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Kurt Weill à Paris
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Thread: Kurt Weill à Paris

  1. #1
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    Kurt Weill à Paris

    Bonjour à toutes et à tous,

    Lors de la prise de pouvoir par les nazis à Berlin le 30 janvier 1933, nombre de compositeurs décident de s'exiler en particulier vers la France où ils continueront leur activité musicale au théâtre, au concert ou au cinéma généralement de façon provisoire avant de poursuivre leur exil en général vers l'Amérique. Parmi eux ils faut citer Kurt Weill, Hanns Eisler, Friedrich Hollaender, Werner Richard Heymann, Mischa Spoliansky, Franz Wachsmann (puis Waxman) et Rudi Nelson.
    Ils auront comme interprètes Lys Gauty, Suzy Solidor, Marianne Oswald, Henri Garat, Leila Ben Sedira, Mistinguett, José Luccioni, Berthe Sylva, Florelle, Damia, Jean Gabin, Maurice Chevalier, etc...
    En Mars 1933, Kurt Weill quitte l'Allemagne (Un autodafé de ses oeuvres aura lieu en Juin 1933) pour la France. Il s'installe à l'hôtel puis chez Marie-Laure de Noailles et finalement à Louveciennes (Seine-et-Oise). Cette résidence lui servira de plaque tournante pour de nombreux voyages en Europe vers Londres, Rome, la Suisse, la Tchécoslovaquie.

    L'atmosphère à Paris en 1933 à Paris est lourde, bien que ses oeuvres anciennes soient relativement bien accueillies (Mahagonny-Songspiel en juin 1933). Mais lors de la représentation du Lac d'argent le 26 novembre 1933 à la salle Pleyel, le compositeur Florent Schmitt s'écrie "Vive Hitler !", avec l'approbation d'une partie du public. La presse antisémite prend parti contre Weill ; dans l'Action française, Lucien Rebatet se déchaîne contre le "virus judéo-allemand"; dans ce même journal Florent Schmitt récidive le 2 décembre 1933, en jugeant qu'il faut en finir avec "le monopole d'Israël sur notre vie musicale".
    Lors d'un voyage à Salzbourg, il rencontre le metteur en scène autrichien Max Reinhardt et le producteur Meyer Weisgal avec lesquels il élabore le projet d'un oratorio biblique : Der Weg der Verheissung, La Voie de L'Espérance en collaboration avec l'écrivain Franz Werfel. L'œuvre deviendra en 1937 The Eternal Road.
    Sa position, de plus en plus indésirable à Paris, le pousse à gagner les États-Unis. Le 4 September 1935 il s'embarque à Cherbourg sur le S.S. Majestic en compagnis de Lotte Lenya et de Meyer Weisgal.
    Cette épisode parisien verra la composition d'oeuvres significatives de la production de Kurt Weill.
    Voir le le site de la Kurt Weil Fundation pour plus de détails
    1933
    • Die sieben Todsünden (Bertolt Brecht)
      Théâtre des Champs-Elysées, Paris
      Maurice Abravanel, direction
      George Balanchine, chorégraphe
      7 Juin 1933
      Enregistrements :
      Lotte Lenya, Katona, Gollnitz, Poettgen, Roth / Wilhelm Brückner-Rüggeberg, cond. / 1956 / CBS - SonyGisela May, Rundfunk-Sinfonieorchester Leipzig, Herbert Kegel, cond. / Berlin Classics
      Ute Lemper, RIAS Berlin Sinfonietta, John Mauceri, cond. / Decca
      Anne Sofie von Otter, Norddeutscher Rundfunk Sinfonieorchester, John Eliot Gardiner, cond. / DG
      Marianne Faithfull, Vienna Radio Symphony Orchestra, Dennis Russell Davies, cond. / RCA
      ...
    • "Es regnet" (Jean Cocteau?)
      Enregistrements :
      Nonesuch, Teresa Stratas, Février 1981.
      Stratas / Woitach (Unknown Kurt Weill) Nonesuch
      Fassbaender / Garben Harmonia Mundi
      Applebaum / Hamelin Kleos Classics
      ...
    • "Der Abschiedsbrief" (Erich Kästner)
      Enregistrements :
      Otter / Forsberg DG
      Lemper / Knieper Milan
      Stratas / Woitach (Unknown Kurt Weill) Nonesuch
      ...
    • La grand complainte de Fantômas (Robert Desnos).
      Radio Paris
      Alejo Carpentier, direction
      3 Novembre 1933
      Enregistrements :
      Catherine Sauvage
      Corine Caussimon
      Francesca Solleville
      ...
    1934
    • "Complainte de la Seine" et "Je ne t'aime pas" (Maurice Magre).
      Enregistrements :
      Lys Gauty
      Lemper / Knieper
      Stratas / Woitach (Unknown Kurt Weill)
      Fassbaender / Garben
      Luca / D'Onofrio
      Sojat / Heinzel
      Lenya / Weill

