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j'avoue hésiter entre ces deux options. C'est en effet très cafardeux la plupart du temps, même quand c'est supposément drôle. Même sa balançoire est sinistre. J'ai l'impression en l'écoutant que sa musique exprime une lassitude de tout, une incapacité quasi-pathologique à s'enthousiasmer ou à concevoir quelque chose de façon positive.









ce que je ne tente pas de faire non plus comme vous l'aurez remarqué
ça c'est tout moi en effet, entre Monet et Debussy, l'absence de forme et la perception faussée des couleurs -ou du moins l'incapacité à les rendre dans un système cohérent- permet de tracer d'habiles parallèles en effet.il y a aussi des gens qui pensent que Bouguereau est un meilleur peintre que Monet... ou que la musique de Bach n'est que du calcul mathématique formel pour placer des notes sur des lignes...


"Perception faussée des couleurs"? Mais qu'est-ce donc que ca peut bien vouloir dire en musique? Mais... mais... rien du tout?



Quand les vivants se bouffent la couenne en parlant des morts.
Comme si les propos de chacun allait bouleverser le présent, l'avenir et le passé.
M'enfin, faisez donc comme moi, soyez l'idiot du village.
Conjuguez le verbe "faiser" à l'impératif du plus qu'imparfait.
Profitez de la vie, de la musique, des petits z'oiseaux, des feuilles rousses d'automne...



Monet, c'est mon peintre préféré, et pourtant, je n'aime pas l'argent :o)
Sérieux : grand fan de Monet je suis









<< Monteverdi, Haydn, Beethoven, Berlioz, Wagner, Debussy, Berg >>
Haydn?... c'est marrant! Je réalise que c'est un des rares compositeurs que j'ignore totalement.
Il y a les musiques qui nous envoûtent et qu'on adore, celles qui nous hérissent et on déteste (les deux sont en fait des musiques qui nous parlent...) et celles qui nous traversent sans qu'on les remarque.
<< Ce n'est même pas la peine d'argumenter...ce que je ne tente pas de faire non plus comme vous l'aurez remarqué >>
Nous avons tous des limites du même ordre.
En ce qui me concerne et dans un domaine artistique différent, j'ai passé une des pires soirées-spectacles de ma vie (en passant progressivement de la bienveillance à la perplexité puis à l'ennui, puis à l'exaspération, parce ça durait!...ça durait!..) en subissant un one-man-show de ce type qu'un certain nombre de gens (dont ma femme, persuadée de me faire partager un trésor en m'emmenant à ce spectacle) considèrent comme un génie dans son domaine (il y a des extraits en écoute):
http://profile.myspace.com/index.cfm...ndID=423399520
<< ça c'est tout moi en effet, entre Monet et Debussy, l'absence de forme et la perception faussée des couleurs -ou du moins l'incapacité à les rendre dans un système cohérent- permet de tracer d'habiles parallèles en effet. >>
Pour moi, le génie (par opposition au talent ou au métier ou au "bel ouvrage") c'est justement ça:
C'est quand une oeuvre n'est pas équilibrée, ni justifiable, ni cohérente, ni conforme à des canons esthétiques rationnels, mais produit pourtant, un effet aussi renversant et fulgurant qu'inexplicable, un effet de l'ordre de l'envoûtement magique, de l'hallucination ou de l'hypnose.
Un effet qu'on ne peut pas expliquer à ceux qui ne le ressentent pas, et qu'on ne peut pas justifier autrement que par un: "Bien sûr, tout ce que vous dites contre est objectivement vrai!... Mais pourtant !!! ????..."


Une fois n'est pas coutume, je suis d'accord avec vous sur les points que je viens de copier...
L'écriture pianistique de Ravel, sa manière de faire sonner l'instrument, sont évidemment proches de celle de Liszt, et pas seulement dans les pièces "fluides". Il n'y a qu'à écouter les fulgurances de Scarbo...



"Haydn?... c'est marrant! Je réalise que c'est un des rares compositeurs que j'ignore totalement.
Il y a les musiques qui nous envoûtent et qu'on adore, celles qui nous hérissent et on déteste (les deux sont en fait des musiques qui nous parlent...) et celles qui nous traversent sans qu'on les remarque."
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Essayez d'écouter ses quatuors, ses sonates, ses dernières symphonies.
Vous m'en direz des nouvelles.
Je le préfère à Mozart, dans les sonates et les quatuors.


Plus qu'à Liszt, c'est à Alkan que Ravel me fait parfois penser. Un piano très français, tiré à quatre épingles, et une sentimentalité mal dissimulée sous une apparente raideur.

Je préfère bien entendu Ravel à Debussy, même si je n'aime qu'avec modération, et seulement certaines oeuvres : la valse, la tzigane de concert, Schéhérazade (l'ouverture), Boléro, l'Alborada. La plupart du temps ses miniatures délicates et ses danses atmosphériques peinent à me séduire. La deuxième partie de Daphnis & Chloé me plaît assez mais la fin m'endort. Dans la première partie j'aime plus particulièrement la danse lente et mystérieuse des nymphes, le nocturne et l'interlude. Ma Mère l'Oye : essentiellement pour Petit Poucet et Laideronette. J'aime bien la musique de l'Enfant et les sortilèges mais le livret de Colette est d'une nunucherie rare.



En effet c'est pas tellement la coutume, mais comme disaient les Grecs, c'est la rareté fait le prix
Je ne reviens pas sur Satie de peur d'énerver Bertrand qui est fan, je me permets juste de poster des extraits des partitions d'Ondine et des Jeux d'eau à la villa d'Este (je les trouve très jolies toutes les deux)(et elles ont presque autant de dièses à la clef).
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Je ne suis pas particulièrement fan (quoique, peut être un peu), mais je trouve très réducteur de dire que l'œuvre de Satie n'est que clowneries. Comme je l'ai déjà écrit auparavant, Satie est pour moi une ouverture sur la musique contemporaine. Si son écriture peut sembler simpliste, il faut tout de même noter qu'il a été le premier simplet à l'avoir fait. Si son langage est une impasse musicale, un avorton, il n'en reste pas moins un langage.
Je ne suis pas d'accord non plus avec le côté pièces pour débutants. Ou en tout cas, c'est une vision partielle. Je ne pense pas que ses annotations sur ses partitions ne soient que de la plaisanterie. Essayer de les suivre en jouant le jeu (c'est à dire sans exagérer et sans les diminuer) leur fait revêtir leur caractère poétique.


Je suis assez précisément de cet avis.
Il y a chez certains une façon un brin condescendante de parler de Satie qui m'est insupportable.
Pour moi, Satie est plus qu'une ouverture sur la musique contemporaine, c'est déjà la musique contemporaine; en tout cas, toute une partie de la musique contemporaine n'est qu'une glose de Satie.


Le langage de Satie n'est évidemment pas une impasse, et on a déjà abondamment écrit ici ou ailleurs sur son influence sur Debussy ou Cage, pour ne citer que ces deux-là.
Je crois surtout que l'oeuvre peine à trouver sa place : pas aussi géniale qu'on peut le dire, et en même temps valant mieux que les quelques pièces connues et rabâchées par les pianistes, amateurs ou pas.
Sur les indications farfelues, évidement qu'il faut chercher au-delà du caractère humoristique ou décalé, et c'est pourquoi je suis d'accord avec Couack lorsqu'il parle du côté cafardeux ou sinistre.
Mais, passé ça, au niveau interprétation et recherche pianistique, il n'y a pas tant de choses à creuser.