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Thread: Georges Enesco

  1. #1
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    Georges Enesco



    Pour présenter Georges Enesco (1881-1955) - il serait d'ailleurs plus correct d'écrire "Enescu", mais tant pis -, je reproduis ci-après un assez long texte écrit par Noel Malcolm et tiré du livret joint à un album Hyperion paru en 1991 (c'est un peu long, mais très éclairant) :

    "(...) Georges Enesco (...) est l'un des géants méconnus de la musique moderne. Sa magnifique série d'oeuvres de chambre tardives, commençant par sa Troisième Sonate pour Violon, comprennent des morceaux d'une originalité remarquable, d'une complexe beauté et d'une grande puissance expressive, qui peuvent se mesurer avec la meilleure musique de chambre de Ravel, Janacek ou Bartok. Mais en dehors de la Roumanie, la musique d'Enesco est presque inconnue et les seuls morceaux qu'on joue fréquemment en concert sont ses deux Rhapsodies Roumaines, oeuvres de jeunesse qui sont loin d'être typiques. Juger Enesco en se basant sur ces deux morceaux, c'est un peu comme si on jugeait Ravel en se basant uniquement sur le Boléro.

    "Il y a plusieurs raisons évidentes pour cet oubli. D'abord la grande diversité des dons d'Enesco, qui lui ont valu d'être connu en Amérique surtout comme chef d'orchestre, et en Europe surtout comme violoniste. Même de son vivant, ses autres talents contribuaient donc à mettre dans l'ombre sa vocation de compositeur. Une autre raison était son caractère de compositeur national dépaysé : bien que profondément attaché à la musique roumaine, il avait aussi des racines dans les traditions française et germanique. Il poursuivit sa carrière d'exécutant surtout en dehors de la Roumanie et ses dernières années se passèrent en exil volontaire du communisme. Il n'appartint jamais à un mouvement ni à un groupe de compositeurs et travailla en solitaire. Après sa mort, le régime communiste roumain lui décerna (avec une incompétence grotesque) le titre de "compositeur national folklorique" : cela eut pour résultat de diminuer encore davantage sa réputation en Europe. Ce n'est que maintenant qu'on peut, en Europe de l'ouest, découvrir la véritable étendue et la richesse de l'héritage d'Enesco en tant que compositeur.

    "Enesco était né dans une famille aisée de la classe moyenne, à l'extrémité nord-ouest de la Roumanie, près de la frontière avec l'Ukraine. Il fit preuve d'un talent précoce pour le violon et la composition et à l'âge de sept ans fut admis au Conservatoire de Vienne. Il y fit connaissance de Brahms et y cultiva un amour de la musique qui devait durer toute sa vie. En 1895, il alla étudier au Conservatoire de Paris où il eut comme professeurs Massenet et Fauré et comme camarades Ravel et Alfred Cortot. Avant même de sortir du Conservatoire en 1895, il était apprécié du public roumain comme compositeur. Jusqu'à la première guerre mondiale, il vécut surtout à Paris, mais passait plusieurs mois par an dans son pays natal où il fut nommé musicien de cour de la famille royale de Roumanie. Sa Première Symphonie est l'une des grandes oeuvres qu'il composa à cette époque (1905); il termina ses Deuxième et Troisième Symphonies en Roumanie pendant la guerre.

    "A partir de 1910, Enesco travaillait aussi de façon intermittente à son opéra Oedipe; il en acheva une esquisse complète pour le piano en 1922 et sa vie, pendant les années 20, fut dominée par l'orchestration, le développement et la transformation de cette esquisse en une partition d'une grande complexité qu'il termina en 1931 et qui eut sa première audition à l'Opéra de Paris en 1936. Pendant la période de l'entre-deux-guerres, Enesco atteignit le sommet de sa célébrité comme exécutant en Europe et en Amérique. Il était aussi très demandé comme professeur; il acceptait rarement des élèves attitrés, mais fit une exception notoire pour Yehudi Menuhin qui commença à étudier sous sa direction en 1927 (plus tard il eut pour disciples Arthur Grumiaux, Ida Haendel, Ivry Gitlis et Christian Ferras).