      Lemper / RIAS Berlin / Mauceri Vol.1
      Otter / Forsberg
      Reaux / Kapilow (Stranger Here Myself)
      Stratas / Woitach (Unknown Kurt Weill)
      Luca / D'Onofrio
      O'Callaghan, Patricia / Crober, Jenny
      Dawn Upshaw / Margo Garrett
      ...
    • Symphony no. 2. (1933-34)
      Concertgebouw Orchestra, Amsterdam
      Bruno Walter, direction
      11 Octobre 1934.
      Enregistrements :BBC Symphony Orchestra, Gary Bertini, cond. EMIGulbenkian Orchestra, Michel Swierczewski, cond. NIMBUSOrchestre de l'Opéra National de Lyon, Kent Nagano, cond. ERATO
      Kammersymphonie Berlin, Jürgen Bruns EDA
      Deutsche Kammerphilharmonie, Anthony Beaumont CHANDOS
      Bournemouth Symphony Orchestra, Marin Alsop NAXOS
      ...
    • Der Kuhhandel (Robert Vambery).
      Concert : Tonhalle Düsseldorf; Jan- Latham-König, direction, 22 Mars 1990
      Scène : Deutsch-Sorbisches Volkstheater, Bautzen; Dieter Kempe, direction, 18 Juin 1994.
      Adaptation en anglais en Janvier-Mai 1935 sous le titres A Kingdom for a Cow
      Enregistrements :
      Eberhard Büchner, Lucy Peacock, Christian Schotenröhr, Walter Raffeiner, Oskar Hillebrandt, Kölner Rundfunkorchester, Jan Latham-König, cond. CAPRICCIO
      ...
    • Marie galante (Jacques Deval).
      Théâtre de Paris
      Edmond Mahieux, direction, 22 Décembre 1934.
      Enregistrements :
      Joy Bogen, soprano, Orchestra of St. Luke's, Victor Symonette, cond. KOCH
      Loes Luca, soprano, Ensemble Dreigroschen, Giorgio Bernasconi, cond. ASSAI
    1935
    • "Youkali" (Roger Fernay).
      Enregistrements :
      Pratiquement sur toutes les compilations consacrées à Kurt Weill
      Lemper, Reaux, Stratas, Fassbaender, Luca, ...
    • A Kingdom for a Cow (Texte de Desmond Carter).
      Savoy Theatre, Londres
      Muir Matheson, direction
      28 Juin 1935.
      Enregistrements :
      cf. Der Kuhhandel
    • Der Weg der Verheissung (Franz Werfel)
      Composée en Août 1934-Décembre 1935 à Louveciennes, Londres, et Salzburg.
      Révisée en Octobre 1935 - Décembre 1936 pour une production americaine sous le titre The Eternal Road
      The Eternal Road (Extraits, en anglais)
      Enregistrements :
      Ted Christopher, baritone / Ian DeNolfo, tenor / Karl Dent, tenor / Constance Hauman, soprano
      James Maddalena, baritone / Barbara Rearick, mezzo-soprano / Vale Rideout, tenor
      Hanna Wollschlager, mezzo-soprano
      Ernst Senff Chor / Rundfunk-Kinderchor Berlin
      Sigurd Brauns, choirmaster / Manfred Roost, choirmaster
      Rundfunk Sinfonieorchester Berlin
      Gerard Schwarz, conductor
      Naxos Milken Archives
    Si vous souhaitez les références des enregistrements et les photos des disques, j'ai la plupart d'entre eux.

    Bonne fin de semaine

    Claude Torres
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  2. #2
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    Re : Kurt Weill à Paris

    C'est anecdotique par rapport à la liste des oeuvres, mais Marianne Faithful a enregistré une version que je trouve bien belle de "la complainte de la Seine" (avec d'autres oeuvres de Weill).

  3. #3
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    Re : Kurt Weill à Paris

    Quote Originally Posted by lebewohl View Post
    C'est anecdotique par rapport à la liste des oeuvres, mais Marianne Faithful a enregistré une version que je trouve bien belle de "la complainte de la Seine" (avec d'autres oeuvres de Weill).
    Bonsoir lebewohl,

    En effet on trouve cette chanson sur un CD RCA (20th Century Book)
    alabama song, want to buy some illusions, pirate jenny, salomon song, boulevard of broken dreams, complainte de la seine, the ballad of the soldiers wife, mon ami, my friend, falling in love again, mack the knife, 20th century blues, don't forget me, surabaya johnny, street singers farewell,

    mais également sur un DVD (Image Entertainment) enregistré live au Festival de Montreal avec Paul Trueblood au piano. On y trouve :
    Alabama Song, Pirate Jenny, Bilbao Song, Complainte de la Seine, The Ballad of the Soldier's Wife, Boulevard of Broken Dreams, Life Without Drugs, Don't Forget Me, Surabaya Johnny, Street Singer's Farewell, If Love Were All.

