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Erik Satie
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Thread: Erik Satie

  1. #41
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    Quote Originally Posted by Fred Audin View Post
    Il me semble tout à fait exact que, comme le souligne Chiarina, Satie ne cherchait pas particulièrement à tirer partie des possibilités du piano, c'est ce qui m'a fait écrire qu'il fut l'un des rares compositeurs pour piano à avoir aussi écrit de la musique.
    Ce serait intéressant que vous en disiez plus sur ce sujet.
    Est-ce que cela veut dire que pour vous, exploiter la richesse d'un instrument, rechercher des effets sonores, des combinaisons de timbres, et donc différentes techniques de jeu, éloignerait de la musique ?
    A quels autres compositeurs pensez-vous ?

  2. #42
    Quote Originally Posted by Jacques View Post
    ...
    une citation de John Cage qui très probablement était la suivante (j'ai retrouvé sa traduction en français dans le livret joint au disque de France Clidat) :

    "...Il ne s'agit pa de savoir si Satie est valable. Il est indispensable."

    Jacques
    Merci Jacques de ce post qui me va droit au coeur et à l'entendement.
    Et la conclusion dans la citation de Cage mérite que l'on s'y arrête et que l'on y réflechisse ...
    En tous les cas elle a le mérite d'interpeller nos propres personnes qui sont souvent, je le confesse pour moi, promptes à porter des jugements ... Trop hâtifs parfois.
    Cette conclusion est plus que nécessaire, elle est même vitale ... Intellectuellement.

    Bravo JACQUES !


  3. #43
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    Quote Originally Posted by Fred Audin View Post
    Il me semble tout à fait exact que, comme le souligne Chiarina, Satie ne cherchait pas particulièrement à tirer partie des possibilités du piano, c'est ce qui m'a fait écrire qu'il fut l'un des rares compositeurs pour piano à avoir aussi écrit de la musique.
    Quote Originally Posted by Chiarina View Post
    Ce serait intéressant que vous en disiez plus sur ce sujet.
    Est-ce que cela veut dire que pour vous, exploiter la richesse d'un instrument, rechercher des effets sonores, des combinaisons de timbres, et donc différentes techniques de jeu, éloignerait de la musique ?
    A quels autres compositeurs pensez-vous ?
    Bonjour,

    Je crois que Glenn Gould disait à peu près la même chose de Chopin. Je n'ai pas les écrits/interviews de Gould, mais sur le web j'ai trouvé le suivant:

    """"This is from an interview on CBC Radio with Vincent Tovell.

    Tovell: You don't find yourself wanting to play Chopin, for instance?

    GG: No. No, I don't. I play it in a weak moment - maybe once a year or
    twice a year for myself. But it doesn't convince. me.

    GG went on to admit that Chopin certainly understood the piano. He said he was an unparalleled setter of moods and as a miniaturist he was superb. He felt Chopin failed "in the bigger things of music, in the real
    organizational attempts, he failed almost altogether."
    """"

    Jürgen

  4. #44
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    Quote Originally Posted by Nicolas TOUSSAINT View Post
    Et la conclusion dans la citation de Cage mérite que l'on s'y arrête et que l'on y réflechisse ...
    En tous les cas elle a le mérite d'interpeller nos propres personnes qui sont souvent, je le confesse pour moi, promptes à porter des jugements ... Trop hâtifs parfois.
    Cette conclusion est plus que nécessaire, elle est même vitale ... Intellectuellement.
    Je le pense aussi, Nicolas (sauf que je suis confus d'avoir privé de son "s", par inadvertance, le mot "pas" compris dans la citation ).

