Serenades et Minimax m'ont rebranché sur une de mes anciennes sympathies : Joseph Jongen, dont j'avais joué un moment la Sonate pour Flute.
Je recherche ses Quatuor à Cordes (op 3, 50 & 67) ... ils ne sont pas sur iTunes

Serenades et Minimax m'ont rebranché sur une de mes anciennes sympathies : Joseph Jongen, dont j'avais joué un moment la Sonate pour Flute.
Je recherche ses Quatuor à Cordes (op 3, 50 & 67) ... ils ne sont pas sur iTunes





ray
Jongen, c'est excellent, sa symphonie concertante pour orgue est à connaître, tout comme sa musique de chambre
Les quatuors à cordes 1 et 2 (op. 3 et op.50) ont été enregistrés par le quatuor Gong, chez Pavane Records, mais j'avoue n'avoir plus écouté cet album depuis des lustres...
Je te retrouve ça et je l'installe dès que possible sur mon compte SM![]()

merci phil - encore une fois, j'ai plus de 10000 morceaux sur mon iTunes, ça n'apparaît pas dans la fenêtre SM et je ne vois aucun moyen d'en ajouter ou d'en enlever... :o(





Voilà, c'est fait
Il s'agit de cet album :
Quatuors n°1 op.3 et n°2 op.50
Sinon apparemment, pas grand monde ne connaît Jongen
L'oeuvre de ce compositeur wallon né à Liège, 1873 - 1953, pas vraiment contemporain de Franck donc (5 décennies les séparent) mais ayant très largement subi son influence, n'est pourtant pas inintéressante ; on peut en découvrir une discographie sélective ici, ou lire sa biographie et toute une série d'informations le concernant sur le site des Amis de Joseph Jongen, ici.
Phil![]()

un grand merci philippe !



A celles et ceux qui souhaiteraient découvrir la musique pour piano de Joseph Jongen (dont certaines pièces, à mon avis, n'ont pas à rougir de la comparaison avec Ravel, Debussy ou Déodat de Séverac), je signale l'excellente anthologie enregistrée par le paniste américain Gary Stegall, parue en 1992 - ou 1994 - chez "Klavier Records International" (USA). On trouve encore ce CD sans trop de peine.
En 2003, pour le cinquantenaire de la mort du compositeur, la pianiste belge Diane Andersen (avec André de Groote pour les pièces à quatre mains) a même enregistré chez "Pavane Records", et paraît-il de façon très convaincante, l'intégrale de l'oeuvre pour piano de Jongen. Il s'agit de deux coffrets (le premier de 2 CDs, le second de 3 CDs), mais ils semblent bien plus difficiles à se procurer. J'ai commandé le second (apparemment le plus intéressant) il y a un mois aux USA, mais il n'est toujours pas arrivé...
Jacques


Si, si je connais Jongen mon Philou, va falloir que je réécoute. J'en ai une huitaine d'heures, mais ça ne m'excite pas des masses![]()
Je ne peux pas m'empêcher de faire remonter ce fil, Jongen étant l'un de mes compositeurs favoris. Je signale, outre la sonate pour flûte mentionnée plus haut, ces deux disques de musique de chambre parus chez Cypres : quatuor avec piano, trio et quintette avec harpe.
On peut également trouver des versions de la symphonie concertante pour orgue et orchestre sur YouTube : il y a plusieurs enregistrements dont je parlerai peut-être un jour.![]()





Excellente idée, je sais pas pourquoi, ce fil n'a jamais vraiment démarré. On dirait que Jongen n'intéresse pas grand mondealors qu'il y a de très belles choses (surtout dans la musique de chambre à mon sens mais bon, c'est mon domaine de prédilection
)
Que pensez-vous de la version de Guillou ?
(je ne connais que la version de Schoonbroodt, - version parfaitement recommandable par ailleurs, il me semble)



Bien sûr que c'est une excellente idée!
Pour ce qui me concerne, comme le laissait peut-être deviner le petit le message que j'ai écrit sur ce fil il y a maintenant longtemps (c'était l'un de mes tout premiers posts), la musique de Joseph Jongen m'intéresse et me touche beaucoup. J'avais donc justement entrepris, voici quelques jours, de passer en revue les enregistrements que j'en ai pour ensuite les signaler et livrer quelques impressions.
Je suis toutefois un peu "à la bourre" ces temps-ci, de sorte qu'il ne m'est guère possible de le faire dès maintenant ()... Mais je promets de revenir sur le sujet, si tout va bien (
), dans le courant de la semaine prochaine
.
Jacques



