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Thread: Elliott Carter

  1. #21
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    Re : Elliott Carter

    Merci Tahar

    Avatar pour avatar, j'aime bien le vôtre également, (mais c'est l'Alsacien qui parle).

    "De la confrontation naît la lumière": c'est un peu la définition qui manquait à la musique de Scelsi.

    Toujours sur Carter: il avait composé, si je ne me trompe pas, des pièces pour timbales seules qui m'avaient frappé par leur austérité et leur "timidité", à contre-courant total de ce que l'on pourrait attendre de ces instruments (tiens, je pense au contre-exemple absolu: Xenakis...)
    A bientôt,
    Vincent

  2. #22
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    Re : Elliott Carter

    Quote Originally Posted by Vincent H View Post
    Toujours sur Carter: il avait composé, si je ne me trompe pas, des pièces pour timbales seules qui m'avaient frappé par leur austérité et leur "timidité", à contre-courant total de ce que l'on pourrait attendre de ces instruments (tiens, je pense au contre-exemple absolu: Xenakis...)
    Oui, il s'agit de Eight Pieces for Four Timpani.

    Je n'en connais que trois, que j'ai entendues sur CBC Radio 2. C'était effectivement très poétique et onirique, et presque "timide".

    En fait, c'était dans la veine d'une oeuvre que j'aime beaucoup, et dont j'avais parlé dans l'ancien forum, Los Dioses Aztecas de Gardner Read


  3. #23
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    Re : Elliott Carter

    Quote Originally Posted by Vincent H View Post
    Merci Gilles pour vos précisions. J'avoue que j'ai beaucoup de mal avec Carter, alors que Scelsi a été une grande découverte pour moi.
    Pour Carter, je partage vos réserves sur le concerto pour orchestre, même si je dois déplaire à Tahar. En revanche, j'aurai assez de mal à argumenter dans ce sens, car il y a sans doute beaucoup de choses qui m'échappent.
    Merci pour ce panorama, en tout cas!
    Vincent, je comprends votre admiration pour Scelsi. J'avais fait un panorama comme celui-là pour sa musique sur un autre forum, si j'ai le courage je le réécrirai (j'ai toujours mes notes).

    En ce qui concerne Carter, il est a priori moins séduisant que Scelsi. Je crois que c'est une musique faussement abstraite et qu'il faut l'écouter sans trop se poser de questions : en ce sens, Carter n'est pas du tout européen dans sa conception de la musique. C'est là que je vois la source de sa fraîcheur et de son immédiateté. Si vous avez un peu de mal avec ses oeuvres les plus abruptes (comme le concerto pour orchestre ou ses oeuvres vocales), je vous recommande d'essayer les quatuors, c'est plus soft.

    Gilles
    Reason: syntaxe

  4. #24
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    Re : Elliott Carter

    Suite de l'exploration de l'oeuvre de Carter avec la musique de chambre.

    Sonate pour violoncelle (1948 - 22' )

    Une œuvre de la période tonale: très bien écrite, dynamique et mystérieuse, malgré un style qui semble encore se chercher.

    Duo pour violon & piano (1974 - 21' )

    Une œuvre âpre et austère, souvent trop abstraite à mon avis, même si le violon ne manque pas de séduction sonore parfois (beaucoup de double cordes, peu d'éclats).

    Esprit Rude/Esprit Doux (1985 - 5' )

    En référence donc aux esprits grecs, mais on reste en fait dans le duo flûte/oiseau contre clarinette/chat et c'est un peu déjà vu.

    Quintette pour piano & vents (1991 - 23' )

    Malgré le talent incontestable de Carter à composer des œuvres aux lignes claires, vives et aux colorations fines, ce quintette à connotation humoristique peine à se dégager de l'influence de celui de Schoenberg. Mais c'est agréable quand même.

