jugements qui ont une part de vérité, il y a aussi, et en ce qui me concerne surtout, une musique que je qualifierai de "nue", complètement abstraite, et que la grande modernité de Sibélius réside dans le renouvellement de la forme, renouvellement au sein de chaque symphonie et au sein de chaque mouvement.
    C'est donc cette musique objective livrée par Salonen et ses musiciens que je veux juger, indépendamment de tout autre critère.
    L'engagement des musiciens et d'un chef n'a rien à voir avec le volume sonore, l'amplitude des dynamiques, la violence des attaques, mais dans la capacité à adopter une optique et à s'y tenir absolument.
    En cela, et à l'opposé de mes gentils opposants d'hier soir, je considère que l'approche de Salonen était d'un fantastique engagement, au point de nous livrer un 3è mouvement de la 4 oppressant, quasi-obsessionnel et hypnotique comme le prélude du 3è acte de Tristan. Quand un chef et un orchestre atteint cela sur le plan technique, est-il besoin de rajouter un f aux passages forte ou fortissimo, f supplémentaire qui n'existe d'ailleurs pas dans la partition.
    Donc, pour moi hier soir, une 4 atypique, aux mouvements 1 et 3 sans doute un peu trop lents mais qu'importe car la modernité de l'oeuvre était bien là, symphonie d'un maître qui connaissait son Debussy, voire son Webern.
    Et une 7 miraculeuse de perfection de mise en place, ne succombant pas au piège de la virtuosité gratuite, vraie soeur de la 6, et non plus antithèse comme dans beaucoup d'intégrales.
    Très bon choix de programmation avec ce "Radical Light" de Stucky, composée à la demande de Salonen et du LAPO pour s'intégrer entre des éxécutions de la 4 et de la 7, évitant le piège du pastiche mais, quant à la forme, très voisine de la 7.

    En conclusion, plusieurs points :
    . rire ironique à l'égard de JC. Hoffélé et de tous ceux qui nous gavent sur la standardisation du son des orchestres américains venant polluer nos chastes oreilles européennes : en 2 mois, 3 grands orchestres américains, au son très différent, aux qualités quasi opposées.
    . la chance d'avoir pu assister à ce qui était la première intégrale à Paris d'un des cycles symphoniques majeurs en l'espace de 4 jours. Formidable façon d'appréhender la totalité d'une approche. De ce point de vue, petit regret que le choix des bis ait été si peu aventureux et que des chefs d'oeuvre tels que la Kullervo, le Barde, la Chevauchée nocturne et lever de soleil,Tapiola et d'autres n'aient pas été joués.
    . le sentiment d'avoir entendu un grand chef venant délivrer sa vision du compositeur et étant fidèle, jusqu'aux excès penseront certains, à cette optique.
    . la confirmation personnelle que ces oeuvres sont fascinantes. Depuis plusieurs jours, je vis avec Sibelius 24 heures sur 24.
    . qu'elles sont fascinantes mais qu'elles supportent aussi des approches très différentes. Mon admiration pour le travail de Salonen ne me fait pas oublier Bernstein, Sanderling, Berglund ou Rojdestvenski.
    . le plaisir, autour des échanges ici et lors des concerts, d'avoir pu partager des impressions, souvent contradictoires, et des informations précieuses (bien notée, l'intégrale Segerstam à acquérir, ainsi que des versions isolées de Monteux ou Paavo Järvi).
    . et de nombreuses questions, telle que : "quelle connaissance Sibélius avait-il de la musique de Fauré ?".

    Merci pour ces échanges.

  7. #107
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    Quote Originally Posted by Travis View Post
    Belle 4éme, en effet, Damien. En revanche j'ai detesté sa 7éme : lenteur du tempo initial, arétes et contrastes émoussés, absence d'engagement dramatique, legato systématique. Assez justement, Philippe, qui a aimé cette interprétation l'a qualifié de fauréenne. Si ce n'est qu'à mes oreilles trés subjectives, les univers de Fauré et de Sibélius n'ont rien à voir.
    Pour me laver les oreilles, j'ai réécouté la 2éme par Paavo Jarvi et la 7éme par Bernstein- Vienne : que c'est beau Sibélius quand c'est bien dirigé...

    Eric, juste pour préciser les propos que tu me prêtes. A l'écoute de la 6, lundi soir, j'a été absolument frappé par la parenté de certaines sonorités (notamment le début du 2è mouvement) avec Fauré.
    Au-delà de ce rapprochement, sans doute fortuit, il me semble que ces symphonies 6 et 7 (d'où mes propos tenus hier soir) ont quelque chose de fauréen, mais le Fauré des derniers grands cycles de mélodies, des derniers grands chefs d'oeuvre de musique de chambre, des derniers Nocturnes : une musique à la fois grave et sereine, n'occultant pas la violence mais la domestiquant.