    "Enesco passa la seconde guerre mondiale, comme la première, dans son pays natal. Ses activités musicales furent nécessairement entravées par la guerre, mais parmi les événements marquants de ces années, il y eut une série de concerts et d'enregistrements à Bucarest avec son filleul, Dinu Lupati. C'est aussi à cette époque qu'Enesco composa ses plus belles oeuvres de musique de chambre, dont les Impressions d'Enfance pour violon et piano, le Quintette avec Piano et le Deuxième Quatuor avec Piano. En 1946, alors que l'emprise du Parti Communiste sur la Roumanie s'intensifiait inexorablement, Enesco partit en exil. Pendant ses dernières années, il vécut dans une misère croissante à Paris : souffrant d'une maladie chronique (une grave scoliose), il était incapable de poursuivre sa carrière de violoniste ou de chef d'orchestre et consacrait davantage de son temps à l'enseignement (notamment aux universités d'été de Bryanston où il contribua à la formation des jeunes membres du Quatuor Amadeus). Il continuait à composer et acheva deux autres oeuvres de musique de chambre, le Deuxième Quatuor pour Cordes (1951-52) et la Symphonie de Chambre (1954). Enesco fut paralysé par une attaque d'apoplexie, pendant l'été de 1954, et mourut dans la nuit du 3 au 4 mai 1955. (...)"

    Bon ... Avant de montrer six albums et coffrets intéressants (en tout cas pour les oeuvres qu'ils présentent), je relève parmi bien d'autres choses que Georges Enesco, à 22 ans, composa pour le piano une Deuxième suite Op. 10 [Toccata, Sarabande, Pavane et Bourrée] qui lui valut le premier prix (un grand piano Pleyel !) d'un concours où le jury comprenait notamment Debussy, Cortot, d'Indy et Hahn, et que comme Ernest Bloch pour son Premier Quintette il fit un usage saisissant des quarts de ton dans sa prodigieuse Troisième Sonate pour violon et piano "dans le style populaire roumain" Op. 25 (1926), ainsi que dans son extraordinaire opéra Oedipe (1921 à 1931 - création à Paris cinq ans plus tard).

    Voici donc les albums et coffrets en question :








    Jacques

  2. #2
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    Salut Jacques et bonjour à la Suisse
    J'ai une bonne trentaine de disques de Enescu (pas comme ça ... ), mis à part le piano ... pour mes oreilles d'âne ... George n'était pas vraiment taillé pour le piano ... il y a une oeuvre formidable parmi plein d'autres ... c'est le Dixtuor pour vent en ré majeur... ça fait danser les ours ....

  3. #3
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    YouTube - Celibidache conducts Enescu's Romanian Rhapsody No.1-Part I

    YouTube - Celibidache conducts Enescu's Romanian Rhapsody No.1-Part II

    Quand un Chef d'orchestre est en pays de connaissance... et le compositeur en pays de reconnaissance...
    En France, le ku (prononcer kou) devient ko. Pour la raison toute simple, voire simpliste, que vous pouvez aisément deviner.

  4. #4
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    tous

    Très vite, car je dois sortir, mais comme je suis particulièrement heureux de l'ouverture de ce sujet sur Enescu -> j'ai la chance de posséder l'intégrale des Complete Orchestral Works, dirigée par Andreescu, et publié par Olympia dans les années 90 ! C'est ex-tra-ord-dinaire !!! j'ai rarement ressenti une telle "symbiose" ente un chef comme Andreescu et une musique comme celle celle d'Enescu ! Je viens de regarder sur Amazon, et apparemment les 6 albums sont encore disponbles, - parfois pour presque rien (les vol. 1 et 3 à 5 ou 6 dollars), parfois pas (vol. 6 ... presque 30 dollars quand même )

    Lorsque je reviens, si cela intéresse qqun, je donnerai le programme complet de ces 6 albums, que je pourrai également installer sur mon compte SM.