    Trilogie pour guitare, hautbois & harpe (1992 - 19')

    Une œuvre très cartérienne, incisive, précise, chaque gling est pesé et ciselé. Son seul défaut sans doute, une certaine négligence parfois pour les timbres instrumentaux si on compare ça à Takemitsu (qui a utilisé ce genre de formation avec une ambiance similaire)

    Figment I (pour violoncelle) (1994 - 5' )

    Très recherché et expressif: du pur Carter. Evidemment c'est assez froid, mais ça s'écoute facilement.

    A6 Letter (pour cor anglais) (1996 - 5' )

    Un peu court, mais il démontre encore une fois son talent dans la maîtrise de l'écriture des instrument solos: ce cor anglais est coloré et chaleureux, vif et précis.

    Lauds (pour violon) (1999 - 15' )

    Très expressif et toujours aussi magnifiquement ciselé. Le premier, dédié à Copland est particulièrement enthousiasmant. Dans le genre difficile de la musique pour violon seul, c'est une réussite.

    Figment II "Remembering Mr. Ives" (pour violoncelle) (2001 - 4' )

    Quasi tonal, savamment mêlé à de l'atonal. Toujours aussi subtil.

    Quatuor pour hautbois (2001 - 19')

    Une œuvre qui s'apparente assez au concerto, avec de longues arabesques, beaucoup de vivacité, une précision du langage étonnante, mais avec moins de couleur cependant. De plus, c'est dans les séquences lentes que Carter excelle à faire s'exprimer les solistes, et ici la partie lente est malheureusement trop courte.

  5. #25
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    Re : Michael Gielen et la musique d'Elliott Carter.

    Quote Originally Posted by Tahar Mouslim View Post
    Ce disque:



    devrait être une brique de base de toute discographie Carter, d'autant plus que son prix est dérisoire.
    Amusant comme coïncidence : j'avais commandé cet album sur Amazon depuis belle lurette et je l'ai reçu hier (et écouté hier soir) : FOR-MI-DABLE !

    2 euros 60...

  6. #26
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    Re : Elliott Carter

    Quote Originally Posted by Couack View Post
    en ce sens, Carter n'est pas du tout européen dans sa conception de la musique.
    Cela, c'est clair, à mon sens!

    Je ne sais pas si quelqu'un a écouté - ou lu le transcript - l'entretien avec la radio publique, pour laquelle j'avais mis un lien, mais Elliott Carter, comme tous les autres que j'ai cité: Diamond, Piston, Sessions, Zwilich, Bazelon, Persichetti, Schuman, Harris, Copland, Rochberg, Babbitt, Gardner Read, tous ces gens là ne composent pas comme des européens, et ne comprennent pas le métier et l'art de compositeurs de la même manière que les compositeurs européens de la même génération.

    Ils n'ont pas en particulier les mêmes auto censures par rapport à des notions comme le bon goût ou le progrès historique, entre autres.

  7. #27
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    Re : Elliott Carter

    Quote Originally Posted by Couack View Post
    Suite de l'exploration de l'oeuvre de Carter avec la musique de chambre.
    En complément de cette belle et longue liste, une oeuvre qui se trouve sur le double album Vox 20th Century Voices in America:



    L'album est admirable d'un bout à l'autre et j'en ai déjà parlé dans l'ancien forum à propos des oeuvres de George Crumb, George Rochberg et SHulamit Ran.

    L'oeuvre d'Elliott Carter est intitulée Tell Me Where is Fancy Bred? C'est une oeuvre pour voix d'alto avec accompagnement de guitare.

    Peut-être, souhaitais-tu en parler dans la section "oeuvres vocales" plutôt que musique de chambre? Ce qui se défendrait parfaitement

    C'est bien sûr tiré du Marchand de Venise de William Shakespeare, qui a aussi inspiré William Walton pour un de ses très beaux partsongs pour voix de ténor et soprano.

    La pièce de Carter est une petite miniature de 3 minutes, ici accompagnée à la guitare seule, alors que Carter a composé la pièce avec un accompagnement " up to 6 players ".

    Ce qui me frappe, là encore, après le concerto pour orchestre, c'est la capacité phénoménale d'Elliott Carter à décrire en musique une atmosphère ou un programme littéraires et/ou poétiques.