J'aime bien le tableau sur la pochette de gauche, qu'est-ce que c'est? (celui de droite n'est pas mal non plus).
La jaquette de gauche : Emile Dupuis, Nocturne (1877 ?)
Pour celle de droite je n'ai pas le CD sous la main
En ce qui concerne la symphonie concertante, en dehors des curiosités consultables sur YouTube (avec Virgil Fox à l'orgue, tout un programme), je connais celle de Pincemaille chez Solstice et celle de Latry chez Cypres.
J'aime assez l'orgue de style français (Cavaillé-Coll) de la version Pincemaille mais il y a des problèmes de justesse dûs à la prise de son dans une église (cuivres notamment). Dans l'autre version, on entend beaucoup mieux les subtilités ; c'est une réalisation plus "sage" mais plus soignée.



Merci! Je ne connais pas ce peintre ; cela m'évoque certains tableaux de Maillol.



Je reviens un peu plus tôt que prévu () avec à nouveau la célèbre - et très impressionnante - Symphonie concertante de 1926 pour orgue et orchestre, qui peut-être est à Jongen ce que le Boléro est à Ravel (composée en réponse à une commande américaine visant à marquer la restauration d'un orgue gigantesque installé dans des grands magasins de Philadelphie, elle est au regard du reste de l'oeuvre de Jongen - assez abondante et dans l'ensemble plus sobre - un peu "l'arbre qui cache la forêt", il me semble). Ce n'en est pas moins une oeuvre que je trouve très séduisante (j'ai commencé mon parcours par elle), assez représentative du style de ce "continuateur" très doué de César Franck : on y devine les influences de divers courants du début du XXème siècle, mais elles restent toujours discrètes, Joseph Jongen n'ayant en rien été un "révolutionnaire" (on ne le rattache d'ailleurs à aucune école particulière).
Les deux versions que je possède de la Symphonie concertante (dans des couplages qui tiennent davantage de l'effectif utilisé que du style des oeuvres) ne sont autres que celles déjà évoquées par Jongen [le membre du forum] deux posts plus haut (la plus récente, celle avec Olivier Latry à l'orgue, a fait l'objet en 2007 d'excellentes critiques). A toutes fins utiles je les fais apparaître ci-dessous, tout en précisant que la version Guillou, qui par ailleurs m'intéresserait beaucoup, ne m'est pas encore connue :
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Sur YouTube il n'y a en effet pas encore grand chose qui soit de qualité (image, son. etc.). Je prends néanmoins le risque de montrer aussi deux des curiosités qu'a également évoquées Jongen : l'organiste américain Virgil Fox [1912-1980] interprétant avec un orchestre (japonais?) dirigé par Heinz Walberg les premier (allegro, molto moderato) et dernier (toccata [moto perpetuo]: allegro moderato) mouvements de l'oeuvre. Et comme il semble exister de cette dernière pas mal de transcriptions pour orgue solo, j'y ajoute une curiosité supplémentaire : deux organistes japonais jouant ce même dernier mouvement ("Toccata")... à quatre mains (mais seulement deux pieds, apparemment
) ! Voici ces trois vidéos :
YouTube - Virgil Fox Legacy | Symphonie Concertante | Allegro Molto[/url]
YouTube - Virgil Fox Legacy | Symphonie Concertante | Toccata[/url]
YouTube - Joseph Jongen - Toccata from Symphonie Concertante[/url]
Jacques
merci pour tous ces détails, je n'avais pas osé mettre le lien YouTube (aussi parce que l'interprétation est comment dire ? ... mais il y a au moins un enthousiasme irrésistible - noter le glissando de pédale final qui est un ajout de Fox). Je vais également essayer de me trouver la version Guillou qui ne doit pas être piquée des vers au niveau registration.