    Sinon les interprétations de Foster sont excellentes elles aussi !!!

  5. #5
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    "j'ai la chance de posséder l'intégrale des Complete Orchestral Works, dirigée par Andreescu" ..... tu en as de la chance .... c'est un ours stupide qui te le dit ... et un ours qui a tout Andreescu en plus .... ... il y a de ces hasards dans la vie ....

  6. #6
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    Bonjour Dominique , bonjour Philippe .

    Comme vous l'avez vu, Dominique, j'ai une version de ce fameux Dixtuor qui "fait danser les ours" (), mais par le modeste Orchestre de Chambre de Lausanne (comme par hasard ). Remarquez qu'il est dirigé par Lawrence Foster, un spécialiste d'Enesco qui dirige aussi la version de l'opéra Oedipe (avec Van Dam et tout) que je possède.

    Et bien entendu, Philippe, ce que vous avez révélé m'intrigue et m'intéresse au plus haut point . Donnez-nous donc dès que vous le pourrez le programme complet des six albums que vous avez la chance de posséder (et pour SM, ce serait fantastique aussi).

    Comme je déjeune tard aujourd'hui (après je serai absent jusqu'en fin d'après-midi), je vais essayer de mettre encore en ligne une ou deux photos de notre compositeur.

    Jacques

  7. #7
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    Ouf ! C'est pas moi qui dois faire la liste des titres de Andreescu sauvé, merci Jacques ! Bon courage Philippe

  8. #8
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    Voilà le programme de l'intégrale Andreescu chez Olympia :

    Vol.1
    Symphony No 1 in E flat major, Op.13
    Overture on Popular Romanian Themes in A major, Op.32
    Study Symphony (No.4) in E flat major

    Vol.2
    Symphony No 2 in A major, Op.17
    Romanian Rhapsody in A major, Op.11 No.1
    Romanian Rhapsody in D major, Op.11 No.2

    Vol.3
    Symphony No. 3 in C major, Op.21
    Romanian Poem for Orchestra, Op.1

    Vol.4
    Orchestral Suite No.1, Op.9
    Symphonie concertante for Cello and Orchestra, Op.8
    Two Intermezzi for String Orchestra, Op.12

    Vol.5
    Orchestral Suite No.2, Op.20
    Orchestral Suite No.3 "Villageoise", Op.27
    Andantino (1896)

    Vol.6
    Vox Maris (Symphonic Poem), Op.31
    Study Symphony No.1 in D minor
    Ballade for violin and orchestra, Op.4a

    Une intégrale Olympia à laquelle on peut ajouter un album composé du dixtuor pour vents, Op.14, dont parle Domi (avec l'octuor pour cordes, Op.7) mais ça, je n'ai pas...



    Sinon les pochettes ne sont pas terribles...

    Voici celle du Vol.1 à titre d'exemple :


  9. #9
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    Quote Originally Posted by Jacques View Post
    Et bien entendu, Philippe, ce que vous avez révélé m'intrigue et m'intéresse au plus haut point . Donnez-nous donc dès que vous le pourrez le programme complet des six albums que vous avez la chance de posséder (et pour SM, ce serait fantastique aussi).
    Hé bien voilà seulement que je vois ce message ! et pour la liste des oeuvres, c'est fait !

    Je n'ai pas le temps pour l'instant de les mettre en ligne sur SM, mais je m'en occupe dès que possible

  10. #10
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    "Sinon les pochettes ne sont pas terribles..."

  11. #11
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    Quote Originally Posted by JYDUC View Post
    Quand un Chef d'orchestre est en pays de connaissance... et le compositeur en pays de reconnaissance...
    Formidable, Jean-Yves !


    Bon. Alors voici quatre photos du compositeur, avec au violon, sur la troisième, son plus illustre élève (ensuite je m'éclipse pour quelques heures) :








    Jacques

  12. #12
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    Merci beaucoup aussi, Philippe (quelle rapidité ...).