    Pour rester dans la même veine, je viens de trouver dans le livret joint à l'intégrale Thibaudet une autre citation qui me paraît intéressante elle aussi. Elle n'a certes pas la portée "universelle" des propos de Cage, mais elle émane d'Albert Roussel et nous éclaire à la fois sur un aspect souvent méconnu de la personnalité de Satie et sur ce que Roussel pensait de ce singulier personnage, dont il fut le professeur tout en ayant - chose assez inhabituelle pour être relevée - trois ans de moins que son élève. Voici cette citation :

    "Quand, un jour, il me fit part de son intention d'entrer à la Schola, j'essayai de l'en dissuader. Satie possédait un métier. Ses oeuvres déjà publiées me prouvaient qu'il n'avait rien à apprendre. Je ne voyais pas les avantages qu'il pouvait retirer d'études théoriques et scholastiques. Néanmoins, il s'obstina. Ce fut un élève très docile et très assidu. Il me remettait exactement ses devoirs calligraphiés avec soin et agrémentés de notations à l'encre rouge. Il était prodigieusement musicien."

    Jacques

  5. #45
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    J'aime beaucoup les petits volumes illustrés de la collection Solfèges (Seuil). Ce ne sont que de "premières approches", que l'on peut ensuite approfondir selon l'intérêt qu'on a pour tel ou tel compositeur, mais la plupart sont très bien faits. Et c'est sans doute le cas de celui écrit sur Satie par Anne Rey .

    On y trouve d'intéressantes illustrations, comme cette enveloppe ayant contenu l'une des lettres que le compositeur aimait s'envoyer à lui-même par la Poste (!), ou cette photo montrant l'intérieur de l'Auberge du Clou vers 1895, ou ce tableau représentant Satie dans la modeste chambre qu'il occupait à Montmartre, ou encore cette vue de la maison sise 22, Rue Cauchy, à Arcueil-Cachan, où il vivait tout seul au deuxième étage dans un misérable logement sans confort :





    Il y a aussi d'incroyables textes de la main de Satie, notamment celui-ci, intitulé "L'art de la phonométrie" :

    "Tout le monde vous dira que je ne suis pas un musicien. C'est juste. Dès le début de ma carrière, je me suis, de suite, classé parmi les phonométrographes. Mes travaux sont de la pure phonométrique. Que l'on prenne le Fils des étoiles ou les Morceaux en forme de poire, En habit de cheval ou les Sarabandes, on perçoit qu'aucune idée musicale n'a présidé à la création de ces oeuvres. C'est la pensée scientifique qui domine.

    Du reste, j'ai plus de plaisir à mesurer un son que je n'en ai à l'entendre. Le phonomètre à la main, je travaille joyeusement & sûrement.

    Que n'ai-je pesé ou mesuré? Tout de Beethoven, tout de Verdi, etc. C'est très curieux.

    La première fois que je me servis d'un phonoscope, j'examinai un si bémol de moyenne grosseur. Je n'ai, je vous assure, jamais vu chose plus répugnante. J'appelai mon domestique pour le lui faire voir.

    Au phono-peseur un fa dièse ordinaire, très commun, atteignit 93 kilogrammes. Il émanait d'un fort gros ténor dont je pris le poids."


    En fin de volume, Anne Rey consacre un chapitre intéressant à l'amitié profonde qui lia Satie à Debussy (ils se dirent "tu" dès leur première rencontre), examinant avec soin la question d'éventuelles influences réciproques (les deux compositeurs s'entendaient sur la nécessité de s'affranchir d'un certain germanisme dominant en composant des musiques "sans choucroute si possible" - dixit Satie -, mais l'influence de ce dernier sur Debussy fut en réalité très faible, en dépit des efforts tendancieux de Cocteau pour démontrer ensuite le contraire, sauf peut-être dans une pièce comme la Sarabande de la suite Pour le piano, tandis que l'influence de Debussy sur Satie fut quasiment nulle).

    Mais c'est surtout sur le Satie des années 1890 qu'on trouve les passages les plus savoureux, et je m'aventure à en reproduire ci-après plusieurs extraits :

    "(...) «Un jour, il prit ses vêtements, les roula en boule, s'assit dessus, les traîna sur le plancher, les piétina, les aspergea de toutes sortes de liquides jusqu'à les transformer en de véritables loques. Il défonça son chapeau, creva ses chaussures, déchira sa cravate, remplaça son linge fin par d'affreuses chemises en pilou. Il cessa de soigner sa barbe et laissa pousser ses cheveux». Changement de costume, premier rôle : le gymnopédiste.