    C'est une ode amoureuse, ce texte, dont je reproduis ici les paroles:

    Tell me where is Fancy bred,
    Or in the heart or in the head!
    How begot, how nourished?
    Reply, reply.
    It is engender'd in the eyes,
    With gazing fed; and Fancy dies
    In the cradle where it lies.
    Let us all ring Fancy's knell;
    I'll begin it, - Ding, dong, bell.

    Ce chant, au milieu de la deuxième scène de l'acte III, est bien une ode amoureuse, mais une ode amoureuse qui est entonnée au beau milieu d'une situation très angoissante entre Portia et Bassano, puisque Bassano risque sa peau ...au sens propre du terme: a pound of flesh.

    En trois minutes, Elliott Carter nous fait ressentir que derrière l'enjouement de façade, il y a une angoisse sous-jacente, un peu glauque, un peu absurde, mais réelle, qui pèse sur la tête des amoureux.

    Du grand art, à mon avis

  8. #28
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    Re : Elliott Carter

    Bonjour Tahar,

    Je dirais autrement que les musiciens américains, du moins ceux que vous citez ( et je ne les connais pas tous!) seraient donc décomplexés par rapport à ceux de la Vieille Europe qui subisse peut être plus le poids de l'Histoire, des traditions et des idéologies qui se sont construites par strates depuis 2000 ans..? Effectivement une perception différente de la notion de bon goût, mais le bon goût est quelque chose de très subjectif et inféodé souvent à la notion de mode! Enfin concernant l'histoire, l'Amérique est une nation jeune, qui a réussi a faire son deuil de l'Europe ( positivement : ne pas oublier, ou nier bêtement mais aller de l'avant )
    Mais je ne suis ni compositeur ni théoricien ni musicologue ni prophète et j'aime de plus en plus, et à la folie George Rochberg!

    thierry

  9. #29
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    Re : Elliott Carter

    Bonjour Thierry,

    Bien que n'étant pas davantage musicologue, compositeur ni rien de ce genre-là, je souscris sans réserve à votre commentaire. La musique américaine est moins entravée, de manière générale. On peut y voir cohabiter un Carter avec un Glass ou un Feldman, y voir surgir un génie comme Ives qui compose entre deux contrats d'assurance et qui n'est passé par aucun conservatoire. C'est sans doute ce côté décomplexé qui attiré Varèse là-bas et qui lui a donné suffisamment de liberté pour faire ce qu'il a fait.

    Ceci dit, il y a des scènes musicales en Europe qui sont aussi décomplexées : la Finlande, le Danemark et la Grande Bretagne notamment.

    Gilles

  10. #30
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    Re : Elliott Carter

    Tahar, c'est que tu parles de cette oeuvre : je ne comptais pas en parler moi-même parce que j'en ignorais jusqu'à l'existence (que je découvre en te lisant). Je consacrerai un post aux pièces vocales et à What Next, mais ça n'est pas la partie de son oeuvre qui me séduit le plus a priori.

  11. #31
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    Re : Elliott Carter

    Je ne connais pas grand-chose à toutes ces oeuvres... en fait hormis les quatuors et deux ou trois autres oeuvres, je ne me suis pas penchée plus avant sur les oeuvres. Mais en ce qui concerne les quatuors, je les connais bien pour les avoir analysé de fond en comble, si tant est qu'on puisse analyser ce type d'oeuvres de fond en comble. Et je dois dire que l'analyse m'a été beaucoup plus jouissive que l'écoute! Notamment dans le 3e, on découvre des choses surprenantes, on se dit qu'il n'y a guère de musique plus pensée que celle-là... Mais je ne sais pas s'il est bien nécessaire d'en parler, l'analyse est jouissive quand on découvre soi-même, et je crois que cela n'intéresse pas grand-monde ici. En tout cas, c'est le type d'oeuvres qui ne me dit rien si je n'entre pas dedans par l'analyse. Après, quand j'ai compris les structures, le cheminement compositionnel, l'écoute me procure plus de plaisir.

