C'est un peu impulsivement (sur le coup de l'achat tout récent d'un excellent CD Chandos où le violoncelliste Christian Poltéra interprète notamment les deux sonates Op. 109 et 117) et poussé par la curiosité de voir s'il n'y a pas quelques "fervent(e)s fauréen(ne)s" sur ce forum que je me risque à créer ce petit fil.
Dans mon adolescence, à part quelques mélodies de jeunesse entendues en diverses occasions (mais je les trouvais plutôt mièvres) et évidemment le Requiem (qui, je l'avoue, ne m'a pas beaucoup touché à la toute première écoute), le peu que je savais de Gabriel Fauré (1845-1924) se résumait pour ainsi dire à ceci : il avait eu Ravel comme élève. Ce dernier était alors l'une de mes "idoles", et je ne retrouvais chez le maître aucun des "sortilèges" (avant tout harmoniques) qui me ravissaient tant chez l'élève en question. Ce n'est que passé la trentaine, et une fois libéré de certains préjugés, que j'ai enfin fait l'effort d'écouter plus attentivement l'oeuvre de Fauré (musique de chambre, piano et mélodies, essentiellement, l'orchestre étant chez lui un peu secondaire). Et cet effort a été si fructueux (la découverte du 13ème Nocturne, du Quintette Op. 115, du Trio et de certains cycles de mélodies, en particulier, a même été pour moi une véritable révélation) que je me délecte maintenant de la musique de Fauré tout autant que de celles de Ravel et de Debussy. Même si elle appartient à un univers bien différent, une sorte de "monde à part" un peu "hermétique et automnal", aux audaces moins immédiatement apparentes mais bien réelles s'agissant des oeuvres de la maturité. Et peu importe que, dans une lettre adressée en août 1898 à l'éditeur Georges Hartmann, Debussy (qui était alors dépressif, encore relativement peu connu et très amer à l'idée qu'avait été composée sans qu'il en fût prévenu une musique de scène pour Pelléas et Mélisande) ait désigné méchamment Fauré en ces termes : "le porte-musique d'un groupe de snobs et d'imbéciles" (!!!)... Car 110 ans après, me semble-t-il, on peut aimer la musique de Fauré et en parler objectivement sans craindre de se voir ainsi "catalogué"
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Cela étant, avant d'en dire peut-être davantage et d'évoquer les enregistrements d'oeuvres de Fauré que je possède (en plus de nombreux disques isolés, j'ai plusieurs intégrales, aussi bien de l'oeuvre pour piano que de la musique de chambre et des mélodies), j'attends avec un peu d'anxiété vos éventuelles réactions![]()
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Quoi qu'il en soit, toute recommandation en fait d'interprétation serait pour moi la bienvenue. Car à part quelques "perles" à mon avis incontestables figurant dans ma collection (j'en ai déjà mentionné une en commençant ce post), je ne suis pas du tout sûr de la qualité du reste... Ça peut paraître étrange, mais c'est ainsi...
Jacques

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... Car 110 ans après, me semble-t-il, on peut aimer la musique de Fauré et en parler objectivement sans craindre de se voir ainsi "catalogué"
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(de Fauré, je n'avais par elle que le 6e Nocturne, compris dans le CD joint au DVD intitulé "Une leçon de vie").
Elles en font des choses, mes oreilles, n'est-ce pas ?