    Les enregistrements des chansons de Weill version Jazz sont très nombreuses. Un très beau CD de Dee Dee Bridgewater par ex.

    Claude Torres

  4. #4
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    Re : Kurt Weill à Paris

    Bonsoir Claude,

    Naxos (je crois, je n'ai pas le CD sous les yeux ; cela se trouve chez un distributeur bien connu de plusieurs d'entre nous) a publié un CD avec des enregistrements de chansons tirées de l'Opéra de quat'sous des origines à nos jours, en tout cas aux années 50 (questions de droits). On y entend Brecht et Weill eux-mêmes, et une foule d'autres. Très plaisant aussi!

    Merci pour l'info sur le DVD, je ne savais pas. Je vais peut-être aller à la pêche!

  5. #5
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    Re : Kurt Weill à Paris

    Quote Originally Posted by lebewohl View Post
    Bonsoir Claude,

    Naxos (je crois, je n'ai pas le CD sous les yeux ; cela se trouve chez un distributeur bien connu de plusieurs d'entre nous) a publié un CD avec des enregistrements de chansons tirées de l'Opéra de quat'sous des origines à nos jours, en tout cas aux années 50 (questions de droits). On y entend Brecht et Weill eux-mêmes, et une foule d'autres. Très plaisant aussi!

    Merci pour l'info sur le DVD, je ne savais pas. Je vais peut-être aller à la pêche!
    Bonjour lebewohl,

    S'il sagit de ce disque publié sous le label Naxos Nosalgie, ils contient des enregistrements de nombreux musicals de Weill et pas seulement l'opéra de quat' sous. Il y a en effet une piste où l'on entend Brecht chanter. Sur d'autres pistes, c'est Kurt Weill en personne au piano acccompagnant Lotte Lenya.

    Cependant mon fil n'était destiné qu'à faire connaître les oeuvres de Weill composées pendant son exil à Paris, car la discographie complète du compositeur est si imposante que personne à ce jour n'a tenté de la compiler. J'ai essayé mais je me casse le nez devant une telle quantité de références. (près de 3000 à ce jour). C'est avec Gershwin le compositeur qui a le plus inspiré les chanteurs et les jazzmen.

    Claude Torres

  6. #6
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    Re : Kurt Weill à Paris

    Bonjour,

    C'es ce CD, en effet ; je confesse que j'ai dévié du sujet initial du fil, mais vous savez ce que c'est...de fil en aiguille, on commence sur la tierce mineure dans les oeuvres pour harpe et bandoneon de Bruckner, on finit avec josquin des prez!...

    Bonne journée!

  7. #7
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    Re : Kurt Weill à Paris

    Je viens de trouver un document rare.
    La complainte de Fantômas de Robert Desnos / Kurt Weill radiodiffusé en 1960. La chanson est chantée par Léo Ferré accompagné à l'orgue de Barbarie. Avec de grands acteurs.
    ICI

    30 minutes de régal. Formidable!

    Claude Torres

  8. #8
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    je signale la sortie chez Phoenix Edition (label dirigé par un ancien de Capriccio) d'un Dvd permettant d'entendre une version intégrale de Der Kuhhandel -en français, la Maquignonnage ou dans l'idée "comment on traite les vaches" c'est à dire idiomatiquement une expression équivalent aux "marchands de tapis"-.
    Cette partition a bien été conçue à Paris où Weill a retrouvé le librettiste Robert Vambery, et elle est la seule à évoquer directement la prise du pouvoir par les nazis et à critiquer ouvertement Hitler et Goebbels, sur un mode satirique.
    Le début de la rédaction est sans doute contemporain de Marie-Galante qui n'offrait que très peu d'occasions de composer de la musique lyrique, puisqu'il s'agit d'une musique incidentale de théâtre ne comprenant que deux chansons et quelques choeurs brefs.
    L'influence de Paris est sensible à travers celle d'Offenbach que Weill semble avoir découvert en France: on peut rapprocher certains passages de l'esprit de La grande duchesse de Gerolstein, qui met en présence également des amoureux paysans et des complots princiers. Kurt Weill a tenté de faire mettre en scène l'ouvrage à Zurich en 1934 mais s'es heurté à un refus. Il a finalement réussi à faire monter son "opérette" à Londres en 1935, mais il a dû pour ça considérablement résuire les ambitions de la partition et simplifier les numéros, notamment les ensembles très riches qui font penser non seulement à Offenbach, Johann Strauss et Lehar, mais aussi à Rossini, voire aux fins d'acte des opéras italiens de Mozart.
    Après trois semaines de semi-succès, Weill a retiré la partition (montée sous le titre "Un royaume pour une vache") et a tenté de lui rendre sa forme originale, en incluant les nouveaux numéros destinés au public anglais. Il n'a jamais vraiment pu terminer et c'est une version de travail pas tout à fait achevée que sa répétitrice Lys Simonette a finalement livré au public en 1990 (on lui devait déjà une "performing version de Johnny Johnson, le premier musical américain de Weill).
    L'oeuvre en elle-même mérite d'être considérée à divers titres: particulièrement parce qu'elle marque le tournant qui oriente la carrière de Weill vers le divertissement à l'américaine et les réussites que seront Lady in the Dark ou One touch of Venus, mais aussi parce qu'elle contient des ensembles extrêmement développés et plus complexes qu'aucune autre des oeuvres précédentes, hérités des essais sérieux de son théâtre allemand, particulièrement Die Bürgschaft et le Mahagonny singspiel.
    Cette procédure de transition est marquée par la réutilisation de thèmes musicaux, et permet de voir combien la musique de Youkali a servi à Weill de véhicule, non pas en tant que simple recyclage, mais comme trait d'union entre les différentes phases de sa carrière.