    Comme je dois maintenant absolument partir, je regarderai tout ça très attentivement dès mon retour .

    Jacques

  13. #13
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    Merci pour ce fil, Jacques.
    Je ne connais que peu d'oeuvres d'Enesco mais les aime toutes beaucoup.

    Il s'agit des deux quatuors que j'ai non pas les Voces mais par les Ad Libitum

    J'ai aussi l'intégrale des symphonies avec Vox Maris de Foster/Monte Carlo, dans laquelle j'apprécie particulièrement la 2e Symphonie (finale génial).

    Le disque d'Enesco que j'écoute le plus est celui proposant le quintette et l'octuor par Gidon Kremer et ses amis baltes. Magnifique musique, superbement construite et très personnelle, qui me donne un peu l'impression que les idées des quatuors sont arrivées à maturité.

  14. #14
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    Quote Originally Posted by JYDUC View Post
    En France, le ku (prononcer kou) devient ko. Pour la raison toute simple, voire simpliste, que vous pouvez aisément deviner.

    Devenait, en tout cas: Ionesco, Popesco, Enesco ; mais quand on parlait du Danube de la pensée et de la lumière des Balkans, c'était à propos de Ceausescu.

  15. #15
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    (...j'ai déjeuné, et au lieu de faire ma petite "balade dans la campagne" je suis revenu ; j'en ferai une plus tard ...)

    Merci, Théo , pour votre contribution.

    Même si j'ai ouvert ce fil de discussion, je ne suis pas un spécialiste d'Enesco (j'ai un petit stock de disques, et j'ai surtout une fascination pour son opéra Oedipe - j'en reparlerai sans doute plus tard - ainsi que pour certaines de ses oeuvres de musique de chambre). Et des trois disques que vous avez mentionnés, je ne connais ni celui paru chez Naxos (qui doit être bon vu les interprètes, que j'ai déjà entendus dans d'autres répertoires -- j'ai toutefois une autre version des Quatuors à cordes Nos 1 et 2, montrée dans mon premier post), ni l'album avec Gidon Kremer et ses amis baltes (ça doit être superbe -- s'agissant des oeuvres interprétées, je suis quasiment sûr d'en avoir aussi une version mais j'ai cherché partout et ne retrouve rien pour l'instant ).

    J'ai pour le moment deux choses à montrer, qui me paraissent assez intéressantes.

    1/ Tout d'abord le touchant message écrit par Yehudi Menuhin quand est parue, en 1990, la version Foster, van Dam (etc.) de l'opéra Oedipe :

    "Pendant tout le temps passé auprès de Georges Enesco, mon cher maître bien-aimé, jamais la partition de son monumental opéra « Oedipe » ne le quitta. Jour et nuit, au lieu de dormir après ou entre deux concerts, il travaillait à cette oeuvre considérable dont on peut véritablement dire, comme Elgar le disait de son Concerto pour violon : « Aqui esta encerrada el alma de - » : « C'est ici que se trouve l'âme de Georges Enesco ».

    "Le fragment le plus obsédant de cet opéra, qui continue de me revenir à l'esprit, est peut-être le solo de flûte du berger a la croisée des chemins, juste avant la rencontre fatale du premier acte.

    "Comment décrire l'âme de ce grand homme ? C'était une âme animée par le passion autant que par la gentillesse, et qui éveillait une profonde sympathie - l'âme d'un esprit généreux. Elle était d'une ardeur aussi acharnée et chevaleresque que tendre et discrète.

    "Chez Enesco, la musique devenait la voix de tout être vivant, une voix exprimant l'inexprimable, l'inflexibilité des désirs, les prières engourdies, l'ineffable aspiration de l'humanité, comme de chacun des êtres la constituant - un compositeur, un violoniste tzigane, ou bien une mère, un enfant - ou encore un jeune violoniste, plein d'espoir, comme moi.

    "Il écoutait la musique que quiconque lui portait - la musique au-delà des mots, par delà les gestes - et tout en écoutant il faisait de la musique, à partir de celle qu'il entendait - anxiété, amour, destin, ces forces que nous ne contrôlons plus - joie et reconnaissance.