Sans aucun doute (si j'en juge par son intégrale César Franck, ou par ses magistrales transcriptions pour orgue des Tableaux d'une exposition [Moussorgski] et des Danses symphoniques [Rachmaninov]) !
Mais je poursuis ma petite - et forcément très lacunaire - "exploration" de l'oeuvre de Joseph Jongen, en revenant aujourd'hui à sa musique de chambre.
Tout comme les oeuvres du premier des deux albums montrés par Jongen au post 8 (je ne connais pas encore le second), soit l'imposant [il dure presque 50 minutes !] Quatuor pour piano, violon et violoncelle op. 23 (1902) et le Trio pour piano, violon et alto [une formation très inhabituelle !] op. 30 (1906-1907), les deux Sonates pour violon et piano op. 27 (1903) et op. 34 (1909) présentes sur le disque suivant...
... trahissent diverses influences, avant tout celle de Franck, mais aussi celles de Chausson et de d'Indy. On songe également à Fauré à l'écoute des Sonates et du Trio, et l'on trouve dans ce dernier - où apparaissent même quelques "touches de Debussy" -, "se définissant de mieux en mieux, ce subtil mélange de mode pentatonique, de gamme par tons et de chromatisme qui rend les partitions de Jongen si attachantes".
Cet autre disque...
..., où se retrouve la deuxième Sonate pour violon et piano (dans une interprétation que j'estime plus convaincante) et où figure un Poème pour violoncelle et piano op. 15 (1899 -- une pièce de relative jeunesse, dont l'idée s'inspire probablement de Chausson), est spécialement remarquable par les autres oeuvres qu'il présente, toutes de la maturité du compositeur : Habanera pour violoncelle et piano op. 86 (1928 -- une pièce hispanisante, "d'une atmosphère exotique, rêveuse et sensuelle"), Serenata pour violon et piano op. 29 bis (1929 -- d'inspiration "tout aussi méridionale", elle s'inscrit "dans l'esprit séducteur de la sérénade nocturne"), et surtout les Deux pièces en trio pour piano, violon et violoncelle op. 95 (1931 -- une parfaite réussite d'élégance et d'équilibre, aux sonorités parfois étonnamment "ravéliennes").
Quant à cet album Naxos, publié en 2002 et orné d'une curieuse caricature du compositeur (dont je montre à côté un portrait quand même plus fidèle)...
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..., il reprend l'intégralité d'un enregistement paru quatre ans plus tôt sous le label Syrinx. C'est à mon avis une petite merveille, que tout amateur de musique de chambre pour flûte (en particulier de celle - suprêmement élégante, subtile et raffinée - de Philippe Gaubert) devrait se hâter de découvrir.
Jacques