    Cette procédure de transition est marquée par la réutilisation de thèmes musicaux, et permet de voir combien la musique de Youkali a servi à Weill de véhicule, non pas en tant que simple recyclage, mais comme trait d'union entre les différentes phases de sa carrière. Youkali est une musique instrumentale (les paroles de « chansons » ne seront ajoutées qu’après la deuxième guerre mondiale) tirée de Marie-Galante. Il faut croire que Weill y tenait beaucoup puisque la seconde partie de la mélodie apparaît dès l’ouverture de Der Kuhhandel et sert de leitmotif au personnage de Juanita, reparaissant dans ses deux airs principaux. D’une manière encore plus nostalgique cette même phrase apparaît au cœur de la partition de Johnny Johnson qui évoque l’engagement des Etats-Unis dans le deuxième conflit mondial, et où elle joue le rôle d’une sorte de mélodie populaire chargée d’évoquer la France. Pareillement le thème de Nana’s Lied (« meinen Herren, mit 17 Jahren kamm ich auf dem Liebes Markt ») sert à la déploration de Juan, obligé d’aller trimer à la ville pour gagner de quoi acheter une nouvelle vache, condition sine qua non de son mariage, le précédent animal ayant été saisi par le gouvernement en paiement d’un impôt « exceptionnel » reconduit régulièrement afin d’acheter des armes nécessaires à la « révolution nationale ».

    Tout n’est pas réussi dans Arms and cows (dernier titre anglais en date de l’œuvre, le bon titre, celui qui ferait mouche n’a sans doute pas encore été trouvé). Les nouveaux dialogues ajoutés au début, la scène d’entrée parfaitement niaise entre les amoureux, qui n’ont en plus aucun charme dans la version Dvd, devraient sans doute connaître un remaniement afin de moins retarder l’action. En revanche, une fois passées les 25 premières minutes, tout le reste est de premier choix, et supérieur sans doute à quelques unes des mélodies de Weill les plus connues. Les ensembles et la musique chorale atteignent des sommets qu’on ne retrouve que dans Eternel Road, hélas toujours pas enregistré en entier, mais avec en plus un humour ravageur, et une caricature de la corruption des gouvernants qui reste d’une actualité brûlante. Dans les meilleurs moments on est très au-delà de ce qu’ont pu faire Isherwood et les auteurs de Cabaret. Tout l’acte II, qui commence dans une maison close -on n'a pas le droit d'écrire b.o.r.d.e.l.-(symbole du pouvoir du général-ministre de la guerre) est très réjouissant, enfin, une joie débordante très proche des larmes. Les allez-retour continuels entre les souffrances des moins que rien et les jouissances des gouvernants qui ne sont que des marionnettes entre les mains des entrepreneurs fabriquants d’armes dressent un tableau du monde à la fois plus joyeux et plus radical que celui esquissé par Brecht dans Happy End et Mahagonny.
    Après le grand effroi des premières minutes, tous ceux qui s’intéressent à Kurt Weill et aux dérives des temps actuels seront ravis, même si la version idéale de Der Kuhhandel reste encore à faire.

  9. #9
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    Voilà un fil du plus grand intérêt, du début à la fin .

    Je ne l'avais jusqu'alors pas exploré, et c'est parce que Sud a eu l'excellente idée de le faire remonter tout récemment que ce sujet ("Kurt Weill à Paris") a attiré mon attention. Sud l'a d'ailleurs enrichi d'autres indications encore, d'une abondance et d'une précision telles que je me permettrai de les conserver dans mes archives (j'ai un endroit où, après les avoir imprimés, je conserve ce genre de précieux renseignements pour pouvoir ensuite m'y référer à l'occasion).