    "Son amour pour sa terre natale le rattachait à un passé païen - à un peuple enraciné dans une sagesse ancienne - et la légende grecque d'Oedipe devint le véhicule par et dans lequel il distilla la musique de sa vie.

    "Enesco fut, avec Bartok, le plus grand musicien que j'aie connu; en quelque domaine de la musique que ce soit - composant, jouant du violon, de l'alto ou du piano, dirigeant - il était profondément inspiré.

    "On ne l'a pas encore entièrement découvert, et c'est pourquoi cet enregistrement est une étape importante dans l'approche de cet univers unique que constitue le glorieux héritage qu'à nous tous il a laissé.

    "Je voudrais exprimer ici toute ma gratitude à Lawrence Foster, à l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo et à EMI-France : grâce à eux un plus large public pourra s'engager sur ces chemins de la découverte musicale."


    2/ Ensuite cette vidéo, où l'on peut entendre Yehudi Menuhin, accompagné au piano par son fils Hepzibah, interpréter le dernier mouvement de l'extraordinaire Troisième Sonate pour violon et piano "dans le style populaire roumain" (NB: pour être moins radicale que celle de Bartok, la modernité que révèle Enescu dans cette oeuvre de 1926 n'en est pas moins frappante -- pas étonnant que le couplage Bartok / Enescu soit relativement fréquent au disque) :

    YouTube - Hepzibah end Yehudi Menuhin playing, sonata nr.3[/url]

    Jacques

  16. #16
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    j'enchaîne les boulettes en ce moment: je suis à peu près sûr que la symphonie que j'apprécie particulièrement, et notamment pour le finale est la première et non la seconde... je vérifierai en rentrant.

  17. #17
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    Quote Originally Posted by Theo B View Post
    j'enchaîne les boulettes en ce moment: je suis à peu près sûr que la symphonie que j'apprécie particulièrement, et notamment pour le finale est la première et non la seconde... je vérifierai en rentrant.
    Ne vous en faites pas, Théo . Moi, en fait d'enchaînement de boulettes, c'est souvent dix fois pire et j'ose ensuite à peine relire ce que j'ai pu écrire ...

    Deux ou trois choses un peu savantes, maintenant, sur la musique de chambre d'Enesco. Je dis "savantes" parce que je les ai piquées () dans les écrits d'un grand musicologue, lequel a notamment consacré à Debussy une analyse de son oeuvre qui reste une référence (Fayard - complément [2ème partie] au gros ouvrage d'Edward Lockspeiser).

    Très manifestes (par le rythme, les traits mélodiques, etc.) dans sa Troisième Sonate pour violon et piano de 1926, les emprunts à la musique populaire roumaine sont bien plus discrets dans la plupart des autres oeuvres que Georges Enesco, cet élève précoce et surdoué de Fauré, a composées dans le domaine de la musique de chambre. A ces oeuvres, Harry Halbreich consacre dans le Guide Fayard portant sur ce domaine ("Les indispensables de la musique") des analyses détaillées et d'un grand intérêt. J'en évoque seulement trois ci-après.

    Halbreich voit par exemple dans le Dixtuor à vents Op. 14 de 1906 (deux flûtes, hautbois, cor anglais, deux clarinettes, deux bassons et deux cors) "une oeuvre heureuse et reposée, d'un grand charme sonore, une évocation bucolique et paisible de la campagne roumaine, d'une grande générosité mélodique en ses trois mouvements". Il remarque en particulier que les cadres formels utilisés ici par Enesco, qui n'avait encore que 25 ans à l'époque de la composition de l'oeuvre, comme toujours chez lui "ne sont pas forcément perceptibles par l'auditeur, à cause du renouvellement permanent de l'écriture (les reprises sont toujours variées); ici encore, Enesco rejoint Schoenberg et son précepte : «N'écris jamais ce que ton copiste pourrait écrire à ta place !»". Halbreich termine son analyse en disant : "Quant à la perfection des sonorités (s'agissant d'une formation difficile et rarement traitée de manière satisfaisante, d'où la rareté de ce répertoire), elle tient tout simplement du miracle."