    Voilà, tout cela pour signaler, en fait, que ces oeuvres sont faites pour être vues et que les 5 quatuors seront justement donnés en intégrale lors de la biennale du quatuor à la Cité de la musique en janvier prochain. Une intégrale des quatuors de Carter, c'est tellement exceptionnel vu la difficulté à monter ces pièces qu'il ne faut pas louper ça... cela ne se reproduira pas de sitôt!

  12. #32
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    Re : Elliott Carter

    Quote Originally Posted by Patricia View Post
    Voilà, tout cela pour signaler, en fait, que ces oeuvres sont faites pour être vues et que les 5 quatuors seront justement donnés en intégrale lors de la biennale du quatuor à la Cité de la musique en janvier prochain. Une intégrale des quatuors de Carter, c'est tellement exceptionnel vu la difficulté à monter ces pièces qu'il ne faut pas louper ça... cela ne se reproduira pas de sitôt!
    C'est clair! Je veux bien vous croire.

    J'ai vu les dates: du 22 au 27 janvier prochain.

    Quatuor Juilliard, Quatuor Arditti et Quatuor Pacifica se partagent la tâche et le Quatuor Amati a même appris le cinquième, ce qui est vraiment bien.

    J'ai vu aussi qu'ils étaient inclus dans des programmes, où les compléments ne feront pas peur, sauf le concert des Arditti qui donne dans le brutal

    C'est à souhaiter que cette manifestation ait beaucoup de succès.

  13. #33
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    Re : Elliott Carter

    Quote Originally Posted by Patricia View Post
    Mais je ne sais pas s'il est bien nécessaire d'en parler, l'analyse est jouissive quand on découvre soi-même, et je crois que cela n'intéresse pas grand-monde ici. En tout cas, c'est le type d'oeuvres qui ne me dit rien si je n'entre pas dedans par l'analyse. Après, quand j'ai compris les structures, le cheminement compositionnel, l'écoute me procure plus de plaisir.

    Une intégrale des quatuors de Carter, c'est tellement exceptionnel vu la difficulté à monter ces pièces qu'il ne faut pas louper ça... cela ne se reproduira pas de sitôt!
    Mais si, ça m'intéresse moi la structure des quatuors de Carter ! Ici il y a une analyse en survol des deux premiers : http://www.davethehat.com/articles/carterquartets.htm

    Je n'ai jamais vu les partitions, je suis tombé sur celle du concerto pour hautbois un jour et c'était effectivement assez ahurissant. Le miracle là-dedans, c'est qu'à l'écoute ça reste frais et spontané.

  14. #34
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    Re : Elliott Carter

    Quote Originally Posted by Couack View Post
    Suite de l'exploration de l'oeuvre de Carter avec la musique de chambre.


    Esprit Rude/Esprit Doux (1985 - 5' )

    En référence donc aux esprits grecs, mais on reste en fait dans le duo flûte/oiseau contre clarinette/chat et c'est un peu déjà vu.
    Je trouve, au contraire, que c'est une petite pièce fabuleuse, écrite en 1985 pour le soixantième anniversaire de Pierre Boulez.
    En grec, «soixantième année» se dit hexekoston etos et l'epsilon initial du premier mot porte un esprit rude, tandis que celui de second mot porte un esprit doux.

    En effet, esprit rude - esprit doux, ce n'est pas seulement un jeu de mot sur les caractéristiques de la personnalité de Pierre Boulez - même si ce jeu de mot existe bien, car je redis qu'Elliott Carter parle aussi bien français que vous et moi - mais un travail de timbres sur les sons qu'on nomme en anglais «rough breathing/smooth breathing».

    Je trouve, là encore, que la poésie, la tendresse et la clarté de cette petite oeuvre à l'écoute est étonnante, quand on songe à la précision de la construction intellectuelle de sa composition.

