




C'est sûr que c'est plus facile que les quatuors de Carter, mais Vincent a raison : c'est beaucoup plus difficile à jouer que ça en a l'air.



Vous n'avez certainement pas rêvé, Alfredo.
Le Menuet antique de Ravel, dans sa version pour orchestre, a bien servi pendant quelque temps à la télé. Sans en être absolument certain (j'étais encore gamin à l'époque, mais la musique de Ravel me subjuguait déjà pas mal), je crois que le début de l'oeuvre s'entendait entre chacune des interventions des candidats à une certaine Election présidentielle.
J'hésite toutefois entre celle de 1965 (vainqueur au second tour : Charles de Gaulle) et celle de 1969 (vainqueur au second tour : Georges Pompidou)...
Remarquez qu'en fait de musique, le Général de Gaulle préférait de beaucoup écouter Debussy (et probablement aussi Ravel) plutôt que des marches militaires. C'est en tout cas ce qu'a déclaré son fils Philippe, un jour à la télé. Et ce grand homme est monté encore plus haut dans mon estime (si c'était possible), quand j'ai entendu ça
.
Jacques



Pour l'election présidentielle de 1969, je suis à peu près certain que c'était le début des oiseaux de Respighi qui servait de musique de générique:
YouTube - Gli Uccelli (da Respighi)-1.Preludio
Ce serait donc pour l'election de 1965 ?
Dans mon souvenir j'aurais associé le menuet antique à la ronde des ovales autour de RTF au début des émissions, c'était quelle musique alors pour ce début des programmes?



Merci pour ces précisions, Alfredo.
Je ne peux malheureusement pas répondre à vos nouvelles questions.
Sauf à une : comme je suis pratiquement certain de ce lien entre le Menuet antique et une campagne présidentielle, l'élection concernée était donc celle de 1965.
Pour lever tout doute, le moyen le plus sûr serait d'interroger France Télévisions, lointains successeurs de ce qui était alors l'ORTF (sigle officiellement utilisé entre juin 1964 et décembre 1974).
Jacques



oui je ne m'y attendais pas, je pensais que ce fil allait sombrer rapidement dans les profondeurs du forum: c'est rigolo comme il a pu dériver au-delà de mes provocations de bas étage... Je suppose qu'il n'y avait pas de fil assez général ou vague pour parler de l'évolution de la musique de piano, sous son aspect "praticable" par des amateurs, car c'est un des écueils de la musique contemporaine de n'offrir que rarement des partitions qu'on peut ouvrir et jouer à vue.
Le 3ème quatuor de Glass? c'est celui qui est tiré de la musique de Mishima? ou est-ce que je confonds avec le cinquième? je m'aperçois que je ne les ai pas tous. La musique du film Mishima (comment retomber dans le sujet en sollicitant le japon imaginaire) que j'ai réécoutée récemment (un disque dont j'ai eu envie toute mon adolescence et que j'avais renoncé à me procurer) présente des rapports avec le jazz assez étonnants que je n'attendais pas chez Glass, et des rythmiques qu'il n'a pas souvent utilisées.
Je pense que parmi les partitions contemporaines jouables, je devrais me mettre en chasse de la version piano de Old and Lost Rivers de Tobias Picker qui a l'air assez peu difficile (par rapport à certaines oeuvres de Copland qu'elle imite et qui réclament un niveau sans doute supérieur)
A l'écoute d'un disque NWR ou CRI je ne sais plus, j'étais tombé amoureux des sonatines d'Harold Shapero, mais il semble que les partitions soient quasi impossibles à dénicher.



A toutes fins utiles, Alfredo, vous trouverez peut-être quelques éléments de réponse sur ce site (c'est en fait une page de "blog") consacré à la fameuse "horloge à spirale" de l'encore plus ancienne RTF (avant juin 1964).
Un peu plus bas sur la page, on peut en effet entendre la musique qui précédait le début de certaines émissions de la télé, tandis qu'on pouvait voir ladite horloge dont la première apparition remonte paraît-il à 1959. Mais de toute évidence, il ne s'agissait pas de Menuet antique. On ne dit toutefois pas si, au tout début des programmes, c'était la même musique.
Désolé si je suis complètement "à côté de la plaque".
Jacques![]()



Bonjour Sud.
Je me demande si ces provocations (auxquelles je n'ai pas pu m'empêcher, à un certain moment, de réagir avec une méchanceté dépassant toute mesure) n'ont pas justement contribué, à leur manière, au succès phénoménal de ce fil ?
Quoi qu'il en soit, il y a eu quantité d'autres choses, très positives et enrichissantes, et cela dès votre premier message (qui m'a notamment permis de découvrir Hisaishi). Quant au débat sur les "influences" ou "correspondances" observées entre certains compositeurs ou courants esthétiques, c'est l'un des plus passionnants qu'il m'ait été donné de suivre (et ce n'est pas encore terminé, me semble-t-il).
Aussi, quelles qu'aient été vos intentions et vos attentes initiales, j'en viens maintenant à penser que la création de ce fil était un véritable "coup de génie".
Puisse-t-il y en avoir encore d'autres, du même ordre !
Jacques


Certes, mais on trouve des choses rythmiquement plus compliquées chez certains groupes de rock, ça n'en fait pas moins du rock pour autant. Et ca n'empêche pas beaucoup de gens, musiciens compris, de penser à tort que le rock c'est facile et à la portée d'adolescents qui boivent de la bière (et remuent la queue). On ne s'en servira pas pour tenter de définir ce que telle musique est.
Enfin je trouve qu'il y a de toute façon d'autres choses à défendre avant Glass face aux allatoyahs de la pseudo-complexité.






qui sont nombreux. Et pourtant il est inutile de dire que la complexité n'est un critère de rien du tout (hormis celui de la complexité), ce qui fait qu'il n'y a finalement pas grand chose à défendre de ce point de vue dans tous les cas. Mozart ou Vivaldi ça n'est pas très compliqué, et pourtant...