  8. #108
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    Quote Originally Posted by Philippe95 View Post
    Très intéressant de constater que nous venons, tous (peut être pas Sophie), au concert avec des idées arrêtées sur ce que doit être le type d'interprétation d'une oeuvre.
    A partir de là, l'interprète n'a plus le choix que de complaire à ce qu'on attend de lui.
    Les critiques lues et entendues sont assez nombreuses sur le thème "pas assez violent, pas assez dépressif, pas assez d'engagement, trop lisse, trop de legato, trop mou, etc, etc". J'écoute et je respecte ces avis mais je ne les partage pas. Tout d'abord parce que je suis de plus en plus convaincu que la musique de Sibelius mérite bien plus que d'être enfermée dans des stéréotypes : épico-nationaliste pour les 1 et 2, agreste pour la 3, dépressive pour la 4, solaire pour la 5, que sais-je encore.
    Difficile en effet de ne pas venir avec des idées préconçues. Pour ma part, j'essaie de comprendre l'option interprétative d'un chef, puis de la ressentir (pas forcément dans cet ordre d'ailleurs). Je crois avoir compris celle de Salonen, mais son interprétation n'a pas ma préférence, c'est tout. Le but est quand même de prendre son pied pendant un concert non ? Pour nuancer, j'ai envie de dire que cette conception froide convient bien à des symphonies qui ne le sont pas, c'est à dire les 2 (romantique) et 5 (épique). Les symphonies plus impressionnistes (6,7) nécessitent à mon avis un luxe sonore ou des contrastes beaucoup plus affirmés. Le cas de la 4e, que je qualifierai de sombre, est plus contrasté. Je n'ai malheureusement pas assisté au premier concert (1,3), donc je ne me prononce pas.

    Quote Originally Posted by Philippe95 View Post
    il y a aussi, et en ce qui me concerne surtout, une musique que je qualifierai de "nue", complètement abstraite, et que la grande modernité de Sibélius réside dans le renouvellement de la forme, renouvellement au sein de chaque symphonie et au sein de chaque mouvement.
    Tout à fait d'accord, c'est ainsi qu'avec Damien, nous avons souvent trouvé ces interprétations "intéressantes". De là à être passionné... non, certainement pas.

    Quote Originally Posted by Philippe95 View Post
    L'engagement des musiciens et d'un chef n'a rien à voir avec le volume sonore, l'amplitude des dynamiques, la violence des attaques, mais dans la capacité à adopter une optique et à s'y tenir absolument.
    "La capacité à adopter une optique", ça s'appelle la discipline, pas l'engagement. Salonen n'a pas demandé aux instrumentistes quelque prise de risque que ce soit, mais bien une précision de dentelle aidée par un tempo souvent lent, ce qu'ils ont parfaitement réalisés. Les variations de tempo dont j'ai parlé plus haut ont permis à cet orchestre de montrer qu'il savait faire autre chose : je pense par exemple à l'interprétation virtuose du Retour de Lemminkainen ou à l'accélération des dernières mesures de la 5e symphonie. Bref, j'ai eu parfois l'impression -comme Jacques Doucelin avec Chicago- que Salonen "rognait les griffes du fauve". C'est son choix, tout à fait respectable, qui ne me fait pas vibrer en concert, je me répète.

    Quote Originally Posted by Philippe95 View Post
    petit regret que le choix des bis ait été si peu aventureux et que des chefs d'oeuvre tels que la Kullervo, le Barde, la Chevauchée nocturne et lever de soleil,Tapiola et d'autres n'aient pas été joués.
    Il manquait aussi Luonnotar et La Nymphe des bois

    Quote Originally Posted by Philippe95 View Post
    Merci pour ces échanges.
    C'est partagé

  9. #109
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    Florent,
    ce n'est pas qu'une question de discipline. C'est l'accomplissement de la réflexion sur une oeuvre. J'analyse l'oeuvre, j'en déduis une conception, je mets en oeuvre cette conception : c'est bien un engagement. Le fait de s'y tenir, c'est de la discipline. Avec Salonen, il y avait bien engagement et discipline.
    Quant à associer tempi lents et non prise de risques, ça nous amènerait bien loin. Je vais réécouter Furtwängler dans la marche de l'Héroïque et le vilipender pour sa non-prise de risques.