    Je dirai juste, à propos de l'horrible exclamation de Florent Schmitt, le 26 novembre 1933 à Paris après qu'il eût entendu le Lac d'argent de Kurt Weill, qu'elle m'écoeure et me consterne chaque fois que j'y pense (même si beaucoup d'antisémites "à l'ancienne", comme il y en avait pas mal dans le sillage de l'Action Française notamment, ne pouvaient encore imaginer à cette date toute l'ampleur qu'allait prendre un peu plus tard l'abomination nazie).

    Comme le hasard a voulu que j'évoque des oeuvres de Florent Schmitt tout récemment sur un autre fil, et bien que l'article consacré à ce compositeur par Wikipedia paraisse devoir être pris avec une certaine circonspection (sources insuffisamment précisées, etc.), je reproduis ci-dessous à toutes fins utiles ce qui y est écrit sous le chapitre "polémique". On y découvre que l'engagement de Schmitt sur le plan politique alla hélas encore bien plus loin que cette terrible exclamation ("Vive Hitler !" ).

    Jacques

    ----------------------------------------------------------------------

    "En dehors de son activité musicale, Florent Schmitt est aussi soupçonné de positions favorables à l'Allemagne nazie, dans les années trente puis sous l'Occupation.

    "La vie toute entière de Florent Schmitt est rythmée par les voyages qui s’inscrivent dans le cadre de son activité musicale : Italie, Suisse, Autriche, Espagne, Maroc, Grèce, Turquie, Orient. Parmi ses voyages, il s’est aussi rendu en Allemagne pendant les années trente puis sous l’Occupation où il a été membre de la Section Musicale du Comité France-Allemagne, créé en 1935. Il a assisté à une réunion de Musiciens Français et Allemands organisée à Vienne en décembre 1941 pour rendre hommage à Mozart, et a été le co-président d’honneur de la Section Musicale du Groupe Collaboration à partir de décembre 1941.

    "A la Libération, pour avoir prêté son nom au Groupe Collaboration, des poursuites judiciaires ont été engagées contre Florent Schmitt pour indignité nationale. Cependant, après enquête, s’étant toujours positionné d'un point de vue musical, ces poursuites ont été classées sans suite. Toutefois, il a été condamné dans le cadre de l'épuration professionnelle : le 7 janvier 1946, le Comité national d’épuration des gens de lettres, auteurs et compositeurs a prononcé contre lui une peine d’interdiction d’éditer ou de faire jouer ses œuvres d’une durée d’un an (...).

    "Florent Schmitt a expliqué son voyage en Allemagne par la volonté de revoir son fils, resté prisonnier dans le stalag XXIII de Pirmasens depuis juin 1940. Il a justifié son appartenance au Groupe Collaboration par son souci de défendre la musique française. Sa position lui permettant également de signer des pétitions en faveur de musiciens israélites tels que la cantatrice Madeleine Grey, le pianiste François Lang, le compositeur Fernand Ochey ou de soutenir ses amis Paul Dukas, Alexandre Tansman ou Arnold Schönberg qu'il appréciait et défendait vigoureusement.

    "Malgré l’absence d’implication politique de Florent Schmitt, lequel a inscrit toute son histoire dans celle des Arts, le Conseil d'administration du lycée de Saint-Cloud a proposé que l'établissement, qui portait le nom du compositeur depuis 1968, soit rebaptisé. Le Conseil Régional d'Île-de-France a accepté cette demande en 2005 après une dizaine d'années de polémiques, et lui a attribué le nom d'Alexandre Dumas."

  10. #10
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    c'est un sujet difficile et complexe, même si dans le cas de Schmitt il paraît en avoir beaucoup rajouté. Il faut remarquer à sa décharge que l'essentiel de ses succès étaient derrière lui et que l'institution musicale française ne l'a pas très bien traité. Il héritait aussi d'une tradition nationaliste et antisémite assez vivace en France, et dans la musique déjà représentée par d'Indy même s'il semble avoir un peu reculé dans ses dernières années par l'expérience du rejet des milieux catholiques d'extrême-droite dont il avait été un temps le fer de lance.
    D'autres compositeurs et musiciens se sont aussi beaucoup trompé, Webern le premier a cru que le nazisme offrirait à la "nouvelle musique" le moyen d'exister, et il s'est fait dévorer par la meute qu'il pensait avoir apprivoisée. Que dire de l'autre Schmidt (à part qu'il est mort à temps), de Joseph Marx, de Pfitzner, de Richard Strauss lui-même dont les bonnes intentions ne laissent pas d'étonner, comme si beaucoup de ces gens avaient été de gros naïfs, profitant de leur position pour sauver en secret leurs collègues menacés.
    Après, il est bien difficile de juger et de se baser sur une attitude plus ou moins passive pour défendre les hommes (Furtwangler, Karajan qui encore après la dénazification exprimait en privé son dégoût de diriger des orchestres où il y avait des juifs et des homosexuels).
    Barenboïm a bien dirigé, et en Israël aussi, les opéras de Wagner, quoique les "essais" littéraires du Phoenix de Bayreuth ne laissent aucun doute sur son antisémitisme violent et carriériste. Tous ses descendants ont foncé à pieds joints dans la pire des ignominies (par amour de la dictature ou pour défendre le petit commerce?)
    Les américains quand ils étaient en mesure de le faire n'ont pas non plus détruit les voies d'accès à Auschwitz.
    Un plus grand problème surgit dès lors qu'on considère la destinée des musiciens condamnés par le régime nazi qui ont survécu à la guerre. Les attaques du pouvoir ont continué à propager la rumeur de leur caractère "cosmopolite" comme on disait en Union Soviétique, et ils continuent à subir une sorte de "double peine" puisque rejetés dans les années 50 comme vieillots et dépassés, et d'une certaine façon entachés par leur survie-même d'une sorte d'ostracisme, ils ne sont toujours pas mieux traités que ceux qui s'en sont tiré avec les honneurs.