    Déjà montmartrois dans l'âme, Erik transporte bientôt ses pénates en haut de la rue des Martyrs, au 6 de la rue Cortot. Il s'y sent bien, parce que au-dessus de ses créanciers, et prétend que, de sa chambre, la vue s'étend «jusqu'à la frontière belge». Il y croise Bruant, avec son cache-nez rouge, et compte au nombre de ses voisins Suzanne Valadon, son fils Utrillo et Jules Bloy, le «chansonnier populaire». Jules Depaquit, le futur maire de la commune libre de Montmartre, règne sur cette petite société. Roland Dorgelès a connu cet «hurluberlu de grande classe», peut-être l'un des maîtres à penser de Satie dans le domaine de l'humour et en tout cas son fidèle compagnon au cours d'abondantes libations :

    «Sa façon de vivre n'avait d'autres règles que la pure folie. Qui donc, à part lui, aurait eu l'idée saugrenue, à l'époque des attentats anarchistes, de se vanter au café, avec de petits sourires modestes, d'avoir jeté la bombe du restaurant Véry ? Le véritable coupable, le fameux Ravachol, fut bientôt découvert, mais les parents du facétieux Jules durent faire le voyage de Sedan pour l'arracher au Dépôt où il était gardé à l'infirmerie spéciale. Cela contribua grandement à sa notoriété.

    Vêtu de sombre, le teint blême, roulant des yeux effarés d'oiseau de nuit, il tenait du clown et du sacristain. Un sacristain goguenard ou un clown ayant eu des ennuis. Le samedi - soirée de gala au Lapin agile - nous faisions cercle pour l'entendre dans "Le Songe d'Athalie", qu'il interprétait de façon toute personnelle, sur l'air de La Mère Michel, en dansant la polka avec son parapluie. Le matin, chaussé de sabots, il allait tirer de l'eau à la borne-fontaine : "Pas pour boire, tu me connais !..." et entrait chez Frédé prendre son petit noir. Puis, sagement enfermé dans sa chambre de la rue Saint-Vincent, il travaillait pendant des heures à ces dessins absurdes et délicieux, soulignés de légendes plus cocasses encore, qu'il parvenait rarement à vendre plus de vingt francs».

    Second pianiste au Chat noir puis, à partir de 1891, «tapeur à gage » à l'Auberge du Clou (où il se lie d'amitié avec Debussy), buveur, blagueur, l'œil malicieux et myope, le Satie familier se profile déjà, le digne auteur des Trois Morceaux en forme de poire et de Jack in the box. Mais ces œuvres, curieusement, ne verront le jour que dix ans plus tard environ, au moment où Satie aura quitté Montmartre, abandonné sa défroque de rapin à la mode et revêtu (pour ne plus l'abandonner) son uniforme de citoyen convenable. C'est un fait : Satie, déjà, ne compose pas au diapason de sa vie. Alors que «cette ambiance si différente de celle où il avait grandi» avait - apparemment - «donné libre cours aux trésors de folle gaieté qui sommeillaient en lui» (selon Contamine de Latour), le voici mélancolique, raffiné et fin de siècle dans les Ogives, les Sarabandes, les Gnossiennes et les Gymnopédies.

    On adore les travers de qui l'on aime. C'est pourquoi les amateurs de la musique de Satie préfèrent, entre toutes, ses premières œuvres, les plus malhabiles, les plus naïves, les plus vraies. Personne n'avait auparavant composé comme cela. Personne ne devait le faire ensuite. Trois ans après la mort de Wagner, à une époque où Fauré, Franck, d'Indy et Saint-Saëns produisaient d'abondance symphonies, concertos et poèmes symphoniques, il fallait un certain «cran» pour coucher dix accords sur le papier, les répéter quatre fois et intituler le tout Ogives. Pour plaquer de pâles harmonies sous une mélodie grêle, comme dans les Gymnopédies, ou pour reproduire tant bien que mal quelques souvenirs sonores de l'Exposition universelle sur le même et inévitable placage d'accords. Nul ne sait si l'auteur se satisfaisait de ces «presque rien» ou s'il se sentait obligé de compenser leur minceur par des titres mystérieux. Qu'importe. Quelque chose d'unique frissonne dans ces pages. Et lorsqu'on sait quel mal Satie se donna pour les composer - avec quel espoir de profits ou de gloire ? - on se dit que ce très léger frisson pourrait bien être le signe d'un désir énorme, inassouvi, de communiquer par la musique. (...)"