  10. #110
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    Quote Originally Posted by Philippe95 View Post
    Quant à associer tempi lents et non prise de risques, ça nous amènerait bien loin. Je vais réécouter Furtwängler dans la marche de l'Héroïque et le vilipender pour sa non-prise de risques.
    Attention, je n'ai pas dit que ce qui n'était pas engagé (selon la définition que j'ai donné ci-avant) n'avait aucune valeur... je ne connais pas l'enregistrement que tu cites.

  11. #111
    Quote Originally Posted by Philippe95 View Post
    il y a aussi, et en ce qui me concerne surtout, une musique que je qualifierai de "nue", complètement abstraite, et que la grande modernité de Sibélius réside dans le renouvellement de la forme, renouvellement au sein de chaque symphonie et au sein de chaque mouvement.
    Ah enfin... je commencais à me sentir seul! Je suis tout à fait d'accord avec tout votre message, et particulièrement avec ceci. C'était une chose qui m'était déjà apparu à l'écoute, mais ca m'a semblé plus frappant que jamais dans cette quatrième par Salonen. Enfin, moi j'ai trouvé ca très beau...

  12. #112
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    Bonsoir,

    à mon tour. Globalement j'ai été très déçu par ce que j'ai entendu.
    La quatrième m'a laissé de marbre, aucune atmosphère aucun engagement ! C'est propre, c'est joli, c'est clair, mais que c'est ennuyeux. Le problème de la pauvre hautboïste n'est qu'un incident mineur (entre nous j'ai trouvé qu'elle avait un meilleur son avec le hautbois de sa voisine), moi ce qui me gêne le plus c'est la direction de Salonen : il joue tout pareil, c'est lisse, plat ... et ses ralentis dans les mvts 3 et 4 !?(lisez le commentaire de Vignal dans le programme concernant le final
    [...] Après ce sommet dramatique, la musique se désintègre (il ne faut surtout pas ralentir le tempo). Ne subsistent que les cordes[...]
    ! et puis il y a un crescendo important aux cordes dans le 3e mvt , et j'en passe.
    Comparativement Berglund était beaucoup plus inspiré en juin avec le philar.

    Ensuite une pièce honorable, mais pas franchement originale, qui nous a permis d'apprécier l'orchestre.

    Pour finir la 7e ; je n'ai eu qu'une fois le frisson vers la fin, mais sinon, manque d'engagement, aucune tension et les trombones qui ne décolent pas(après Chicago on devient éxigeant concernant cet instrument). Bon c'était mieux que pour la 4e, mais j'ai été autrement ému à chaque fois que j'ai pu entendre la 7e en concert, surtout avec Mikko Frank (concert mémorable à radio france avec En Saga) dont j'attends beaucoup pour le concert du 6/12 au TCE.

    J'ai réécouté les 4e et 7e par Ehrling aujourd'hui et quel bonheur cette musique quand le chef et l'orchestre s'engagent comme cela !

    En conclusion je retiens de ces 4 concerts : la troisième, j'en ai pleuré,(rien que pour ce moment, je suis heureux d'être venu à ces 4 concerts), ensuite la première, et enfin la 2e et la 6e.
    En revanche grosse déception pour les 4, 5 et 7.

    Enfin un bel orchestre très homogène, mais pas si exceptionnel que ça, en ce qui concerne les bois surtout.

    Amicalement

    Frédéric

  13. #113
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    Quote Originally Posted by Philippe95 View Post
    Très intéressante discussion que celle engagée, hier soir, à l'issue du dernier concert du cycle autour de l'interprétation de Salonen et de son orchestre.

    En effet et c'est toujours passionant de confronter des avis aussi divers.
    Très intéressant de constater que nous venons, tous (peut être pas Sophie), au concert avec des idées arrêtées sur ce que doit être le type d'interprétation d'une oeuvre.

    Ben difficile de faire abstraction de ce que l'on a déjà entendu, mais je me suis interdit d'écouter du Sibelius avant ces concerts.
    A partir de là, l'interprète n'a plus le choix que de complaire à ce qu'on attend de lui.
    Les critiques lues et entendues sont assez nombreuses sur le thème "pas assez violent, pas assez dépressif, pas assez d'engagement, trop lisse, trop de legato, trop mou, etc, etc". J'écoute et je respecte ces avis mais je ne les partage pas.
    Tout d'abord parce que je suis de plus en plus convaincu que la musique de Sibelius mérite bien plus que d'être enfermée dans des stéréotypes : épico-nationaliste pour les 1 et 2, agreste pour la 3, dépressive pour la 4, solaire pour la 5, que sais-je encore.