    Je veux dire par là que presque toute l'oeuvre de Carl Orff est enregistrée et fréquemment jouée (en partie au moins) alors que ce n'est pas le cas de Heinz Tiessen, d'Erdmann, de Gurlitt, de Rathaus, de Wellesz, de Krenek, de Weill, ni même de Schulhoff, Krasa ou Viktor Ulmann qui eux sont pourtant morts dans les camps.
    C'est le problème de Céline, Rebatet, Drieu la Rochelle, faut-il se priver de ce qu'on aime dans leur oeuvre? Personnellement je ne supporte pas Céline, mais ça n'a rien à voir avec ses opinions, je trouve juste que c'est illisible et très mal écrit. En revanche je n'éprouve pas de mauvaise conscience à écouter la tragédie de Salomé ni la 2ème symphonie de Florent Schmitt, et je préfère Fervaal de d'Indy aux mauvaises copies de Debussy qui peut passer pour plus respectable, quelles que soient les faiblesses de l'homme (même si elles ne relèvent pas vraiment du domaine politique, encore qu'il y aurait à dire sur ses déferlements haineux).

  11. #11
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    Un très grand merci, Sud, pour ces intéressants rappels. Pour moi c'est d'ailleurs bien plus que de simples rappels, car beaucoup de choses que vous avez indiquées dans votre dernier post ne m'étaient pas encore bien connues ou ne l'étaient que très partiellement.

    Je souhaiterais pour ma part voir plus souvent écrites de semblables mises au point et tours d'horizon. Ils nous en apprennent beaucoup sur l'histoire de la musique et le contexte délicat dans lequel certains compositeurs ou interprètes illustres ont vécu et se sont comportés (s'agissant d'interprètes, je pense d'ailleurs non seulement à Herbert von Karajan ou à Elisabeth Schwarzkopf, lesquels avaient à l'époque tous deux leur carte de membre du Parti national-socialiste, mais même à des gens comme le grand pianiste Alfred Cortot, si engagé sous le Régime de Vichy que, bien que n'ayant jamais été véritablement inquiété après l'Occupation - ou même eu à le craindre -, il préféra ensuite passer l'essentiel de son temps en Suisse où il se sentait quand même moins "exposé" qu'en France). Et bien entendu, ils aident beaucoup à relativiser certaines choses et à mettre en perspective toute une série de faits qui, lorsqu'on les apprend isolément, au gré de lectures notamment, peuvent paraître fort désagréables, difficiles à comprendre et souvent très dérangeants.

    J'aurais encore diverses choses à exprimer sur de tels sujets, mais je crois qu'ils sont si délicats et épineux qu'il est préférable que j'en reste là, du moins pour ce qui me concerne .