C'est l'orchestre et la voix qui sont à l'honneur dans la plupart des enregistrements présents sur les deux disques ci-dessous, le second (du label Cyprès) étant à mon avis spécialement remarquable:
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Avec comme complément la Missa Festiva de Flor Peeters [1903-1986], la mieux connue des neuf messes de cet autre compositeur belge (lequel se révèle ici nettement influencé par son aîné), le premier disque comporte, de Joseph Jongen, quatre compositions d'inspiration religieuse : les motets Pie Jesu pour soprano et orgue (1895), Quid sum miser? pour basse, violon et orgue (1899) et Deus Abraham pour ténor, violon et orgue (1909), ainsi que la très belle Messe en l'honneur du Saint-Sacrement pour choeur, orgue et orchestre de cuivres op. 130 (1945-1948). Sur les circonstances dans lesquelles cette dernière oeuvre - la plus longue et la plus imposante des quatre - a été composée, l'auteur du livret joint à l'album, John Scott Whiteley, fournit les intéressants détails suivants :
"(...) Ce fut seulement après s'être retiré de ses fonctions de directeur du Conservatoire de Bruxelles, en 1939, que Jongen retrouva le goût de l'écriture chorale, un regain d'intérêt notamment dû à une abondante correspondance avec un de ses amis de toujours, Georges Alexis, un riche musicien amateur rencontré sur les bancs du Conservatoire de Liège. Les lettres échangées par les deux hommes entre 1943 et 1946 ne laissent guère de doutes : ce fut Alexis qui persuada Jongen de composer la Messe en l'honneur du Saint-Sacrement (dite «Messe de la Fête-Dieu») pour célébrer les sept cents ans de la Fête-Dieu à Saint-Martin (Liège).
"(...) Hélas, par la force des choses, Jongen ne put rien composer d'août 1944 à mars 1945. Son frère Alphonse, dont il était très proche, mourut des suites d'une opération délicate (la messe est dédiée à sa mémoire), et la nouvelle de l'arrestation de son fils Jacques par la Gestapo lui ôta l'envie de vivre. Dans ses mémoires, désormais morbides, il dit se sentir «devenir une loque incapable de rien». À 1944, il marque juste «année funeste», puis le ton change radicalement à la fin de mars 1945 : «Jacques était arrêté depuis 1944 et était à Buchenwald. On était en plein chagrin. Tout à coup, vers fin mars '45, on apprit qu'il était à Weimar, d'où bientôt les Américains arrivèrent le délivrer. QUELLE RÉSURRECTION ! C'est alors que je commençai à écrire la messe.»
"Ce fut donc dans un état de soulagement que Jongen se mit à composer cette œuvre complexe. Délicatement cycliques, les liens entre les mouvements ne sont pas toujours évidents à décrypter : le plain-chant organistique du Kyrie initial, par exemple, est utilisé dans les lignes vocales du Kyrie final, mais est aussi développé aux sections «Qui tollis» et «Qui sedes» du Gloria. Il est fortement rattaché au fugato du «Cum Sancto Spiritu» (Gloria) et, plus subtilement, à maintes lignes du Benedictus, voire à la section conclusive de l'Agnus Dei. Les sections vocales contrapuntiques enchâssées présentent également des liens, situés plus souvent au niveau de la texture que du thème."
La découverte du second disque, où figurent neuf mélodies avec accompagnement d'orchestre (Jongen a composé relativement peu de mélodies, orchestrant un peu moins de la moitié d'entre elles) et un magnifique triptyque pour orchestre, a été pour moi un véritable enchantement. Souvent très proches par le style et l'inspiration des plus belles réussites de Duparc et de Chausson (on songe notamment, s'agissant de ce dernier, au Poème de l'Amour et de la Mer), les mélodies sont pour la plupart superbes (beauté des lignes, raffinements harmoniques, "couleurs" de l'orchestre, etc.), les Cinq Mélodies op. 57 (composées pendant et sitôt après la Première Guerre Mondiale, trois d'entre elles sur des poèmes de guerre - d'expression intensément tragique et douloureuse - de Franz Hellens) en constituant sans doute le sommet. Quant au Triptyque pour orchestre op.103 (1935-1937), il mériterait tellement d'être mieux connu et plus souvent joué que je me risque aussi à reproduire, ci-après, le long texte que lui consacre Michel Stockheim, auteur du livret joint à l'album :
"Le Triptyque pour orchestre (...) est une œuvre de pleine maturité; il fut achevé pour le centenaire de la Société des Concerts du Conservatoire de Bruxelles (1938) mais ses premières esquisses remontent à 1935. Il faut le rappeler : Désiré Defauw avait été appelé à la tête de la Société des Concerts au moment de la nomination de Jongen à la direction de l'établissement (1925), ce qui constitua une «première» ardemment discutée dans le monde musical : on rompait là avec une vieille tradition illustrée par Fétis et Gevaert, qui voulait que ce fût le directeur de l'établissement lui-même qui en dirigeât les concerts. Mais le choix s'était révélé judicieux : Jongen et Defauw, anciens partenaires en musique de chambre, collaborèrent avec fruit et Defauw, plus tard directeur de l'Orchestre de Chicago, devait diriger ainsi certains des plus mémorables concerts de 1'entre-deux-guerres à Bruxelles. C'est donc tout naturellement lui qui, en mai 1938, créa le Triptyque. L'œuvre était une réussite; Charles Munch en dirigea le mouvement central au Palais des Beaux-Arts en février 1940; mais la guerre, puis l'isolement de Jongen dans le monde musical de l'après-guerre n'allaient guère être favorables à sa diffusion.
"L'admiration portée par le directeur du Conservatoire à son contemporain Maurice Ravel n'avait fait que grandir au cours des années vingt, ajoutant une nouvelle couleur à sa palette. Jongen dut sourire plus d'une fois des polémiques entre debussystes et ravéliens, lui pour qui la synthèse des langages était une chose éminemment naturelle, du moment qu'elle reposât sur des bases personnelles. Le Triptyque, peut-être son œuvre orchestrale la plus française et sûrement une des plus belles, fut entamé alors que Ravel, malade, avait dû renoncer à la composition; il sera achevé peu avant la mort du maître français. On y découvre un langage comme destiné à réconcilier Debussy et Ravel, agrémenté d'un discret sourire soulignant discrètement qu'en Belgique, les fêtes, toutes nocturnes qu'elles soient, et les levers de soleil, tout «daphnéens» qu'ils puissent être, ont un tout autre éclairage. Derrière la sobre appellation de «triptyque» se cachent trois pages d'un coloriste inspiré : des tableaux, oui, mais à la forme musicale dense et contrôlée, aussi rigoureuse et cohérente qu'une page de Roussel. La polytonalité très personnelle de Jongen, dont l'éventail expressif va de la douceur à la tension des plus extrêmes sans jamais passer par les duretés ou la «barbarie» post-stravinskiennes alors en vogue, se déploie pleinement dans ces pages radieuses, à la séduction immédiate, qui prolongent les plaisirs de la célèbre Symphonie concertante avec orgue.
"Le triptyque est symétrique : deux tableaux calmes entourent un volet dynamique. Le premier, bref, construit en arche, repose sur une délicate mélopée en 9/8, à peine troublée en son centre par des fanfares un peu lasses. Le volet central est une marche en rondeau irrégulier, enlevée et plus développée. Elle repose sur un thème principal d'allure pentatonique - fréquent chez Jongen. Un premier épisode, gracieux et ludique, s'interpose; bientôt le premier thème réapparaît dans une transformation rythmique complète (en 3/8); un second épisode, basé sur un petit motif de gigue, fait suite, sur lequel viendra se superposer une nouvelle transformation du thème initial. Une spirituelle transition amènera à une réexposition de la marche, qui s'éteindra progressivement, en un clin d'œil évident aux Fêtes des Nocturnes de Debussy. Et l'on repart sur une manière de lever du jour, marqué «calme, mais sans lenteur» comme la 1ère partie; après une brève introduction, l'aurore de Daphnis et Chloé est bien là, tout près : qui pourrait croire à un hasard ? Mais le thème principal s'écartèle vers d'autres horizons; le peintre-architecte y ajoute bientôt des motifs des mouvements précédents, pour ensuite détisser progressivement sa toile jusqu'au silence. Les mânes de Claude et de Maurice se sont éloignés, un maître bien personnel les salue affectueusement, avec une perceptible nostalgie, en sachant, évidemment, que les aiguilles des cadrans continuent à tourner. Vers le chaos, peut-être."
Il ne me reste plus, je crois, qu'à compléter ce que j'avais commencé à dire des pièces composées par Jongen pour le piano. Mais ce sera pour un autre jour, et je promets d'être plus bref (
...
).
Jacques