    Dix ans plus tard, Elliott Carter a composé pour les 70 ans de Boulez, une autre pièce de 4 minutes pour flûte, clarinette et marimba, intitulée Esprit rude- esprit doux II.

    Les mêmes principes sont à l'oeuvre, mais c'est une oeuvre qui a moins d'impact et moins de tendresse aussi, à mon sens.

    En revanche, la petite pièce pour piano de deux minutes: Retrouvaille, écrite en l'an 2000 pour Boulez encore, est fraîche et bouleversante, à mon sens.

  15. #35
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    Re : Elliott Carter

    Oui, j'ai sans doute un peu négligé cette oeuvre. Je ne suis pas fan des petites pièces courtes en général, et je l'ai écoutée à la suite du concerto pour hautbois que j'avais trouvé magnifique; ton post m'invite à m'y attarder davantage avec le jeu que tu décris entre smooth/rough breathing - tout à fait éclairant.

  16. #36
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    Re : Elliott Carter

    Suite du panorama : la musique vocale.

    Je n'ai pas tellement apprécié les oeuvres vocales de Carter - et surtout pas son opéra - qui m'ont semblées assez mornes malgré une orchestration très recherchée. Je dois également reconnaître que la mélodie vocale atonale n'est pas un genre que je chéris particulièrement. Tahar rendrait certainement davantage justice que je ne peux le faire à ces oeuvres

    A Mirror on Which to Dwell (soprano & orchestre) (1975 - 19' )

    Même s'il y a là un véritable talent orchestral, les voix atonales m'ont rarement emballées car elles me semblent toutes dévider la même mélodies depuis Schoenberg. Cette œuvre n'échappe hélas pas à cette impression.

    Three Poems by Robert Frost (baryton & orchestre) (1975 - 5' )

    Carter dans son style post-Ives. Une oeuvre assez plaisante mais je n'ai pas eu le texte sous les yeux.

    Syringa (soprano, baryton & orchestre) (1978 - 19' )

    Cette oeuvre utilise une guitare d'une manière qui me semble un peu incongrue. Sinon, elle m'a fait le même effet que A Mirror...

    In Sleep - In Thunder (ténor & orchestre) (1981 - 21' )

    Très formel, très schoenbergien, et pas très personnel, je trouve.

    What next ? (1997 - 40' )

    L'unique opéra de Carter, composé assez tard, ne m'a vraiment pas convaincu : il m'a beaucoup fait pensé à l'opéra de Bernstein "A Quiet Place" qui me semble présenter le même défaut, celui de rester dans l'ombre des oeuvres de Tippett et en beaucoup moins bien. Le langage est le même, une sorte d'expressionisme abstrait, et le livret qui combine un nombre important de personnages caractérisant différentes catégories sociales, confrontés à une situation qui les invite à une sorte de questionnement psychanalytique, rappelle fortement "The Ice Break" et "The Knot Garden" et dans une moindre mesure "The Second Hurrycane" de Copland. Carter dit avoir recherché "plus de spontanéïté" que dans ses oeuvres antérieures, j'ai eu le sentiment du contraire. D'une manière générale, ça me semble assez intellectualisant dans le mauvais sens du terme : dans le genre il vaut mieux écouter le sublime "Midsummer Marriage". Tippett parvient à transcender le livret par une musique réellement spontanée cette fois.

  17. #37
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    Re : Elliott Carter

    Quote Originally Posted by Couack View Post
    Suite du panorama : la musique vocale.

    Je n'ai pas tellement apprécié les oeuvres vocales de Carter - et surtout pas son opéra - qui m'ont semblées assez mornes malgré une orchestration très recherchée. Je dois également reconnaître que la mélodie vocale atonale n'est pas un genre que je chéris particulièrement. Tahar rendrait certainement davantage justice que je ne peux le faire à ces oeuvres

    In Sleep - In Thunder (ténor & orchestre) (1981 - 21' )

    Très formel, très schoenbergien, et pas très personnel, je trouve.
    C'est sûr que j'ai une opinion beaucoup plus positive de certaines de ces oeuvres, et surtout de In Sleep - In Thunder, dont j'avais parlé dans l'ancien forum.

