Je viens de regarder le programme Séverac/Ciccolini ; si l'on m'avait dit que "le chant de la terre" était de Séverac, j'aurais écouté plus tôt...
(non je rigole...)



Je viens de regarder le programme Séverac/Ciccolini ; si l'on m'avait dit que "le chant de la terre" était de Séverac, j'aurais écouté plus tôt...
(non je rigole...)



A la demande générale, et pour faire patienter Chiarina, le temps de recevoir le coffret Ciccolini, je vais mettre sur mon compte SM le contenu du dit coffret... ( bravo Thierry, formidable, ça c'est un bon geste )
thierry
ps : faut il réexpliquer ce qu'est Simplify Media ?![]()



La modeste suite pour piano Le Chant de la Terre de Séverac (1901), censée célébrer "l'oeuvre des hommes aux champs, leurs luttes, leurs espoirs, leurs joies, leurs prières", est en effet à de telles années-lumière du chef-d'oeuvre de Mahler que le fait que les deux oeuvres portent le même titre (en français) est un peu... embarrassant. Reconnaissons du moins que ce n'est pas la faute de Séverac, puisqu'il a été le premier à utiliser ce titre
.
Pour le reste, c'est quand même un travail d'une écriture pianistique encore un peu maladroite, même s'il semble que sa simplicité "à la Francis James" ait été parfaitement voulue. Mais quelle contraste, tout de même, avec les raffinements harmoniques et l'aisance de la suite En Languedoc, composée seulement deux ou trois ans plus tard (1903-1904) !
Bon. Avant de passer à autre chose (en l'état, le sujet me semble pratiquement épuisé), je montre encore deux jolies images et une photo.
Les images sont des reproductions de tableaux, qui montrent que tant le père du compositeur (Gilbert de Séverac) que son fils Déodat avaient des talents de peintres :
![]()
L'image de gauche est un "portrait de famille" peint par le père, représentant le jeune Déodat en bon écolier appliqué, assis à côté de ses soeurs Jeanne, Alix et Marthe.
Celle de droite n'est autre qu'une aquarelle peinte par le compositeur lui-même, un tableau qui maintenant fait partie (comme par hasard) de la collection privée du paniste Aldo Ciccolini.
Quant à la photo ci-dessous, elle a été prise en 1907 et montre un groupe d'élèves (et anciens éléves) de la Schola Cantorum, entourant leur "big boss" Vincent d'Indy :
Ce qu'il y a d'intéressant, c'est qu'on y voit non seulement Déodat de Séverac (c'est l'homme tout à gauche avec un genou à terre), mais aussi Albert Roussel (avec son énorme cravate lavallière noire et les deux mains réunies, il est debout juste derrière Vincent d'Indy, un peu vers la gauche sur la photo).
That's it, I think.
Jacques![]()








c'est probable, mais il faudrait vérifier, quand même! (en plus de d'Indy et Séverac). La dame a un jolie chapeau, à défaut d'un joli sourire!









Je vois qu'il n'est peut-être pas inutile que j'énumère les noms, en tout cas comme Mme Buser Picard les présente dans son bouquin (c'est là que j'ai trouvé la photo). Elle dit :
De gauche à droite au premier plan:
Déodat de Séverac - Pierre de Bréville - Vincent d'Indy - Paul Poujaud - René de Castéra.
De gauche à droite debout:
Mme ? - Maurice Alquier - M. ? - Albert Roussel - Pierre Coindreau - M. ? - Henri Estienne - Auguste Sérieyx - Marcel Labey.
Jacques








Merci Jacques !
Fil magnifique !
Compositeur qui mérite vraiment que l'on s'attache à lui ...
N.T.



Merci Nicolas. Je suis très touché, car le sujet Déodat de Séverac me tenait en fait très à coeur (depuis longtemps et pour diverses raisons personnelles).
Je m'essaie maintenant un peu à... Mozart (cf. le fil qui lui est consacré). Mais vous en conviendrez, c'est tout de même autrement plus difficile. J'erre donc forcément dans tous les sens, avec un pareil compositeur.
Jacques