    Jacques

  12. #12
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    Quote Originally Posted by Fred Audin View Post
    c'est un sujet difficile et complexe, même si dans le cas de Schmitt il paraît en avoir beaucoup rajouté. Il faut remarquer à sa décharge que l'essentiel de ses succès étaient derrière lui et que l'institution musicale française ne l'a pas très bien traité. Il héritait aussi d'une tradition nationaliste et antisémite assez vivace en France, et dans la musique déjà représentée par d'Indy même s'il semble avoir un peu reculé dans ses dernières années par l'expérience du rejet des milieux catholiques d'extrême-droite dont il avait été un temps le fer de lance.
    D'autres compositeurs et musiciens se sont aussi beaucoup trompé, Webern le premier a cru que le nazisme offrirait à la "nouvelle musique" le moyen d'exister, et il s'est fait dévorer par la meute qu'il pensait avoir apprivoisée. Que dire de l'autre Schmidt (à part qu'il est mort à temps), de Joseph Marx, de Pfitzner, de Richard Strauss lui-même dont les bonnes intentions ne laissent pas d'étonner, comme si beaucoup de ces gens avaient été de gros naïfs, profitant de leur position pour sauver en secret leurs collègues menacés.
    Après, il est bien difficile de juger et de se baser sur une attitude plus ou moins passive pour défendre les hommes (Furtwangler, Karajan qui encore après la dénazification exprimait en privé son dégoût de diriger des orchestres où il y avait des juifs et des homosexuels).
    Barenboïm a bien dirigé, et en Israël aussi, les opéras de Wagner, quoique les "essais" littéraires du Phoenix de Bayreuth ne laissent aucun doute sur son antisémitisme violent et carriériste. Tous ses descendants ont foncé à pieds joints dans la pire des ignominies (par amour de la dictature ou pour défendre le petit commerce?)
    Les américains quand ils étaient en mesure de le faire n'ont pas non plus détruit les voies d'accès à Auschwitz.
    Un plus grand problème surgit dès lors qu'on considère la destinée des musiciens condamnés par le régime nazi qui ont survécu à la guerre. Les attaques du pouvoir ont continué à propager la rumeur de leur caractère "cosmopolite" comme on disait en Union Soviétique, et ils continuent à subir une sorte de "double peine" puisque rejetés dans les années 50 comme vieillots et dépassés, et d'une certaine façon entachés par leur survie-même d'une sorte d'ostracisme, ils ne sont toujours pas mieux traités que ceux qui s'en sont tiré avec les honneurs.

    Je veux dire par là que presque toute l'oeuvre de Carl Orff est enregistrée et fréquemment jouée (en partie au moins) alors que ce n'est pas le cas de Heinz Tiessen, d'Erdmann, de Gurlitt, de Rathaus, de Wellesz, de Krenek, de Weill, ni même de Schulhoff, Krasa ou Viktor Ulmann qui eux sont pourtant morts dans les camps.
    C'est le problème de Céline, Rebatet, Drieu la Rochelle, faut-il se priver de ce qu'on aime dans leur oeuvre? Personnellement je ne supporte pas Céline, mais ça n'a rien à voir avec ses opinions, je trouve juste que c'est illisible et très mal écrit. En revanche je n'éprouve pas de mauvaise conscience à écouter la tragédie de Salomé ni la 2ème symphonie de Florent Schmitt, et je préfère Fervaal de d'Indy aux mauvaises copies de Debussy qui peut passer pour plus respectable, quelles que soient les faiblesses de l'homme (même si elles ne relèvent pas vraiment du domaine politique, encore qu'il y aurait à dire sur ses déferlements haineux).

    Il y a quand même deux ou trois points qui me gênent dans la tonalité générale de votre message sud.

    Aller mettre le non bombardement d'Auschwitz par l'aviation américano-anglaise (car ce ne sont pas seulement les américains dont on parle): un sujet certes certes douloureux, pénible et compliqué, où la décision de ne pas bombarder a sans doute rajouté des dizaines, voire des centaine de milliers de suppliciés à ce qui avait déjà dépassé un million rien qu'à Auschwitz, dans le même panier que l'attitude de la descendance de Wagner, faut peut-être pas pousser quand même !!!

    De même, il faudra que vous m'expliquiez où sont les "bonnes intentions" de Richard Strauss? Tous les documents qui ressortent prouvent bien qu'il n'y en a jamais eu aucune de la part de ce lâche opportuniste: le fait qu'il ait été assez con pour tomber en disgrâce ne change rien à son attitude.
    Les seules raisons, documentées pleinement, pour lesquelles il s'est accroché à Stefan Zweig, c'est qu'il pensait que Zweig était un bon librettiste et que Goebbels n'oserait pas s'attaquer à lui tant il était imbu de son importance: cela n'a strictement rien à voir avec de quelconques bonnes intentions.

    Enfin, le troisième point, la "double peine": autant je suis d'accord avec vous sur le fait que cette double peine soit réelle - et perdure encore aujourd'hui, ce qui est plus grave - autant votre " rejetés dans les années 50 comme vieillots et dépassés " mérite quand même quelques explications.

    Comme je l'ai dit sur un autre fil, ce n'est l'école de Darmstadt qui a rendu les Krasa, Ullmann et autres vieillots. Ce ne sont pas eux non plus qui ont décidé la réouverture de Salzburg dès 1946 pour y représenter des opéras de...Richard Strauss.

    Vous le dites vous même, les grosses merdasses de Carl Orff n'ont eu aucun problème à se faire enregistrer au disque: de cela, l'école de Darmstadt n'y est pour rien que je sache.

    Donc, l'argument "vieillot et dépassé" me semble un peu juste et très facile. En revanche, celui que vous utilisez dans la suite de votre phrase " et d'une certaine façon entachés par leur survie-même d'une sorte d'ostracisme" me semble beaucoup plus pertinente: oui, pour les survivants, on leur reprochait d'avoir survécu, et pour les morts, on leur reprochait d'être morts mais d'avoir laissé derrière eux une oeuvre écrite et documentée, alors que ç'aurait été tellement plus facile de pouvoir faire comme si cette oeuvre n'avait jamais existé.

