
Originally Posted by
vernin
Avant que l'on reparle de musique, je voudrais apporter quelques précisions. J'avais pris soin de définir ce que j'entendais par mélancolie. Je crois que ce qu'elle recouvre est fondamentalement différente pour un homme vivant autour de 1600 et pour un homme du dix-neuvième.
Qu'au dix-neuvième la mélancolie soit une métaphore narcissique, c'est probable. Et la mélancolie dans son acception psychiatrique, celle du maniaco-dépressif est encore autre chose. (Je ne crois pas, Aga, qu'un maniaque croit avoir une perception parfaite du monde, derrière son exaltation se cache une souffrance profonde.)
Mais pour un homme vivant en 1600, la mélancolie n'est pas une métaphore poétique. La mélancolie des philosophes et des médecins est la même, elle recouvre dans les esprits, qui eux non plus ne sont pas des métaphores, un substratum physiologique. Pour tout homme de l'époque, la mélancolie est une humeur froide et sèche siégeant dans la rate, d'où le spleen, qui se manifeste principalement durant l'automne froide et sèche. On la combattra donc par tout ce qui échauffe et humidifie, éventuellement par la musique qui en agitant les esprits les échauffe. J'espère me faire comprendre en affirmant que tout ceci est la réalité anatomique de Dowland comme celle de Hume ou Farnaby, de Burton ou de Harvey.
Yves (Pour répondre à Aga.)