Pardon de venir troubler avec de telles futilités les échanges cultivés dont je venais pourtant de me féliciter (et qui ont repris, comme je le prévoyais).
Mais dans ma vaine recherche, sur l'Internet, de cette musique entendue jadis à la télé et qu'invoquait Alfredo, je suis tombé sur l'indicatif d'une émission consacrée à la philatélie par la "speakerine" Jacqueline Caurat. On trouve cette évocation ici, avec une petite vidéo vers le milieu de la page. Or, ça m'a rappelé qu'ils n'avaient pas si mauvais goût, à l'époque : c'était un passage du deuxième mouvement de la Musique pour cordes, percussion et célesta, de Bartók
.
Comme j'étais gamin, cette émission m'ennuyait à mourir. Mais je crois bien que c'est grâce à son indicatif que j'ai pu entendre pour la toute première fois un petit extrait de ce chef-d'oeuvre (sans pour autant savoir ce que c'était).
Jacques



"Qu'il est doux de ne rien faire quand tout s'agite autour de vous"
je crois que c'était une pub télé pour France Inter, avec des images tournées dans le cabinet des miroirs de Grévin, et quelle musique? un fragment d'Un américain à Paris de Gershwin peut-être.
J'avoue que je ne me souviens pas du menuet antique à la télévision, mais si c'est bien la bonne campagne, j'avais 3 ans.
Maintenant, allez savoir, il est certain que ça ne fait pas partie de mes pièces favorites chez Ravel.



Je me souviens très bien de l'étrange indicatif de télé Philatélie.
Mon tout premier contact avec la musique de Bartok
Dans le même ordre d'idées, j'avais longtemps été intrigué par cet indicatif (l'image représentait un cadran radar qui tournait):
http://www.coucoucircus.org/emission...que.php?id=306
... avant d'apprendre qu'il s'agissait du concerto pour orchestre de Lutoslavski



... et je n'ai toujours pas identifié cette musique là (en usage après 1965, au temps de l'ORTF, et non de la RTF):
http://www.coucoucircus.org/emission...que.php?id=309



Je me souviens très bien de mon tout premier contact avec Mahler: c'était le scherzo de la Titan, tous les matins sur France Musique vers 8h, sans doute dès avant 1990, mais jusqu'à quand?



La philosophie de cette pub télé pour France Inter est très ancienne puisque Lucrèce [Titus Lucretius Carus], dans son De natura rerum (Ier siècle av. J.-C.), l'avait déjà exprimée sous cette forme imagée (j'avais appris ces vers latins à l'école, mais j'ai maintenant l'Internet pour me les rappeler) :
Suave mari magno, turbantibus æquora ventis,
E terra magnum alterius spectare laborem,
Non quia vexari quemquam est jucunda voluptas.
Je ne me souviens toutefois pas de cette pub, ni de la musique qui l'accompagnait (si c'était bien un extrait d'Un Américain à Paris, ça me paraîtrait en tout cas assez approprié).
En ce qui concerne le Menuet antique, même si je l'ai autrefois joué au piano, je reconnais à mon tour que ce n'est pas ma pièce favorite de Ravel.
Cela dit, que de souvenirs ont été évoqués aussi par Alfredo et par Theo! Sans pouvoir aider Alfredo sur l'origine de la musique ORTF qu'il a signalée, je dirai que tous ces petits extraits musicaux qu'on entendait à la télé quand elle était encore "archaïque" m'ont finalement beaucoup marqué (inconsciemment) dans mon enfance. Davantage, par exemple, que le Premier Concerto de Rachmaninov qui ouvrait, des années plus tard, la célèbre émission littéraire de Bernard Pivot.
Jacques



Je crois que "qu'il est doux de ne rien faire quand tout s'agit autour de vous", dont la proximité avec le De natura rerum m'a également toujours frappé, était le slogan du Pop Club de José Artur.
Cette émission (ou bien est-ce une autre de José Artur?), peut-être pas à la même époque, avait pour indicatif "vingt-quatre heures sur vingt quatre, la vie serait bien dure, s'il n'y avait pas le pop club, a-vec-jo-sé-ar-tur.... aaaahhhhh" ; musique de Claude Bolling, interprétée par "les parisiennes" ("repassseeeez plutôôôôt le treeeente février")



Je crois que c'était bien cette émission-là (le Pop Club de José Artur) qui commençait par cette musique.
Elle m'agaçait un peu (surtout quand je veillais tard et peinais sur certains devoirs pour l'uni, avec la radio laissée allumée). Mais je la trouvais quand même très "cool".
Jacques



J'ai regretté qu'elle s'arrête, je l'aimais bien... elle a tenu quarante ans ans, ce n'est pas si mal...