  13. #13
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    Je n'ai pas de sympathie particulière pour Richard Strauss, qui n'a certainement pas été très courageux ni très constant et qui était sûrement très attaché aux honneurs qu'il pensait lui être dûs.

    Mais enfin je me garderai de lui jeter la pierre. Je ne sais pas ce que j'aurais fait, si j'aurais résisté, si je serais parti, ou si j'aurais adopté un profil bas ; surtout si j'avais eu 69 ans à l'arrivée de Hitler au pouvoir.

  14. #14
    Merci Tahar pour votre post.

    C'est devenu un reflexe suspect à mes yeux de mettre en cause la stratégie militaire des Américains et de dénoncer le non bombardement des voies d'accès qui menaient à AUSCHWITZ BIRKENAU. Vous avez très bien dénoncé l'amalgame.

    Je ne connais pas très bien la vie de STRAUSS et ne désira pas la connaître : sa "musique" me fait GERBER ! Et le personnage également.

    Cela m'est plus douloureux pour WAGNER. J'aime "Les Maîtres Chanteurs" , "Tannhauser" ... Par contre sa descendance ne m'inspire rien de bon.

    Quant à Carl ORFF que vous citez, bénéficiaire d'éditions et de rééditions au disque alors qu'un Hans KRAZA par exemple a mis du temps à paraître au disque et ne bénéficie pas de la même publicité, sa production ne m'inspire que dégoût et sésastre auditif.

    Pour répondre à LEBEWOHL, il ne s'agit pas de jeter la pierre.
    Il s'agit d'avoir les bouboules bien accrochées là où elles doivent l'être et d'assumer son rôle d'homme et non de lavette, de serpillère aux ordres, de dépotoir à merdailles.

  15. #15
    Pour en revenir à Kurt WEILL, je trouve que Clude TORRES a bigrement raison de nous orienter vers sa musique enregistrée version JAZZ.

    Mais voici un compositeur au répertoire immense, en effet. Et j'ose à peine le dire, mais il n'y a rien à bouder.

    Et le personnage m'est très attachant.

    Merci pour ce fil à lui consacré. Bravo Claude !

  16. #16
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    Quote Originally Posted by lebewohl View Post
    Je n'ai pas de sympathie particulière pour Richard Strauss, qui n'a certainement pas été très courageux ni très constant et qui était sûrement très attaché aux honneurs qu'il pensait lui être dûs.

    Mais enfin je me garderai de lui jeter la pierre. Je ne sais pas ce que j'aurais fait, si j'aurais résisté, si je serais parti, ou si j'aurais adopté un profil bas ; surtout si j'avais eu 69 ans à l'arrivée de Hitler au pouvoir.
    Si je puis me permettre Lebewohl : quand on est connu et reconnu dans le monde entier, qu'on a un peu d'argent de côté (je suppose ), qu'on n'est pas le dernier idiot du village, je crois qu'il est dans ce cas précis plutôt plus facile de prendre la poudre d'escampette...

  17. #17
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    Je ne dis nullement qu'il n'aurait pas pu, ni qu'il n'aurait pas dû ; il ne l'a pas fait.

  18. #18
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    Quote Originally Posted by lebewohl View Post
    Je n'ai pas de sympathie particulière pour Richard Strauss, qui n'a certainement pas été très courageux ni très constant et qui était sûrement très attaché aux honneurs qu'il pensait lui être dûs.

    Mais enfin je me garderai de lui jeter la pierre. Je ne sais pas ce que j'aurais fait, si j'aurais résisté, si je serais parti, ou si j'aurais adopté un profil bas ; surtout si j'avais eu 69 ans à l'arrivée de Hitler au pouvoir.
    Attendez, lebewohl, vous rigolez, là ou quoi?

    Non seulement, il n'a jamais cherché à résister ou à quitter l'Allemagne, mais les échanges de lettres entre lui et Stefan Zweig sont sans aucune ambiguïté sur son antisémitisme, tout à fait dans la ligne.

    Encore une fois, le matériel à disposition est à la disposition de tout le monde: s'il a voulu maintenir la relation avec Zweig, c'est uniquement parce qu'il pensait que ce dernier était un excellent librettiste et qu'il voulait continuer à composer des opéras.

    Il est tombé en disgrâce parce qu'il se croyait au dessus du commun et qu'il a maintenu cette relation avec Stefan Zweig, et pour aucune autre raison, ou aucune autre position qui auraient été orthogonales avec l'idéologie du parti au pouvoir.

  19. #19
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    Ai-je une seule fois dit qu'il avait résisté ou cherché à quitter l'Allemagne?

  20. #20
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    certes vous ne l'avez pas dit et vous avez employé une figure de rhétorique en parlant de vous, je vous l'accorde: cela ne change strictement rien au fond du sujet !

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