    Jacques

  6. #46
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    (ça n'a rien à voir, mais moi qui croyais que la rue Cortot, pas loin de chez moi, était en l'honneur d'Alfred, je vais devoir réviser...)

  7. #47
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    Sans être un grand fan de Satie en général, je redis mon admiration pour ce CD:
    (il y a un extrait en écoute)

    http://www.timpani-records.com/1c1020.php

  8. #48
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    Quote Originally Posted by Alfredo View Post
    Sans être un grand fan de Satie en général, je redis mon admiration pour ce CD:
    (il y a un extrait en écoute)

    http://www.timpani-records.com/1c1020.php
    Merci pour ce renseignement, Alfredo .

    Je ne sais plus où j'ai bien pu mettre ce disque, mais de Socrate j'avais un enregistrement par Hugues Cuénod et Geoffrey Parsons [cf. en particulier ce lien]. Comme je n'aime pas beaucoup la voix vraiment "limite" de Cuénod, ténor suisse né en 1902 (NB : il est toujours en vie [ !], annonçant même voici deux ans qu'il allait "se pacser" avec un compagnon sexagénaire dont il partage l'existence depuis un quart de siècle) et ayant collaboré avec quantité de gens illustres, notamment le chef Ernest Ansermet et le compositeur Igor Stravinsky en personne (il est d'ailleurs l'un des solistes de la version Ansermet des Noces), je pourrai remplacer avantageusement cet enregistrement de Socrate par le CD que vous avez montré.

    Jacques

  9. #49
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    Je connais la version d'Hugues Cuenod.
    Je préfère nettement celle de Jean Belliard, je suis d'ailleurs étonné que ce chanteur étonnant (et chef de choeur) soit aussi peu connu.

    Dailymotion - Concert Jean Belliard, une vidéo de framel21. Exultate, concert, chorale, chant, Belliard

  10. #50
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    Quote Originally Posted by lebewohl View Post
    (ça n'a rien à voir, mais moi qui croyais que la rue Cortot, pas loin de chez moi, était en l'honneur d'Alfred, je vais devoir réviser...)
    Bonsoir Lebewohl .

    Avant de relire le bouquin que j'ai évoqué, je pensais exactement comme vous. Je me demandais pourtant s'il y avait en France beaucoup de rues de ce nom en l'honneur d'Alfred, vu les fonctions officielles qu'il avait exercées sous le Régime de Vichy ... Ce célèbre pianiste jugea d'ailleurs prudent, à la Libération, de se fixer dans la région de Nyon, une petite ville suisse située entre Genève et Lausanne et dont une rue, justement, porte aujourd'hui fièrement le nom d' "Avenue Alfred-Cortot" .

    Cela dit, j'ignore quel Cortot honore la rue portant ce nom à Paris (XVIIIème Arrondissement). J'ai du moins trouvé sur l'Internet une photo de cette rue parisienne prise en 1911. A cette époque, Satie n'y habitait déjà plus depuis pas mal d'années mais on l'imagine assez bien dans ce décor.

    Voici cette vieille photo :



    Jacques

  11. #51
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    La rue Cortot, charmant endroit:
    http://parisavant.com/index.php?showimage=412

  12. #52
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    ah! merci!

  13. #53
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    Quote Originally Posted by mah70 View Post
    La rue Cortot, charmant endroit:
    http://parisavant.com/index.php?showimage=412
    Merci, Mah .

    Grâce à vous, nous savons maintenant tout sur la question .