    Je ne partage pas du tout ce reproche d'oeuvre peu personnelle: je trouve même qu'avec le quatuor à cordes de George Crumb, c'est une des oeuvres les plus inspirées et les plus intimes en musique exprimant le refus dépressif de la guerre du Vietnam.

    Quand j'aurais un peu plus de temps, je réécouterai le cycle, et je développerai un peu plus les arguments.

    En revanche, je suis assez d'accord pour la filiation entre "What's Next " et " The Knot Garden " et tout à fait d'accord aussi pour dire que l'opéra de Tippett est plus réussi.

  18. #38
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    Re : Elliott Carter

    Il existe une intégrale des oeuvres de Carter, à ma connaissance en 5 volumes, parue chez Bridge Records.
    Je ne sais pas ce que ça vaut.

    Sinon, connaissez-vous ce DVD ?


  19. #39
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    Re : Elliott Carter

    Quote Originally Posted by Tiomkin View Post
    Il existe une intégrale des oeuvres de Carter, à ma connaissance en 5 volumes, parue chez Bridge Records.
    Je ne sais pas ce que ça vaut.
    En fait, il y a déjà 7 volumes. Ce n'est pas encore une intégrale: il n'y a pas encore les quatuors à cordes, ni What's Next par exemple.

    Je connais certains volumes: le volume 5 est excellent. Ce sont les mêmes instrumentistes que ceux qui se consacrent - aussi chez Bridge - à l'intégrale de la musique de George Crumb.

    Quote Originally Posted by Tiomkin View Post
    Sinon, connaissez-vous ce DVD ?

    Moi, personnellement non. Mais l'une des dames de la boutique du Chicago Symphony Orchestra, avec qui j'ai un peu discuté lundi à l'heure du déjeuner, en pense beaucoup de bien. Ceci dit, pour vous prévenir d'avance, elle apprécie Pierre Boulez , et elle apprécie l'homme Elliott Carter ...bien qu'il soit new yorkais (il y a toujours eu une grande rivalité entre les artistes de Chicago et ceux de New York).

  20. #40
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    Re : Elliott Carter

    Quote Originally Posted by Tahar Mouslim View Post
    Ceci dit, pour vous prévenir d'avance, elle apprécie Pierre Boulez ,
    Ah mais je n'ai rien contre non plus. Dans le fil qu'on lui avait consacré sur Abm, j'avais eu il est vrai, le souci de ne pas être catalogué dans une chapelle qu'elle soit anti- ou pro-.
    Pour le reste, j'ai beaucoup d'admiration pour le bonhomme et plus généralement pour cette génération née en 1925. Je suis en train de lire le tome 1 de ses points de repère parus chez Bourgois, et c'est passionant.

    Sinon, je n'ai pas eu le courage d'ouvrir un fil sur le concert qu'il a donné la semaine dernière à Paris. Ca m'a donné l'occasion de découvrir son Soleil des Eaux que je trouve très beau. Il y a également donné les Noces de Stravinsky (version 1923 deux pianos, percus, choeur et solistes). J'étais au premier rang et je dois dire que le plaisir ressenti par les musiciens à interpréter ce morceau, s'est largement communiqué dans le public. J'en avais mal aux mains à force d'applaudir.
    Ils ont par contre à mon sens, complètement raté la passacaille de Webern qui est un de mes morceaux favoris. Mais bon, ce fut un grand moment.
    Un échange assez marrant s'est par ailleurs produit entre PB et le 1er violon de l'orchestre de Paris. Ce dernier, telle une jeune fille, n'a pas osé se lever quand le chef lui demandait de le faire pour recevoir les applaudissements du public. Boulez, qui contrairement à ce que l'on peut croire, est une personne très simple (au sens cartérien du terme), lui a dit un truc du genre "vous n'allez pas commencer à m'emmerder, allez, levez-vous quoi!"
    Très très grand moment en tous cas.
    C'était juste une parenthèse.

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