Merci Jacques et les autres pour tous ces tuyaux!Je suis en train d'écouter le premier quatuor à cordes que je trouve plutôt pas mal... Cette musique me fait parfois penser à Brahms ou plutôt Dvorak... bizarres ? En effet, mais je ne suis pas mélomane...
![]()



Ce n'est pas si surprenant que ça, Thierry. Dans la mesure où Jongen (qui compléta ses études musicales à Berlin - avec Richard Strauss
- puis à Paris - avec d'Indy et Fauré, notamment) a été formé aux deux "écoles", la germanique et la française. Je ne connais pas ses quatuors à cordes, mais votre impression est donc certainement beaucoup moins "bizarre" que vous ne le pensez
.
Mais quant à moi, étant davantage sensible à la seconde de ces deux "traditions" (sans du tout négliger l'autre pour autant -- j'adore Brahms, notamment, et Dvorak aussi), c'est avant tout à l' "école française" que je me suis référé pour décrire l'impression que me faisaient les quelques oeuvres de Jongen que je connais. Pour l'anecdote, j'ai aussi été frappé d'apprendre à quel point Jongen aurait été attristé et choqué (ce fut pour lui, paraît-il, un coup terrible) d'apprendre la mort de Debussy; ce qui, même si l'influence de ce dernier sur Jongen resta plutôt discrète (sauf peut-être sur certaines de ses pièces pour piano), me paraît assez révélateur de ses affinités, en tout cas à cette époque...
Jacques



Revenant à l'oeuvre pour piano de Joseph Jongen, qui tient en cinq disques bien remplis et se rattache sans équivoque, par sa clarté et la subtilité de ses harmonies, à "l'école française" du début du XXème siècle, je me réfère à ce que j'écrivais il y a longtemps sur ce même fil de discussion (post 6) et joins maintenant l'image à la parole:
![]()
Le coffret Pavane Records (3 disques, dont les trois quarts du dernier sont consacrés au piano à quatre mains) est le second de l'intégrale enregistrée en 2003 par Diane Andersen pour le 50ème anniversaire de la mort du compositeur. Je n'ai malheureusement jamais pu me procurer le premier coffret (2 disques), qui semble aujourd'hui définitivement épuisé.
Mais si j'en juge par ce qu'elle contient (environ la moitié des pièces qui y figurent se retrouvent dans ce second coffret, et il s'agit à mon avis des plus remarquables), l'anthologie du pianiste américain Gary Stegall, enregistrée en 1990 pour Klavier Records International, a été constituée avec le plus grand soin (autrement dit, ce sont probablement les meilleures pièces présentes dans le premier coffret que ce pianiste a choisies aussi). Stegall s'y révèle en outre un artiste accompli, ayant d'évidentes affinités avec cette musique qu'il interprète avec beaucoup de sensibilité et de conviction.
Toujours disponible, notamment sur Amazon.com, ce récital est à ma connaissance le seul du genre. Il a fait récemment le bonheur d'un mélomane américain, qui en a fait un assez long commentaire dont je reproduis ces deux phrases : "(...) Throughout this CD there are echoes of Fauré, Debussy, Ravel, and Poulenc, and yet Jongen manages to remain slightly off the beaten path. (...) A MUST for anyone that responds to French piano music, I play this in my car constantly."
Jacques