    Et ça m'a donné des idées, certes un peu... particulières (). Comme je serai probablement à Paris dans quelques semaines, avec l'intention d'inclure pour une fois à mon "petit programme récréatif et culturel" - si mes autres obligations m'en laissent le temps - la visite du cimetière (Passy) où sont enterrés deux des plus illustres compositeurs français, G. F. et C. D. (l'une des mes anciennes amies est bien allée jusqu'à Vienne rien que pour se recueillir sur la tombe de G. M., dont le sobre monument fut dessiné par le célèbre architecte Josef Hoffmann ), je ne manquerai pas de faire un petit tour dans cette fameuse rue Cortot .

    Ça me rappellera des tas de choses .

    Jacques

  14. #54
    S.Richter avait un profond mépris pour Satie - qu'en pensez vous ?

  15. #55
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    Le mépris un sentiment étestable avant tout, - enfin c'est ce que j'avais envie de dire avant tout


    Pour le reste ... je ne sais pas trop quoi dire Quels étaient les arguments de Richter ?

  16. #56
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    Quote Originally Posted by Jacques View Post
    Merci, Mah .

    Grâce à vous, nous savons maintenant tout sur la question .

    Et ça m'a donné des idées, certes un peu... particulières (). Comme je serai probablement à Paris dans quelques semaines, avec l'intention d'inclure pour une fois à mon "petit programme récréatif et culturel" - si mes autres obligations m'en laissent le temps - la visite du cimetière (Passy) où sont enterrés deux des plus illustres compositeurs français, G. F. et C. D. (l'une des mes anciennes amies est bien allée jusqu'à Vienne rien que pour se recueillir sur la tombe de G. M., dont le sobre monument fut dessiné par le célèbre architecte Josef Hoffmann ), je ne manquerai pas de faire un petit tour dans cette fameuse rue Cortot .

    Ça me rappellera des tas de choses .

    Jacques

    Et vous serez près des cimetières de Montmartre et Saint-Vincent, où il y a quelques célébrités musicales aussi!

  17. #57
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    Quote Originally Posted by HECTOR View Post
    S.Richter avait un profond mépris pour Satie - qu'en pensez vous ?
    Il est hautement probable que pour Satie, Richter n'existait pas. Pour Beethoven, de même. C'est dire.

  18. #58
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    Quote Originally Posted by HECTOR View Post
    S.Richter avait un profond mépris pour Satie - qu'en pensez vous ?
    Qu'est-ce qu'il disait exactement ?

    En tant que pianiste, force est de reconnaître que cette musique a ses limites : oui, il y a les innovations harmoniques, l'originalité du propos, dont on a déjà parlé, et quelques énigmes à éclaircir peut-être aussi.
    Mais au niveau du discours et de la consistance de la matière sonore, on reste un peu sur sa faim si on aime, comme ce devait être le cas de Richter (et de bien d'autres !), creuser derrière le texte.

    C'est pourquoi je m'interrogeais plus haut sur la manière dont Satie aurait aimé qu'on joue ses pièces : on cherche souvent à faire quelque chose de raffiné, ciselé, en inventant des plans sonores quasi debussystes , mais est-ce qu'il faut aller aussi loin, ne suffit-il pas de trouver l'ambiance, la juste distance ?

  19. #59
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    Peut-être la façon dont Poulenc joue Satie donne-t-elle une idée? Ils se sont connus et appréciés, je crois. Mais cela n'est même pas sûr. Je dois avoir un 33t mais... ma platine est au fond d'une caisse au fond d'un placard au fond d'une pièce lointaine...

  20. #60
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    Quote Originally Posted by Bertrand View Post
    Il est hautement probable que pour Satie, Richter n'existait pas. Pour Beethoven, de même. C'est dire.
    J'ajouterai même que c'est parfaitement exact .

    Satie aimait ce genre de rappel, évident mais déconcertant au vu du contexte.

    En plus de ça, même les lapalissades les plus hardies ne lui faisaient pas peur. Comme cette phrase sentencieuse, tirée semble-t-il du petit discours qu'il prononça à l'occasion d'un vin d'honneur offert par ses amis d'Arcueil-Cachan pour fêter sa nomination au grade d'officier d'Académie, le 7 août 1909 :

    "Sachez que les enfants sont plus jeunes que bien des vieillards." ( )

    Une bien belle soirée, à en juger par le joli carton d'invitation ci-dessous () :




    Jacques

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