    A propos du Deuxième Quatuor à cordes en sol majeur Op. 22 No 2 (1951), Halbreich déclare sans hésiter qu'il est "l'un des plus grands quatuors du XXème siècle". Il note à ce propos que "le sommet expresssif de l'ouvrage, et l'une des cimes de toute l'oeuvre d'Enesco, est atteint avec l'Andante molto sostenuto ed espressivo (officiellement en mi majeur) du deuxième mouvement", estimant qu' "on rejoint ici le niveau d'inspiration des derniers Quatuors de Beethoven" et qu'il s'agit de "l'aboutissement de la trajectoire musicale et spirituelle de toute une vie".

    Et en ce qui concerne la Symphonie de Chambre pour douze instruments en mi majeur Op. 33 de 1954 (flûte, hautbois, cor anglais, clarinette, basson, cor, trompette, violon, alto, violoncelle, contrebasse et piano), composée un an avant la mort d'Enesco, Halbreich relève que "le langage mélodico-harmonique" y est "plus libre encore que dans le Quatuor précédent, le chromatisme de plus en plus généralisé et les intervalles de plus en plus distendus", ce qui rend "difficile la perception d'une tonalité dont le rôle structurel sous-jacent demeure cependant essentiel". Selon Halbreich, "cette ultime Symphonie de chambre a, une fois encore, situé le vieux maître au coeur de l'avant-garde de son époque".

    Ce soir (ou demain, ou un de ces prochains jours en tout cas), j'essaierai de prendre le temps de réécouter l'opéra Oedipe, puis d'en dire au moins quelques mots . Car on ne peut parler de l'oeuvre d'Enesco, il me semble, en laissant totalement dans l'ombre un chef-d'oeuvre aussi original et pourtant toujours aussi peu fréquenté.

    Jacques

  18. #18
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    Cher Jacques, si le coeur vous en dit ...

    Quote Originally Posted by Jacques View Post
    (...) demain, ou un de ces prochains jours (...)
    vous pourrez jeter aussi une oreille sur l'intégrale des oeuvres symphoniques d'Enescu par Andreescu, car je viens ( mieux vaut tard que jamais ) enfin de les mettre en ligne, sur mon compte SM

    Excellente écoute !

  19. #19
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    Philippe mulţumesc este de fapt o idee foarte buna! ( bon je fais ce que je peux avec la méthode à mimile! )

    Je vais mettre sur Simplify Média la Grande, la sublime, l'extraordinaire, la géniale, la merveilleuse, la formidable interprétation des Rhapsodies roumaines par le Philharmonique Tchèque et Constantin Silvestri! Enregistrements Supraphon de 56! C'est prodigieux et formidable ( hein? je l'ai déjà dit ? ) Y'a pas mieux! ( c'est bon! C'est bon! On a compris! )

    thierry

    ps : merci à Jean Yves pour Brucknérator qui dirige la 1ère Rhapsodie! C'est pas mal... Et il swing et sourit...

  20. #20
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    Merci, Philippe et Thierry, pour toutes ces bonnes nouvelles .

    Moi, à part quelques enregistrements Foster, j'ai une quasi intégrale de l'oeuvre pour grand orchestre d'Enesco par un chef et un orchestre roumains "pur sucre" (on peut d'ailleurs en voir un CD sur mon premier post), et ils sont plein d'ardeur "idiomatique" ().

    Mais je dois reconnaitre que ça sonne parfois un peu "orchestre provincial" (), et tout est loin d'être parfaitement en place. Même si ça a été enregistré après la fin du règne du "Génie des Carpathes", alias Ceaucescu ().

    Sur ce, au cas très improbable où vous seriez encore assis devant votre ordinateur (et d'ailleurs même si ce n'est plus le cas), je vous souhaite une excellente nuit .

    Jacques

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