Bonjour.
Avec des Etudes d'une musicalité, d'une ampleur sonore et d'une virtuosité impressionnantes (en dépit de tempi plus modérés, dans certaines pièces, que chez bien d'autres pianistes ayant abordé cette oeuvre difficile à tous égards - même Messiaen, curieusement, ne l'appréciait pas beaucoup), et sans cette approche un peu "intellectuelle" qui carcactérise la version Pollini (voire celle d'Uchida), la japonaise Noriko Ogawa a terminé récemment une intégrale du piano de Debussy qu'elle avait débuté en 2000 pour le label BIS. Une bonne partie de la critique, plus spécialement en Grande-Bretagne, a couvert d'éloges cette réalisation, la mettant directement en concurrence avec celle entreprise plus tard par Jean-Efflam Bavouzet, tout en comparant soigneusement leurs mérites respectifs. Je place pour ma part Bavouzet très haut, et j'attends avec impatience le quatrième disque de son intégrale, avec les Etudes justement. Vu le faible que j'ai depuis longtemps pour cette oeuvre (je lui trouve même des moments de poésie indiscibles, mais c'est une impression très personnelle, très "privée"), je n'ai toutefois pas pu résister à la tentation d'acheter ce disque, que je montre ci-dessous recto/verso (c'est le quatrième de l'intégrale Ogawa, dont j'avoue ne pas connaître les volumes qui l'ont précédé - certains des enregistrements qui y figurent ont même été plagiés, paraît-il, par l'inénarrable Joyce Hatto et son mari) :
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Ce qui en tout cas ne gâte rien, c'est qu'il s'agit d'un CD au minutage incroyablement généreux (81:42 !). Les douze Etudes sont en effet complétées par l'Etude retrouvée (enregistrée ici selon une "reconstruction" plus soigneuse encore que les précédentes, réalisée récemment à partir du manuscrit par le "spécialiste de l'oeuvre de Debussy, Roy Howat"), par la version pour piano seul des Six Epigraphes antiques, et par deux petites pièces secondaires et assez anecdotiques, Les Soirs illuminés par l'ardeur du charbon (déjà parue sous les doigts de Bavouzet et de certains autres) et Intermède (une réduction pour piano que Debussy, à 18 ans, tira du deuxième mouvement de son Trio de jeunesse). Mais ce récital, de toute façon, est à mon avis remarquable de bout en bout, et pourrait ravir non seulement les "debussystes" confirmés, mais aussi celles et ceux qui ne connaîtraient (ou n'apprécieraient) toujours pas les géniales Etudes.
Jacques

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... Le très modeste pianiste amateur que je suis s'était autrefois risqué dans certaines d'entre elles (en particulier la VIIIème, "Pour les agréments"), et il avait dû bien vite battre en retraite 


. L'interprétation est si engagée, si "vivante" et "colorée", qu'il me paraît difficile de faire mieux. S'il l'acquiert, le collectionneur soucieux d'avoir le meilleure version possible de cette oeuvre un peu délaissée ne regrettera donc pas son achat.