    Je suis d'accord, mais pour parler du concert de la 4e par Berglund, il n'a pas joué comme mes versions préférées au disque, mais a su par l'ambiance qu'il a su créer autour de cette oeuvre me captiver et me montrer une autre vision.
    C'aura été l'un des grands mérites de Salonen que de montrer que, au-delà de ces jugements qui ont une part de vérité, il y a aussi, et en ce qui me concerne surtout, une musique que je qualifierai de "nue", complètement abstraite, et que la grande modernité de Sibélius réside dans le renouvellement de la forme, renouvellement au sein de chaque symphonie et au sein de chaque mouvement.
    C'est donc cette musique objective livrée par Salonen et ses musiciens que je veux juger, indépendamment de tout autre critère.
    L'engagement des musiciens et d'un chef n'a rien à voir avec le volume sonore, l'amplitude des dynamiques, la violence des attaques, mais dans la capacité à adopter une optique et à s'y tenir absolument.
    En cela, et à l'opposé de mes gentils opposants d'hier soir, je considère que l'approche de Salonen était d'un fantastique engagement, au point de nous livrer un 3è mouvement de la 4 oppressant, quasi-obsessionnel et hypnotique comme le prélude du 3è acte de Tristan. Quand un chef et un orchestre atteint cela sur le plan technique, est-il besoin de rajouter un f aux passages forte ou fortissimo, f supplémentaire qui n'existe d'ailleurs pas dans la partition.

    Ce qui me manquait justement dans cette 4e et surtout dans le troisième mvt, c'est qu'on ne fasse pas tout ce qui est demandé, surtout le crecendo aux cordes totalement gommé
    Donc, pour moi hier soir, une 4 atypique, aux mouvements 1 et 3 sans doute un peu trop lents mais qu'importe car la modernité de l'oeuvre était bien là, symphonie d'un maître qui connaissait son Debussy, voire son Webern.
    Et une 7 miraculeuse de perfection de mise en place, ne succombant pas au piège de la virtuosité gratuite, vraie soeur de la 6, et non plus antithèse comme dans beaucoup d'intégrales.
    Très bon choix de programmation avec ce "Radical Light" de Stucky, composée à la demande de Salonen et du LAPO pour s'intégrer entre des éxécutions de la 4 et de la 7, évitant le piège du pastiche mais, quant à la forme, très voisine de la 7.

    En conclusion, plusieurs points :
    . rire ironique à l'égard de JC. Hoffélé et de tous ceux qui nous gavent sur la standardisation du son des orchestres américains venant polluer nos chastes oreilles européennes : en 2 mois, 3 grands orchestres américains, au son très différent, aux qualités quasi opposées.
    idem
    . la chance d'avoir pu assister à ce qui était la première intégrale à Paris d'un des cycles symphoniques majeurs en l'espace de 4 jours.
    Quand on aime Sibelius il ne fallait pas rater ça !
    Formidable façon d'appréhender la totalité d'une approche. De ce point de vue, petit regret que le choix des bis ait été si peu aventureux et que des chefs d'oeuvre tels que la Kullervo, le Barde, la Chevauchée nocturne et lever de soleil,Tapiola et d'autres n'aient pas été joués.
    . le sentiment d'avoir entendu un grand chef venant délivrer sa vision du compositeur et étant fidèle, jusqu'aux excès penseront certains, à cette optique.
    . la confirmation personnelle que ces oeuvres sont fascinantes. Depuis plusieurs jours, je vis avec Sibelius 24 heures sur 24.
    . qu'elles sont fascinantes mais qu'elles supportent aussi des approches très différentes. Mon admiration pour le travail de Salonen ne me fait pas oublier Bernstein, Sanderling, Berglund ou Rojdestvenski.
    . le plaisir, autour des échanges ici et lors des concerts, d'avoir pu partager des impressions, souvent contradictoires, et des informations précieuses (bien notée, l'intégrale Segerstam à acquérir, ainsi que des versions isolées de Monteux ou Paavo Järvi).
    c'est quel plaisir déchanger sur ce compositeur et de constater que cette musique attise autant les passions
    . et de nombreuses questions, telle que : "quelle connaissance Sibélius avait-il de la musique de Fauré ?".

    Merci pour ces échanges.
    Merci à toi pour ton message.

    Amicalement

    Frédéric

    PS : désolé je ne suis pas aupoint avec les citations !