Merci à vous également, Lebewohl(je suis de plus en plus confus
![]()
)
A propos de Federico Mompou [1893-1987], je trouve que ce serait une bonne idée. J'ai toute son oeuvre pour piano interprétée par lui-même à Barcelone en 1974 (5 disques Ensayo). J'ai d'ailleurs aussi tout ce qu'a écrit pour le piano (4 disques Naxos) un compositeur catalan encore beaucoup moins connu - mais proche de Mompou par l'inspiration et le style - qui s'appelle Manuel Blancafort [1897-1987].
Mon problème, si j'ouvrais moi-même un tel fil, c'est que je ne connais presque rien du reste de l'oeuvre de Mompou (sans parler du temps de préparation que ce genre d'initiative prend toujours)... Quoi qu'il en soit, une discussion sur ce compositeur ferait probablement ressortir beaucoup de choses intéressantes.
Jacques



En étant à peu près au même stade que vous, je ne me lancerai pas trop non plus! (ses partitions ont l'air, mais ne sont peut-être pas, plus jouables que celles de Séverac pour mes modestes moyens ; jouer la surface, en tout cas, après ma foi... faire sonner ça ne doit pas être si facile!)



J'avoue n'avoir jamais eu sous les yeux une seule partition de Mompou (alors que j'en possède de Séverac, évidemment). Mais votre impression, Lebewohl, me paraît parfaitement conforme à la réalité.
A mon oreille en tout cas, la musique de Mompou semble de façon générale bien plus simple techniquement, bien moins "ornée" que celle de Séverac. D'où une moindre difficulté technique, fort probablement. La difficulté dans cette musique, comme vous l'avez compris, est ailleurs... Faire "sonner juste", par exemple, des pièces aussi intimes et dépouillées que celles de la série "Musica Callada" (quatre cahiers composés entre 1959 et 1967), qui signifie "Musique du silence", ne doit vraiment pas être facile. Il me semble avoir lu quelque part un avis émis à ce sujet par Alicia de Larrocha, qui allait très clairement dans ce sens.
Jacques



Pendant que j'y pense, je viens encore vite "tirer de l'oubli" un bonhomme qui figure sur cette photo que j'ai montrée deux fois, prise en 1907 dans les jardins de la Schola Cantorum. Et ce n'est ni Séverac, ni Roussel, ni d'Indy.
Il s'agit de Pierre de Bréville [1879-1957], qui sur l'image apparaît (assis) entre Séverac et d'Indy. Or la musique de ce compositeur français est encore enregistrée de nos jours puisque le label britannique Hyperion () a sorti en 2004 un joli album de musique de chambre, où figure (avec une suite pour violon et piano de Joseph Canteloube intitulée "Dans la montagne") sa Sonate pour violon et piano No 1 en do dièze mineur (1918-19). Ça évoque tour à tour Franck, Chausson et Fauré (avec peut-être des "zestes" de quelques autres), et c'est très beau
.
Jacques


J'ai ajouté ce matin sur mon compte le disque de Billy Heidi consacré à Séverac. (Baigneuses au soleil, Cerdaña, Sous les lauriers-roses, Les Naïades et le Faune indiscret.) Je crois que je préfère Ciccolini, mais c'est quand même pas mal du tout. J'en profite pour ajouter Musica callada de Mompou par Mompou. Si vous en voulez plus, demandez et vous serez exaucés.
(Tant que j'y suis, mes derniers ajouts: ¡Pasiòn!, le disque de Joyce Di Donato consacré aux mélodies espagnoles (Obradors, Falla notamment) et Female Fates and Fortunes, disque de mélodies norvégiennes chantées par Randi Stene.)



Trés bonne idée!
J'ai évidemment aussi ce récital Séverac par Billy Heidi, et je l'apprécie beaucoup également.
Quant à Musica Callada de Mompou, je possède comme vous sa version par le compositeur lui-même. La prise de son [Ensayo] n'est pas idéale, mais quand même bien meilleure que pour les Albéniz d'Esteban Sanchez par exemple (NB : Sanchez est au demeurant fantastique dans un tel répertoire, à cent coudées au-dessus de beaucoup d'autres). Mompou avait 81 ans quand il jouait ça, et je ne puis m'empêcher d'être un peu ému en y pensant.
A propos de Séverac, je me demande si je ne vais pas ajouter finalement sur SM sa Sonate pour piano (par Isabelle Legoux-Laboureau)... C'est une oeuvre encore très inaboutie, voire maladroite, mais il y a là-dedans des passages que je trouve magnifiques, très touchants aussi. Bien qu'écrite sous le "carcan" de la Schola et de ses principes un peu particuliers, elle annonce quand même sans équivoque ce que Séverac composera plus tard. Une curiosité, certes, mais qui n'est pas dépourvue d'un certain charme à mon avis.
Jacques