  14. #114
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    Re : Sibelius Salonen/L.A Philharmonic Pleyel

    Quote Originally Posted by Travis View Post
    Les article de Machart sont souvent trés discutables mais quand il reproche au Sibelius de Salonen de n'être "ni électrisant ni brulant", ce n'est pas moi qui lui donnerait tort : aprés le concert de Lundi, j'ai réécouté Bernstein-Vienne et Segerstam (version Ondine) et c'est quand même autre chose !
    Encore une critique intéressante, celle d'un grand spécialiste des musiques nordiques, Henri-Claude Fantapié (attention, langage fleuri!) sur son blog :
    http://profkossu.blog.lemonde.fr/200...ius-a-la-mode/

  15. #115
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    Re : Sibelius Salonen/L.A Philharmonic Pleyel

    Bonjour florent,

    Je n'ai pas lu une critique de ce qu'il a entendu mais j'ai lu des propos narcissiques. Exemple: " un compositeur qui se dirige lui même c'est impudique, c'est de l'inceste...." who cares? qu'est ce que cela apporte? pour un spécialiste, je trouve ce baratin très peu digne d'intérêt.
    Cordialement,

    Sophie
    P.S: le jeu de mot sur le boulet c'est d'une originalité!

  16. #116
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    Re : Sibelius Salonen/L.A Philharmonic Pleyel

    La lexture du blog de monsieur Fantapié est affligeante.
    Je ne pensais pas qu'il était possible d'être aussi con et de prendre plaisir à le faire savoir à la terre entière.

  17. #117
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    Re : Sibelius Salonen/L.A Philharmonic Pleyel

    Quote Originally Posted by sophie View Post
    pour un spécialiste, je trouve ce baratin très peu digne d'intérêt.

    P.S: le jeu de mot sur le boulet c'est d'une originalité!
    Fantapié est un provocateur notoire qui ne fait pas toujours dans la dentelle. Yann le connaît bien et pourrait nous en parler s'il nous lit toujours. Ce qui vous agace en lisant la prose de Fantapié est certainement la provocation et l'aigreur sous-jacentes. Mais au-delà, Fantapié est un incontestable spécialiste de ces musiques, un érudit à la pensée libre.

    Concernant Boulez, le jeu de mot est peu subtil mais révélateur d'une opposition de petits irréductibles - pour mémoire, Fantapié dirige aussi l'orchestre "Jeune Philharmonie de la Seine-Saint-Denis" depuis 1975. Il s'occupe aussi de la revue Boréales (consacrée aux musiques nordiques), a rédigé une Histoire de la Musique finlandaise (avec Anja, sa femme) ou le Dictionnaire Larousse de la musique. Les amateurs de compositeurs nordiques auront souvent lu les livrets rédigés par l'un ou l'autre - chez Ondine notamment.

  18. #118
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    Re : Sibelius Salonen/L.A Philharmonic Pleyel

    Bonsoir Florent,

    Je suis née et ai grandi en allemagne alors les querelles franco-françaises entre Boulez et les autres çà me passe un peu au dessus de la tête.
    Boulez n'aime pas Sibelius, Henze et alors?
    A la lecture de ce blog, je n'ai pas l'impression de lire un compte-rendu de concert mais une conversation de salon de la part d'une personne très narcissique, des jugements de valeur sur les compositeurs qui ont le malheur de diriger leurs oeuvres en concert (quel crime! à quoi çà sert d'écrire des oeuvres si ce n'est pas pour les faire entendre au public?)
    J'espère pour lui qu'il fait preuve de plus de rigueur dans la revue qu'il dirige

  19. #119
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    Re : Sibelius Salonen/L.A Philharmonic Pleyel

    Quote Originally Posted by sophie View Post
    A la lecture de ce blog, je n'ai pas l'impression de lire un compte-rendu de concert mais une conversation de salon de la part d'une personne très narcissique, des jugements de valeur sur les compositeurs qui ont le malheur de diriger leurs oeuvres en concert (quel crime! à quoi çà sert d'écrire des oeuvres si ce n'est pas pour les faire entendre au public?)
    J'espère pour lui qu'il fait preuve de plus de rigueur dans la revue qu'il dirige
    Je comprends que tu sois un peu heurtée par le ton employé mais j'ai envie de dire que c'est précisément l'effet recherché. Ne lui fais pas trop d'honneur Sophie !

    Voici un exemple des articles (titres seulement) que la revue Boréales a pu publier :
    http://www.msh-reseau.prd.fr/RevuesSom/detailrevue.jsp?Drevue=%22Bor%E9ale s%22

  20. #120
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    Re : Sibelius Salonen/L.A Philharmonic Pleyel

    Ne t'inquiète pas. Je reste zen. merci pour les titres des publications.

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